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lundi 10 décembre 2012

Semaine de la solidarité internationale en Franche-Comté, les confidences d'un colibri



En novembre, en Franche-Comté, dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale, Alec Somoza s'est produit au cours d'une conférence gesticulée: "confidences d'un colibri" ou "une histoire de schizophrénie militante". Un dossier pédagogique avec son mode d'emploi est proposé aux enseignants, éducateurs et animateurs avant leurs participations éventuelles à une de ses conférences. Les objectifs de ce dossier se déterminent ainsi:"sensibiliser au développement durable, faire s'interroger les jeunes sur l'engagement, acquérir des connaissances sur le développement durable et les actes réalisables au quotidien, favoriser les échanges entre élèves, permettre des débats".
A cette conférence, une trentaine de personnes. Sur le mode humour et one man show, Alec Somoza révèle d'emblée sa quête d'un guide, d'un "gourou" pour l'aider à changer le monde. Ambitieux projet. Première expérience: Bob Marley et le rastafarisme ou le retour en Ethiopie de la diaspora africaine. Lecture de "la Prophétie des Andes" ou la nécessité de décrypter des signes semés par l'existence, pour atteindre la meilleure part de notre destin. Changer le monde. Alec se méfie des élites révolutionnaires pontifiantes. Il conclut:"on va pas y arriver par l'action collective"

Son engagement au Pérou, au nom de la solidarité internationale,se fracasse contre la corruption des opportunistes locaux. Quand il assiste aux rites des chamanes, plus proches des jeteurs de sort que des gentils médiateurs entre les humains et la surnature,il quitte le Pérou pour une fonction d'éducateur en France, en milieu scolaire et apprendre aux élèves les actes quotidiens pour mieux et moins consommer, se référant au concept de décroissance prôné, entre autres, par Hervé Kempf, qui affirme: "comme la croissance ne réduit ni les inégalités ni la pauvreté, il faudrait stopper la croissance matérielle et pour cela, aller vers une décroissance matérielle" Selon Serge Latouche, autre apôtre de la décroissance: "la pauvreté est la richesse des peuples"! La fin de la conférence s'épanouit avec la théorie du colibri, où, selon une légende amérindienne, un désastre écologique ravage des colonies d'animaux désemparés, alors qu'un petit colibri, avec son petit bec, arrose le grand incendie, "pour faire sa part".
La parole au public lâche: "L'histoire du colibri, c'est Pierre Rabhi, il faut aussi faire du collectif plutôt que de faire sa part, on risque de se faire piéger avec cette histoire de colibri!"

Pierre Rabhi,philosophe et conférencier, pionnier de l'agriculture écologique en France, appelle à "l'insurrection des consciences"; en s'inspirant de cette légende, il fonde le Mouvement Colibris en 2006.
En août 2012, la visite d'adhérents de l'AFIS 07 ( Association Française pour l'Information Scientifique) chez des agroécologues ardéchois, dans le Mas de Beaulieu, de l'association Terre et Humanisme, s'inspirait d'une légitime curiosité quant aux annonces de productions et de gestion de l'eau au mas. 

Pour accéder aux conclusions de l'association, SUIVEZ CE LIEN





lundi 26 février 2024

Instruction en famille à l'écovillage de Pourgues dont le fondateur se réclame des colibris, les sanctions judiciaires de la déscolarisation



Le 12 décembre 2023, Ramin Fanhangi et et sa compagne comparaissaient devant la justice à Foix en Ariège. En effet, nous reviendrons sur ce point après l'exposé de l'audience, membres du « village démocratique » : de Pourgues en Ariège, ils avaient malgré la loi confortant des principes républicains, un texte qui avait durci les conditions d'accès à l'instruction en famille, persisté dans leur refus de scolariser leur enfant.

Quelques lignes directrices de cette audience, dans le Verbatim a été publié sur le site « enfance libre » que les prévenus entretiennent au nom de leur association. Dans les faits, ils contestaient d'emblée les termes de la loi. Pour faire simple, il ne voulait pas s'intégrer au « système », ce qui les a amenés non seulement à maintenir l'instruction en famille, mais à ne pas solliciter l'autorisation de l'administration. Ils se sont ainsi déclarés eux-mêmes en « désobéissance civile », et se sont référés au cours de l'audience aux faucheurs d'OGM ou même au manifeste des « 343 salopes » rédigé à un moment où l'interruption volontaire de grossesse n'était pas encore autorisée par la législation.

