dimanche 1 mars 2015

DEMETER: une ancienne salariée obtient satisfaction devant les prud'hommes, notamment sur la reconnaissance du harcèlement dont elle s'affirme victime

« Demeter France est l’organisme de contrôle et de certification de l’agriculture biodynamique sur le territoire français. »

Le 7 juillet 2014, le Conseil des Prud'hommes de Colmar statuait sur la procédure initiée par une ancienne salariée de Demeter. Elle avait été embauchée comme chargée de certification « transformateurs ». Rappelons que l'agriculture biodynamique est issue des Cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner, le fondateur de l'anthroposophie.

Cette salariée, la seule de l'équipe à ne pas être anthroposophe, sollicitait auprès du Juge une indemnisation pour des agissements qu'elle estimait constitutifs de harcèlement :
-congés accordés puis annulés,
-tournée professionnelle annoncée et assortie d'un forfait de frais de déplacements suivie de l'annulation de cette proposition de remboursement
-succession à un rythme rapide de courriers valant reproches sur la manière de servir ou constitutifs d'avertissements


La réalité du harcèlement moral a été reconnue à l'encontre de Demeter et le contrat de travail a été rompu par voie judiciaire à ses torts.


A titre d'illustration, des extraits des attendus des juges :






Rendu en première instance, ce jugement est définitif car les défendeurs n'ont pas interjeté appel.

mercredi 18 février 2015

Les vaccinations et les écoles Waldorf, une étude canadienne (Agence SCIENCE PRESSE)

