jeudi 4 octobre 2018

la ferme des deux soleils, le reiki, la secte et la loi, toujours dans l'EST REPUBLICAIN



le reiki : une porte d’entrée

À la Ferme des Deux Soleils, on pratiquait le Reiki, mais aussi la « transmutation » (visualisation d’une spirale jaune sur le corps pour fixer les énergies négatives, puis d’une spirale verte pour nettoyer tout ça), la « canalisation » (une transe qui permet à l’Archange de s’exprimer). Luce Barbe désignait l’incarnation de chacun. Certains réincarnaient Hitler ou sa mère, mais aussi Attila ou Napoléon. On travaillait avec la chroma thérapie, le pouvoir des pierres, la mémoire cellulaire, les cartes divinatoires (le « Like ») qui déterminaient chaque action… On privilégiait ce qui était « lumineux » et on écartait toutes les personnes qui portaient atteinte au taux vibratoire des élus du groupe. Un « bricolage ésotérique », comme pourra le dire un expert psychologue ayant examiné Luce Barbe. L’expert présent à la barre a toutefois insisté à de nombreuses reprises. Il n’appartient à personne de qualifier ou disqualifier une technique ou une croyance. Il estime par exemple que le Reiki, méthode de travail sur l’énergie, est connu à défaut d’être reconnue. « Ce qui est très important ce n’est pas la technique qui est utilisée mais ce que le « thérapeute » en fait », estime l’expert Bertrand Phesans. « En l’occurrence, quand une personne s’adresse à un thérapeute, elle est déjà et va se placer en situation de faiblesse pour se confier et raconter ses failles. En toute logique, lorsque la séance est terminée, le thérapeute doit conserver ces informations jusqu’à la prochaine. Il y a deux temporalités, celle de la thérapie et la vie normale. Le problème n’est pas la thérapie mais ce que le thérapeute en fait. En l’occurrence, Luce Barbe s’est servi des informations recueillies lors des thérapies individuelles pour organiser le groupe, humilier ses membres ».
La grande interrogation qui restera sans réponse dans ce procès, c’est bien de savoir comment on part de séances de Reiki dans un cabinet belfortain à un projet de dernier voyage cosmique en Corse pour « ascensionner tous ensemble », « en ayant dit au revoir à toute sa famille, en fermant comme il faut les fenêtres et les volets de la maison »…
D.F.



Photo l'EST REPUBLICAIN







procès de la ferme des deux soleils (suite) encore nos remerciements à l'EST REPUBLICAIN


ferme des deux soleils excellent dossier de l'EST REPUBLICAIN

Vesoul : la gourou de la "secte" des Deux Soleils en fuite



Quinze anciens adeptes sont en partie civile dans le procès de leur « guide de vie ». Pour la seconde fois, elle laisse la chaise vide… Elle a laissé un message pour dire qu’elle ne voulait pas tomber dans la souricière.

Un mandat d’amener avait été prononcé en janvier contre cette femme de 55 ans à qui on reproche d’avoir créé et animé une organisation à caractère sectaire en Haute-Saône. Arguant d’une tentative de suicide la veille de comparaître, le procès avait été reporté.
Il devait reprendre ce lundi. Or, la chaise était à nouveau vide. Tout comme la place réservée à l’avocate, Aline Guinet. La gourou qui tient aujourd’hui un gîte dans le Morbihan a laissé vendredi deux clefs USB aux gendarmes par l’intermédiaire de son compagnon. Elles contiennent des déclarations enregistrées où elle annonce en substance qu’elle veut en finir, que tout ce qui lui est reproché est faux et qu’elle ne se présentera pas devant la justice.L’avocate a elle aussi déclaré forfait et n’était donc pas présente. Situation inédite, s’il en est, dans un procès de cette ampleur qui se trouve amputé de toute dimension contradictoire. Toutefois le tribunal ne pouvait pas reporter l’audience une nouvelle fois.
Dans la salle, c’est la consternation. « Elle continue à manipuler tout le monde », insiste une partie civile. Le procès aura tout de même lieu. Les témoignages commencent. Ils auront presque tous la même physionomie. D’abord une période personnelle compliquée, une recherche de soutien, la rencontre avec un spécialiste du Reiki, qui conduit vers Luce… Une relation thérapeutique d’abord bienveillante, puis une liaison fusionnelle, la constitution d’un groupe qui part à la dérive. Le sort de chacun dans ce cauchemar collectif prend corps à mesure des récits individuels. La personnalité de Luce apparaît dans toute la subtilité du phénomène d’emprise mentale qui semble très clairement se caractériser. L’expert présent en atteste à chaque témoignage.
Pour le droit, la constitution d’une secte n’existe pas. On reproche à Luce « l’exécution de travail dissimulé », mais aussi « les abus frauduleux de l’ignorance ou la faiblesse d’une personne en état de sujétion psychologique ou physique résultant de pressions ou techniques de nature à altérer le jugement ».
« Ça pourrait être risible vu d’aujourd’hui », dit la première personne questionnée, une jeune fonctionnaire qui peine à reconstruire une vie ravagée. « Mais il faut comprendre l’enchaînement. C’est très progressif. »
Des consultations de Reiki à Belfort et une méthode « énergétique » sont le terreau de cette dérive. Le groupe se forme, chacun vend tous ses biens et se plonge à corps perdu dans la culture. Une ferme à Servance, à Saint-Germain, un entrepôt à Lure, des magasins à Luxeuil, Héricourt, une brasserie à Valentigney. Et puis l’effondrement. La gourou était allée bien trop loin. Elle a été arrêtée en 2012.
« Nous avons souffert, nos familles ont souffert, il faut que cela soit jugé aussi ». Une ex-adepte
Didier FOHR 


