jeudi 27 juin 2019

de l'écologie à la communication non violente (CNV), les nouvelles communautés alternatives

Dans deux billets précédents, nous avons observé des écoles alternatives (Gironde et Dordogne) dont les références pédagogiques étaient variées, de Freinet à Steiner

Avec un de nos lecteurs qui a déposé un commentaire argumenté sur notre page Facebook, nous pouvons déplorer que les parents des élèves de ces écoles choisissent un entre soi, au lieu d’agir collectivement pour l’amélioration du service public de l’éducation, voire de s’investir dans les associations de parents d’élèves.

Ce type d’écoles qui se définissent comme alternatives semble se répandre. Nous en reparlerons peut-être, il y en a même maintenant en Belgique exactement sur le même modèle, avec des références pédagogiques variées, incluant Steiner.

Cet entre soi nous semble déjà quelque peu contraire à notre idéal de mixité sociale, même si comme nous le disions, la démarche qui consiste à créer des écoles alternatives ou à enseigner à domicile n’est nullement illégale et si nous ne pouvons non plus mettre en doute les meilleures intentions qui animent ces parents. Souvent avec le souci de donner le meilleur à ses enfants. L’expression de divergences avec des personnes n’exclut jamais le respect.

C’est tout un ensemble qui caractérise ce public. Nous avons tenté de chercher, mais, soyons humbles, nous n’avons pas la prétention ni de tout savoir ni d’avoir raison sur tout.

Est très présente également dans ses écoles la communication non violente. L'une des personnes qui a sans doute le plus contribué à la promouvoir en France et Thomas d’Ansambourg.

Il se réclame, et vous le verrez sur les vidéos qui suivent, des colibris. L’une de ces vidéos figure sur le site du magazine Kaizen, l’autre sur son propre site, et le sigle des colibris y figure en bonne place.
Il fait un lien entre le développement de la personne et l’écologie.





Ceci nous a été confirmé par le compte rendu que nous a fourni un de nos amis sur une intervention de cette personnalité à un salon organisé par NATURE ET PROGRES à Arlon en Belgique. 



Le conférencier (NDLR Thomas d'ANSEMBOURG) a été choisi par l'asbl (ndlr, association sans but lucratif) NATURE et PROGRES, organisatrice du salon. Publicité dans la presse locale (...) et dans les magasins bio de la région. A l'entrée du salon, une publicité spécifique à cette conférence avec un intitulé très long : "Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l'intériorité citoyenne". Cette publicité semble avoir été rédigée par NATURE et PROGRES dont le logo figure sous le texte.


"Quand on entre en bienveillance avec toutes les parties de soi, on devient bienveillant avec toutes les parties de l'autre".
"Il faut du dialogue intérieur pour devenir un citoyen pacifiant et pacifié".

"Mais ce n'est pas possible si notre intérieur est divisé".

"

Il faut démanteler tout le mauvais intérieur pour RETROUVER SON AXE".
"Alors, on va trouver son élan créateur".

"Or les enjeux du monde ont besoin de notre créativité à tous".

"Conclusion : la personne qui fait du développement personnel profond fait du développement social durable.

"Le développement personnel, c'est aussi la clé du développement social durable".

"Cela va changer notre humanité"


Comme nous le disions déjà avant, nous n’avons pas la prétention d’incarner la lutte du bien contre le mal. Encore moins de douter des meilleurs intentions de ceux qui pratiquent la communication non violente (nos statuts ne nous amènent pas à formuler sur ce point une appréciation scientifique). Mais nous avons donc une idée de cet entre soi: Bienveillance, non-violence, écologie. Et ce sont des petits mondes alternatifs et, et cela n’implique-t-il pas déjà un certain repli sur soi ? Telle est la question que nous nous posons à l’heure actuelle. Et le repli sur soi n’est-il pas une porte d’entrée vers le sectarisme ?

Nous sommes conscients que nous posons plus de questions que nous n’apportons de réponses, mais c’est notre méthode de travail, nous ne voulons pas apporter des certitudes.
Nous pouvons passer progressivement nous semblerait-t-il d’un simple repli à des communautés de plus en plus soudées à l’écart de la communauté nationale à un fonctionnement sectaire et totalitaire ; d’où notre défense, dans tous les domaines, des services publics qui assureront à tous les Français l’égalité des droits.

En soi la formation de communautés alternatives n’est pas répréhensible; nulle volonté de chasse aux sorcières, mais nous pouvons toutefois en discuter les principes sans remettre en cause les personnes sûrement sincères: nous craignons qu’elles n’entraînent des dérives comme nous avons pu déjà en observer.

Etre laïque, c'est accepter l'altérité et la confrontation intellectuelle. De telles communautés repliées refusent de facto la laïcité. Mais être laïque, c'est également permettre à chacun de vivre comme il l'entend, dans le respect de la loi bien sûr. Nombreuses sont ces communautés qui ne violent pas la loi. Mais dès lors qu'elles vivent en cercle fermé et envoient leurs enfants dans un monde éducatif clos,se présente le risque variable selon les cas d'embrigadement (nous possédons le rapport d'inspection de l'une de ces écoles alternatives qui ne fait nullement état de carences dans le respect du socle de connaissances). 

Ce fut le cas à la ferme des deux soleils, une communauté alternative vivait en cercle fermé et violait la loi. Où se trouve le curseur qui délimite le niveau à partir duquel la puissance publique est fondée à intervenir? Nous ne prétendons pas répondre à la question, mais seulement cerner la question et ouvrir le débat. 

Nous n'exprimerons qu'une conviction: le souhait que l'ensemble des structures éducatives alternatives soient inspectées et évaluées.

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