jeudi 27 décembre 2018

Nos meilleurs vœux ✨ comme l'an dernier, nous n'éditons pas de carte et partageons les voeux de SOLIDARITE LAÏQUE!


Le mot de la Présidente

Bientôt 2019

En cette fin d'année, toute l'équipe de notre association se joint à moi pour vous exprimer sa reconnaissance. Nous vous remercions de votre engagement à nos côtés. Vous nous donnez les moyens d'agir. Notre gratitude s'adresse aussi aux militants, bénévoles, à nos partenaires des pays où nous agissons, ainsi qu'à tous les enseignants, éducateurs, enfants et jeunes qui agissent au quotidien pour un monde plus solidaire. A tous, nous présentons nos meilleurs voeux de bonheur et de santé pour ce nouvel an qui vient.
Ensemble, notre ambition est de contribuer à relever les principaux défis qui se posent à notre monde et à nos sociétés. Ils sont économiques, sociaux, climatiques, religieux, politiques et idéologiques. Des replis identitaires ou nationalistes se manifestent par la peur et le rejet des autres. La question des migrants nous indigne parce qu'elle révèle une triple crise de la liberté de se déplacer librement, de l'égalité entre les êtres humains et de la fraternité.

Ces menaces sont porteuses de conflits. L'apprentissage du mieux vivre ensemble et de la tolérance, fondements du principe de laïcité, deviennent donc des enjeux majeurs pour la paix de l'humanité. Chez Solidarité Laïque, notre conviction est que ces problèmes sont liés et que leurs solutions passent par l'amplification de nos actions d'éducation. C'est ce que nous faisons :
En Afrique subsaharienne, nos actions se sont élargies de 4 à 6 pays. Elles se concentrent vers les enfants et les jeunes les plus démunis des banlieues des grandes villes d'Afrique de l'Ouest. Ce vaste programme est axé sur l'accès à l'éducation et à la formation professionnelle des milliers de filles et garçons africains.
En Tunisie, nous restons aux côtés de tous les partenaires qui agissent contre les inégalités, pour l'accès à une éducation de qualité et pour faire réussir la démocratie et les valeurs dont elle est porteuse.
Au Sri Lanka, notre programme pour la scolarisation des 3-6 ans est en cours d'extension à l'ensemble du pays. Grâce au travail conduit avec les pouvoirs publics et les syndicats enseignants,  ce sont 1 million et demi de jeunes enfants qui auront accès à l'école dès le plus jeune âge, un gage de réussite scolaire pour la suite.
En Haïti, après le passage de l'ouragan Matthew il y a 2 ans, nos efforts pour reconstruire les écoles ont porté leurs fruits : grâce à votre soutien, 3500 élèves ont pu reprendre le chemin de l'école. D'autres chantiers sont en cours, les besoins sont importants et nous nous heurtons à des difficultés matérielles et de financement.
Dans ces 4 régions du monde vont s'ouvrir 4 filiales de Solidarité Laïque : à Ouagadougou, à Tunis, à Colombo et à Port-au-Prince, pour suivre le bon déroulement de ces programmes internationaux, ce qui est une garantie d'efficacité dans l'utilisation de vos dons.
L'an prochain, nous continuerons de faire éclore des dizaines de micro-projets complémentaires de nos programmes internationaux soutenus par les pouvoirs publics et qui impliquent des dizaines de partenaires.
Centre Estel
Avec votre soutien, nous resterons aussi aux côtés des centres éducatifs qui accompagnent et éduquent des enfants, prioritairement des filles, et les personnes les plus en difficulté : orphelins, enfants et jeunes en situation de handicap ou, comme en Colombie ou au Mali, jeunes qui ont été contraints avec leur famille à quitter les zones de conflits.
Enfants France
Au-delà, avec les membres de notre collectif, nous conduisons de nombreuses actions d'éducation à la solidarité. Nous dialoguons avec les pouvoirs publics, au sein de collectifs, pour dénoncer les inégalités, exclusions et discriminations, notamment sur les thèmes des migrations, de l'accès à l'éducation pour tous et de la défense des droits des enfants.
Pour accroître nos missions d'éducation pour les enfants en France et dans le monde, il faut aujourd'hui que notre association poursuive son développement. Ceci passe par la croissance des ressources privées issues de votre générosité.
Agir pour l'enfance contribue à l'avènement des sociétés plus justes, solidaires, laïques et ouvertes aux autres. Merci de votre engagement pour la cause que nous défendons !
Anne-Marie Harster
Présidente de Solidarité Laïque
Soutenir Solidarité Laïque



jeudi 20 décembre 2018

ECOLE STEINER SECONDAIRE A EXETER GRANDE BRETAGNE

Article du Telegraph du 9 Décembre 
« Inspections urgentes »

9 décembre:le  Ministre de l'Education a écrit à l'Inspectrice Amanda Spielman, exigeant que les écoles Steiner, privées et subventionnées par l'Etat soient urgemment soumises à des inspections (investigations)minutieuses.
 