la ferme des deux soleils vue de Bretagne OUEST FRANCE

lundi 1 octobre 2018

Syndicat de l'INSPECTION DE L'EDUCATION NATIONALE UNSA L'ENSEIGNEMENT HORS CONTRAT

 Source Syndicat de l'INSPECTION DE L'EDUCATION NATIONALE   UNSA


Le Domaine du Possible: une école pour faire « bouger les lignes », une école qui ne harcèle pas les enfants, une école pour rendre les enfants heureux, une école sans pression, sans punitions, sans notes... ou une école plus ou moins liée aux sectes ?

L’actualité vient de mettre dans la lumière médiatique une école privée hors contrat qui a la particularité d’avoir été créée tout récemment par celle qui vient d’être nommée Ministre de la Culture.
Il paraît légitime de s’interroger sur cette école...

Que pense Mme Nyssen de l’Education Nationale ?

Propos extraits du site de l’école du Domaine du Possible et de l’émission Thé ou café du 14/2/2016
Mme Nyssen dénonce le système et l’idéologie de l’école en France qui est responsable du sacrifice des enfants différents. Elle dénonce cet incroyable gâchis et ce déni d’égalité sous prétexte d’égalitarisme. Les maîtres de l’école d’aujourd’hui sont là pour évaluer au plus près les apprentissages, les “manquements” et pour sélectionner “le meilleur” selon la méthode et le programme : nous ne formons pas des citoyens mais nous tendons vers la formation d’une élite, tout en sacrifiant les autres.
Il faut dire que notre école essaie de nous faire ingurgiter, de nous enfourner un savoir avec comme finalité une évaluation, une obsession de l’évaluation... pour un enfant qui n’est pas dans la norme, c’est très stressant.
Les élèves sont tétanisés par des programmes totalement saucissonnés et des évaluations comme le bac ou le brevet inutiles et totalement stressantes... je suis contre l’idée de l’évaluation...
La pauvreté d’approche de l’Education Nationale : un appareil très très rigide, avec des structures, des inspections, des syndicats, des peurs... les gens sont tétanisés »
Un système éducatif à bout de souffle où de nombreux enfants ne trouvent pas à l’école ce dont ils ont besoin pour grandir heureux et se préparer pour l’avenir. Les élèves enregistrent des listes de connaissances qu’ils oublient souvent après les examens. Ils n’apprennent ni à analyser et trier les innombrables informations qui leurs parviennent (médias, internet, publicités...), ni la vie en société et la démocratie. Une lacune inquiétante à l’heure où, face à la crise sociale et à la dégradation de la planète, leur participation à une transition écologique s’avère indispensable.

Comment Mme Nyssen présente-t-elle son école ?

Propos extraits du site de l’école du Domaine du Possible et de l’émission Thé ou café du 14/2/2016
L’école du Domaine du Possible s’inspire de pédagogies fondées sur la coopération, la curiosité des enfants et une expérience active des apprentissages.
S’appuyer sur la curiosité et la joie d’apprendre plutôt que sur la contrainte, favoriser la recherche autonome des connaissances et une expérience active des apprentissages, comprendre le sens de ce que l’on apprend, vivre une relation forte avec la nature environnante, accompagner les enfants en difficultés. Nos enfants ont droit à plus d’égards. Ils doivent, à l’issu de leurs apprentissages, avoir confiance en eux et être heureux. Faisons que leur regard sur le monde soit généreux. Ce sont ces enfants là que nous devons laisser à la terre. Il faut des écoles pilotes, innovantes. Notre projet en est une.
Un projet d’école attentif aux enfants, bienveillant, un peu l’école qu’on aurait rêvé de trouver il y a bien longtemps... c’est merveilleux de voir la joie des enfants à l’école.
4000 € par an c’est pas cher par rapport aux autres écoles privées et il y a un fonds de dotation ( ?) pour les plus modestes en attendant de pouvoir bénéficier de subventions de l’Etat...
Mais pourtant l’école se revendique de statut privé afin de garantir la liberté pédagogique. 

Comment le Directeur présente-t-il son école ?