La médecine des Écoles Waldorf


L'anti-vaccination sur les bancs d'école


Isabelle Burgun, le 16 février 2015,

(Agence Science-Presse) «Notre médecin scolaire faisait semblant de faire les vaccins», se souvient l’ancien élève et ancien professeur d’une école Waldorf en France, Grégoire Perra. Alors que le Québec découvre avec surprise l’existence d’un groupe sectaire, dans Lanaudière, opposé à la vaccination, il se pourrait bien que plusieurs écoles privées ou alternatives cachent elles aussi dans leurs murs des proportions élevées d’enfants non vaccinés contre la rougeole.
«Il préparait l'aiguille avec le sérum, mais ne piquait pas, et le sérum s'écoulait juste à côté, poursuit Grégoire Perra. Aucune explication n'était donnée à ce geste étrange. Mais nous nous sentions complice de quelque chose qui devait rester secret».
L’auteur du blogue La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf relate aussi le secret qui entoure ces pratiques. «Les écoles Steiner-Waldorf se savent surveillées et demandent aux parents de choisir leur médecin de famille parmi les médecins anthroposophes. C'est donc lui qui va tenir aux parents un discours antivaccination, dans le secret de son cabinet.»
Ce médecin ne fera pas référence à la doctrine de la réincarnation, une des bases de la philosophie anthroposophique (voir encadré) derrière les écoles Steiner-Waldorf. «Il dira plutôt que les vaccins peuvent être dangereux pour la santé, que les enfants doivent faire leurs "maladies infantiles" afin de se débarrasser d'une certaine hérédité», détaille encore Grégoire Perra (lire ici la transcription complète de l'entrevue).
Le Québec compte actuellement quatre écoles Waldorf —ou liées au mouvement pédagogique de Rudolf Steiner: deux écoles privées, Rudolf Steiner de Montréal et Imagine de Val-David, et deux écoles publiques, l’École communautaire l’Eau-Vive de Victoriaville et l’École des Enfants de la Terre de Waterville.
Le cas Waldorf
Aux États-Unis comme ici, les écoles Waldorf n’encouragent pas la vaccination. «Nous n’avons pas comme philosophie de participer aux campagnes de vaccination, nous prônons plutôt les médecines douces, comme l’homéopathie», confirme la coordinatrice de l’École Rudolf Steiner de Montréal, Isabelle Létourneau.
Dans la foulée de l’éclosion de rougeole en Californie, les médias de là-bas ont notamment relaté que l’école Waldorf Westside, près de Los Angeles, affichait le plus bas taux de vaccination RRO (rougeole-rubéole-oreillons) de l’État, avec à peine 20%.
Dans Lanaudière, l’éclosion de rougeole a été circonscrite pour l’instant au sein de deux familles d’une communauté fermée: les 10 personnes non vaccinées étaient membres de la communauté la Mission de l’Esprit-Saint qui pratiquent l’enseignement à la maison, ce qui réduit les risques de contagion au-delà de leurs murs.
Lors de la campagne de vaccination contre le virus H1N1, en 2009, l’École Rudolf Steiner de Montréal avait transmis de l’information aux parents mais n’a pas organisé de journée de vaccination, comme c’était le cas dans de nombreuses écoles. Il faut dire qu’il n’y a pas d’infirmière à l’école. «Notre secrétaire est naturopathe, c’est elle qui voit à ça», relève Mme Létourneau.
Même son de cloche au secrétariat de l’école privée Imagine, de Val-David. «Ce n’est pas dans les valeurs de l’école. Tous les parents sont plutôt dans le naturel et l’homéopathie», nous annonce Sophie. L’école n’a donc aucun plan de diffusion d’information sur la vaccination.
Choix personnel ou religion?
Les écoles primaires publiques doivent pourtant se conformer non seulement au programme scolaire québécois mais également à la promotion de la vaccination au sein des établissements scolaires publics. À l’École communautaire l’Eau-Vive de Victoriaville, cela semble être le cas. «Nous mettons en place un processus de vaccination: envoi de lettres aux parents et mise à la disposition de locaux dans le milieu. Les parents sont libres d’y participer ou pas», relève Daniel Sicotte, directeur général de la Commission scolaire des Bois-Francs.
Mais en matière de vaccination et de santé, les écoles Waldorf mettent en avant les «choix personnels des parents». Yves Casgrain, spécialiste des mouvements sectaires et des nouvelles religions et auteur du livre Les sectes. Guide pour aider les victimes, pense qu’il s’agit plutôt de culture et de choix religieux. «Les familles ne sont pas toujours au courant mais l’école est un terrain propice à l’implantation de cette religion d’un nouveau genre où les vaccins sont mal perçus car ils retardent la dette karmique des individus», explique celui qui écrit actuellement un essai sur le mouvement Waldorf et ses écoles.
Malgré plusieurs tentatives pour rejoindre la direction de l’école ou l’infirmière scolaire, aucune confirmation des mesures mises en place à l’école de Victoriaville tout comme à la seconde école publique, celle des Enfants de la Terre de Waterville. Daniel Sicotte se veut pourtant rassurant. «Nous n’avons aucun cas de rougeole dans cette école et nous faisons un suivi serré de la situation.» L’École communautaire l’Eau-Vive de Victoriaville partage d’ailleurs ses locaux avec l’École La Myriade JPH Massicotte qui compte 223 élèves à besoins particuliers —difficultés d’apprentissage, troubles de comportements, déficience, etc.
«Tant que les commissions scolaires et le gouvernement tolèrent la situation, ces écoles s’abstiendront d'exiger que tous les élèves soient vaccinés», selon Yves Casgrain. Il prend l’exemple de l’école primaire Waldorf La Roselière de Chambly, récemment fermée, en raison du non-respect du programme officiel des écoles québécoises. «Cette école ne s’est jamais ajustée au programme scolaire, je ne vois pas ce qui les pousserait à suivre les directives de santé publique.»
Au Québec, le vaccin RRO avant l’âge scolaire n’est pas obligatoire, contrairement au Nouveau-Brunswick où les enfants doivent montrer leur carnet de vaccins en règle à leur entrée à l’école depuis 1982. L’Ontario a adopté les mêmes règles à la dernière rentrée scolaire. Malgré la grosse éclosion de rougeole de 2011 (770 cas) et la massive campagne de sensibilisation à cette maladie très contagieuse, le Québec tarde encore à poser ce geste controversé chez certains parents.
La question s’est également posée aux États-Unis ces dernières semaines. Alors que la présente éclosion de rougeole (121 cas dans 17 États à la mi-février) a pu être associée au mouvement antivaccin —plus fort dans certaines villes ou certaines régions— des parents ont carrément réclamé que les enfants non-vaccinés soient bannis des écoles. Une demande appuyée entre autres par Pauline W. Chen, médecin et blogueur pour le New York Times, qui reproche aux parents antivaccination de mettre les enfants des autres à risque («Putting Us All at Risk for Measles»).