Le début reprend des informations sur les écoles Steiner (Waldorf),puis on arrive au constat de l'OFSTED :
  Alarming disregard for child safety and well being
  Des négligences alarmantes concernant la sécurité et le bien être de l'enfant .

Cette semaine (article du 9/12), les fonctionnaires du Department of Education ont publié un mémo envoyé à l'
école Steiner secondaire d'Exeter pour la prévenir de la cessation de subvention pour cette école.
Le dernier rapport d'OFSTED décrit des manquements significatifs dans les procédures de sécurité, une direction qui ne fonctionne pas, à tous les niveaux, et une gouvernance en désordre (désarroi).
Il décrit la façon dont, plutôt que de reconnaître les problèmes de l'école, une minorité significative de parents rejettent la faute sur les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage.
L'année dernière,l'école de Kings  Langley a été obligée de fermer après une série d'inspections accablantes qui ont révélé des manquements dans la sécurité.L'école fait maintenant appel de cette obligation de fermeture .
Le Telegraph a publié des révélations sur les écoles Steiner. Une enquête,faite par le Telegraph,a révélé que,lorsque des parents d'élèves de Kings Langley avaient essayé de lancer l'alarme sur les problèmes de sécurité,on leur avait envoyé des lettres pour les réduire au silence.
La majorité de écoles Steiner en Angleterre sont privées et inspectées par le SIS (service d'inspection des écoles),organisation indépendante dont les inspecteurs sont formés à l'ethos Steiner.
Mais il y a une préoccupation: « SIS convient-il (est-il approprié)pour inspecter les écoles Steiner et rendre compte de leurs défaillance? »
OFSTED ne peut inspecter les écoles privées que lorsque le Secrétaire d'Etat l'a mandaté pour cela. Dans le passé,certains ministres se sont montré soucieux à propos d'une institution particulière.*Mais M. Hind (l'actuel ministre de l'éducation),a pris une mesure inhabituelle pour que soit menée par OFSTED une série d'inspections,et pour que lui soit rapporté directement ce qu'ils trouvent . Dans une lettre à Mme Spielman, il a dit qu' « il semble qu'il y ait un degré d'incidence plus élevé que la moyenne de pbs de sécurité dans les écoles Steiner : 3 fois plus dans ces écoles  que la moyenne».
« Dans le cas des écoles indépendantes,je donne mandat à OFSTED plutôt qu'à SIS pour mener une série d'inspections  et pour cela aller côte à côte avec un monitoring accru par les inspecteurs d'OFSTED et SIS. »
Un fonctionnaire d'OFSTED a déclaré « les arrangements (montages ?) comptables sont opaques et embrouillés »  « Dans certains cas ,les responsables et les administrateurs ont pendant trop longtemps manqué à leurs responsabilités légales. Par conséquent, il y a risque de danger pour les enfants dans ces écoles »
La SWSF,qui agit comme « parapluie » pour les 31 écoles et 14 écoles maternelles en Angleterre et en Irlande a déclaré qu'elle faisait bon accueil aux inspections OFSTED .
Un porte parole a dit que la fondation prenait extrêmement au sérieux la protection des enfants et a ajouté que les problèmes de sauvegarde devaient être examinés énergiquement et régulièrement.
Une source proche du mouvement Steiner a déclaré:"A quoi bon avoir des écoles Steiner si les enfants n'y sont pas en sécurité ? A quoi bon avoir des pastels à la cire d'abeille, chanter et grimper aux arbres,faire de la farine pour faire du pain, s'il n'y a pas de sécurité appropriée ?»
Il se peut qu'il y ait des éléments de l'éducation selon Steiner qu'OFSTED ne peut pas comprendre, mais quand il s'agit de sécurité,OFSTED est très en avance .
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 *le Telegraph ne mentionne ni le Ministre,ni l'école à laquelle il fait allusion.


