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Nous sommes une organisation laïque, donc ouverte à la
confrontation des idées. Nous ne prétendons pas, entre nous, défendre toujours
les mêmes thèses. Ce qui nous réunit, c’est précisément le souci de ne pas
masquer nos différences.
Le mot " secte " est
une commodité de langage qui ne correspond à aucune catégorie juridique. Il
n’existe en effet pas de définition de la secte en droit français. Dans
l’intitulé de notre association, nous ne nous vouons donc pas à un combat
contre les sectes, mais nous aspirons à prévenir le sectarisme.
En fait, peu nous importe
que tel ou tel groupe étudié dans ce site soit ou non qualifié de
secte. Pour nous, il représente, si nous en parlons, une atteinte à la
laïcité. Le droit français leur permet d’exister. Il nous permet, à nous, de
discuter leurs pratiques sans les enfermer dans une catégorie juridique, et ce,
au seul nom du respect des droits de l’homme et de l’enfant et de la laïcité.

Le 22 janvier 2026 devait se tenir, au Sénat, par l’entremise de la sénatrice Laurence Muller-Bronn, un colloque intitulé "Pourquoi et comment sécuriser l’introduction des pratiques de santé ?". Il était organisé par le Groupe d'Evaluation des Thérapies Complémentaires Personnalisées (Getcop), la Chambre Nationale des Praticiens de la Santé (CNPS), et le Collège Universitaire des Médecines Intégratives et Complémentaires (Cumic). Il s’agit pour ces associations d’assurer la promotion et la légitimation de pseudo-médecines devant le Sénat, et plus largement auprès du grand public.
Le
15 janvier le journal l’Express a publié une tribune demandant au président du
Sénat son annulation pure et simple :
Or
nous avons été contactés en vue d’une signature de la tribune au dernier
moment, à peine plus de 24 heures avant son envoi définitif, alors que toutes
les autres signatures avaient déjà été obtenues.
Nous
ignorons toujours la raison de ce contact tardif.
Au
CLPS, toutes les décisions engageantes sont prises collégialement, par un
Conseil d’Administration qui comporte une dizaine de membres. Ce conseil s’est
donné les moyens statutaires et techniques de délibérer rapidement. Deux ou
trois jours sont cependant nécessaires pour recueillir les avis de tous.
Nous
ne disposions manifestement pas du temps nécessaire pour délibérer valablement.
Le
respect du temps de notre réflexion collective et l’indépendance de la pensée
qui résulte de nos échanges sont indissociables de notre fonctionnement.
D’un
côté, même sans rien d’illégal, qu’un tel colloque puisse se tenir dans les
locaux de la représentation nationale chargée de protéger nos libertés est
révélateur du travail d’influence de ces groupes de pression. Ils en arrivent ainsi
à inviter des intervenants controversés jusque dans les lieux où a été débattue
la loi du 10 mai 2024 qui érige en délit l’incitation à renoncer aux soins
reconnus par la science.
Si cette réunion s'était tenue en lieu neutre, sans la caution du
Sénat, nous n’aurions pas manqué d’en contester le contenu allant à l’encontre
de la médecine basée sur les preuves.
D’autant
que parmi les intervenants annoncés se trouvaient des promoteurs de pratiques
non conventionnelles à teinture ésotérique, et pour certains, liés à des
groupes signalés dans les rapports parlementaires ou de la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.
Mais
d’autre part, dès nos premiers échanges, il est ressorti une gêne à l’idée que
l’objectif d’une tribune soit d’obtenir une annulation pure et simple. Gêne
d’autant plus vive, que nous partageons pleinement le fond critique quant à la
tenue d’un tel colloque dans les locaux du Sénat, sous l’égide d’une sénatrice.
Ainsi, il est nous est apparu qu’une demande d’annulation, quand
elle se réduit de la sorte à elle-même, relève d’une atteinte à la liberté
d’expression. En effet, certains d'entre nous travaillent sur le phénomène
sectaire depuis plusieurs décennies et ont vu défiler des demandes verbales ou
formelles d'interdictions ou d'annulations de réunion, de dissolutions
d'associations. De leur côté les groupes que nous étudions ne sont généralement
pas attachés aux libertés républicaines : il suffit de voir le nombre de «
procédures baillons » qu'ils initient.
Mais précisément nous répugnons à agir comme eux. Le
contexte nous semble devoir imposer la réflexion. Les libertés publiques sont
toujours fragiles et c'est toujours avec d'infinies précautions que nous devons
agir lorsqu'elles sont en jeu.
Aussi,
si nous avions eu le temps d’infléchir le texte de la tribune de l’Express,
aurions-nous adhéré totalement à une demande précise de délocalisation du
colloque.
