Nous sommes une organisation laïque, donc ouverte à la
confrontation des idées. Nous ne prétendons pas, entre nous, défendre toujours
les mêmes thèses. Ce qui nous réunit, c’est précisément le souci de ne pas
masquer nos différences.
Le mot " secte " est
une commodité de langage qui ne correspond à aucune catégorie juridique. Il
n’existe en effet pas de définition de la secte en droit français. Dans
l’intitulé de notre association, nous ne nous vouons donc pas à un combat
contre les sectes, mais nous aspirons à prévenir le sectarisme.
En fait, peu nous importe
que tel ou tel groupe étudié dans ce site soit ou non qualifié de
secte. Pour nous, il représente, si nous en parlons, une atteinte à la
laïcité. Le droit français leur permet d’exister. Il nous permet, à nous, de
discuter leurs pratiques sans les enfermer dans une catégorie juridique, et ce,
au seul nom du respect des droits de l’homme et de l’enfant et de la laïcité.
NOTE SUR LES COMMENTAIRES
Le présent blog est le canal d'expression du CLPS. Nous veillons
scrupuleusement à la qualitéde l'information et des opinions exprimées. Nous avons maintes fois accepté d'accueillir des commentaires qui
se trouvaient aux antipodes de nos convictions dès lors qu'ils étaient
rédigés dans une langue correcte, qu'ils restaient courtois, et qu'ils
apportaient de la matière au débat.
Toutefois, suite à des propositions de commentaires qui ne
respectaient pas ces conditions, nous nous devons de rappeler que ce
blog n'est pas un forum. Nous nous refuserons en conséquence à publier les textes
sarcastiques et a fortiori injurieux à l'égard de qui que ce soit, d'une
longueur excessive par rapport au texte initial et les billets "en rafales" qui restent d'une lecture difficile et nuisent à la lisibilité de l'ensemble.Merci à nos contributeurs, qu'ils soutiennent ou contredisent nos
thèses, de respecter ces quelques règles de savoir-vivre.
VISITEURS DU PRÉSENT BLOG, SYMPATHISANTS DU CLPS,
N'hésitez pas à utiliser le formulaire de contact pour nous signaler toute activité qui vous interpellerait, nous vous répondrons rapidement, sereinement !
La Ville de Strasbourg communique : une crèche qui met en œuvre la pédagogie Steiner Waldorf et l'école Michael, qui applique la même méthode, voient leurs subventions municipales annulées. L'école est sous contrat simple. Contrairement aux établissements qui ont signé un contrat d'association, les écoles sous contrat simple peuvent bénéficier de subventions de la part des communes, mais ces subsides restent facultatifs.
Le compte rendu du conseil municipal du 18 mars 2024 révèle une subvention à hauteur de 42 104 € accordée à l'école Michael.
Un an après, le 17 mars, le même compte rendu ne mentionnait plus cette école. La
précédente municipalité, qui n'a pas été reconduite cette année,
l'avait suspendue.
La municipalité récemment élue a donc supprimé une subvention déjà suspendue.
La fédération des écoles Steiner et l'établissement scolaire concerné contestent la légalité de cette décision."L’École Michaël et le Jardin d’Enfants Les Bons Amis prennent acte de la décision de la Ville de Strasbourg, notifiée le 4 juin 2026, de mettre fin à leurs subventions municipales. Convoqués dès le lendemain matin à une réunion avec les services municipaux, les deux établissements contestent fermement la légalité de cette décision municipale et y voient une rupture d'égalité de traitement".
école Steiner de Verrières-le-Buisson (Essone), wikimedia commons
La région Île-de-France a supprimé la subvention à l'école Steiner Waldorf de Verrières-le-Buisson, en région parisienne. Nous avons retrouvé la délibération de la commission permanente de la collectivité publique, en voici un court extrait pour expliquer le contexte de cette décision :
"Nous avons ensuite l'amendement 32 GCEC.MME MALAYSEOui, il s'agit d'un amendement qui attire l'attention des conseillers régionaux sur la mise en conformité avec la loi sur l'attribution d'une subvention qui avait été votée en mai 2024 qui contournait allègrement la loi Falloux.
Vous aviez été alerté en commission permanente par notre groupe, notamment sur le montant, sur le non-respect de cette loi Falloux, mais aussi sur le non-respect de la procédure et notamment de l'avis du CUN qu’il n'y avait pas.