LE RAPPORT OFFICIEL DE L'ECOLE STEINER SECONDAIRE D'EXETER ICI

LES RAPPORTS D'INSPECTION OFFICIELS SONT EN LIGNE EN GRANDE BRETAGNE.
AU MINIMUM EN FRANCE QUAND SERONT-ILS COMMUNIQUES SURTOUT LORSQUE LA COMMISSION D'ACCES AUX DOCUMENTS ADMINISTRATIFS EMET UN AVIS FAVORABLE A LEUR TRANSMISSION? 

devenir djihadiste in LA VIE DES IDEES

dimanche 16 décembre 2018

jeudi 6 décembre 2018

dans Eduquer, revue de la ligue belge de l'enseignement, l'éducation nouvelle ... et Waldorf

Ainsi donc, une fois de plus, la ligue belge de l’enseignement promeut (?) Steiner et la pédagogie Waldorf. Steiner est présenté au milieu de pédagogues qui ont contribué au mouvement de l’éducation nouvelle.
Nous l'avons déjà dit dans un billet  récent, en réponse à un commentaire qui nous était adressé, notre association n’a pas de compétence particulière en matière pédagogique. Il n’est pas dans notre objet social de faire une quelconque comparaison qualitative  entre des méthodes pédagogiques.
Toutefois ici, avouons notre trouble: une organisation laïque, et non des moindres, en Belgique, ne perçoit pas que des méthodes éducatives  ont pour racine une doctrine ésotérique et spiritualiste.  (voir les bases spirituelles de l'éducation de Steiner) Des enseignants qui se réfèrent à Montessori et Freinet exercent d'ailleurs dans l'enseignement public. Si des organisations laïques ne s’aperçoivent pas du caractère particulier de la pédagogie Waldorf , qui peut exercer cette vigilance ?
Ce n’est certainement pas, bien au contraire, une quelconque hostilité à la ligue qui nous fait écrire ce billet: bien au contraire, nous serions enchantés de pouvoir dialoguer avec ses dirigeants à ce sujet !


lundi 3 décembre 2018

NON A LA REVISION DE LA LOI DE 1905 !

Des rumeurs persistent sur la volonté gouvernementale de modifier la loi de 1905. Les modalités n'en ont pas été rendues publiques, il faut raison garder. Toutefois, nous nous devons de rappeler que nous sommes attachés à ce texte de compromis pour plusieurs raisons: son article 1 assigne à la République la tâche d'assurer la liberté de conscience, cette liberté qui est la raison d'être de notre action associative. 

Argument plus juridique, la République ne reconnaissant ni ne salariant aucun culte, elle ne porte nul jugement sur les cultes, et et un début de reconnaissance ne permettrait-il pas à des groupes dont nous estimons quant à nous que la liberté individuelle n'est pas respectée en leur sein de bénéficier d'un label? 

S'il est trop tôt pour nous positionner vu que le projet n'a pas été rendu public, il n'est pas trop tôt pour relayer la position commune des mouvements laïques unanimes, un texte que nous appelons nos adhérents et sympathisants à diffuser sans attendre!

 

Non à la révision de la loi de 1905!


Des projets de révision de la Loi de 1905 seraient à l’étude. S’il s’agit de mieux encadrer des dérives intégristes mettant en cause les principes et valeurs de la République, le titre V de la loi, intitulé Police des cultes fournit l’arsenal juridique suffisant. S’il s’agit de financer les cultes de quelque manière que ce soit, on entrerait alors dans une procédure concordataire que la loi de 1905 avait précisément pour but d’abolir.

Les Organisations laïques soussignées, réunies le jeudi 22 novembre 2018 à Paris, mettent en garde contre toute modification de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905, quelles qu’en soient les voies. Cette loi est un pilier fondamental de la République. Pour assurer à chaque citoyen la liberté de conscience, elle a instauré un juste équilibre entre la garantie du libre exercice des cultes et la neutralité confessionnelle de l’Etat.

Les organisations signataires rappellent donc solennellement l’intangibilité des principes solidairement posés par la loi :

Article 1 La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2 La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Elles demandent, par-delà les débats inutiles que suscitent ces projets de révision, que soit déjà et complètement appliquée la loi.



  • Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Actives (CEMEA) ,
  • Conseil National des Associations Familiales Laïques
  • CNAFAL
  • Fédération des Conseils de Parents d’Elèves - FCPE
  • Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain »
  • Fédération Générale des Pupilles de l’Enseignement Public
  • Fédération nationale de la Libre Pensée
  • Francas
  • Fédération Syndicale Unitaire FSU
  • Ligue de l'Enseignement
  • Ligue des Droits de l’Homme
  • Mouvement Français pour le Planning Familial
  • SE UNSA
  • SI-EN UNSA Education
  • SNPDEN
  • Solidarité Laïque     
  • Syndicat de l’Education Populaire-UNSA
  • Union des Familles Laïques – UFAL
  • Union Rationaliste
  • UNSA Education
  • Débats Laïques
  • Libres Mariannes

mercredi 28 novembre 2018

la mouvance de l'anthroposophie et l'école publique

Sur la page d’accueil du site Internet de la société anthroposophique, des liens sont proposés par rubrique.
Quelques uns d’entre eux concernent la question sociale. Et c’est ici que le lecteur de ladite société pourra se documenter sur le « chèque éducation ». Il est alors proposé d’ouvrir en format PDF un document de présentation de la fédération des pédagogies alternatives. Comme le précise d’emblée ce document, cet organisme regroupe les pédagogies « indépendantes de l’État, des confessions religieuses, du productivisme et du technologisme », nous citons ici dans le texte, pour favoriser des libertés pédagogiques. Trois pédagogies se sont pour le moment regroupées, dont bien entendu la pédagogie Steiner Waldorf.
Le principe de ce chèque éducation : les familles reçoivent une somme leur permettant de scolariser leurs enfants dans des établissements de leur choix. Chaque établissement reste bien entendu autonome. Comme le souligne ce site dédié au chèque éducation, c’est une autre forme de financement de l’éducation des enfants, ce n’est pas l’accroissement de la masse destinée à financer les écoles.
Selon les auteurs, des freins serait apportés à la création d’écoles extrémistes, car une autorité indépendante habiliterait les écoles qui se créeraient. Cette nouvelle instance regrouperait des représentants de grands courants pédagogiques. Parmi ces mouvances, on retrouve des écoles démocratiques de type Sudbury, Espérance banlieue, la pédagogie Montessori, la pédagogie Freinet et bien sûr Waldorf.
Il est précisé que l’État ne devra pas se charger de ces habilitations afin d’éviter que des politiques abusent de leur pouvoir pour interdire certains programmes ou méthodes qui ne conviendraient pas à leurs pensées politiques.
Nous avions déjà entendu parler de cette volonté de désétatiser l’école lorsque l’homme politique Alain Madelin avait publié un livre, Pour libérer l’école, qui promouvait le chèque éducation, ce qui était une pierre jetée dans le jardin du Ministère de l’éducation nationale et dans son existence même. Cette conception a pu être reprise depuis par des hommes politiques, qui se référaient au libéralisme au sens économique du terme. Ici, la mouvance anthroposophique promeut le chèque éducation et en cela, elle rejoint cette conception de la droite libérale (toujours au sens économique du terme) dans la lignée d’Alain Madelin. La fédération des écoles Steiner, s’associe à travers la fédération des pédagogies alternatives que nous avons évoquée ce travail de plaidoyer en faveur de la désétatisation de l’éducation. 

Rappelons pour ce qui la concerne que la Nef a pour mission, entre autres, de financer l’enseignement surtout hors contrat (dont les écoles Steiner Waldorf mais pas seulement elles ). Nous ne conclurons pas sur l’affirmation que l’anthroposophie, c’est la droite libérale. Steiner avait lui-même préconisé, nous l’avons déjà évoqué, la désétatisation de l’éducation, non pas dans le cadre du libéralisme politique et économique contemporain, mais dans celui de la triarticulation sociale. Concernant le chèque éducation, les deux se rejoignent complètement en ce moment. La tripartition a encore quelques défenseurs, il existe des sites spécialement dédiés à sa promotion, mais elle reste peu connue du grand public. Une utopie à notre sens, dont nous ne voyons pas comment elle pourrait mise en œuvre.

Mais surtout, nous sommes trop attachés à l’idée d’un école ouverte à tous sans discrimination et qui éduque à la liberté pour ne pas nous opposer à toute attaque contre l’école laïque d’où qu’elle vienne !




mardi 27 novembre 2018

ne laissez pas des groupes sectaires empiéter sur votre tranquillité!