Les juges ont bien compris la situation en expliquant que leur rôle n'était pas de se substituer au législateur, mais d'appliquer la loi en l'état. Ils n'ont pu que constater qu'en persistant dans le refus de scolariser l'enfant, et surtout en se refusant à se plier aux règles qui auraient dû les pousser à solliciter de l'administration l'autorisation, les prévenus s'étaient délibérément placés dans l'illégalité. Toutefois, c'est bien à une peine symbolique qu’ils ont été condamnés.

Notons que les prévenus, qui s'étaient présentés sans avocat, avaient relevé que l'instruction en famille avait été interdite en Allemagne par Hitler, ce que nous n ‘avons pu vérifier.

Nous avons déjà évoqué la personnalité des prévenus dans nos colonnes. Nous allons d'ailleurs vous redonner les liens afin d'éclairer les lecteurs. Ce n'est que dans un dernier temps après avoir évoqué l'effet de la manière la plus factuelle possible nous nous permettrons d'exposer nos questionnements de manière plus subjective. Il avait été à l'origine d'une école démocratique, l'école dynamique de Paris, une de ces écoles qui ne comportent pas d'élèves ni d'enseignants, mais des citoyens et des facilitateurs… en créant cette école, il avait estimé avoir fait « sa part de colibri ».

Nous rappelons et nous l'avons déjà signalé dans ces colonnes, les écoles démocratiques sont souvent proches du mouvement colibri, d'ailleurs avant que les dissensions ne naissent, la ferme des enfants, dirigée par Sophie Rabhi, était devenue une école démocratique. Et rappelons aussi, nous l'avons déjà vu, que la nef a fait son possible pour aider les écoles qui relevaient de cette mouvance au moment de son expansion.

Et c'est la même personne qui estimait refaire une « part de colibri » en créant leur « village démocratique » en Ariège, village dans lequel tous les sociétaires « mutualisaient »les enfants, et permettaient à chacun de travailler suivant ses "appétences"    (lien)

L'objectif du RSA est ainsi résumé ci-dessus sur le site du ministère compétent.

Et rappelons aussi que la loi confortant des principes républicains fut appliquée lorsque l'autorité préfectorale avait enjoint la ville de Poitiers de supprimer toute prestation à alternatiba, du fait que ce mouvement, proche des colibris, prônait la désobéissance civile. Le tribunal administratif avait annulé cette injonction préfectorale.

Un deuxième couple a depuis été poursuivi pour les mêmes faits. Ces deux personnes ont justifié leur cause en invoquant la déclaration universelle des droits de l'homme, en se considérant comme parfaitement républicaine et opposées à tout séparatisme. Mais la justice a également réaffirmé que son rôle n'était pas d'offrir une tribune pour contester une loi votée par le Parlement, mais de l'appliquer.



image.png
Le RSA sur le site ministériel



Surtout dans ce contexte, est-ce que le RSA, qui est, comme le confirme le ministère, un moyen d'aider à l'insertion professionnelle, est légitime lorsqu'il alimente indirectement une communauté telle que l'éco village de Pourgues ? Une communauté dont le dirigeant prône la désobéissance civile… nous ne connaissons pas de précédent ni a fortiori de jurisprudence à ce sujet, comme nous le faisons habituellement, nous laissons nos lecteurs se forger leur opinion personnelle !

mardi 3 novembre 2020

Au sujet de notre billet du 26 octobre 2020 - la Mascarade : voici notre après-coup.





Nous avions annoncé à nos lecteurs que nous reviendrions sur le récent billet consultable ci-dessous en date du 26 octobre.

Voici alors le second temps. C’est le temps de la réflexion, du partage de nos interrogations, et des mises au point.

Ce billet sur un groupe de parents de la région lyonnaise qui avait réalisé un clip joué par des enfants majoritairement et qui se terminait  par une vue de tous ces personnages jetant à terre  leurs masques destinés à une poubelle a été très lu, et très reproduit sur les réseaux sociaux.