Tous,
lorsque nous sommes invités à signer, pétitions, appels, tribunes, nous sommes
confrontés à cette question : allons-nous nous laisser porter par la
crainte de ne pas « en être » ? Ne pas être de ce courant
porteur semblant faire l’unanimité parmi nos partenaires sur les questions de
société ? Ou bien, allons-nous relever notre regard vers l’horizon des
enjeux éthiques ?
Le
CLPS a choisi de privilégier le temps de l’intelligence collective, à rebours
de toute précipitation.
Nous
nous proposons de revenir sur ces questions qui nous semblent fondamentales et
d’approfondir notre réflexion.
Toujours dans la nuance, la pondération et tournés vers les
questions d’éthique dans nos méthodes de travail.
Nous vous avions tenus informés des multiples incidents et procédures qui avaient émaillé la volonté de la fondation Notre-Dame des neiges d'ériger une basilique dans la vallée de la Bourges en Ardèche.
La communauté avait été mentionnée dans un rapport de la mission interministérielle comme exerçant une emprise sur ses membres. Cinq d'entre eux se sont pourvus devant la justice, nous vous donnons ici les informations disponibles.
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Bonjour,
En cette fin d'année 2025, nous avons effectué
une recherche sur les principales décisions administratives et judiciaires en
matière d'enseignement hors contrat.
Pour ce qui concerne l'école Mathias Grünewald,
dans la banlieue de Colmar, la procédure initiée par l'administration est en
suspens. L'école avait fait valoir qu'en raison de l'histoire administrative du
département du Haut-Rhin, les autorités qui avaient pris les mesures de
fermeture de l'école n'étaient pas compétentes en la matière. Le tribunal
administratif de Strasbourg a saisi le Conseil d'État d'une question
prioritaire de constitutionnalité. Le conseil d’État a retransmis au Conseil
constitutionnel, lequel a donné satisfaction à l'école.
Certes, la décision ne concerne pas le fond, mais
la procédure. Dès que nous aurons connaissance de la suite donnée, nous
tiendrons nos lecteurs au courant.
Plusieurs autres décisions ont été prises.
L'une concerne l'école Steiner Waldorf « l'Arrosoir »,
à Ucel en Ardèche.
Les motifs de la confirmation de l'arrêté
préfectoral de fermeture des cycles 2 et 3 sont reproduits ci-dessous.
Le juge reprend les arguments exposés dans
l'arrêté préfectoral, domaine par domaine. Le jugement du tribunal
administratif a été confirmé par le Conseil d'État, dont nous avons également
reproduit l'arrêt. Lien ci-dessous.
L'école Saint Jean Eudes, en Normandie,
est présentée comme relevant de la fraternité Saint Pie X. Elle pourrait être à
nouveau ouverte dès cette rentrée de janvier 2026, mais nous ne savons pas
encore si cette réouverture est effective.
L'école « Ma voie » (73470 Ayn),
est une « école démocratique », où seule la demande des enfants
entraîne une démarche de transmission du savoir.
Nous avons regroupé les décisions judiciaires que
nous avons retrouvées sur un document unique que vous trouverez en suivant ce lien.
À bientôt,
et avec tous nos vœux pour l'année 2026 à
nos lecteurs.
Tribunal administratif de Lyon. 2513613. 03 nov. 2025
https://opendata.justice-administrative.fr/recherche/TA69
« Lors du second contrôle de l’établissement l’Arrosoir réalisé le 25
mars 2025, les inspecteurs, partant des constats réalisés lors du premier
contrôle du 30 avril 2024 pour les cycles 2 et 3 de la classe élémentaire, ont
relevé, s’agissant de la première composante, relative à l’apprentissage de la
langue française, du premier domaine « les langages pour penser et
communiquer » du socle commun de connaissances, de compétences et de culture :
l’absence de progressivité dans les apprentissages et de différentiation des
activités selon les niveaux, l’absence d’activité suffisante permettant aux
élèves d’apprendre la lecture et les gestes fondamentaux de l’écriture et,
enfin, l’usage d’une terminologie inadaptée dans la définition des concepts
grammaticaux, ayant pour conséquence d’installer des connaissances erronées ne
permettant pas aux élèves de se repérer sur d’autres support pédagogiques et de
s’adapter à d’autres contextes d’enseignement.
S’agissant de la seconde composante, relative aux langages des arts et du
corps, de ce premier domaine, le rapport relève le manque de programmation et
de progression, les activités physiques et sportives ne s’inscrivant pas dans
une continuité et l’enseignement des arts ne permettant pas aux élèves, dont la
créativité est peu sollicitée, de développer l’esprit critique.
