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vendredi 22 août 2025

Académie Saint-Louis de Chalès : rappel de la loi du 18 décembre 1998

 






 « Afin de protéger les enfants en âge scolaire de l'emprise sectaire, le Parlement a adopté en première lecture et à l'unanimité la loi n° 98-1165 du 18 décembre 1998 tendant à renforcer le contrôle de l'obligation scolaire.(...) Le législateur a souhaité non seulement encourager la fréquentation scolaire, lutter contre toutes les formes d'abandon scolaire mais aussi veiller à ce que, au nom d'une liberté dans les choix d'instruction, les principes fondamentaux de l'éducation due aux enfants ne se trouvent dévoyés par une instruction sommaire, voire sectaire. (...) Chaque année, plusieurs milliers d'enfants échappent à l'École de la République. Trop souvent, ces enfants sont maintenus dans un état d'inculture, d'ignorance, ou pire encore, embrigadés, aliénés, maltraités. Cette réalité étant inacceptable, il est apparu indispensable de rappeler, en s'appuyant sur les fortes exigences de la Convention Internationale des Droits de l'enfant qui affirme en ses articles 28 et 29 que tous "les États parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation" visant "à favoriser l'épanouissement de sa personnalité" et "le développement de ses aptitudes mentales et physiques dans toute la mesure de leurs potentialités", le droit de l'enfant à l'instruction en reprenant la définition qui en est donnée à la fois par l'ordonnance du 6 janvier 1959 prolongeant la scolarité obligatoire et par la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989. C'est ainsi que l'article premier de la loi du 18 décembre 1998 affirme solennellement, dans un premier alinéa, le droit de l'enfant à l'instruction, en ces termes : "Le droit de l'enfant à l'instruction a pour objet de lui garantir, d'une part, l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, d'autre part, l'éducation lui permettant de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle et d'exercer sa citoyenneté". Cette définition est fondamentale : non seulement elle élève le niveau minimal des connaissances au-dessus des seules notions élémentaires d'écriture, de lecture et de calcul requises jusqu'à présent, mais elle introduit également dans l'instruction obligatoire l'exigence d'une éducation propre à garantir l'épanouissement de la personnalité de l'enfant, les conditions de son autonomie, son ouverture sur le monde qui l'entoure et dans lequel il doit trouver sa place de citoyen libre. »



Le 18 décembre 1998, le Parlement adoptait, à l’unanimité, la loi qui permettait à l'administration de renforcer le contrôle des écoles hors contrat et de l'instruction en famille. Nous avons reproduit ci-dessus les paragraphes introductifs de la circulaire ministérielle qui accompagnait l'envoi du texte adopté aux services déconcentrés de l'État.



La presse a abondamment relayé, ces derniers mois, la création d'un établissement hors contrat en Sologne, financé par une fondation dépendant de Monsieur Sterin.  L'académie Saint-Louis s'inspire des méthodes pédagogiques pratiquées outre-Manche, qui dédient les après-midis aux activités sportives et artistiques. Les tarifs y sont très élevés, et sont modulés en fonction des ressources des parents. L'établissement se réclame de l'éducation intégrale. Sur le site d'un organisme qui se réfère aux mêmes valeurs, nous avons trouvé la définition suivante de l'éducation intégrale. Il nous semble qu'il y a une forte probabilité que cette définition corresponde à celle que l'académie Saint-Louis a fait sienne, même si nous n'avons pas trouvé sur le site de cette institution de référence explicite.

Voici :

« Dans un établissement qui a pour projet l’éducation intégrale, l’autorité éducative est comprise comme un acte intérieur qui a pour ambition de provoquer une croissance intérieure qui conduit à la liberté. La liberté est le fruit de la formation critique de l’intelligence, d’une solide culture historique et littéraire, d’une formation mathématique et scientifique qui recherche la vérité en évitant le scientisme ou le rationalisme, d’un éveil de la créativité et du don de la grâce de Dieu.  Cette liberté a pour but d’aider les enfants à déployer leur personnalité, fruit de leur tempérament et de leur caractère, et à développer leur capacité à penser par eux-mêmes pour être en mesure de répondre à leur vocation. »



Le site animé par un prêtre catholique sosdiscernement.org , auquel nous adressons nos lecteurs, nous propose une analyse très pointue de l'éducation intégrale (lien ci-dessous). 

Il semblerait, à la lecture de cet article, que l'origine en soit à rechercher… du côté de l'Opus Dei. 

Merci alors à Dominique AUZENET, prêtre du diocèse du Mans, et à l'équipe sosdiscernement, pour ces recherches mises à la disposition de tous.

https://sosdiscernement.org/leducation-integrale/


Citons-les :


« Puisque tout cela s’inspire in fine de José Escriva de Balaguer, fondateur de l’Opus Dei, on ne peut qu’éprouver un profond malaise.