Le vice-président en commission permanente avait menti en disant qu'il n'y en avait pas besoin. Nous avions donc fait un recours devant le tribunal administratif. Nous maintenons ce recours parce que nous considérons qu'il faut une jurisprudence et je crois que c'est la peur de cette jurisprudence qui fait que le plan de financement pour l'établissement Saint-Colomban est revu.
La deuxième chose sur laquelle nous attirons votre attention, c'est trois subventions. Alors, la présidente, lors de l'ouverture de la commission permanente, n'a pas fait lecture du retrait d'une des fiches projet qui concernait l'école Steiner de Verrières-le-Buisson, qui a fait l'objet de nombreuses inspections qui, également, sous contrôle de la MIVILUDES, donc pour des dérives sectaires.
Vous avez donc, suite à notre alerte, retiré cette subvention. C'est une bonne chose, mais au-delà de celle-ci, il y en a deux autres qui posent encore problème, parce que je crois que la question n'est pas simplement l'application d'une idéologie.
Vous avez fait un choix politique de subventionner les lycées privés sous contrat, au-delà de votre obligation légale. Soit, nous ne sommes pas d'accord, mais là, ce n'est pas la question.
Il y a deux autres projets, notamment le lycée Blanche-de-Castille, du Chesnaye, et le deuxième, qui est le lycée Saint-Augustin de Saint-Germain-en-Laye, qui font aussi l'objet de subventions. Or, ces deux lycées ont fait l'objet de plusieurs enquêtes qui ont révélé à la fois des violences sexuelles et des violences physiques, et également une atteinte à la liberté de conscience des élèves. Je crois que, après l'affaire Stanislas et l'affaire Bétharram, nous ne pouvons plus faire comme si tout cela n'existait pas, et vous ne pouvez pas faire des choix qui sont non obligatoires en vous couvrant les yeux.
Monsieur le vice-président.Merci. Concernant Maurice Rondeau, Saint-Colomban, c'est bien le porteur qui a modifié sa demande avec une baisse plus que substantielle, et donc la désaffectation partielle, très largement partielle, vient en prendre acte.
Ensuite, pour les trois autres établissements que vous évoquez, si je prends en premier point l'établissement Steiner à Verrières-le-Buisson, nous n'avions aucune alerte de l'État sur cet établissement. Suite aux échanges en commission, nous nous sommes rapprochés du rectorat, et le rectorat a confirmé un suivi rapproché de cet établissement, ce qui, comme c'est indiqué dans le dérouleur, nous a conduits à retirer l'affiche concernant cet établissement. Pour le lycée Blanche-de-Castille au Chesnaye, ce lycée a été évalué d'un point de vue pédagogique il y a trois ans sans observation particulière, et le rectorat nous confirme que l'établissement n'a fait à ce jour l'objet d'aucune alerte.
Nous ne sommes donc pas en légitimité pour modifier quoi que ce soit. Enfin, pour Saint-Augustin-Saint-Germain-en-Laye, vous nous avez fait part de faits de violences. Ces faits de violences sont graves, et ils remontent aux années 60. 60. On peut imaginer, quelles que soient les suites, évidemment, pour ceux qui ont commis ou ceux qui ont subi ces violences dans les années 60, que les équipes qui sont en place aujourd'hui, les enseignants, les équipes de direction, ne sont pas les mêmes, et qu'on peut peut-être avoir un regard actualisé sur l'agissement de cet établissement. Et en l'occurrence, cet établissement a été placé sous la tutelle de la direction du OCSM des Yvelines depuis 1987, et l'établissement n'a pas fait l'objet d'alerte de la part de l'éducation nationale. Nous ne nous sentons pas légitimes à condamner aujourd'hui un établissement qui est dirigé avec des enseignants, des équipes, etc., qui n'ont rien à voir avec les équipes des années 60, et avec zéro alerte du côté du rectorat.
Je vous inviterai donc à retirer votre amendement, ou sinon ce sera un avis défavorable de l'exécutif".
Lien vers la vidéo de la délibération à 2H 26MN 50sec :
Le laboratoire WELEDA appartient à ce que le rapport de la mission interministérielle de lutte contre les sectes, qui précéda la MIVILUDES appela, dans son rapport pour l'an 2000, « la galaxie anthroposophique». C'est le laboratoire lui-même qui s'en réclame.
Le site helvétique de la RTS donne, vidéo à l'appui, dans un court article, une information sur les liens entre le laboratoire et le nazisme pendant le second conflit mondial.