SI UN GROUPE SECTAIRE VOUS PROSPECTE PAR COURRIER, MAIL, PORTE A PORTE

sur ce lien vous trouverez un modèle de lettre qui vous permet d'exiger de ne plus être démarché.


En principe ce modèle est rédigé pour les prospections commerciales mais vos droits sont les mêmes quel que soit le type d'organisme qui vous importune.

jeudi 22 novembre 2018

RETOUR SUR LES RECENTS AVIS DU COMITE DES DROITS DE L'HOMME: BABYLOUP, VOILE INTEGRAL

Nous avons rendu compte récemment de deux avis du comité des droits de l’Homme des Nations unies. Le premier concernait le licenciement d’une salariée de la crèche Babyloup qui avait refusé de se rendre à son travail sans son voile. Le second avis concernait des femmes qui s’étaient pourvues devant cette instance internationale pour contester des amendes qui leur avaient été signifiées du fait du port du voile intégral.

Dans un premier temps, nous jugeons indispensable, et ce sera l’objet du premier point, de préciser dans quel cadre juridique ces avis ont été rendus.

En second lieu cet article permettra de relier ces avis entre eux et de réfléchir sur le décalage entre la conception française de la laïcité et celle des experts internationaux.

Pour ce faire, un court rappel historique est nécessaire.



Qu’est-ce donc que le comité des droits de l’Homme des Nations unies ?




Dès le mois qui suivit l’armistice du 8 mai 1945, se tint une importante réunion dont l’aboutissement fut la charte des Nations unies; à cette occasion, il fut prévu qu’une déclaration universelle des droits de l’Homme serait rédigée. Effectivement, ses deux principaux concepteurs furent le français René Cassin, le juriste de la France libre et Madame Roosevelt, veuve du président américain. Elle fut adoptée le 10 décembre 1948. Mais elle n’avait pas d’effet contraignant, c’était une très belle déclaration d’intentions, toutefois, aucun mécanisme ne venait sanctionner une violation par un État des principes énoncés.


C’est pourquoi fut prévue la rédaction de pactes internationaux qui en reprendraient les principes mais en rendraient l’application obligatoire à l’encontre des Etats membres de l’ONU. Ces pactes mirent une trentaine d’années à voir le jour. 
 

Ici, une petite digression s’impose pour faire un détour par la protection européenne des droits de l’Homme. En effet, sans attendre, des Etats européens avaient décidé dans les années suivantes de créer une organisation d’États européens dédiée aux droits de l’Homme et à l’environnement, le Conseil de l’Europe (qui ne présente aucun point commun avec l’Union européenne, sinon l’espace partagé à Strasbourg).



Les Etats membres de ce Conseil de l’Europe signèrent une convention européenne des droits de l’Homme, qui comprenait peu d’articles dédiés à l’énoncé des droits (parfois en termes identiques à la Déclaration de 1948), la majeure partie du traité étant consacrée aux procédures. Ainsi était créée la Cour européenne des droits de l’Homme. En fait s’il y avait peu d’articles dédiés à l’énoncé des droits, c’est parce que les rédacteurs de ce traité avaient conscience de la diversité des traditions juridiques au sein de l’espace européen. N’étaient fixés que des grands principes dans lesquels, précisément au-delà de ces traditions diverses, tous les Etats membres pouvaient se retrouver. Ce qui impliquait une certaine marge d’appréciation laissée à chaque Etat dans la mise en œuvre de ces droits. Les juges de la cour européenne, restaient indépendants des Etats dont ils étaient issus.


Après cette indispensable digression sur la Cour européenne des droits de l’Homme revenons à l’ONU ; ce n’est que près de 30 ans après la signature de la déclaration que fut signé le pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le traité comporte lui-même des droits, mais de manière beaucoup plus détaillée. Un comité des droits de l’Homme est nommé, composé d’experts juridiques en droit international et chargé de surveiller l’application par les Etats membres de l’ONU de ce pacte qui donne donc une force obligatoire aux grands principes énoncés dans la déclaration de 1948. Tout particulier qui a épuisé tous les recours dans son pays peut saisir ce comité (comme il peut saisir la cour européenne des droits de l’Homme).