L’anthroposophie et la santé
Peu connue en dépit des nombreux écrits laissés par son fondateur Rudolf Steiner (1861-1925), l’anthroposophie repose sur la croyance en une réalité spirituelle parallèle mêlée de doctrines ésotériques, où dominent la réincarnation et l’Atlantide. De la pédagogie à la santé, l’anthroposophie influence tous les choix des adeptes, explique Yves Casgrain. «La prémisse est la même en santé: il faut adapter la médecine —perçue comme matérialiste— au corps spirituel et donc ne pas interférer avec notre karma. C’est pourquoi il faut privilégier les médecines douces aux vaccins.»
Développée par Steiner et par la Dre Ita Wegman, la médecine anthroposophique entre en contradiction avec les connaissances scientifiques. «J'ai pratiqué pendant des années cette médecine, j'ai eu plusieurs médecins anthroposophes, et je peux affirmer que c'est de la charlatanerie pure et simple. Soigner un nourrisson qui a une otite et fait des convulsions en lui mettant des oignons frits dans l'oreille, afin que ceux-ci absorbent le mal qui est en lui, n’est qu’un exemple», relate Grégoire Perra, ancien élève, ancien professeur et ancien adepte de l'anthroposophie.
Sur cette médecine, par ses partisans:
• Association des patients de médecine anthroposophique, Les médicaments anthroposophiques

Les critiques de la médecine anthroposophique:
• Pierre Bégué, L’origine du refus des vaccinations, AFIS, octobre 2012
• Médecine anthroposophique, par Charlatans.info

Articles de presse

• Waldorf et la vaccination (traduction):
Traditionnellement, les écoles Waldorf n’encouragent PAS les parents à vacciner leurs enfants contre les maladies suivantes: hépatite B; diphtérie, tétanos, coqueluche; tétanos et diphtérie;Haemophilus influenzae; vaccin inactivé contre la polio; rougeole-rubéole-oreillons; varicelle; pneumocoque.
(...) Bien qu’il n’existe pas de position officielle sur l’immunisation, il semble y avoir une forte préférence culturelle anti-immunisation chez les penseurs de la communauté Waldorf. La préférence remonte à Steiner lui-même, qui croyait que l’immunisation entrait en conflit avec le développement karmique et les cycles de la réincarnation.

Merci à l'AGENCE SCIENCE PRESSE de nous avoir permis de reproduire l'article!

retrouvez Grégoire PERRA sur le même site.

jeudi 5 février 2015

Eglises évangéliques, vigilance mais pas d'amalgame hâtif



















Voici trois extraits d’un témoignage sur le vécu au sein de l’Eglise évangélique de Libramont (Belgique francophone). Dans sa subjectivité la totalité du témoignage estdisponible ICI.
Précisons d’emblée que nous ne pouvons accabler dans sa configuration actuelle cette Eglise. Le Pasteur qui avait endossé la responsabilité des agissements ici décrits a quitté le continent et il ne saurait être question d’imputer à l’équipe maintenant en place la nocivité ici décrite. Pourquoi en reparler en 2015? Parce que ce risque de dérapage est récurrent dans le fonctionnement des groupes évangéliques.
Voici un autre exemple issu d'une autre Eglise et qui n'a rien à voir avec la pédophilie.
A titre d'exemple durant les années quatre-vingt, l'Eglise évangélique de Pentecôte de Besançon distribuait ce tract dont nous extrayons ci-dessous deux lignes.