Toutefois, nous ne connaissons pas la position des dirigeants actuels de Weleda, presqu'un siècle après ces événements, car il est bien évident qu'ils ne sauraient eux-mêmes avoir été mêlés à cette collusion vu le temps passé. Ils auraient toutefois commandé une étude pour mettre au jour le passé de leur entreprise.
En réponse aux révélations, la société, désormais basée à Arlesheim, en Suisse, a déclaré qu'elle réexaminerait son histoire de l'ère nazie. Une étude interne, publiée l'année dernière, n'a pas réussi à découvrir le rôle de Weleda dans les expériences humaines. « Toutes ces nouvelles recherches nous donnent des raisons de revoir notre histoire en profondeur avec une grande étude indépendante », a déclaré Tina Müller, PDG de Weleda. La nouvelle étude devrait prendre deux ans.
Il y a une dizaine
d'années, une école Steiner en Suisse alémanique a connu de graves problèmes.
Nous y revenons. Mais, comme toujours, nous nous efforçons de ne pas fournir
une information biaisée, unilatérale ou partiale.
Aussi, en préambule, désirons-nous attirer l'attention sur quelques points. Tout d'abord, ces faits sont
anciens et nous n'avons pas d'éléments susceptibles de nous éclairer sur
l'évolution ultérieure de l'école. Nous avons cherché à nous procurer le rapport
administratif de Madame Morgenthaler, mais nous n'avons pu y accéder et une
association locale nous a fait connaître ses doutes sur la possibilité de le
divulguer.
Prenons donc connaissance
de ces éléments, comme illustration de ce qui peut se produire, mais sans
généraliser. Les écoles françaises ne sauraient être tenues responsables
d'événements survenus en Suisse. L'article de presse le plus précis figure
ci-dessous. Nous l'avons traduit avec l'aide d’Online doc translator.
Tages-Anzeiger 19 mai
2014 :
Graves
allégations contre l'école Rudolf Steiner
Les
parents accusent l'école du canton d'Argovie de tendances sectaires et de recours à la
violence du fait de certains membres du corps enseignant. Le conseil de gouvernement parle d'une situation
exceptionnelle.
L'école
Rudolf Steiner de Schafisheim, en Argovie, fait face depuis des mois
à de graves accusations. Plusieurs parents parlent d’intimidation,
d’exclusion des élèves, d’oppression et de violence physique.
Les autorités scolaires ont ordonné des enquêtes et des mesures d'amélioration, les politiques exigent des éclaircissements. Une
mère a déposé une plainte pénale pour agression, contre un
enseignant. La mère accuse l'enseignante d'exclure les enfants et de
les placer contre le mur, dos à la classe : « Elle a attrapé
notre fils par derrière par les épaules si fort qu'il a eu des
bleus. » Un autre enseignant est accusé d'avoir poussé un
élève au sol et de l'avoir traîné sur le sol. Une mère raconte
qu'un stagiaire a enfermé un élève en train de maudire dans les toilettes et lui a ordonné de se laver la bouche avec du savon. Onze
parents ont contacté l'Agence de protection de l'enfance ou
l'inspection de l'école primaire. Ils ont critiqué l'école pour
ses problèmes avec l'autorité, affirmant que ses méthodes et mesures
pédagogiques étaient dépassées.
«Stress
karmique»
La
critique porte également sur l’idéologie anthroposophique de
l’école.
« Quand ma fille a été victime de harcèlement, on a dit que
c'était à cause de fardeaux karmiques d'une vie antérieure »,
a déclaré une mère à Tagesanzeiger.ch/Newsnet. Elle ne savait pas
que la pensée anthroposophique était si profondément enracinée
dans l’école. Une autre mère se plaint d'avoir été menacée
d'expulsion de son fils si elle ne le faisait pas soigner par un
médecin anthroposophe.
L'inspection
scolaire a pris des mesures, écrit le Conseil du gouvernement
argovien dans sa réponse à une interpellation. Il parle d’une
situation exceptionnelle. «
Le cas de l'école Steiner sort
de l’ordinaire,
c'est pourquoi des mesures sortant
de l’ordinaire
sont nécessaires »,
a expliqué Monika Morgenthaler, inspectrice en chef de l'école.
Le
conseil municipal de Schafisheim a chargé deux services spécialisés
de mener des enquêtes. «
Les rapports ont été un désastre pour l'école Rudolf Steiner »,
a expliqué l'avocat qui représente les parents mécontents. Le
rapport indique que le personnel de la garderie n'est pas
suffisant en termes de nombre ou de qualification. Les autorités locales ont
exigé que des corrections soient apportées avant la fin du mois de mars et
l'école a demandé une prolongation.