La différence: le comité contrairement à la Cour européenne ne rend que des avis, ce qui implique non une force obligatoire, mais une pression sur les états qui pourraient violer les droits de l’Homme.


Dans les faits, ce comité rend publics ses avis. Concernant la France, il a admis l’interdiction chez nous du lancer de nain, il a refusé une requête du sieur Faurisson (récemment décédé, nous n’allons pas nous en émouvoir outre mesure), il a été saisi pour le Belarus d’entraves à la liberté de manifester des opposants, et il a donné tort à l’Etat. Pour la fédération de Russie, il n’a pas condamné l’attitude de l’État face aux allégations de mauvais traitements évoqué par un détenu, en revanche, il avait donné raison à un défenseur des droits de l’Homme qui s’était pourvu devant lui, se plaignant de harcèlement.


Disons le d’emblée, il ne nous semble pas, bien au contraire, que le contrôle par un groupe d’experts indépendants de l’application des textes internationaux de protection des droits de l’Homme puisse être critiqué. En matière de droit fondamentaux, nous ne jugeons pas défendable un souverainisme en cette matière (pour le souverainisme en général, c’est totalement extérieur à l’objet statutaire de notre association).
 
En revanche, nous pouvons nous interroger et c’est ce que nous ferons dans le point suivant, sur cette incompréhension par nombreux d’experts internationaux, parfois hors de l’enceinte de ce comité des droits de l’homme, de la conception française de la laïcité.



Les experts internationaux et la conception française de la laïcité



Après la rédaction de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, Clermont Tonnerre, dans une déclaration qui a fait date, affirmait qu’il fallait tout accorder aux juifs comme individus, mais rien en tant que nation.


Était-ce une préfiguration de la conception française de la laïcité, voire de la vie en société ? Toujours est-il que la conception française, à laquelle nous nous rattachons, accorde une grande importance à l’individu. Serait-ce à dire que les communautés à l’intérieur de la nation n'existeraient pas? Sans doute pas, mais cela signifie quand même que la liberté individuelle de conscience revêt une grande importance, ne figure-t-elle pas comme des principes directeurs de la loi de 1905, dès son article 1 ?


L’une des particularités du droit français est précisément la recherche d’un équilibre entre les droits de l’individu et ceux des communautés. Ce n’est pas le cas partout, même en Europe.


Est-ce à-dire qu’il faille clouer au pilori les autres régimes juridiques en Europe dans le monde ? Sans doute pas, mais, si nous voulons que notre régime de laïcité soit compris et adopté, nous pensons nécessaire de redoubler d’efforts pour discuter et persuader.


Pour revenir aux Nations unies, un rapporteur spécial sur l’intolérance religieuse, Monsieur Amor, émettait des réserves sur les politiques de lutte contre le sectarisme, et craignait un réveil de l’intolérance religieuse. Une des femmes lui ayant succédé à ce poste, Madame Asma Jahangir, dans un de ses rapports, critiquait explicitement l’attitude française, considérant les membres de sectes en France comme des victimes de discrimination. Nous avions exprimé notre désaccord avec elle, mais aussi du respect: après avoir quitté son poste à l’ONU, elle était revenue au Pakistan où elle avait été assignée à résidence car elle était depuis son plus jeune âge une militante des droits de l’Homme. Elle avait été vice-présidente de la fédération internationale des droits de l’Homme.


Lorsqu’elle était assignée à résidence, nous avions exprimé le souhait qu’elle soit libérée, tout en déplorant et en nous interrogeant sur l’incompréhension entre des militants si courageux par ailleurs et nous, laïques français, tellement préoccupés par la défense de ces droits. Aussi nous ne sommes pas étonnés par les récents avis du comité des droits de l’Homme des Nations unies. 
 

Une crèche associative fonctionne avec des règles similaires à celle du service public : elle accepte tous les publics sans discrimination, mais le personnel doit rester discret sur les convictions profondes qui animent chaque salarié. De nombreux allers et retours entre juridictions ont été nécessaires pour clore cette affaire dans l’ordre juridique français.


Dans les cas les plus récents, des femmes ont sollicité l’avis du comité des droits de l’Homme car elles avaient été verbalisées,les forces de police constaté qu’elles étaient revêtues du voile intégral. 
 