S’agissant du deuxième domaine « les méthodes et outils pour apprendre » du
socle commun, les inspecteurs ont constaté le choix fait par l’équipe
enseignante de ne pas travailler l’éducation aux médias et de ne laisser aucune
place au numérique dans les enseignements, les élèves n’étant ainsi pas mis en
situation d’acquérir, de façon progressive, les compétences de ce deuxième
domaine et de développer un esprit critique et un usage responsable des
médias.
S’agissant du troisième domaine « la formation de la personne et du
citoyen » du socle commun, les inspecteurs mentionnent que, si l’école a mis en
place des enseignements informels permettant aux élèves d’acquérir certaines
compétences, les enseignements ne s’inscrivent toutefois pas dans le cadre
d’une programmation et d’une progression.
Enfin, au regard du quatrième domaine « les systèmes naturels et les
systèmes techniques » du socle commun, le rapport indique que les activités
informelles proposées aux élèves par l’établissement se réduisent à des thèmes
restreints, ne prennent pas en compte le domaine technologique et ne
s’inscrivent pas dans une structuration de l’enseignement, ce qui ne permet pas
aux élèves de développer la rigueur intellectuelle, l’habileté manuelle,
l’esprit critique et l’aptitude à argumenter. »
Un de nos amis s’y est rendu ; laissons-lui la parole :
« Immersion dans un salon dédié au bien-être et essai de démystification.
En ce samedi après-midi du 15/11/2025, le parking du Parc des expositions du Comminges est quasiment plein. Le salon, dans sa 5ème édition et dont l'entrée est gratuite, est très bien organisé avec affichage de la liste des services proposés (médiumnité, tarots, soin de l'âme, massages…) et la liste alphabétique des intervenants avec leur localisation par un numéro d'un côté d'une rangée. Une bonne douzaine de rangées sont classées alphabétiquement. Les espaces entre les rangées sont particulièrement larges et le déplacement y est aisé malgré l'affluence. Un service de restauration est présent. Les exposants sont harmonieusement mélangés avec présence régulière de ceux d'entre eux dont les offres sont plus classiques et parfois étonnantes sur un tel salon (produits de consommation courante, bilan professionnel…). Pour certaines pratiques (massage par exemple), de petits espaces isolés par un rideau permettent un minimum d'intimité. Il y a même une zone réservée aux auteurs d'ouvrages de littérature spirituelle avec la traditionnelle séance de dédicace. Un ouvrage bénéficie d'un avis positif d'Amélie Nothomb.
Cette
année, 110 exposants (parmi lesquels 80% sont des exposantes) et 2200 visiteurs
majoritairement féminins seront présents. Le samedi est surtout fréquenté par
les habitués, et le dimanche majoritairement orienté vers la découverte,
parfois en famille.
Les
« patients » peuvent immédiatement consulter ou prendre rendez-vous pour le
lendemain et il y a manifestement des habitués. Les intervenants rencontrés
confirment leur succès auprès du public et l'investissement financier qui se
fait sur la base de 80€ le stand de 3,5m x 2,5m est donc à priori rentable. Des
réductions sont proposées ce week-end. Mais, attention : rappelons que
selon la loi Hamon pour les achats effectués dans un salon, l'acheteur ne
bénéficie pas du délai de quatorze jours pour revenir sur son choix et se
rétracter.
16 conférences gratuites sont proposées : entre raison et mystère.../ tarot ésotérique : le langage caché des arcanes majeurs / langage du corps et mémoire cellulaire / baguettes magiques, histoire et conception / des guérisseurs de nos campagnes aux chamanes d'autres mondes.../ les mémoires de l'âme / hypnose et magnétisme, pour transformer l'énergie intérieure / oser se soigner par les plantes/ la vie énergie / les bienfaits des aimants / votre foie ne vous dit pas tout ! / aromathérapie : astuces et conseils pour une vie équilibrée au quotidien / "miroir, dis-moi que je suis la plus belle..."/ les Maisons Astrologiques et leur(s) transit(s) par les Planètes, de Mars à Saturne/ la mémoire des lieux.
Belle ambiance donc avec un public manifestement ravi dans un fond sonore permanent fourni par divers instruments à percussion et des conseils d'achats ou annonces d'un début de conférence diffusés depuis le micro des organisateurs.
Quelques stands visités, et leurs discours de présentation :
Les exposants rencontrés répondent à mes questions souvent avec bonne volonté mais parfois aussi avec un certain agacement :
Biorésonance et caméra GDV Bio-Well
"On met les doigts les uns après les autres dans l'appareil qui est relié à un logiciel installé dans un ordinateur. Cela capte les photons qu'on a au bout des doigts, les énergies de lumière, en fait, qui sortent des doigts. Cela va capter ces informations et après, cela va être retranscrit sur un diagramme qui nous donne notre état de santé énergétique. C'est une prise d'informations retranscrite suivant le groupe de lecture des méridiens de l'énergie chinoise. On a ainsi une lecture de tous les organes qui va nous donner des protocoles, pas de soins, mais en liaison avec les oligoéléments. Ce sont des appareils scientifiques dont se servent des médecins."