L'école
rejette avec véhémence les accusations des parents mécontents : «
Notre école prend une position très claire contre toutes les formes
de « recours
à la violence »,
a déclaré le président de l'école, Lucio Carlucci, lors d'une
interview. « S'il
y a eu réellement violence, il s'agissait d'une faute isolée et
individuelle de l'enseignant concerné. ».
Les effectifs scolaires ne sont pas en baisse, a-t-il ajouté, et :
« Nous avons reçu de nombreux retours positifs de parents qui
continuent de faire confiance à l'école. »
«
Dans notre école, il n’y a aucune tolérance à la violence »,
a déclaré Joseph Hess, enseignant de longue date.« Il
est crucial que l'intégrité de l'enfant soit protégée en
permanence. Cependant, parmi les accusations des parents, certains
incidents ne relèvent pas de la violence, à mon avis. Cependant,
l’administration scolaire regrette « de ne pas avoir correctement
perçu et répondu aux signaux antérieurs des parents ».
L'enseignante,
poursuivie par une mère pour agression, nie les allégations portées
contre elle : « Pour moi, saisir un enfant par les
épaules, cen’est pas un abus ».
Lors de l'audience de règlement de la semaine dernière, le
procureur a tenté de persuader la mère de retirer la plainte
pénale, mais sans succès.
La
qualité de l’enseignement peut être améliorée
Ces
derniers jours, le conseil gouvernemental a publié son rapport. Il conclut que les qualifications des enseignants au
niveau scolaire ne sont pas contestables. Il existe néanmoins des
pistes d’action en matière de qualité de l’école et de
l’enseignement. La gestion des problèmes de discipline, des
plaintes et la gestion interne de la qualité sont évoquées. Le
Conseil de l’éducation exige que les instruments d’évaluation
des élèves soient révisés. « L'école Rudolf Steiner d'Argovie est
de nouveau sur la bonne voie », écrit la direction de l'école, et
se réjouit que l'école « réponde largement aux critères
d'approbation et que le bon fonctionnement
de l'école est garanti. Elle réaffirme également la volonté de «
réaliser les meilleurs changements possibles ».
La chaîne de télévision franco-allemande Arte vient de nous proposer une émission sur Rudolf Steiner. Souvent, mais brièvement, les sources des auteurs sont présentées à l'écran.
Voici le lien vers la présentation que la chaîne a faite de l'émission.
Peut-être eût-il été intéressant de présenter de manière plus précise les sources sur lesquelles les auteurs se sont appuyés ? Mais nous n'ignorons pas que les nécessités d'une émission télévisée ne sont pas les mêmes que celles d'une association dont l'action s'inscrit dans la durée.
Cette émission a reçu un accueil mitigé. Sur la toile, et notamment dans les commentaires qui ont suivi la mise en ligne sur le site de partage de vidéos YouTube, les détracteurs de l'anthroposophie jugeaient l'émission complaisante. Inversement, de plus rares disciples de ladite mouvance la jugeaient trop critique! Stéphanie de Vanssay, également connue comme militante syndicale, émettait un avis plus nuancé, variable selon les séquences du reportage mais in fine ne regrettait pas de l'avoir vu.
En ce qui nous concerne, nous émettrons également un avis nuancé : certes, sur l'agriculture bio dynamique il n'est fait mention que très sommairement de l'ésotérisme qui irrigue ce mode de culture; par exemple en ce qui concerne ses rapports avec l'astrologie. Les passages consacrés à la pédagogie suggèrent bien un retard dans l'acquisition des connaissances, mais sans que soit apparente la relation entre cette progression et la théorie parfaitement ésotérique des corps physique, étherique et astral…
La présentation de la triarticulation sociale est (peut-être) trop succincte dans la mesure où nulle part n'apparaît l'une ou l'autre de ses conséquences : la disparition de nombre de services publics et la privatisation de l'éducation. Il en est de même concernant la disparition programmée des organisations tant patronales que syndicales.
En revanche, on y voit Rudolf Steiner passer d'un milieu anarchiste à celui de l'ésotérisme de la société théosophique, de l'amitié avec un chef militaire allemand au rejet par les milieux Völkisch… on le voit également au moins à deux reprises apparaître comme mentalement peu équilibré, au point de n'être pas considéré comme trop dangereux, ou encore à la fin comme immodeste et dénué de sincérité. Des éléments qui peuvent semer le doute sur la validité des thèses défendues tant par lui-même que par ses successeurs jusqu'à nos jours. Nos lecteurs savent que nous ne recommandons pas la consultation de livres ou de reportages uniquement si nous sommes en parfait accord avec les auteurs, c'est pourquoi nous vous donnons le lien en vous laissant toute latitude pour vous forger votre opinion personnelle une fois le visionnage terminé !