Croire en la guérison divine n'est ni délictueux ni répréhensible et relève de la liberté de conscience de chacun. Même en l'absence de délit caractérisé il est permis de s'interroger sur la pertinence de la promesse de solution à tous les maux par l'intervention divine. Rien ne nous interdit de nous livrer à une réflexion critique sur ce procédé.
Nous ne saurions mieux faire que nous référer à la transcription faite à l'époque de la belle conférence que Roger IKOR avait donnée à Vesoul en avril 1983 sur l'invitation de la Fédération des Oeuvres laïques. 





Puis à l'extrait d'une conférence donnée à Besançon quelques années plus tard.







Si le pasteur de Libramont a quitté le continent, l'Eglise évangélique de Pentecôte de Besançon a littéralement éclaté et il est impossible de connaître les comportements des groupes qui sont issus de cette explosion. Donc en pointant des dérives qui avaient été constatées nous n'intentons nul procès en sorcellerie. Nous ne faisons que nous interroger sur un risque au sein d'Eglises évangéliques. La promesse de guérison ne mène-t-elle pas à la déresponsabilisation des personnes qui attendent que le solution à leurs problèmes leur tombe... du ciel?

Et attention à éviter les amalgames, pour prendre un exemple une paroisse protestante a pu très bien prendre le titre d'Eglise évangélique luthérienne! Alors ne nourrissons pas de soupçons à la seule vue d'une Eglise qui s'intitule évangélique, mais soyons vigilants dès lors que qui que ce soit promet la solution immédiate et indolore à tous vos maux.













mardi 16 décembre 2014

à propos de la "fasciathérapie"

EXTRAIT  DE L'OUVRAGE 
PENSER LE RISQUE SECTAIRE 
publié par le Ministère de la Jeunesse et des Sports en 2001, sous la plume de M.Gasparini  p 68

A titre d'exemple, en France , la méthode DANIS BOIS , diffusée dans le centre international de promotion des pratiques de santé, peut être analysée comme une dérive sectaire. Initiée par un kinésithérapeute, cette méthode de massage et de guérison permet de découvrir le mouvement fondamental de vie à travers des stages. L'enseignement utilise la fasciathérapie et la méditation avec le patient au sein d'un groupe. Danis Bois est réputé avoir rencontré Dieu en personne et être à même de le faire voir à ceux qui suivent l'enseignement initial de trois ans.



ORDRE DES MASSEURS KINESITHERAPEUTES




A ce jour, et à notre connaissance, aucune étude scientifique référencée dans la littérature internationale ne permet d’affirmer que les méthodes utilisées par la « fasciathérapie », notamment la « pulsologie », la « régulation des liquides du corps »,la « biomécanique sensorielle », l’« accordage somato psychique » et la « médiation corporelle » constituent des soins fondés sur les données actuelles de la science médicale au sens de l’article R4321-80 du code de la santé publique.
Par conséquent ces techniques de « fasciathérapie » ne peuvent pas être présentées comme salutaires puisque insuffisamment éprouvées et potentiellement illusoires au sens de l’article R 4321-87 du code de la santé publique.



 Considérant qu'aux termes de l'article R. 4321-145 du code de la santé publique : " Les décisions prises par l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes en application des présentes dispositions doivent être motivées " ; qu'après avoir rappelé dans son avis que la fasciathérapie était présentée comme une thérapie manuelle centrée sur le patient qui constituerait une " spécialisation de la kinésithérapie ", ferait partie des thérapies de complément dans les centres anti-douleurs ou de lutte contre le cancer, s'adresserait au " fascia " et au comportement vasculaire à travers la pulsologie et mobiliserait " l'accordage somato-psychique ", le Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes a énoncé que : " Aucune étude scientifique référencée dans la littérature internationale ne permet d'affirmer que les méthodes utilisées par la " fasciathérapie ", notamment " la pulsologie ", la " régulation des liquides du corps ", la " biomécanique sensorielle ", l'accordage somato psychique " et la " médiation corporelle " constituent des soins fondés sur les données actuelles de la science médicale au sens de l'article R. 4321-80 du CSP. Par conséquent, ces techniques de " fasciathérapie " ne peuvent pas être présentées comme salutaires puisque insuffisamment éprouvées et potentiellement illusoires au sens de l'article R. 4321-87 du CSP " ; que le conseil national a ainsi énoncé les considérations de droit et de fait sur lesquelles repose son refus d'autoriser les masseurs-kinésithérapeutes à faire état d'une qualification en la matière ; que le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté ;