Géobiologie
Premier exposant :
"La géobiologie, c'est l'influence de l'environnement sur l'humain. C'est l'étude des sols, des terrains pour voir les énergies qu'il y a sur les terrains, avec les maisons posées dessus, par exemple les veines d'eau qui peuvent passer et vous empêcher de dormir. Ce sont des énergies subtiles. Si vous avez, par exemple, un terrain où il y a un animal ou un humain qui est mort, son âme n'est pas montée, donc elle reste sur le terrain et cela donne une mauvaise énergie. Nous intervenons avec des pierres levées, des petits monolithes. Les gens qui prennent l'initiative de mettre des pierres d'ornement dans leur jardin et les posent incorrectement, à tous les coups, vous avez des maisons où il y a du cancer."
Deuxième exposant :
"On travaille avec tous les produits médicamenteux, les cosmétiques, les bijoux, les produits culinaires, mais aussi avec les champs énergétiques, les auras, les chakras… On étudie tout ça avec une batterie d'outillages scientifiques adaptés. Il y a des champs-mètre, des mesureurs de tension, des compteurs Geiger, des antennes pour déterminer les passages d'eau souterrains. Les vecteurs de forme, les pendules, les tenseurs. Les vecteurs de forme sont relatifs à toutes les incidences que font les formes géométriques dans votre environnement. Un immeuble va provoquer devant lui, sur une distance très importante, une zone de dépression énergétique où il y a ce qu'on appelle des effets de forme qui peuvent se caractériser par des problèmes articulaires. Les effets de forme, on peut dire que cela rentre dans le domaine des champs électromagnétiques, mais à des fréquences extrêmement élevées. Des ultra-hautes fréquences, dans le domaine cosmique, voire plus haut."
Lithothérapie
"La lithothérapie, c'est ce qu'on fait avec les pierres, plus exactement avec leur énergie. Cette pierre par exemple, ce sera pour les douleurs, celle-là cela va être pour la protection. Chaque matière dégage une énergie. Une énergie va travailler sur quelque chose de particulier. On utilise soit une antenne de Bovis, soit un pendule et un cadran pour calculer le taux énergétique. Une antenne de Bovis, c'est un ustensile où il y a une graduation et deux antennes : elle renseigne sur l'énergie de l'onde électromagnétique. Les matières synthétiques ne dégagent pas d'énergie, c'est une énergie morte, parce que c'est de la transformation. Le cuivre va avoir son énergie propre, mais pour les douleurs, il faut qu'il soit passé à un voltage très important pour augmenter son énergie. Les couleurs vont dégager une fréquence, la pierre va dégager une fréquence. Nous, on travaille avec les chakras. L'énergie rouge va travailler sur le bas du ventre, sur le chakra racine, puis l’orange, puis le jaune, et puis plus on va monter jusqu'au bleu, violet, plus cela va travailler sur tous les centres énergétiques du corps. Quand on travaille avec les cercles de lumière, des choses comme cela, les ondes ne sont pas dans le domaine visible. Un médium aura toujours une aura qui sera violette ou indigo, c'est pour cela qu'ils vous disent qu'ils voient des choses que nous on ne verra pas."
Soins énergétiques quantiques
Premier exposant :
"Le quantique, en fait, c'est un autre double de soi. Il n'y a pas d'espace-temps. Dans ce double, il y a tout notre passé, tout notre futur. Il y a tout, en fait. Dans ce double, il y a la mémoire de toutes les vies passées, du transgénérationnel, il y a tout ça. L'intra-utérin. Cela peut concerner toute problématique dans le domaine professionnel ou dans tout autre domaine. C'est moi qui reçois des informations ou des images. Je vais interpréter l'image. L'image qui arrive est parfois inexplicable. On va aller déprogrammer, corriger toutes ces informations-là. Pourquoi le terme quantique ? C'est comme ça, le professeur l'a dénommé comme cela : « soin énergétique quantique ». J'ai fait tout un tas de formations avec lui, deepli, vaguexpense, quantiscan."
Deuxième exposant :
"Pour un toucher quantique, quand je fais la trame par exemple, je rentre dans le microcosme. Je travaille avec l'âme et donc je sors dans l'espace du corps éthérique du corps physique et je vais aller toucher plus profondément votre âme. L'espace quantique, c'est votre univers, c'est votre microcosme. Vous n'êtes pas qu'un corps physique, vous avez plein de corps. C'est vraiment au niveau de l'âme, c'est hors de l'espace-temps.