Pour vous donner envie de regarder cette émission qui dure 1h30, nous en donnons ici quelques extraits significatifs. Plusieurs intervenants s'expriment, parfois critiques, parfois acteurs de la mouvance initiée par Rudolf Steiner. Leur qualité figure en sous-titre dans l'émission, en langue allemande. Comme il est précisé en sous-titrage, nous bornons à donner quelques citations, nos lecteurs retrouveront aisément en visionnant l'émission leurss auteurs
Sur la médecine anthroposophique
«Dans la médecine anthroposophique, on ne perd jamais de vue l'homme dans son ensemble. Et c'est aussi le cas dans ma pratique. Je pense que les patients perçoivent très bien que je ne les vois pas seulement comme un infarctus du myocarde, un foie ou tout autre organe, mais comme un être humain qui est en chemin et qui a, à ce moment-là, une maladie qu'il doit surmonter ou avec laquelle il devra peut-être vivre toute sa vie. Je suis là pour accompagner ce changement. On établit un diagnostic et on pratique des examens comme en médecine classique. Ce qui change, c'est l'approche thérapeutique. Rudolf Steiner a aussi dit qu'il faut traiter les patients avec les médicaments qui existent. Si j'ai un patient atteint d'un cancer, je peux mettre en place un traitement anthroposophique, mais je n'ai pas le droit de lui refuser d'autres traitements. La médecine continue d'évoluer, tout comme la médecine anthroposophique. Nous considérons qu'il faut tout prendre en compte». Une praticienne de la médecine anthroposophique
"Des remèdes comme la thérapie par le gui, censée aider dans le traitement du cancer, suscitent la controverse. La pseudoscience est une accusation mortelle contre la médecine anthroposophique. Il faut dire que beaucoup de choses qui se passent en médecine anthroposophique ne peuvent pas être prouvées par la science". Un biographe de Steiner
Sur la pédagogie
L'homme d'affaires Emil Moltke a confiance en Rudolf. Il souhaite construire une école pour les ouvriers de son usine de cigarettes à Stuttgart. Elle sera sous la direction pédagogique de Rudolf Steiner.
"Ses expériences antérieures en tant que précepteur d'Otto Specht et enseignant à l'école de formation des ouvriers vont fortement influencer sa conception de la pédagogie. « Je suppose que c'est à l'école de formation des ouvriers que Steiner a été confronté au milieu des ouvriers pour la première fois de sa vie. L'ouverture aux enfants d'ouvriers, dont il fait preuve avec la fondation de l'école Waldorf, pourrait venir de cette expérience».
"Nature, art, mouvement, musique, ce qui a priori constitue un environnement parfait pour l'apprentissage, est néanmoins controversé. L'une des faiblesses de la pédagogie Steiner est qu'on empêche systématiquement les enfants d'apprendre à lire et à écrire pendant les trois ou quatre premières années. Les enfants font l'expérience des lettres, les dessinent très lentement et écoutent des histoires à leur sujet".
"Mais la lecture et l'écriture sont d'abord mal vues. Tout ça à cause d'un préjugé défavorable sur l'intellectualisme. Il ne faut surtout pas devenir un intellectuel, sinon on s'attache aux choses matérielles".
"Les enfants doivent d'abord vivre les choses. Le professeur a une très forte autorité. On apprend beaucoup par cœur, on travaille énormément avec des images. Ce n'est que plus tard que l'on doit intégrer intellectuellement ces connaissances. L'école est fondée sur l'acceptation de l'autorité et non sur l'apprentissage individuel ou la liberté, qui est pourtant constamment mentionnée dans le marketing. La presse se fait régulièrement l'écho de scandales touchant des écoles Steiner-Waldorf en Allemagne.
Et puis on leur reproche aussi d'être trop ésotériques. Il est vrai que les mythes, les anges, les forces cosmiques sont toujours au programme de certaines écoles, en particulier durant les premières années de scolarité. Les enseignants sont aussi invités à classer les enfants, notamment en fonction du tempérament, du signe astrologique, du karma, et même du jour de naissance.