Sur la légalité interne :

(...) Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en estimant que les méthodes utilisées par la " fasciathérapie " ne peuvent être regardées comme fondées sur les données actuelles de la science médicale et qu'elles sont insuffisamment éprouvées au sens de l'article R. 4321-87 du code de la santé publique, et en refusant, en conséquence, de reconnaître la qualification de " fasciathérapeute ", le Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeute ait fait une inexacte application des dispositions du code de la santé publique citées aux points 1 et 2, qui lui donnent un pouvoir de vérifier la qualité des soins ; 

9. Considérant qu'il résulte de tout de qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation pour excès de pouvoir de l'avis du 22 juin 2012 et de la décision implicite par laquelle le Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeute a rejeté le recours gracieux dont il avait été saisi à l'encontre de cette décision ; que leurs conclusions fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne sauraient, par suite, être accueillies ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants, au titre de ces dispositions, une somme de 3 000 euros à verser au Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes ;

vendredi 5 décembre 2014

Marché de Noël à l'école Waldorf de Verrières-le-Buisson



Les derniers samedi et dimanche de novembre se déroule la fête de Noël des écoles Waldorf Steiner de Verrières le Buisson dans l'Essonne. Une petite annonce parue dans Télérama la présente comme une journée portes ouvertes. L'ambiance est festive, comme toute kermesse scolaire. Le plan du marché de Noël est distribué à l'entrée, il propose la visite d'une grotte des lutins ou de multiples ventes de produits bio.





Dès l'entrée  est annoncée une librairie anthroposophique. Divers panneaux d'exposition sont disséminés dans les bâtiments de l'école. Ils résument la pensée et l'action de Rudolf Steiner. Retenons des panneaux sur l'agriculture biodynamique ou sur les conceptions politiques de l''inspirateur, partisan de la triarticulation de la société, sur les autonomies de l'Etat législateur, de l'économie et de la vie spirituelle et culturelle (qui implique l'indépendance des écoles par rapport à l'Etat).







La bibliothèque est relativement peu achalandée, on  y trouve en bonne place les oeuvres de Steiner sur la pédagogie Waldorf, mais aussi, en vente, PANSER LA VIE, le bulletin de l'association SIOA qui regroupe les praticiens en soins infirmiers d'orientation anthroposophique. Y est également présenté le Docteur Schweitzer, notoirement protestant.La journée "portes ouvertes" montre une présence forte de l'inspiration de Rudolf Steiner.Les enseignants accueillent dans une salle où sont exposés les "chefs d'oeuvre" des élèves en fin de scolarité. L'une d'elles précise d'emblée, mais sans donner de précision sur le contenu de la doctrine, que l'école s'inspire de l'anthroposophie de Rudolf Steiner. Elle présente des travaux artistiques en donnant pour exemple le travail du bois. Selon elle, cet établissement présente l'avantage de s'adapter aux rythmes de l'enfant. Mais l'école publique ne s'y adapte-t-elle pas également? Peut-être mais la pédagogie WALDORF a pour particularité d'éduquer la volonté des élèves qui lui sont confiés.A la question de savoir si l'école répond à la définition de ce qu'on appelle enseignement privé laïque, l'enseignante hésite et renvoie à une de ses collègues qui affirme que oui, l'établissement est laïque et n'enseigne aucune religion.