Les
scientifiques, eux, cherchent par rapport à des mécanismes de l'univers. Si moi
par exemple je travaille en trame, je rentre dans cet univers et je sors de
l'expression énergétique classique pour rentrer dans l'holistique. L'holistique,
c'est ce dont vous êtes constitué, y compris votre microcosme, c'est la
globalité, vous n'êtes pas séparé de l'univers, vous êtes un univers tout seul
et en ce sens on parle de quantique."
Onde de forme
"Ce sont des formes qui rayonnent des ondes. On va dire que ce sont des ondes énergétiques. On n'en sait pas plus. C'est un flux. Je ne sais pas si on peut dire que c'est de l'électromagnétisme. On n'en sait pas plus. Moi, ce que je sens, c'est juste le rayonnement. Si vous avez un objet de forme franchement asymétrique, il a peu de chances d'être bénéfique pour le corps humain, pour le vivant. Plus c'est pointu, plus c'est anguleux, moins c'est biotique, c'est-à-dire moins c'est bénéfique."
Conclusion :
Il est certain que les exposants n'ont aucune idée claire des concepts scientifiques qu'ils évoquent. Le vocable « quantique » est très souvent utilisé, associé curieusement à celui d'« espace-temps », mais on est, bien sûr, très loin de la physique de l'infiniment petit de Max Planck et de la relativité restreinte ou générale d'Albert Einstein. Ces exposants associent de façon audacieuse ces deux pans de la physique qui correspondent à deux façons différentes de décrire le monde, actuellement scientifiquement incompatibles. Parions que l’épigénétique sera probablement bientôt mise à contribution pour habiller des pratiques nouvelles et continuer à impressionner le public.
Ils ne font pas appel à la science pour le moindre début de justification de leur pratique car ils affirment qu'elles se réfèrent toutes deux à des domaines totalement dissociés. Ils évoquent cependant parfois la science pour en déplorer les limites mais font malgré tout appel à elle pour habiller leur langage et dans l'utilisation d'outils de mesure ou de détection le plus souvent pseudo-scientifiques.
Les intervenants croient-ils à leur pratique et à tout ce qu'ils racontent sur elle ?
Difficile
de répondre catégoriquement à une telle question, comme il en va bien-sûr de même pour toutes les croyances, y compris
religieuses.
J'ai
en revanche l'intime conviction qu'un des exposants rencontrés a entièrement
confiance en la valeur des divers soins « quantiques » qu'il propose.
D'autres
vivent d'une pratique déjà ancienne (sourciers devenus géobiologues par exemple)
qui a évolué avec le temps en se dotant de nouveaux instruments et ne semblent
pas préoccupés par la dimension occasionnellement délirante de ce qu'ils affirment.
L'image
que donnent certains par le biais de documents papiers, ou mieux encore, par
leur propagande sur YouTube ou sur leurs sites internet, conduit, cependant, à
oser, pour ce qui les concerne, une réponse négative à cette question.
Le problème majeur, et particulièrement préoccupant, réside bien sûr dans toute pratique qui s'approche de près ou de loin d'une pseudo-médecine, d'autant plus quand celui qui y fait appel présente de graves problèmes de santé.
Précisons également que ces pratiques, proposées à un public peu informé et surtout peu exigeant, constituent souvent des dévoiements de pratiques plus classiques, qui ont fait leurs preuves, et sont validées par des diplômes reconnus par l'État.
À quel type de public ces pratiques sont-elles majoritairement destinées ?
L'observation
du public et la prise en compte des prix pratiqués conduisent à penser qu'il
s'agit d'une clientèle en majorité féminine et issue des
classes moyenne ou supérieure.
Terminons en disant qu'il suffit bien sûr de mettre le fameux « effet placebo » à contribution pour expliquer le bien-être censé être amené par la plupart de ces pratiques. L'erreur étant d'assimiler ainsi la contingence de deux événements à une relation de cause à effet. »
Enfin, précisons que notre intérêt pour ces salons est motivé par la vigilance à l’endroit de tous les modes d’amorçage public, car des pratiques à allégation thérapeutique ou de simple bien-être peuvent être, quelques fois, des modes de recrutement pour des groupes à dérive sectaire, comme l’ont documenté plusieurs rapports de la MIVILUDES.
Une personne sous emprise ne pense plus par elle-même et n’agit pas dans son intérêt. Ses pensées, son comportement lui sont imposés sans qu’elle s’en aperçoive et elle se croit libre. Être témoins passifs de cette emprise est-il compatible avec notre idéal laïque ?