Propos extraits d’une enquête parue dans le journal Le Monde (octobre 2016) et du site de l’école du Domaine du Possible
Mme Nyssen possède l’argent et le pouvoir... Pour diriger cette école, elle a recruté un cadre de haut niveau en la personne d’Henri Dahan, délégué général de la fédération des écoles Steiner-Waldorf
Dans le journal Le Monde, le Directeur déclare : Nous sommes responsables de la liberté de penser des enfants qui nous sont confiés. A eux de se faire leur vision. Les programmes de l’Etat sont construits sur une vision pseudo-scientifique du monde. Les élèves n’ont d’autre choix que de croire.C’est une forme de réponse religieuse à leurs questions métaphysiques. L’esprit critique est amputé d’une partie de ce qui le construit : l’observation sensible, intuitive et le temps de la méditation pour s’approprier des connaissances plutôt que d’y croire.
L’école Domaine du Possible s’inspire de pédagogies fondées sur l’expression libre des enfants et le tâtonnement expérimental. Cette démarche permet de les amener à travailler autrement tout en respectant globalement le programme scolaire habituel. Notre pédagogie repose également sur la coopération – plutôt que sur la compétition – et la prise en compte du point de vue d’autrui, l’éducation à la paix. Ainsi arrivés au collège, les élèves de l’école gardent intacte leur soif de connaissance et manifestent du respect envers les autres.

Quels liens avec l’anthroposophie ?

Extrait du site Vérité sur les écoles Steiner
La pédagogie Steiner-Waldorf mise en oeuvre au Domaine du Possible est issue de l’Anthroposophie de Rudolf Steiner, une doctrine ésotérique et mystique du New-Age appartenant à une mouvance sectaire bien connue comme telle par les associations de lutte contre les dérives du même nom. Ainsi, des parents vont mettre leurs enfants entre les mains des anthroposophes, séduits par ce qui se présente comme une pédagogie innovante, alors qu’il s’agit en réalité de l’émanation d’une dérive sectaire vieille de plus de cent ans, répétant à l’identique les mêmes recettes et les mêmes techniques « pédagogiques » que les Dieux auraient communiquées à Rudolf Steiner en 1918. Les enseignants sont présentés comme des chercheurs, réalisant un travail de veille permanente sur les sciences du développement, l’éducation, la psychologie, la sociologie, l’éthologie même, puisque la façon d’enseigner varie selon l’âge et les cycles du développement.
En réalité, les enseignants Steiner-Waldorf n’ont aucune formation dans les
domaines cités. Car en tant qu’anthroposophes, ils méprisent les sciences modernes « issues de la décadence de notre civilisation ». Les seules disciplines qui ont leurs faveurs sont celles qui existent à l’intérieur de la Science Spirituelle Anthroposophique, comme ils l’appellent, qui n’a de scientifique que le nom. Ils ne font que lire et relire encore les cycles de conférences du Gourou fondateur de l’Anthroposophie, comme des mantras, sans nul esprit critique...

Quelle pédagogie ?

Toutes les pédagogies fondées sur l’expression libre des enfants et le tâtonnement expérimental sont pratiquées : Steiner, mais aussi Montessori, Piaget, Freinet.
On fait référence à Meirieu pour les classes d’appartenance, les classes de besoins, les classes de projets.
On met en œuvre évidemment la chronobiologie, on organise des rencontres avec des artistes, des paysans, des artisans, des chercheurs, des élèves d’autres écoles. Dans ce paradis scolaire avant-gardiste, la littérature, les mathématiques, l’histoire ou la géographie ne sont pas des abstractions mais autant de sujets de projets, d’expériences intimes de l’esprit. Pédagogie innovante, pédagogie nouvelle, pédagogie de conception holistique : fondée sur un équilibre entre les apprentissages académiques, artistiques et pratiques.

Une école pour quel public ? 

S’agissant d’une école privée hors contrat, elle s’adresse nécessairement à une clientèle aisée, sauf à penser que Mme Nyssen pratique le mécénat... ce qui n’est sans doute pas totalement faux, mais ce qui pose alors d’autres questions relatives notamment aux motivations et aux intentions du mécène... D’autant plus que des moyens considérables sont mis en œuvre : après une installation provisoire en plein cœur d’Arles dans des locaux somptueux, l’école dispose maintenant de 2000 m² dans un vaste domaine de 120 ha luxueusement aménagé à une vingtaine de kilomètres d’Arles, ce qui pose notamment la question des frais de déplacement pour s’y rendre lorsque le chauffeur n’est pas disponible ! Les activités incluent de nombreuses « expériences » en lien avec la nature, la musique, la danse, les chevaux, ce qui implique des moyens matériels et humains très importants.
Rien n’est précisé sur l’encadrement, sauf qu’il s’agit d’une équipe éducative exceptionnelle tant humainement qu’à travers son expérience des pédagogies “nouvelles. Toutefois les formules pédagogiques de petits groupes décrites dans la plaquette de présentation laissent penser que c’est un encadrement conséquent autant pour la pédagogie que pour la prise en charge technique des activités.
Actuellement une centaine d’élèves de la maternelle au lycée, certains dont les parents sont venus s’installer dans la région afin que leur enfants puissent fréquenter cette école...
S’agit-il d’enfants en rupture scolaire ou d’enfants de bobos qui recherchent pour leurs enfants une école où ils pourront cultiver leur différence ? On évoque bien en contrepoint l’accueil
d’enfants différents (dyslexiques, dyspraxiques...) que l’Education nationale ne parvient pas à accueillir, mais l’école n’en fait pas pour autant un produit d’appel car elle s’inscrit manifestement dans une perspective beaucoup plus large et plus ambitieuse comme on peut le lire ci-dessous dans la plaquette de présentation.