Cette réponse est conforme à la présentation que fait la Fédération des Ecoles Steiner de sa pédagogie sur son site. "Les écoles Steiner-Waldorf sont laïques au sens strict du terme et non confessionnelles. Réconcilier de façon moderne Science, Art et Religion est cependant un des objectifs de la pédagogie Steiner-Waldorf.(...)La perte de sens de nos sociétés et la montée des intégrismes appellent à une réflexion sur la juste place du religieux et nos écoles travaillent dans le sens d'une réponse ouverte et moderne à ce besoin de notre temps. Par contre, les cours d'instruction religieuse n'entrent pas dans le programme Steiner-Waldorf".En revanche, plusieurs questions se posent. Nous sommes une association loi de 1901, sans subsides publics ; nous pouvons accéder à une manifestation ouverte et publique mais nous ne pouvons pénétrer l'établissement pendant les heures de cours. Si des classes sont sous contrat avec l'Etat, l'établissement, selon les termes de la loi Debré, est libre de de garder son caractère propre, ici c'est pour le visiteur profane l'inspiration steinerienne, mais doit aussi garantir la liberté de conscience des élèves qui lui sont confiés. Cette forte prégnance de la doctrine anthroposophique lors du marché de Noël est-elle compatible avec un enseignement répondant aux exigences imposées aux écoles sous contrat? Pour toutes les classes, sous contrat ou non, l'enseignement prodigué est-il conforme aux exigences de la loi  qui assigne le droit de tous les enfants à une éducation respectueuse des prescriptions du Code de l'Education?




Seuls les comptes rendus des inspections diligentées par l'Education nationale pourraient nous aider à répondre à cette question; la jurisprudence de la CADA nous permet, en principe, d'en prendre connaissance et nous ne pouvons que souhaiter que l'administration ne nous amène plus à solliciter cette autorité administrative indépendante, n'ignore plus les avis qu'elle rend et renonce à laisser nos demandes sans réponse, ne manifestant pas à notre égard la courtoisie que dont nous pensons avoir toujours fait preuve. 





Essai de réflexion:

Que signifie "respecter les rythmes de l'enfant"? Est-ce ce que nous avons trouvé dans l'ouvrage de Steiner, Les bases spirituelles de l'éducation, mais nous ne pouvons l'affirmer tant la formule est passe- partout:
En éducation, nous devons pouvoir atteindre la nature humaine en son entier ; or, elle comporte un corps, une âme et un esprit.Si l’on comprend bien l’éducation, on en arrive à ne pas chercher uniquement la connaissance de Dieu pour l’apaisement du cœur, mais on cherche à réaliser la volonté de Dieu afin d’agir selon ses intentions. L’éducation repose alors sur cette base spirituelle dont je vais vous parler dans les jours qui vont suivre.Toute la vie de l’enfant jusqu’à sa 7ème année est une constante imitation de ce qui se passe autour de lui (...) l’enfant est tout entier un organe sensible.
Observons le changement qui s’est produit dans l’enfant entre la 7ème et la 14ème année. D’organisme sensible qu’il était , il est devenu entièrement âme. Pas encore esprit, pas encore celui qui attachera la plus grande valeur à la logique, à l’intellect, ce qui n’arrivera que lorsque quelque chose durcira dans son âme. (...) l’enfant n’a pas encore besoin de la logique tandis qu’il n’a besoin de notre âme, de notre humanité.Que doit-être le maître pour qu’il devienne cette autorité évidente, ce médiateur entre l’ordre divin du monde et l’enfant? Là est le nœud du problème.Lorsque l’enfant qui a été soumis à l’autorité atteint la puberté, il acquiert par ce changement physiologique un rapport tout différent avec le monde extérieur. C’est maintenant l’heure où l’esprit s’éveille dans l’être humain. C’est le temps où l’adolescent cherche à comprendre dans tout l’élément du langage ce qui exprime l’élément rationnel, logique. Maintenant, nous pouvons faire appel avec quelque succès à l’intellect au moyen de l’éducation et de l’instruction.
Ces extraits ne se suivent pas nécessairement.
Maintenant, que représente l'éducation de la volonté??? Peut-être la volonté au sens courant du terme, mais peut-on en être sûr? Dans la deuxième conférence de Rudolf Steiner, parue dans l'ouvrage LA NATURE HUMAINE, aux éditions Triades, l'auteur définit la volonté comme "le germe déjà présent en nous de ce qui, après la mort, sera notre réalité spirituelle et psychique. Ainsi, lorsque vous vous représentez quelle réalité psycho-spirituelle vous deviendrez après la mort, vous obtenez la volonté". (page 34)