Il est impossible de décrire de manière exhaustive l'emprise sectaire en si peu de temps, alors juste quelques citations, la première de Roger Ikor, « le piège du bonheur ».
La seconde, Alain Vivien : Je crois qu'il faut que nous nous comportions non seulement en citoyens conscients des difficultés qu'ils rencontrent, mais également sur le plan affectif en gens très proches des victimes parce que je crois que si l'on apporte un peu de chaleur humaine, c'est probablement là la vraie famille que recherchent ceux qui sont un peu perdus, et non la pseudo famille qu'ils risquent de trouver dans les associations pseudo religieuses.
Un exemple concret et ce sera fini avec les citations, de « la tête de poisson » de Roger Ikor : « en deux jours le garçon auquel je pense avait été converti et criait à sa mère au téléphone : je veux vivre pour Krishna, Krishna dont il ne connaissait pas le nom huit jours avant. Enlevé quelque temps après par sa famille et mis au repos dans un hôpital psychiatrique, une nuit de sommeil suffit pour le rendre à lui-même sans recours à la moindre médication ».
Impossibilité de penser par soi-même, sentiment d'être libre alors qu'on ne l'est pas, sensation d'être heureux, d'avoir trouvé une famille, une sensation qui peut cacher une grande détresse, ce n'est ici pas un exposé exhaustif de l'emprise, mais un aperçu en forme de raccourci. Est-ce que la laïcité à la française est en mesure de prévenir les dérives sectaires ? La question est plus complexe qu'il ne paraît au premier abord ! La loi de 1905 ne saurait à elle seule résoudre le problème du sectarisme.
Elle ne prévoit pas seulement la séparation des Eglises et de l'État. Ses rédacteurs ont également assigné à la République la mission de garantir la liberté de conscience. Et l'article 31 pénalise toute pression en matière religieuse. En cherchant la jurisprudence qui en résulte, on trouve peu. Quelques condamnations par exemple de patrons exerçant des pressions sur leurs employés. Mais sans doute cette loi de 1905 a insufflé dans notre législation un esprit favorable à la reconnaissance de la liberté de conscience, de choisir ses options en toute connaissance de cause. Cette loi s'inscrit dans le socle des libertés publiques instituées par la IIIe République.
C'est toujours le même esprit de liberté qui a poussé le législateur à affirmer la liberté des cultes mais dans les limites de l'ordre public. Un ordre très libéral, qui n'interdisait que ce qui était dangereux matériellement, mais qui ne prétendait nullement réglementer les esprits. De ce fait, les autorités compétentes ont dû autoriser un meeting du Front National à Strasbourg, des actions de propagande de l'église de scientologie en région parisienne, la tenue d'un stand de la Rose-Croix d'or à Poitiers, ou louer aux témoins de Jéhovah une salle municipale dans nombre de communes. Un ordre public qui ne discrimine pas les groupes sectaires quand il s'agit de leurs droits, mais qui ne les discrimine pas plus quand il s'agit de sanctionner.
Prenons l'exemple de l'église de scientologie. Moyennant finances, ce mouvement a pour prétention d'améliorer le mental de ses disciples. Pour cela, une méthode pseudo thérapeutique, la dianétique. En même temps, elle se déclare Eglise et habille sa publicité d'un vernis religieux.
Le ministère des finances lui avait refusé l'exemption de la TVA et de l'impôt sur les sociétés qu'elle avait sollicitée en se présentant comme une Eglise. Elle s’était pourvue devant le juge administratif. Elle avait invoqué dans ses mémoires son interprétation des intentions du législateur lors du vote de la loi de 1905, les opinions d'Aristide Briand, entre autres. L'objectif qu'elle souhaitait atteindre était de se faire reconnaître comme religion. Mais en vain, pour le Conseil d'État, cela n’importait pas, le seul problème était de savoir si son objectif était lucratif ou désintéressé. Le juge a conclu que la recherche de fonds étant primordiale et avérée, elle n'était pas fondée à demander l'exemption fiscale, qu'elle soit ou non une église.
Idem lorsque des responsables de l'église de scientologie ont commis des délits notamment pour escroquerie. Le juge a estimé qu'il fallait tenir compte de la seule réalité matérielle des faits visés par la procédure. Même si leur auteur est une Eglise.
Au nom des droits de l'homme et de la liberté, nombreux sont les groupes atteints de dérives sectaires à revendiquer ce qu'on appellerait au Canada des « accommodements » et peut-être plus encore. Par exemple l'autorisation accordée à un élève sikh, au nom du respect de sa religion, de venir muni de son petit couteau prescrit par sa religion s'il se trouve dans un fourreau sous sa chemise, alors qu'il est normalement interdit d'entrer armé dans un établissement scolaire
Ces groupes en dérive sectaire se disent réprimés lorsque la loi leur impose des limites. Ils voudraient permettre d’adapter les textes à leur gré. Mais rappelons-nous toutefois la limite posée à la liberté des cultes par la loi de 1905 elle-même : l'ordre public. Parmi leurs soutiens des groupes sectaires, des militants de la laïcité, au premier rang desquels Jean Baubérot, en Belgique Anne Morelli.