Un lien fort à la nature et un ancrage local

Livret de présentation disponible sur le site de l’école
Il s’agit aussi d’une école locale qui s’enracine à la fois dans la culture des éditions Actes Sud et dans une terre presque vierge, mais à vocation agricole (projet agroécologique en cours). Les enfants à la Volpelière apprennent en faisant, en découvrant et en connaissant la nature, en travaillant la terre, en prenant soin des animaux. L’élevage de chevaux et les montures issues de cet élevage jouent un rôle important dans la pédagogie de l’école.
Il s’agit d’instaurer un lien à l’animal, puissant et conséquent. Aujourd’hui la plupart des champs ne sont pas cultivés. Une expertise botanique a permis de recenser la flore locale et de proposer
une perspective écologique et agronomique pour le site. Les terres pourraient notamment accueillir de la riziculture, des céréales (orge, blé, épeautre, etc.) et des légumineuses, des fruits (abricotiers, cerisiers, pommiers, poiriers, pruniers, grenadiers), des légumes (tomates, courgettes, aubergines,
salades...), mais aussi des amandiers, des vignes, une activité d’horticulture (oliviers, amandiers... notamment), des ruches, une production d’herbes médicinales et aromatiques, une oseraie, etc. Les terres se prêtent aussi idéalement à l’élevage de brebis (mérinos d’Arles par exemple, lainières et laitières) et de chevaux de Camargue, qui contribueraient avec les poules et les canards à compléter un univers de polyculture.
L’agencement de ces 120 hectares et la conduite des cultures sont un projet en cours : à terme la ferme approvisionnera l’école et la Volpelière constituera un écosystème agricole et humain cohérent et productif, à la biodiversité
foisonnante
. Le domaine est également destiné à héberger l’université Domaine du Possible
. Celle-ci mènera des programmes de recherche portant sur la généralisation des méthodes de l’agroécologie. Elle accueillera également des formations afin de favoriser une diffusion plus large de ses méthodes : permaculture, agroforesterie, biodynamie, etc.

Conclusion 

L’aspect sectaire dénoncé par certains en référence à la pédagogie Steiner n’est peut-être pas le point qui pose le plus problème dans le projet de l’Ecole du Domaine du Possible, même si le cursus professionnel du directeur, qui a été directeur d’une école Steiner et délégué général des écoles Steiner-Waldorf laisse penser que la pédagogie Steiner occupe une place importante dans la philosophie de cet établissement.
Plus inquiétante est sans doute la place de ce projet dans « l’économie circulaire de la maison d’édition Actes Sud » (formule qui figure dans le livret de présentation) car on voit bien qu’il s’agit là d’une opération qui mobilise des moyens financiers très importants destinés évidemment à un petit groupe de personnes privilégiées soucieuses de mettre en œuvre une culture de l’entre-soi avec des considérations de nature métaphysique.
Pour cela Mme Nyssen surfe comme d’autres sur la vague des pédagogies qualifiées abusivement de nouvelles et
innovantes censées apporter des réponses miraculeuses à un système éducatif à bout de souffle. Elle multiplie les références pédagogiques dans une démarche commerciale (Aujourd’hui l’école se développe et de nombreux enfants aimeraient venir nous rejoindre...)qui est d’autant plus suspecte qu’elle exclut a priori de se soumettre à toute démarche extérieure de validation ou de certification.
En mettant son école au service d’un projet personnel à forte dimension humaniste et écologique, elle ne s’inscrit pas dans un schéma collectif mais dans une sorte de phalanstère ou d’Arche de Noé où le sauvetage de quelques uns suffirait à se donner bonne conscience pour la survie de l’Humanité.

Nota : dans ce texte, on a volontairement laissé de côté les éléments de la vie privée de Mme Nyssen qui bien évidemment ne sont pas étrangers à ce projet mais qui en constituent une dimension personnelle sur laquelle il n’y a pas lieu de porter un jugement.

Daniel Gauchon – 7 juin 2017

Sources
Interview de F. Nyssen dans l’émission « Thé ou café » du 14/2/2016(de 28’30 à 35’30)
Article du Monde du 10/10/2016
Article du Nouvel Observateur du 2/1/2016
Articles du site
Vérité sur les écoles Steiner
Site de l’école du Domaine du Possible
Article du site FranceBleu du 12/1/2016
Site du Cercle laïque pour la prévention du sectarisme
Le blog de la liberté scolaire
A voir aussi, l’article de Médiapart sur l’expérience menée par Céline Alvarez

vendredi 28 septembre 2018

L'avis du comité des droits de l'Homme des Nations unies sur l'affaire de la crèche BABYLOUP (1)

La presse s'est emparée de l'avis donné par le Comité des droits de l'Homme des Nations unies relative à la crèche BABYLOUP qui avait licencié une sous-directrice qui contrairement aux exigences du règlement intérieur, refusait de retirer son voile pendant les heures de service. 
Cet avis ne concerne peut-être pas directement notre problématique, mais il permet à notre sens d'éclairer les débats autour de la laïcité, ce qui nous concerne. Aussi ne jugeons-nous pas inutile de l'évoquer. Tout d'abord, voici le lien vers le texte intégral. Nous ne pensons pas judicieux d'en discuter sans en avoir lu l'intégralité, LE LIEN ICI

Voici maintenant un extrait:

 Voici un second extrait significatif:



Nous souhaitons apporter des éclairages mais nous ne souhaitons pas céder à la facilité, aussi envisageons-nous d'en faire une étude juridique dépassionnée mais passionnément laïque, donc à plus tard!