Enfin concernant le rapport à la laïcité, Steiner, dans le même ouvrage, en conclusion (page 209) ébauche une réponse, mais les enseignants ont-ils en mémoire tous les ouvrages, souvent difficiles à appréhender, de leur inspirateur?
Nous ne créerons pas, à l'école Waldorf, une institution où soit enseignée une conception du monde. L'école Waldorf ne sera pas l'école d'une conception du monde dans laquelle nous gaverions les enfants de la plus grande quantité possible d'anthroposophie. L'anthroposophie n'est pas un objet d'enseignement mais nous aspirons à en cultiver la pratique. Nous voulons transformer ce qui peut être acquis dans le domaine anthroposophique en une véritable pratique de l'anthroposophie. (...) L'enseignement religieux sera donné au sein des communautés religieuses. Nous ne nous servirons de l'anthroposophie que pour la méthode d'enseignement. Nous confierons donc les enfants aux enseignants des différentes confessions.




jeudi 4 décembre 2014

la laïcité... VUE PAR NOS AMIS GENEVOIS

OUVREZ EN SUIVANT CE LIEN

une étude sur la Laïcité rédigée à l'intention du Conseil d'Etat du canton de Genève. 

retour sur l'EFT



Dans l'émission ENVOYE SPECIAL sur la 2, un journaliste a filmé en caméra cachée une praticienne en EFT. Nous renvoyons au billet que nous avons déjà posté sur ce blog.
D'après les informations en notre possession, la praticienne que apparaît ici floutée est précisément celle qui figure sur notre précédent billet et dont le nom avait été occulté.

lundi 24 novembre 2014

Développement d'une école Waldorf à Bruxelles


 "Le(s) présent(s) article(s) est (sont) reproduit(s) avec l'autorisation de l'Editeur, tous droits réservés. Toute utilisation ultérieure doit faire l'objet d'une autorisation spécifique de la société de gestion Copiepresse : info@copiepresse.be " 

jeudi 20 novembre 2014

20 novembre 2014, 25ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant






Article 13

1. L'enfant a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l'enfant.
2. L'exercice de ce droit ne peut faire l'objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires :
a) Au respect des droits ou de la réputation d'autrui; ou
b) A la sauvegarde de la sécurité nationale, de l'ordre public, de la santé ou de la moralité publiques.

Article 14

1. Les Etats parties respectent le droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion.
2. Les Etats parties respectent le droit et le devoir des parents ou, le cas échéant, des représentants légaux de l'enfant, de guider celui-ci dans l'exercice du droit susmentionné d'une manière qui corresponde au développement de ses capacités.
3. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut être soumise qu'aux seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires pour préserver la sûreté publique, l'ordre public, la santé et la moralité publiques, ou les libertés et droits fondamentaux d'autrui.

Article 15

1. Les Etats parties reconnaissent les droits de l'enfant à la liberté d'association et à la liberté de réunion pacifique.
2. L'exercice de ces droits ne peut faire l'objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires dans une société démocratique, dans l'intérêt de la sécurité nationale, de la sûreté publique ou de l'ordre public, ou pour protéger la santé ou la moralité publiques, ou les droits et libertés d'autrui.

Article 16

1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 17

Les Etats parties reconnaissent l'importance de la fonction remplie par les médias et veillent à ce que l'enfant ait accès à une information et à des matériels provenant de sources nationales et internationales diverses, notamment ceux qui visent à promouvoir son bien-être social, spirituel et moral ainsi que sa santé physique et mentale. A cette fin, les Etats parties :
a) Encouragent les médias à diffuser une information et des matériels qui présentent une utilité sociale et culturelle pour l'enfant et répondent à l'esprit de l'article 29;
b) Encouragent la coopération internationale en vue de produire, d'échanger et de diffuser une information et des matériels de ce type provenant de différentes sources culturelles, nationales et internationales;
c) Encouragent la production et la diffusion de livres pour enfants;
d) Encouragent les médias à tenir particulièrement compte des besoins linguistiques des enfants autochtones ou appartenant à un groupe minoritaire;
e) Favorisent l'élaboration de principes directeurs appropriés destinés à protéger l'enfant contre l'information et les matériels qui nuisent à son bien-être, compte tenu des dispositions des articles 13 et 18.