Le Père Trouslard, qui nous a quittés en 2011, était une figure de la lutte contre les dérives sectaires de toutes sortes, y compris à l’intérieur de l’Église16. En 2001, il avertissait les chefs d’Établissement de l’Enseignement Catholique sur les dérives sectaires causées par Opus Dei. Il décrivait 10 caractéristiques sectaires ; écoutons la neuvième : « L’infiltration : la stratégie de l’Opus Dei vise à transformer la société en essayant de pénétrer tous les domaines de la vie économique, sociale, familiale et culturelle… l’Opus Dei voulait ‘s’infiltrer et imposer son programme global’ »

D’où question : le Leadership Vertueux serait-il un outil de la « stratégie de l’Opus Dei » et l’éducation intégrale ferait-elle partie de « l’enseignement » et du « programme global » de l’Opus Dei ? La réponse est sur le site de l’Opus Dei dans « Éducation et Enseignement17  » :

(…) Le but de l’éducation intégrale est d’aider les élèves à apprendre à exercer leur liberté de manière responsable, afin que soient possibles le déploiement de leur personnalité et le développement de leur être tout entier  : esprit, corps, âme et caractère (…) Les professeurs doivent avoir pour objectif l’éducation intégrale de leurs élèves… (…) Ces écoles travaillent sous l’entière responsabilité de leurs directeurs et de ceux qui composent l’association dont elles dépendent, bien qu’elles soient inspirées par les idées de Saint-Josémaria sur l’éducation et offrent une éducation intégrale aux élèves  ».


Revenons à l’académie Saint-Louis de Chalès.



En se présentant lui-même, l'établissement se réclame des valeurs de la république. Il affirme vouloir protéger les enfants de tout abus. En ce qui concerne la vie spirituelle, elle « irrigue l’ensemble du projet éducatif. La prière quotidienne, la messe hebdomadaire, les retraites, le catéchisme offrent aux élèves un ancrage solide et paisible. Chacun est invité à grandir dans sa relation à Dieu, dans la vérité de la foi et dans la liberté du cœur ».


Mais l'académie Saint-Louis dit se référer aussi aux « lettres aux capitaines » d'André Charlier. Les capitaines, ce sont des élèves plus âgés chargés d'encadrer les enfants plus jeunes. André Charlier écrit cette lettre à l'attention des « capitaines » de l'école des roches pendant le second conflit mondial. Un extrait : « Il est écrit dans la Charte du Capitaine : « Sa tâche lui fait toucher du doigt ses faiblesses et lui montre que pour servir et être utile, il faut d’abord se connaître en toute humilité, se perfectionner avec bonne volonté, accepter les conseils autorisés, et se confier à la bonté de Dieu. » Cela vous indique quelle importance vous devez attacher à votre vie spirituelle. Les qualités naturelles d’un chef sans doute sont capitales : énergie, autorité, dynamisme, etc., en définitive elles restent insuffisantes s’il ne s’y ajoute une certaine ferveur de la vie intérieure. Et la vie intérieure, c’est le rapport intime de votre âme avec Dieu ». (11 mars 1943)


L'académie Saint-Louis de Chalès fait sienne cette méthode qui consiste à confier les plus jeunes aux bons soins d'un élève plus âgé et cela explicitement, conformément aux préconisations d’André Charlier, qui reste avec son frère Henri, une figure tutélaire du groupe traditionaliste catholique « Chrétienté Solidarité ».


https://chretientesolidarite.fr/



L'établissement « académie Saint-Louis de Chalès » va fonctionner dans un avenir très proche. Nous avons certes, pris bonne note de l'attachement revendiqué valeurs de la république. Toutefois ses références conceptuelles explicites peuvent susciter des inquiétudes quant à la conformité des contenus et des méthodes pédagogiques aux exigences de la loi du 18 décembre 1998.

Rappelons que les rédacteurs de cette loi ont entendu se référer aux dispositions de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Nous nous interrogeons en tant que laïques sur la compatibilité de l'omniprésence de la religion dans la vie scolaire avec le respect de la liberté de conscience de l'enfant.

Interrogation renforcée par la référence à l'éducation intégrale. S'agit-il de la même « éducation intégrale » que celle prônée par la charte dont nous avons donné le lien ?

Si tel est le cas, une éducation qui voudrait éloigner le rationalisme nous interroge. Le rationalisme : tout un patrimoine dont nous n'osons envisager que des enfants en soient éloignés délibérément.

Notre souhait, c’est que l'éducation nationale ait à cœur, en contrôlant l'établissement comme la loi l'y astreint, de vérifier que cette omniprésence de la religion ne soustraira pas des apprentissages des pans entiers de notre culture. Et qu'elle en tire toutes les conséquences !


Toutes les associations laïques, nous le savons, partagent nos préoccupations.

Beaucoup de chrétiens aussi.


À bientôt.



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