Le 15 octobre, proposé par nos amis de l'association noiséenne de défense et de protection contre les sectes NOISY LE GRAND

lundi 24 septembre 2018

HORS CONTRAT, réactions du syndicat des enseignants UNSA, nous informerons de prises de position ultérieures


Écoles privées hors-contrat : façade rutilante, réalité inquiétante


Soupçons de dérives sectaires dans l’école hors-contrat d’Arles, défauts de vaccinations dans des écoles catholiques traditionalistes, pans entiers des objectifs du socle escamotés, notamment dans les écoles Espérance-banlieues… La réalité rattrape les écoles privées hors-contrat quand la façade rutilante affichée ne réussit pas à dissimuler une réalité inquiétante.

L’école « alternative » d’Arles soupçonnée de dérives sectaires
L’école  « alternative » du Domaine du possible est dans la tourmente, après que des révélations ont fait état de cérémonies ésotériques impliquant des élèves, à l’insu de leurs parents. Cette école reprend la pédagogie développée par Rudolf Steiner, philosophe autrichien inventeur d'un courant de pensée ésotérique baptisé l'anthroposophie.
Ce courant a été cité dans le rapport 2017 de la Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).
Depuis quelques semaines, le directeur de l’école a été renvoyé et des encadrants ont démissionné. Françoise Nyssen, actuelle ministre de la culture, a fondé cette école en 2015 avec son mari. Elle a récemment déclaré vouloir « prendre de la distance » avec cette école...

Des foyers de rougeole dans les écoles catholiques traditionalistes
Dans le même rapport de la Miviludes , la docteure en géopolitique Lucie Guimier a montré que l’obligation vaccinale est peu respectée au sein de certains groupes religieux et de certaines communautés spirituelles.
En cartographiant les données épidémiques de la rougeole à partir des données de Santé publique France, la chercheuse note une propagation de la maladie à partir des établissements de la Fraternité Saint-Pie-X (catholique traditionaliste) qui compte une soixantaine d’écoles hors-contrat en France. L’auteure de l’étude note : "La dispersion rapide de la rougeole à l’échelle intrafamiliale dans le réseau d’obédience lefebvriste résulte de toute évidence d’une couverture vaccinale insuffisante des enfants de la communauté, des carences possiblement liées aux aspirations spirituelles de leur famille."
Pourtant, en 2018, plus de 1500 cas de rougeole ont été détectés en France et trois personnes sont décédées.

L’école Espérance-Banlieues de Reims en échec
Le réseau Espérance-Banlieues, un temps soutenu publiquement par Jean-Michel Blanquer, a implanté une école à Reims, aidé en cela par la municipalité. Cette école prétendant s’adresser aux enfants de milieux défavorisés, propose un projet pédagogique incomplet, sans anglais ni informatique, mais avec des levers de drapeau quotidiens et méthodes pédagogiques rétrogrades.

Le SE-Unsa de la Marne s’était fortement impliqué à travers des articles de presse et le lancement d’une pétition en ligne ici.
Alors que cette école attendait la venue de 50 élèves, seulement 4 enfants y sont accueillis par deux encadrants. 
L'avis du SE-Unsa
Pour le SE-Unsa, les enfants sont encore insuffisamment protégés des indigences pédagogiques et des dérives en tous genres émanant des écoles privées hors-contrat.
En effet, la Loi Gatel votée en mars 2018, ne prévoit pas que le projet pédagogique de ces établissements soit affiché avant leur ouverture. Même si des contrôles a posteriori sont prévus, des familles peuvent être flouées, en s’apercevant que des pans entiers des objectifs du socle sont éludés.
De plus, même si ces écoles n’accueillent que 60000 enfants, elles participent à la ségrégation scolaire qui touche notre jeunesse, et qui constitue un danger pour la cohésion nationale. Leur financement provient, au-delà des tarifs d’inscription exorbitants, de fonds récoltés par des fondations reconnues d’utilité publique, qui permettent aux donateurs de bénéficier de déductions fiscales. 
Le SE-Unsa souhaite que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et protègent les enfants scolarisés dans ces écoles hors-contrat, en faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’aucune partie de la jeunesse ne soit privée de l’enseignement des standards éducatifs, de sécurité sanitaire et du respect de sa liberté de conscience.

jeudi 20 septembre 2018

citations extraites d'un entretien avec la Ministre de la Culture sur la radio le 19 septembre, en ce qui concerne l'Ecole du domaine du possible à Arles