Dans tous les cas, n’auraient-elles pas eu la possibilité de se pourvoir devant la cour européenne des droits de l’Homme ? Effectivement, cette possibilité leur était offerte, mais la Cour avait déjà rendu des arrêts qui n’allaient pas dans leur sens : pour la crèche, on pouvait se souvenir d’un arrêt rendu lors d’un litige entre une ressortissante helvétique et la Suisse : les juges avaient donné une interprétation peu flatteuse du sens du voile islamique, pour parler vite. Pour ce qui concerne le voile intégral, saisie par des Françaises qui n’avait pas encore été verbalisées, la juridiction avait estimé que les dispositions adoptées en France entraient dans le cadre de la marge d’appréciation laissée aux Etats.


A l’inverse, les experts du comité des droits de l’homme des Nations unies ont jugé que les mesures prises en France n’était pas proportionnées à l’objectif que s’était assigné notre pays. Ils ont estimé que la salariée ne s’était pas vu interdire à bon droit le port de son voile sur son lieu de travail, la mesure étant jugée disproportionnée par rapport à l’objet de l’association gestionnaire de la crèche. De notre côté, nous pouvons nous demander si des établissements scolaires ou éducatifs à caractère religieux fondamentaliste n’imposent pas des contraintes vestimentaires à leurs agents. Dans ce cas, cela reviendrait à interdire en France une association qui voudrait se soumettre aux mêmes règles que les agents du service public : la discrétion sur les convictions personnelles des salariés, mais l’ouverture à tous les publics sans discrimination. Il faut noter que l’interdiction signifiée au personnel de manifester ses convictions profondes ne figurait pas dans les statuts de l’association gestionnaire, mais seulement dans un règlement intérieur. Peut-être des statuts plus explicites permettrait-t-il à une association d’éviter un si lourd contentieux ?
 
En revanche, en ce qui concerne le voile intégral, tant devant la Cour européenne que devant le comité des droits de l’homme des Nations unies, la France avait fait valoir l’importance du visage découvert qui favorise la communication et le vivre ensemble. Pouvons-nous nous permettre d’émettre une opinion ? Est-ce que la dissimulation totale de l’individu et notamment du visage ne serait pas une source de dépersonnalisation qui irait à l’encontre du principe de dignité humaine ? Un principe que toutes les juridictions admettent pour fonder une décision en droit. Observons quand même que nous ne prenons nullement ce parti pour des raisons liées à la religion, chacun restant totalement libre de croire ou de ne pas croire, mais uniquement pour des raisons liées au respect de la personne. Surtout que notre lecteur ne se méprenne pas : jamais nous ne nous nous référerons à une laïcité teintée d’hostilité à la religion musulmane à à l’instar d’un journal en ligne prétendument laïque mais dont l’hostilité viscérale à l’Islam ne peut même plus dissimuler une xénophobie exacerbée.




Cependant concluons sur une note d’optimisme : récemment, en janvier 2018, la rapporteuse spéciale de l'ONU dans le domaine des droits culturels affirmait : «les initiatives culturelles et artistiques peuvent aussi défendre les valeurs de diversité, de laïcité, d’inclusion, de tolérance, d’égalité des sexes, de droits de l’homme et de paix par les thèmes qu’elle choisissent d’aborder».



Pour persuader les acteurs publics du niveau le plus local ou niveau international de la pertinence de notre conception de la laïcité, pour les persuader aussi de la même pertinence dans notre action de prévention du sectarisme, les deux étant étroitement liées pour nous, il nous faudra faire preuve de patience et de persuasion; sûrement pas d’agressivité ni d’arrogance et encore moins de la certitude d’incarner la lutte du bien contre le mal.



vendredi 16 novembre 2018

20 novembre, Journée internationale des droits de l’enfant, une problématique qui nous concerne, nous partageons l’annonce de notre partenaire solidarité laïque

Solidarité Laïque

Bientôt le 20 novembre

Journée mondiale des droits de l'enfant

Droits de l'enfant
Dans une semaine, nous célébrerons les 29 ans de la Convention Internationale des droits de l’enfant. Rappelons qu’il reste du chemin à parcourir dans le monde comme en France, pays des droits de l’Homme.
Le 20 novembre 1989, la Convention internationale des droits de l’enfant est adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies. Issu d’un long processus historique vers la reconnaissance de droits aux enfants, ce texte énonce les droits civils, économiques, sociaux et culturels. Si de nombreuses avancées ont été réalisées depuis, la promesse du respect de ces droits n’est pas encore tenue à l’égard de tous les enfants