Dans la pratique, le concept de la réincarnation est un sujet délicat dans les écoles Steiner-Waldorf. Certains enseignants rejettent tout simplement cette idée et la considèrent comme une affaire personnelle. Mais il y a des anthroposophes très convaincus qui pensent qu'on ne peut faire de la pédagogie que si on connaît cette dimension occulte, ésotérique.
À l'étranger, ces écoles sont diversement appréciées. En France, elles font régulièrement scandale. Au Royaume-Uni, en revanche, elles ont bonne réputation.
L'une des caractéristiques de la pédagogie Steiner, c'est le lien étroit entre l'enseignant et l'élève. Dans les écoles normales, l'enseignant change au cours de la scolarité. Mais dans les écoles Waldorf, c'est souvent le même d'année en année. Si on s'entend bien, c'est génial. Mais si on ne s'entend pas avec l'enseignant, c'est compliqué. Pour certaines personnes, ça fonctionne. Pour d'autres, non. Rudolf Steiner n'enseignera jamais dans une de ses écoles. Il a trop de choses à faire, notamment développer l'anthroposophie".
la politique: la triarticulation sociale
"Il esquisse un nouvel ordre social. La triarticulation est la réponse de Steiner à la destruction de sa chère monarchie Habsbourg et de l'Empire allemand pendant la Première Guerre mondiale. Il rejette la démocratie, mais pas la modernité. Et il réfléchit à un modèle dans lequel il y a une administration pour la culture et les questions spirituelles, une administration pour l'économie et une administration pour les questions juridiques. Le modèle politique de Steiner échoue. Personne ne veut mettre en œuvre la triarticulation, même s'il s'efforce de la faire connaître via ses contacts dans l'aristocratie.
Quiconque élabore de telles théories, en parle lors de conférences et se fait construire son propre temple, a forcément dû attirer l'attention de la police secrète. À ma connaissance, Steiner n'a pas été surveillé. Un coup d'œil au dossier de Rudolf Steiner montre qu'il était connu des autorités, et ses conférences à l'ordre des architectes étaient lues de près par le service de la censure".
l’homme
«En 1924, il est à Paris. Ce n'est pas Marie qui l'accompagne, mais Ita Wegman, avec laquelle il serait lié par un amour cosmique, selon les rumeurs. Dans ses conférences parisiennes, il parle de découvertes dans le monde suprasensible.
Il évoque même une réincarnation de Voltaire et de Victor Hugo. Kurt Turolsky, un des écrivains allemands les plus célèbres de son époque, est dans le public. « Rudolf Steiner, le Jésus-Christ de l'homme modeste, est venu à Paris pour y donner une conférence. Je n'ai jamais vu un homme avec si peu de convictions. Pendant toute la conférence, je n'ai pas pu m'empêcher de penser: mais il ne croit pas un mot de ce qu'il dit. » Les uns se méfient, tandis que d'autres voient en lui le sauveur".
Sur l’agriculture biodynamique
« Notre base, c'est l'agriculture bio. Et il a été scientifiquement prouvé qu'il s'agit d'une agriculture sensée et durable. C'est l'agriculture de l'avenir. Le peu de biodynamie que nous faisons en plus, et qui est toutefois pour nous très importante, n'a pas d'effet négatif. Il n'y a pas besoin d'en discuter. » une agricultrice en biodynamie
La lecture de la presse permet de connaître l’existence d’un courrier adressé par le rectorat de Strasbourg à l’école Steiner Waldorf de la même ville. France Info et les Dernières Nouvelles d’Alsace se sont saisis du sujet, ci-dessous de larges extraits:
France Info révèle certains griefs du rectorat et ce faisant se réfère au long article des DNA.
L'équipe d'inspection a relevé "la faiblesse des horaires consacrés aux disciplines, ajoutée à l'absence totale d'un certain nombre de contenus attendus pour la maîtrise du socle commun", et a conclu à "un défaut général de niveau d'enseignement au regard des compétences dont la maîtrise est attendue en fin de scolarité obligatoire". La lettre explique également qu'une "confusion règne en matière de distinction entre récit et histoire, science et croyance. Un certain nombre de faits présentés comme véridiques ne sont pas assez questionnés, tant en sciences dites dures, qu'en sciences humaines".
