mardi 15 décembre 2020

Écoles démocratiques, instruction en famille : les causes du mouvement colibri.


Écoles démocratiques, instruction en famille : les causes du mouvement colibri.

Nous avions attiré l’attention de nos lecteurs il y a peu de temps sur une vidéo : un collectif de parents dans la région lyonnaise utilisait des enfants dans un clip à visée militante (ci-dessous billets du 26 octobre et du 03 novembre). L’objectif de ce clip était d'appeler à refuser les mesures sanitaires : distanciation physique et port du masque. Nous avions insisté également sur la proximité  de ce collectif de parents avec les colibris qui toutefois n'endossaient pas la responsabilité du contenu. Certains groupes de colibris relayaient cette vidéo et donnaient également le lien vers un dossier hébergé par une plate-forme gérée par l’association colibris : colibris-wiki.org

En revanche, depuis l’annonce par le Président de la République de sa volonté d’interdire l’instruction en famille (hors raison de santé) pour contrer le séparatisme islamique, le mouvement colibris en tant que tel s’est engagé explicitement dans des actions de défense de ce mode de transmission des savoirs. 

Une pétition figure, en date du 2 décembre, sur la page facebook de l'association; elle est relayée par le journalKaizen, dirigé par Cyril Dion. Cette pétition regroupe divers courants : la fondation pour l’école, dont nous avons déjà traité dans un très récent billet, les colibris, la fondatrice du Printemps de l'éducation ainsi que Monsieur Farhangi.

Ce dernier a créé l'école dynamique à Paris; il est lui-même un fervent défenseur des  Écoles démocratiques qui permettent, pour faire court mais à notre avis sans déformer, aux enfants d'apprendre ce qu'ils veulent quand ils en ont envie. Nous aurons certainement l’occasion de revenir sur ce courant de manière plus approfondie. Depuis, il a créé dans l’Ariège un « village démocratique » conçu suivant les mêmes principes que les écoles du même nom et affilié à EUDEC, qui regroupe les écoles démocratiques en France : chacun fait ce qu’il veut suivant ses appétences.

« Depuis 2017, je me suis installé en Ariège avec ma famille et un autre co-fondateur de l’école dynamique. Avec l’éco-village de Pourgues, nous avons voulu aller au-delà de l’école et créer une communauté de vie et de travail, inspirée des écoles démocratiques. L’éco-village fonctionne selon le concept où chacun se met au contact de son élan de vie, de sa source, de ce qu’il a vraiment envie de faire, de son appétence première. L’équilibre économique, l’éducation des enfants, tout est finalement la résultante de ce respect profond de l’individu. Nous avons confiance et foi dans la personne humaine comme fondamentalement capable de s’occuper de ses propres affaires. 

Nous avons laissé le choix à nos enfants pour l’école. Certains avaient déjà été scolarisés et ne souhaitaient pas revivre l’expérience, d’autres y sont retournés.En fait, nous n’avons pas d’idéologie anti-école, mais nous cherchons à respecter la personne humaine, adulte comme enfant, qui fait ses propres choix de vie. L’année dernière, tous les enfants ont choisi d’essayer l’école. Une enfant a trouvé l’école ultra violente et a voulu arrêter tout de suite. Un autre voulait juste se faire des copains, mais n’a pas trop aimé l’ambiance et est juste resté deux semaines. Les trois autres ont plutôt apprécié. Il y en a un qui est resté presque cinq mois et les autres jusqu’au confinement. Après le confinement, aucun n’a voulu y retourner. »

Ce village démocratique de Pourgues est lui-même affilié aux colibris: même vidéo, 4'35''

Nulle illégalité dans ce combat d'idées parfaitement non-violent contre l’école publique.

Les colibris sont une composante du printemps de l’éducation, qui prône l'éducation alternative avec la participation, hélas, d’une  association de coopératives de l’enseignement public. Nous ne doutons pas de la sincérité de ceux qui mènent cette campagne. Mais nous ne saurions l'approuver: si l’école publique est imparfaite comme toutes les institutions humaines, si nous ne pouvons légitimement penser (mais ce n’est pas l’objectif statutaire de notre association) qu’elle reste à améliorer, elle est pour nous  un creuset qui permet à des enfants de classes sociales diverses, d'opinions philosophiques, religieuses, d’origines différentes, de se côtoyer  et d’apprendre la tolérance mutuelle. Elle est à améliorer et à défendre, pas à détruire.

Précisons également que nous ne disposons pas des outils nécessaires pour évaluer la place de l’intégrisme musulman dans l’instruction en famille.

Si nous respectons les défenseurs de l’instruction en famille, qui sont les mêmes ici que ceux des écoles hors contrat ou alternatives, nous exprimons haut et fort notre désaccord et notre défense de l’école publique et laïque.

A nos yeux,  les colibris ne présentent pas un fonctionnement sectaire, nous imaginons plutôt des groupes de réflexion. Mais nous déplorons qu'ils fassent activement la promotion d'îlots en marge de la société, refusant l'éducation nationale, les consignes sanitaires. En revanche, ils peuvent vanter des communautés qui vivent soi-disant en marge ... mais dont des membres vivent du RSA (même vidéo 12'30'') voire de rentes immobilières.

Enfin pour en finir sur une écoute de sémantique aigre-douce, soyons attentifs dans le chapitrage de la vidéo ci-dessus, à l’item minuté 13 :20 qui mentionne : « Mutualisation des enfants » … 

Où le vocabulaire du management ne va-t-il pas se répandre !


Sourions.


Á bientôt.


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