lundi 14 septembre 2015

P.Gumbel, CES ECOLES PAS COMME LES AUTRES, à la rencontre des dissidents de l'éducation, NOTE DE LECTURE (ed.Vuibert)


Il y a très peu de temps un ouvrage a été publié. Son titre, ces écoles pas comme les autres. Son auteur, P.Gumbel a donné comme sous-titre à ce livre à la rencontre des dissidents de l'éducation.

Précisons d'emblée que nous ne partageons pas ses idées. Cependant avant de présenter une analyse critique de ce livre nous allons essayer d'en extraire quelques citations caractéristiques en voulant nous mettre dans la peau de l'auteur. Nous avons tenté d'en faire un résumé bienveillant. Nous ne souhaitons pas fournir des informations unilatérales et ce n'est qu'en conclusion que nous procéderons à la critique des idées. 

L'auteur dénigre le gigantisme du Ministère de l'éducation nationale, il met l'accent sur le malaise enseignant. Pour lui il faut s'inspirer des modes d'éducation parallèles. Ecoutons-le dans le texte. Cette éducation parallèle ou n'est pas à la seule portée des familles aisées qui ont les moyens de confier leurs enfants à des écoles privées. Il ajoute un peu plus loin: chacune  leur manière , toutes ces écoles, toutes ces méthodes nous disent qu'il est possible d'éduquer les enfants dans la joie. Elle cherchent à ajouter le plaisir d'apprendre à la liste des compétences élémentaires que sont lire écrire et compter.

Le journaliste décrit ensuite des méthodes d'éducation dont les noms sont familiers à tous : Montessori, Freinet, Decroly.  Le tout sur fond de critique de l'éducation nationale. 

Il relate ensuite les efforts de la Fondation pour l'école et de sa fondatrice Anne Coffinier. Cet organisme a permis à des Ecoles dépourvues de financement public direct de recevoir des fonds par le biais de dons soumis à réductions d'impôts. Comme le dit l'auteur l'action de la fondation  mènera à construire une infrastructure qui aboutira à une école d'un type très différent de celle créée par JULES FERRY il y a plus d'un siècle.

Anne Coffinier considère qu'il n'y a aucune raison pour que les écoles d'aujourd'hui continuent de s'inscrire à l'intérieur d'un modèle aussi rigide et dépassé que celui de l'éducation nationale qui met tant l'accent sur la massification de l'enseignement

Dans le même chapitre l'auteur décrit un établissement où se déroule un petit cérémonial qui voit chaque matin les élèves hisser le drapeau tricolore avant le début des cours ; ce cérémonial, c'est une marque de respect pour nos parents et pour la France. On trouve un peu plus loin la description de famille heureuses d'avoir scolarisé leurs enfants dans cette école. Le directeur  est un ancien séminariste. les enfants portent tous un uniforme. Les méthodes d'enseignement sont traditionnelles. D'après l'auteur la majorité des élèves sont de confession musulmane. 

Toujours dans le même chapitre le journaliste décrit deux écoles qui refusent la mixité. Les cours d'instruction religieuse ainsi que l'aumônerie sont assurés par des membres de la prélature de l'Opus Dei. La directrice de l'école de filles a travaillé auprès de Philippe de Villiers avant de se consacrer à l'établissement.

Un des derniers chapitres de cet ouvrage est consacré aux écoles Steiner et au choix fait par  les parents d'y scolariser leurs enfants. L'auteur précise que de nombreuses personnalités des arts, des lettres et du spectacle ont eux-mêmes été scolarisés dans ces établissements. Il s'attarde notamment sur une école dont nous avons sollicité en vain les rapports d'inspection. Il reproduit une récitation dont il précise lui-même qu'elle a des allures de prière et que Steiner a écrites en personne. Cette récitation se termine ainsi : vers toi Esprit de Dieu je me tourne et demande que forces bénissantes pour apprendre et pour travailler grandissent dans mon âme.

L'auteur ne nie pas les influences ésotériques que subissait Steiner. Il faut attendre sept ans avant d'apprendre à lire et à écrire car c'est à ce moment seulement que le corps éthérique se révèle. De même ce n'est qu'au moment de la puberté que le corps astral entre en jeu.

Deux phrases significatives : les écoles Waldorf enfin soutiennent que l' anthroposophie n'est pas enseignée aux élèves... Cependant les idées de Steiner au sujet du développement éducatif inspirent leur enseignement.

La conclusion est cependant que l'expansion des écoles Waldorf à travers le monde ne peut que plaider en leur faveur. Une mère d'élève estime que c'est bien moins sectaire que l'année dernière à l'école publique ou c'était marche ou crève. 

Nous avons sincèrement essayé d'exposer les idées contenues dans cet ouvrage sans les déformer ni les caricaturer. Comme nous l'avons dit ne nous avons tenté de nous mettre dans la peau de l'auteur de ce livre.

Maintenant nous pouvons en faire une analyse critique. Tout d'abord il est permis de se demander s'il est nécessaire d'envisager que les enfants apprennent sans cesse dans la joie pour reprendre les termes employés. Malheureusement la vie n'est pas faite que de joie et le monde du travail est hélas de plus en plus dur. L'éducation ne consiste-t-elle pas également à apprendre à l'enfant à surmonter des obstacles et à lui donner le sens de l'effort ? 

L'auteur est-il certain que les enseignants des écoles dont l'enseignement religieux  par la prélature de l'Opus Dei ont le souci permanent d'éduquer dans la joie ? Et surtout il n'est pas fait mention du rapport d'une école Steiner en Grande Bretagne dont nous avons reproduit de larges extraits de la traduction dans un récent billet. Nous y renvoyons les internautes.

A travers la critique du Ministère de l'éducation en France c'est celle du service public  de l'éducation qui est faite. Et peut être celle de la notion même de service public à la française. A notre avis mais cela reste une opinion subjective et nous l’assumons comme telle, la publication de ce livre ne nous semble pas bienvenue car elle ne fait que conforter les multiples attaques contre l'éducation nationale au profit des écoles privées, terme employé par les conservateurs ou au profit des écoles alternatives, terme utilisé par des pseudo-progressistes pour désigner la même réalité.