Article 18

1. Les Etats parties s'emploient de leur mieux à assurer la reconnaissance du principe selon lequel les deux parents ont une responsabilité commune pour ce qui est d'élever l'enfant et d'assurer son développement. La responsabilité d'élever l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents ou, le cas échéant, à ses représentants légaux. Ceux-ci doivent être guidés avant tout par l'intérêt supérieur de l'enfant.
2. Pour garantir et promouvoir les droits énoncés dans la présente Convention, les Etats parties accordent l'aide appropriée aux parents et aux représentants légaux de l'enfant dans l'exercice de la responsabilité qui leur incombe d'élever l'enfant et assurent la mise en place d'institutions, d'établissements et de services chargés de veiller au bien-être des enfants.
3. Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour assurer aux enfants dont les parents travaillent le droit de bénéficier des services et établissements de garde d'enfants pour lesquels ils remplissent les conditions requises.

Article 19

1. Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l'enfant contre toute forme de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu'il est sous la garde de ses parents ou de l'un d'eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié.
2. Ces mesures de protection doivent comprendre, selon qu'il conviendra, des procédures efficaces pour l'établissement de programmes sociaux visant à fournir l'appui nécessaire à l'enfant et à ceux à qui il est confié, ainsi que pour d'autres formes de prévention, et aux fins d'identification, de rapport, de renvoi, d'enquête, de traitement et de suivi pour les cas de mauvais traitements de l'enfant décrits ci-dessus, et comprendre également, selon qu'il conviendra, des procédures d'intervention judiciaire.

Article 20

1. Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial, ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans ce milieu, a droit à une protection et une aide spéciales de l'Etat. < 2. Les Etats parties prévoient pour cet enfant une protection de remplacement conforme à leur législation nationale.
3. Cette protection de remplacement peut notamment avoir la forme du placement dans une famille, de la kafalahde droit islamique, de l'adoption ou, en cas de nécessité, du placement dans un établissement pour enfants approprié. Dans le choix entre ces solutions, il est dûment tenu compte de la nécessité d'une certaine continuité dans l'éducation de l'enfant, ainsi que de son origine ethnique, religieuse, culturelle et linguistique.


Article 28

1. Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation, et en particulier, en vue d'assurer l'exercice de ce droit progressivement et sur la base de l'égalité des chances :
a) Ils rendent l'enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous;
b) Ils encouragent l'organisation de différentes formes d'enseignement secondaire, tant général que professionnel, les rendent ouvertes et accessibles à tout enfant, et prennent des mesures appropriées, telles que l'instauration de la gratuité de l'enseignement et l'offre d'une aide financière en cas de besoin;
c) Ils assurent à tous l'accès à l'enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés;
d) Ils rendent ouvertes et accessibles à tout enfant l'information et l'orientation scolaires et professionnelles;
e) Ils prennent des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation scolaire et la réduction des taux d'abandon scolaire.
2. Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que la discipline scolaire soit appliquée d'une manière compatible avec la dignité de l'enfant en tant qu'être humain et conformément à la présente Convention.
3. Les Etats parties favorisent et encouragent la coopération internationale dans le domaine de l'éducation, en vue notamment de contribuer à éliminer l'ignorance et l'analphabétisme dans le monde et de faciliter l'accès aux connaissances scientifiques et techniques et aux méthodes d'enseignement modernes. A cet égard, il est tenu particulièrement compte des besoins des pays en développement.
dispensée dans ces établissements soit conforme aux normes minimales que l'Etat aura prescrites.