La présentatrice relève : "Démissions de professeurs, interrogations de parents d'élèves, mécènes qui ne suivent plus".
"Le directeur pédagogique et son épouse ont été mis à la porte après avoir prôné l’anthroposophie"  Une intervenante évoque ce couple qui représente la trentaine d’écoles Steiner en France.
La même personne précise ensuite que les écoles Steiner n’ont rien d’avoir avec les écoles Montessori ou Freinet. La parole est donnée ensuite à  une responsable du journal de nos amis de l'UNADFI.  À ses yeux, l'anthroposophie, c’est une religion." On a le droit, mais il faut le dire". Elle  évoque la spirale de l'avent, rite qui a été pratiqué dans l’école. 
La présentatrice poursuit :
«  le conseil d’administration de l’école à remercié le couple qui la dirigeait".. 
« En 2016, le rectorat de Versailles qui avait inspecté une trentaine d’écoles hors contrat avait pointé  du doigt de vrais problèmes d’apprentissage dans le socle commun de connaissances, de compétences, et de culture ».
La ministre rappelle qu’elle avait créé cette école suite à la disparition de son fils. « Je ne m’en occupe plus puisque je suis ministre de la culture ». Elle partait du constat que des enfants « ne trouvent pas leur place  dans le système scolaire ».  L’école a été créée sur la base du principe « d’attention aux enfants ».  L’école ne devait pas être fondée « avec la moindre étiquette pédagogique qui soit ».  Le présentateur demande ensuite à la ministre si elle se sent proche de ce mouvement. La réponse est: « absolument pas question d’anthroposophie dans cette école ». 
La présentatrice rappelle à la ministre que le directeur pédagogique qui a été evincé était proche de ce courant. Il lui est répondu que ce n’est pas du tout une École Steiner.

mardi 18 septembre 2018

in LA PROVENCE merci à Mme TANGUY,

À Arles, l'école de Françoise Nyssen dans la tourmente
Le projet pédagogique du Domaine du Possible a-t-il dérapé ? Démissions et évictions se succèdent. Enquête sur une crise
Par Delphine Tanguy