Édition du 29 janvier des Dernières Nouvelles d'Alsace :
"L’équipe d’inspection relève que le temps consacré à l’apprentissage des mathématiques, notamment, est insuffisant. Les emplois du temps ne mentionnent aucun enseignement en science, ni en histoire-géographie, ni en éducation morale et civique. (...) L’approche de la géométrie est plus artistique et sensible que raisonnée. La combinaison de ces approches à la faiblesse des horaires consacrés aux disciplines, ajoutée à l’absence totale d’un certain nombre de contenus attendus pour la maîtrise du socle commun, amène l’équipe d’inspection à la conclusion d'un défaut général du niveau d’enseignement".
Interrogés par les DNA, les cadres de l’école regrettent un rapport à charge, et voient un décalage entre les contacts avec l’équipe d’inspection et le contenu final du rapport. La procédure contentieuse semble longue et complexe, elle a été retardée par une question prioritaire de constitutionnalité, que le Conseil d'État doit décider de transmettre ou non au Conseil constitutionnel.
Voici les liens vers les articles de France Info. Celui des DNA est malheureusement réservé aux abonnés, et nous nous faisons un devoir de ne pas déroger au copyright. Aussitôt que nous aurons les détails de la procédure transmise au Conseil d'État, vous en serez informés.
Nous avons déjà avisé nos lecteurs de l’injonction faite à l’école Mathias Grünewald, qui appartient à la fédération des écoles Steiner Waldorf, de mettre fin aux activités de personnes non qualifiées pour enseigner.
L’établissement s’était pourvu devant le juge administratif en procédure de référé, c’est-à-dire, en langage non juridique, qu’elle demandait à la justice administrative d’annuler en urgence cette injonction vu qu’un dommage irréparable pourrait en résulter. Les enfants risquaient d’être privés d’enseignement brutalement.
Satisfaction n’avait pas été accordée à cette requête, les magistrats ayant estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie.
Nous avions alors promis à nos lecteurs de les aviser lorsqu’une décision cette fois-ci sur le fond serait rendue. Mais entre-temps, l’école a contesté la légalité de l’injonction qui lui avait été adressée au regard du droit applicable en Alsace-Lorraine. Le juge a estimé que cette requête reposait sur un « moyen sérieux » et l’a transmise au conseil d’État.
Et nous apprenons ainsi que l’école Steiner de la haute Alsace avait reçu une injonction semblable pour le même motif !
Dès que la réponse sera parvenue, nous vous en aviserons. En attendant, vous pouvez trouver le
communiqué du tribunal administratif de Strasbourg et la décision prise sur le lien ci-dessous :
Par arrêté préfectoral en date du 17 juin 2024, la classe élémentaire de l'école Steiner Waldorf de Jurançon dans les Pyrénées-Atlantiques a été fermée. Nous donnons ici le lien vers l'arrêté, paru sur le site de la préfecture, dans les recueils des actes administratifs. Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur les considérants qui motivent cette fermeture. Ils sont particulièrement précis et détaillés.
Plusieurs écoles démocratiques ont fait l'objet d'une décision administrative destinée à mettre fin à leur activité. Nous en avons d'ailleurs rendu compte régulièrement. Pour ce qui concerne les écoles Steiner Waldorf, après la fermeture de l'école de Bagnères-de-Bigorre et la procédure en cours en Alsace et dont nous ne connaissons pas encore l'issue, c'est maintenant l'école des Pyrénées-Atlantiques que vise l'arrêté préfectoral.
Le 12 octobre 2023, l’école Mathias Grünewald, établissement scolaire privé hors contrat, a fait l’objet, à la demande du recteur de l’académie de Strasbourg, d’une visite de contrôle par des inspecteurs de l’éducation nationale et des inspecteurs académiques. A la suite de ce contrôle, par lettre du 12 mars 2024, le recteur de l’académie de Strasbourg a mis en demeure l’école Mathias Grünewald de fournir des explications et de régulariser sa situation au regard de quatre séries de manquements à ses obligations légales et réglementaires, relatifs au non-respect du régime d’autorisation préalable de diriger un établissement ou d’enseigner, aux règles de tenue du registre des élèves, au droit à l’éducation et aux normes minimales de connaissance, et aux mesures de sécurisation de l’établissement.
Dans le dernier état de ses conclusions, telles qu’elle les a reformulées à l’audience, l’école Mathias Grünewald demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la mise en demeure contestée uniquement en tant qu’elle concerne le non-respect du régime d’autorisation préalable de diriger un établissement ou d’enseigner pour onze des quatorze personnes qu’elle vise, ainsi que le droit à l’éducation et aux normes minimales de connaissance.