À partir des années 80 avec la reconnaissance en droit français sans réserve de l'applicabilité de la Convention européenne des droits de l'homme, avec et par le conseil constitutionnel, de la dignité humaine comme principe à valeur constitutionnelle, la notion d’ordre public évolue.
En 1991, le Conseil d'État confirme l'interdiction des lancers de nains considérés comme portant atteinte à la dignité humaine. Une personne humaine en serait considérée comme une chose et serait avilie. Une soupe au cochon organisée au profit des personnes en situation de précarité par une association d'extrême droite a pu aussi être interdite du fait qu'elle humilierait les demandeurs musulmans qui n'y auraient accès du fait de leurs convictions. On peut légitimement regretter qu'il soit rare que ce principe de dignité soit invoqué par les juges à l'encontre des dérives sectaires. Cependant...
Les témoins de Jéhovah proscrivent la transfusion sanguine. La république ne permet pas que cette interdiction puisse concerner les mineurs. Aussi, lorsque l'état de santé d'un enfant le nécessite, la justice retire aux parents l'exercice de leur autorité le temps qu’il soit procédé à la transfusion. Mais qu'en est-il pour les adultes ? Il y a plusieurs décennies, certains d'entre eux, gravement accidentés, avaient produit une attestation : ils refusaient tout don de sang. Les médecins n'avaient pas eu le cœur de les laisser mourir et les avaient sauvés en transfusant. Ils n'en ont pas été trop remerciés: l’hôpital avait été l'objet d'une demande d'indemnisation… pour atteinte à leur liberté religieuse ! Mais le conseil d'État a énoncé après une longue procédure que les sauver était licite à deux conditions : que le pronostic vital soit engagé et que tout ait été fait pour les convaincre d’accepter le don de sang. Le principe de dignité avait quand même été évoqué au cours de la procédure, comme il l’avait déjà été dans l'affaire des lancers de nains.
Limiter les revendications à échapper à la loi n'est plus maintenant l'apanage des groupes religieux. En tant que laïques nous souhaitons que l'ordre public libéral protecteur de la personne humaine limite toutes les prétentions à contourner la loi.
Dans un ordre public libéral, pas de libertés sans limitations, au contraire, l'objectif est d'assurer sans dogmatisme un équilibre entre des droits souvent contradictoires.
Les rédacteurs de la Convention européenne des droits de l’Homme ont clairement défini des limitations. En effet, suivant ce traité international, le droit à la vie, la prohibition de la torture, des traitements inhumains et dégradants et de l'esclavage sont des absolus.
Prenons l'exemple de la récente pandémie. Des atteintes aux libertés élémentaires de circulation ont été édictées. Mais l'objectif n'était pas de limiter la liberté, mais de préserver la santé publique. Les directives sanitaires ont pu être contestées, mais leurs auteurs s’efforçaient toujours de ne pas interdire de manière disproportionnée en maîtrisant l'épidémie. C’est alors qu’au nom de la liberté, des groupes ont tenté de s'affranchir des restrictions sanitaires.
Un groupe de parents appartenant à la mouvance de l’anthroposophie, dans la région lyonnaise, avait mis en ligne un clip joué par des enfants dénonçant l'obligation de porter le masque.
Le professeur Joyeux fut suspendu pour avoir outrepassé la liberté d'expression concernant les vaccins et négligé de ce fait ses obligations de médecin.
Il y a toujours, même dans ces contextes qui n'ont rien de religieux, ce dogmatisme porté par des individus et des groupes qui crient à la répression de leur liberté lorsque l'ordre public et l'intérêt général peuvent imposer des restrictions. Restrictions par ailleurs prévues expressément par les rédacteurs de la Convention européenne des droits de l'homme.
Venons-en maintenant à Pierre Rabhi, le fondateur de la mouvance des colibris. Il incitait chacun à faire sa part mais sans trop préciser laquelle... Il n'est pas très favorable c'est le moins qu'on puisse dire, à l'éducation nationale, et l'école hors contrat créée par sa fille s'est développée dans un premier temps sur son domaine privé. Des colibris se sont déclarés en désobéissance civile en éduquant leurs enfants en famille sans demander l’autorisation préalable qu’impose la loi. Ils ont été sanctionnés par le Juge pénal.