Entre canal et marais, près d’Arles, les 120 hectares du domaine de la Volpelière offrent une vision élégiaque. Ferme et école, le Domaine du Possible est l’établissement scolaire dont avaient rêvé Françoise Nyssen, désormais ministre de la Culture, et son époux, Jean-Paul Capitani, à la tête des éditions Actes Sud. Ils voulaient un lieu où chaque enfant trouverait un espace pour s’épanouir dans sa singularité. Cette même école que n’avait pas trouvée leur fils, Antoine : il s’était suicidé au terme d’un parcours scolaire douloureux…
Porté par la flatteuse réputation d’Actes Sud, le carnet d’adresses de Nyssen et Capitani, le Domaine du Possible a ouvert en 2015 avec une vingtaine d’élèves ; ils sont aujourd’hui 149, de la maternelle à la terminale, à y suivre une scolarité, moyennant 4 à 6 000€ par an. Dans ses statuts déposés au Journal officiel dès 2013, voici résumé son projet : "Ce sera une école de la bienveillance et de l’apprentissage par le projet." "Elle se laisse la liberté de puiser dans toutes les méthodes pédagogiques", décrit le site de l’établissement.
Toutes ? Pour des enseignants et des parents, il ne fait plus aucun doute que le Domaine du Possible ne s’est en réalité appuyé que sur l’une d’elle : la méthode, très controversée, développée au début du XXe siècle par l’intellectuel et occultiste autrichien Rudolf Steiner-Waldorf (1861-1925)...
Cette prise de conscience est à l'origine de la crise interne, profonde, qui secoue l'école depuis des mois : démissions et évictions se succèdent. Rembobinons.
Steiner-Waldorf est le promoteur de l'anthroposophie, un courant de pensée ésotérique dont on retrouve des applications dans l'agriculture (la biodynamie, dont s'inspire l'agriculteur Pierre Rabhi, publié... chez Actes Sud, la santé (les cosmétiques Weleda ou Dr Haushka), la banque (Triodos, GLS)... Son héritage compte aussi plus d'un millier d'écoles dans le monde. De doux rêveurs ? "L'anthroposophie est un empire" pesant des "milliards d'euros", recadre le journaliste d'investigation Jean-Baptiste Malet. En Provence, la pédagogie Steiner est portée par des établissements scolaires identifiés, à Eguilles, Eourres, Sorgues...
C'est justement dans cette dernière école, où Antoine avait fait un passage, que Françoise Nyssen et Jean-Paul Capitani ont rencontré Henri et Praxède Dahan, deux militants reconnus de l'anthroposophie. Une amitié était née, une aventure éducative, aussi : c'est à ce couple que les éditeurs s'associeront pour bâtir, à partir de 2013, le projet du Domaine du Possible. Henri Dahan en a même "coécrit" le "livret" fondateur. "Nous avons apprécié l'intelligence de leur démarche", saluait Françoise Nyssen elle-même (Le Monde du 10 octobre 2016).
Alors, comment expliquer le clash du 6 juillet dernier ? Ce jour-là, Henri Dahan, le directeur pédagogique, est mis à la porte par le conseil d'administration et Jean-Pierre Capitani ; son épouse, Praxède Dahan, ainsi que Jean-Pierre Ablard, deux autres piliers de l'équipe, lui emboîtent le pas solidairement. "C'était ce qui s'appelle se faire virer salement", rapportent nos sources. L'écrivain Jeanne Benameur assure depuis la direction.
"Des mécènes s’alarmaient. On allait tout perdre." Patrick Bouchain
Ne faut-il relier cette scène à la parution d'une enquête sur l'anthroposophie, peu avant, dans Le Monde diplomatique ? "C'est une supposition que j'ai faite, même s'ils s'en sont défendus devant moi", soupire Henri Dahan. Deux mois plus tard, c'est un homme très affecté que nous avons retrouvé. "Je tente encore de comprendre." Oui, c'est vrai, à plusieurs reprises, Jean-Paul Capitani lui avait bien demandé "des changements d'organisation" : "Je lui réclamais juste plus de temps", souffle-t-il. Ces modifications consistaient notamment à s'ouvrir à d'autres approches, comme Freinet, Montessori (1). "Mais Steiner, c'était notre ancrage pédagogique, à l'évidence, et nous l'avons écrit ! Il fallait juste en clarifier les apports vis-à-vis des familles", soutient Henri Dahan.
Le 17 octobre 2016 dans La Provence, les éditeurs le revendiquaient il est vrai encore eux-mêmes : "Nous défendons par-dessus tout l'enseignement des écoles Steiner."
Mais le 17 mai 2017, Françoise Nyssen est devenue ministre de la Culture. Et alors que la popularité d'Emmanuel Macron chute en piqué, cet été 2018, l'éditrice est épinglée pour des travaux illégaux au siège d'Actes Sud. Les bruits insistants en provenance de la Volpelière sont-ils devenus ingérables ? "Des mécènes nous disaient : ce qui se passe chez vous ne correspond pas à ce que vous nous présentez, révèle Patrick Bouchain, architecte, pionnier du Domaine et membre du CA. On allait tout perdre."
C'est que le malaise s'est enkysté. Chaque année, des profs, des intervenants qui avaient rejoint le projet, enthousiastes, le quittent, amers. Tenus à une curieuse clause de confidentialité qui les tétanise, leur interdisant de "divulguer les moyens et méthodes pédagogiques propres à l'établissement", plusieurs nous ont néanmoins rapporté leurs "doutes" devant "les graves lacunes" des élèves, que ne "pouvait compenser le petit nombre d'heures d'enseignement".
Ou l'absence de prise en charge qualifiée des enfants les plus fragiles. Mais aussi les "pressions" exercées par les anthroposophes : "On me demandait d'enseigner selon des principes anti-scientifiques !" s'offusque l'un d'eux. "Ces doléances ne nous remontaient pas, se défend Patrick Bouchain. Dahan avait gagné l'amitié de Françoise, il s'en servait..." Lui rejette ces accusations "effroyables. On m'a donné une liberté qu'on m'a petit à petit reprise."
Bien que l'anthroposophie ne soit pas considérée comme une secte, elle fait l'objet d'une surveillance particulière. "Au début des années 2000, nous avions inspecté les écoles Steiner en France, rappelle Serge Blisko, à la tête de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Le bilan était désastreux : les inspecteurs avaient constaté le très faible niveau des élèves." De fait, il le dit : "Si j'avais un enfant en difficulté, je chercherais une école Freinet, peut-être une école Montessori, mais jamais une école Steiner !" Il n'appartient pas à l'inspection académique de porter un tel jugement.
Mais comme tous les établissements hors contrat, le Domaine du Possible a fait l'objet d'un contrôle, en 2016. "Et certains points ne correspondaient pas au socle commun de compétences et connaissances attendu par l'Éducation nationale", livre Dominique Beck, directeur académique à Marseille.
L'ésotérisme des cours d'eurythmie (une sorte de danse) ou cette cérémonie où les enfants, dans une pièce noire, s'engagent au coeur de la "spirale de l'Avent", ne seraient pas davantage "tolérés par l'État", en cas de contractualisation. Or, depuis le début, c'est l'ambition de Nyssen et Capitani : elle permettrait la prise en charge des salaires des profs.
Le couple pouvait-il ignorer la réalité de l'enseignement proposé dans son école ? Alors que celle-ci traverse une "situation financière difficile", M. Capitani le soutient : "On a été confiants, on a laissé filer la ligne." Des signaux s'étaient pourtant allumés : en mai 2017, la sortie, certes approximative, de Jean-Luc Mélenchon, futur député LFI de Marseille, sur "une ministre de la Culture qui est plus ou moins liée aux sectes" avait fait pschitt.
Mais au Domaine, de manière "concomitante", on fermait en urgence la formation européenne d'eurythmie de Praxède Dahan. Trop ouvertement Steiner, sans doute.

(1) Les écoles hors contrat, dont le nombre a été multiplié par 4 en sept ans (religieuses ou alternatives) sont libres de leur enseignement mais doivent diffuser un "socle commun de connaissances, de compétences et de culture". En 2016, un contrôle dans l'académie de Versailles avait révélé qu'aucune des 30 écoles alors visitées ne l'avait respecté. Dans certaines, des "rituels", du "conditionnement" et "l'évitement de pans entiers du savoir" avaient aussi été pointés.