Le
Tribunal administratif a rejeté le recours de l'école Mathias
Grünewald de Wintzenheim. Voici ci-dessous le communiqué de presse
de la juridiction :
Strasbourg,
le 26 avril 2024
Ecole
Mathias Grünewald : le juge des référés rejette pour
défaut d’urgence le recours contre la mise en demeure du rectorat
Le 12 mars 2024, le recteur de l’académie de Strasbourg a adressé
une mise en demeure à l’école Mathias Grünewald, établissement
scolaire privé hors contrat, lui enjoignant de fournir des
explications et de régulariser sa situation, après qu’une visite
de contrôle réalisée le 12 octobre 2023 a mis à jour plusieurs
irrégularités.
Il
a notamment été relevé des manquements aux règles d’autorisation
préalable de diriger un établissement ou d’enseigner, à celles
de tenue du registre des élèves, au droit à l’éducation et aux
normes minimales de connaissance et aux mesures de sécurisation de
l’établissement. Le juge des référés du tribunal administratif
de Strasbourg a été saisi d’une requête tendant à obtenir la
suspension de certains points de cette mise en demeure, relatifs au
régime d’autorisation préalable de diriger un établissement ou
d’enseigner pour 11 des 14 personnes qu’elle vise, et au droit à
l’éducation et aux normes minimales de connaissance.
Pour
la suspension provisoire d’une décision administrative, deux
conditions doivent être réunies : la situation doit revêtir un
caractère d’urgence, et il doit y exister un doute sérieux sur la
légalité de cette décision. Le juge des référés a estimé que
la première condition, d’urgence, n’était pas remplie en
l’espèce ; il n’a donc pas eu à examiner la seconde condition,
tenant à la légalité de la décision.
Il
a relevé que l’école Mathias Grünewald ne justifiait pas de ce
que, en se conformant à la mise en demeure, elle se placerait dans
une situation de blocage de ses activités, c’est-à-dire dans
l’impossibilité matérielle d’assurer la continuité de ses
enseignements avec les moyens dont elle dispose ou que son projet
pédagogique serait compromis. Cette décision, prise par le juge des
référés saisi en urgence, a un caractère provisoire jusqu’à ce
que le tribunal statue, sur la légalité cette fois, sur le recours
en annulation introduit contre la mise en demeure. L’instruction
est toujours en cours et une décision au fond devrait intervenir
dans les prochains mois.
Nous
suivons cette affaire et en informerons nos lecteurs. A plus tard
donc.
Par BFM TV Alsace,puis par FR 3, nous apprenons que l’école Steiner Waldorf de Wintzenheim en Alsace dans la banlieue de Colmar, emploie le tiers des enseignants sans autorisation; ces derniers ne possèdent pas les compétences requises dans le domaine qu’ils enseignent.
Nous rappelons quelques faits que nous avons déjà signalés.
L'association qui gère l’école est reconnue exercer une mission d’utilité publique en droit local alsacien. La reconnaissance d’utilité publique permet aux associations qui en relèvent en droit français de bénéficier.de facilités fiscales. Un pourcentage de ce que les contribuables ont versé est déduire de leurs impôts. Ce dispositif n’est pas transposable en Alsace, mais le droit local en comporte un équivalent, la mission d’utilité publique. Si la fédération des écoles Steiner s’est vue refuser la reconnaissance utilité publique au niveau national, l’équivalent en droit alsacien été accordé par arrêté préfectoral à l’école de Wintzenheim.
Région Grand est, communiqué de presse du 29 mai 2017:
Environnement : (...) Une aide de 156 250 € participe à la construction d’une nouvelle école en ossature bois avec isolants bio sourcés pour l’école libre Mathias Grunewald à Wintzenheim
Nous nous en tenons, comme à l’accoutumée, aux faits pour laisser le lecteur se forger son opinion
Sur un site d'information en Champagne-Ardenne, un sujet sur l'école Blanchefleur, à Troyes, un établissement affilié à la fédération des écoles Steiner Waldorf et qui s'efforce de trouver de nouveaux élèves, le reportage révèle que sur quatre postes d'enseignants, un est pris en charge à 80 % par l'État du fait de la signature d'un contrat avec l'éducation nationale.
Même si nous nous refusons à la stigmatisation et à la polémique, nous nous devons malgré tout d'éviter toute ambiguïté nous précisons que nous ne faisons pas nôtre cette conception de la laïcité.
Chaque parent qui inscrit son enfant devient membre de l'association et l'école se présente comme laïque.
Ce court reportage est disponible sur le lien ci-dessus après les publicités…