Encore un autre exemple de volonté de se soustraire aux obligations de la vie en société, à l'ordre public, à l'intérêt général. Le patriarche qui tenait des stands sur la voie publique était un ensemble de communautés thérapeutiques où c’étaient des toxicomanes délivrés de l'addiction qui prenaient soin de ceux qui en étaient encore victimes. Cette structure vivait surtout grâce à des conventions signées avec le ministère de la Santé, mais il ne se conformait pas à la réglementation en vigueur. D’où des contentieux avec les autorités de tutelle, et le patriarche avait invoqué l'atteinte… à la liberté d'association.
Les groupes sectaires argumentent toujours ainsi, l’injonction à respecter la loi est ressentie comme une atteinte à leur liberté.
En 2018 s’est terminée l'affaire de la ferme des deux soleils à Servance, en Haute-Saône. Une ferme bio créée par une « thérapeute » autoproclamée, sans aucune formation médicale qui avait entraîné des collègues et des patients. La législation et notamment le code du travail ont été malmenés. Il y eut procès. La fondatrice fut condamnée et voici un extrait du jugement :« la liberté de conscience, protégée par la constitution, ne peut servir d’argument si le processus de captation mentale prend la place de la raison, de la liberté de pensée et de l’agir en conséquence ».
En tant que laïques, nous affirmons au contraire l'égalité de tous devant la loi ; aucune idéologie religieuse, écologique, aucune théorie pseudo médicale ne justifie d’y déroger. Nous défendons un ordre public libéral, une notion qui n'est pas intangible : elle implique la recherche permanente sans dogmatisme d'un équilibre fluctuant entre des droits souvent contradictoires.
En tant que laïques nous sommes attachés au respect de la dignité. Comme disait Vercors dans « Les animaux dénaturés » : « l'humanité n’est pas un état à subir mais une dignité à conquérir ». En conséquence, l'individu a des devoirs envers lui-même, et pas uniquement envers autrui. Le lancer de nains fut interdit, même si la personne de petite taille souhaitait s’y prêter afin de conserver le revenu qu’elle en tirait.
La loi de 1905 est l’un des piliers de la laïcité à la française, mais pas le seul. La déclaration de 1789, la tradition républicaine libérale, la Convention européenne, la convention internationale des droits de l'enfant et le code de l'éducation en sont aussi des composantes. Plus que jamais, il faut en conserver l'esprit contre les populismes et l’illibéralisme.
Pour terminer, la principale difficulté, tant sociétale que juridique : dès qu'il y a dérive sectaire, il y a atteinte aux droits de l'homme et de l'enfant, et atteinte à la dignité. Des thèses ont été consacrées à la défense, au nom de la liberté individuelle, du droit à renoncer à ses droits, ou à s'avilir soi-même si on le désire. Or, l'entrée et le maintien dans un groupe atteint de dérives sectaires ne résulte pas de la coercition, mais au contraire d'une sensation de bien-être et de liberté que l'individu ressent, et sincèrement. Les récits des personnes qui en sont sorties, souvent confirmés par des décisions judiciaires, nous montrent le contraire. Sans entrer dans le détail, notre humanisme laïque se doit de ne pas reconnaître comme légitime la renonciation à sa dignité et à ses droits
C'est dans cet esprit que notre association, le cercle laïque pour la prévention du sectarisme travaille. Elle est notamment implantée dans l’Est, en Drôme Ardèche, dans le sud-ouest et en Bretagne. Elle évite l'invective, cherche surtout à établir les faits, à les exposer et à susciter la réflexion.
Elle respecte les personnes qui ont rejoint les groupes qu'elle étudie ; elle bannit la colère, le mépris, la haine, qui ne peuvent que renforcer leur sujétion. Elle a, pensons-nous, fait avancer la connaissance sur des dérives de l'écologie, sur la mouvance de Rudolf Steiner, sur l'enseignement hors contrat qui abrite souvent des dérives sectaires. Elle sollicite de l'administration, malheureusement souvent réticente les rapports d'inspection des écoles hors contrat.
Il apparaît aujourd’hui que l'enseignement privé sous contrat peut abriter des atteintes aux droits de l’homme similaires. Nous publions régulièrement sur notre blog des informations sourcées et des réflexions. Enfin, nous avons édité un ouvrage collectif, « regards laïques sur les dérives sectaires », qui fait le bilan de nos recherches à la fin de l'année 2024.
Intérieur de la basilique Saint-Pierre, Vatican., Wikimedia Commons
« Sédévacantisme » : courant qui considère l'ensemble des papes ayant succédé à Pie XII (1939-1958)
comme des hérétiques modernistes et estime donc que le Saint-Siège est vacant.
Un ami de notre association nous signale deux petits reportages de télénantes.