Françoise Nyssen se défend
Alors qu’elle ouvrait les Journées du patrimoine aux côtés d’Emmanuel Macron, la ministre nous a brièvement répondu.
Le Domaine du Possible est une école Steiner ? Françoise Nyssen : "Une étiquette, ce n’est jamais intéressant. Mais s’enrichir de toutes les réflexions, oui : Steiner, mais aussi Montessori, Freinet... Les querelles de pédagogie n’ont aucun intérêt. Mais le Domaine n’est pas une école Steiner."
Elle semblait le devenir... Françoise Nyssen : "Il y a eu divergences de vues. Moi, j’ai choisi de faire une coupure claire avec cette école, à laquelle je reste fière d’avoir participé. Forte de cette expérience, je travaille en proximité avec le ministre de l’Éducation nationale, sur l’importance des arts et de la culture à l’école."

L’interview de Jean-Paul Capitani (éditeur), Et Patrick Bouchain (architecte) fondateurs de l’école
Que se passe-t-il au Domaine du Possible ? Jean-Paul Capitani : "Chaque année, je devais faire face à mon lot de profs démissionnaires. J’ai parlé avec eux, et je me suis rendu compte que ces gens ne voulaient pas appliquer la méthode Steiner. Or nous n’avons jamais voulu faire une école dédiée à cette méthode ! Attention, Rudolf Steiner a développé beaucoup de pratiques intéressantes : la biodynamie, l’homéopathie… Mais l’anthroposophie, ce n’est pas mon truc. Il y a quelques années, je suis allé aux rencontres des écoles Steiner à Strasbourg : je voulais comprendre leur pédagogie. Je leur ai demandé de clarifier ce lien avec l’anthroposophie, d’en faire un livre. Il n’est jamais venu ! Ce sont des dogmatiques."
Vous ne pouviez ignorer cependant que Praxède et Henri Dahan, figures de l’anthroposophie en France, relevaient de cette idéologie… Jean-Paul Capitani : "Oui, mais nous avons toujours porté un projet de transversalité. Et c’est ce que j’ai dit à Henri, à plusieurs reprises, "Relis le livret", notre programme fondateur. "Ce que tu fais, ce n’est pas ce que nous avions décidé." Patrick Bouchain : "J’ai toujours été très sceptique sur son recrutement. À chaque conseil d’administration, je le disais : "Attention, nous devons nous ouvrir à d’autres horizons, nos mécènes ne sont pas venus pour soutenir une école Steiner et la contractualisation avec l’état ne sera pas possible". La deuxième année, l’école est montée en charge, et nous avons vu arriver, c’est vrai, de plus en plus d’enfants et d’enseignants Steiner. Il n’y avait plus d’équilibre. J’ai dit : si on ne coupe pas, les mécènes vont nous lâcher. Il fallait cette rupture."
Vous dites que vous avez été manipulés ?
Patrick Bouchain : "Oui, il y a eu manipulation, car à chaque fois que nous voulions entendre les enseignants de sensibilité différente, cela ne nous remontait pas."
Certains se sont pourtant émus de l’organisation de cérémonies ésotériques, dont les parents n’avaient d’ailleurs pas tous connaissance… Jean-Paul Capitani : "Cela demandait au moins une explication. Quand je vois qu’on y interdisait les photos, par exemple, je dis non ! Les enfants ne peuvent pas être pris en otage."
Comment l’école va-t-elle évoluer ? Jean-Paul Capitani : "Nous allons recruter un directeur, car il faut quelqu’un qui anime les équipes, mais aussi un gestionnaire. Nous allons faire exactement ce qui était écrit dans le projet, en finir avec ce sous-jacent qui nous a nui." Patrick Bouchain : "Toute la dimension agricole du projet a été oubliée, nous allons la mettre en œuvre. Nous allons aussi retrouver un meilleur équilibre entre les pédagogies."

Une idéologie controversée
Grégoire Perra fut scolarisé dans les écoles Steiner puis enseigna lui-même cette pédagogie. Il est aujourd’hui le principal pourfendeur de ce courant de pensée, au sujet duquel il donnera une conférence à Marseille le 6 octobre prochain.
Il soutient notamment que les nouvelles écoles Steiner "se dissimulent davantage que les premières, en renonçant à porter leur nom et aussi à certaines de leurs traditions". "Pour les anthroposophes, la rationalité mathématique et la science moderne n’expliquent que la partie matérielle, visible du monde, soutient Jean-Baptise Malet dans Le Monde diplomatique. Selon eux, des esprits et des forces surnaturelles agissent dans un monde invisible. L’anthroposophie serait la "science" qui perce, par la voie spirituelle, les mystères de ce monde occulte."
Dans les écoles Steiner-Waldorf, les enfants n’apprennent par exemple aucune connaissance académique avant l’âge de 7 ans - celui où les premières dents tombent- mais passent leurs journées à jouer, pratiquer les arts, la cuisine ou le jardinage, écouter des contes...