Nous nous étions efforcés, comme habituellement, de susciter la réflexion du lecteur plutôt que d’agresser en mots. Nous citions et nous restions sur du factuel. Nul jugement, nul qualificatif de notre part mais un partage d’interrogations sur cette vidéo qui nous avait interpellés.

Fidèles à notre souci d’exactitude, nous avons quelques heures à peine après la mise en ligne, rajouté le lien qui précisait quelle était la nature exacte du rapport de ce collectif de parents avec le mouvement colibris.

Ce groupe de parents, sur lequel nous n’avons trouvé aucune  information, a publié sur une plate-forme que le mouvement colibris met à disposition de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs.

Cette plateforme, « La Ferme à Wiki », précise bien ici : https://colibris-wiki.org/?CestQuoi

« Colibris n'est en rien responsable des contenus postés dans les wikis créés sur ce site. L'association se permettra de supprimer des contenus voire des wikis qui lui paraîtront inappropriés. »

Puisqu’elle y a perduré, cette vidéo n’a donc pas paru inappropriée à l’association Colibris. Ce qui a priori ne signifie pas que l’ensemble de cette association cautionne les refus de contraintes sanitaires.

A voir, à suivre…

Ce groupe de parents rhodaniens renvoie également à Silvano Trotta, que nous avions évoqué lors de l'émission youtube avec Crèvecœur, Tal Schaller et Casasnovas, et à son association bon sens.

A noter que le groupe colibri d'Orléans, via sa page Facebook, promeut avec vigueur ce collectif de parents lyonnais dans des termes sans équivoque : bravo et merci. 

Le groupe colibri de Toulouse reprend également le même clip avec un commentaire dénué de toute ambiguïté : face à cette folie délirante, s’unir, agir, vivre.

Sur d’autres pages Facebook géré par des groupes colibris, il n’était pas fait mention de ce collectif de parents ni du clip.

Notre conclusion: nous n’irons pas affirmer que l'association colibris est engagée en tant que telle dans ce refus des mesures sanitaires, mais nous ne pouvons que constater qu'il  lui a quand même rendu service en l'hébergeant sur sa plate forme et que parmi les groupes colibri, l'appel rencontre un certain écho qu’il est toutefois difficile de mesurer avec exactitude.

Devons-nous faire d’autres évocations ?

Une personnalité importante du mouvement anthroposophique, qui dirige une structure conforme aux enseignements de Steiner, a publié sur sa page Facebook une affiche au contenu très  comparable, celle d’un collectif de parents  opposé aux précautions sanitaires. Il y ajoute la photographie d’une affiche instituant le couvre feu… du temps de l’occupation allemande .

Un étudiant qui se réclame de la doctrine de Steiner prône quant à lui la désobéissance civile et le refus du port du masque, de l’interdiction des regroupements, assimilés d’après ses dires, à un délire. À cet appel à la « désobéissance civile », il  joint une recommandation de ne pas payer les amendes.

Une troisième personne, qui défend la mouvance steinerienne, membre ou sympathisant des institutions anthroposophes, reproduit également cette affiche placardée... en 1944.

Nous ne mentionnons pas ici pas les identités des personnes physiques: car si nous réfutons vigoureusement un contenu et un mode d'action, en toutes circonstances nous respectons les personnes et nous nous interdisons toute attaque ad hominem.

Nous remarquons par ailleurs que sur la crise sanitaire en cours le site du Goetheanum fournit un avis inspiré de la médecine Steinerienne , Nous notons que la page en question ne comporte pas d’appel à la désobéissance. 

 "Mais pourquoi les virus liés au monde animal deviennent-ils dangereux pour l’homme ? Nous faisons actuellement subir aux animaux d’indicibles souffrances : les abattages massifs, les expériences menées sur les animaux de laboratoire, entre autres, engendrent des douleurs auxquelles est livré sans défense le monde animal. Cette souffrance peut-elle avoir des conséquences qui modifient les virus indigènes de l’organisme animal ? Nous avons l’habitude de ne prendre en considération que le plan corporel et de le voir en général séparé du plan de l’âme".

Nous ne pouvons pas affirmer que l’ensemble du mouvement anthroposophique   appellerait es-qualité à une action de désobéissance face aux contraintes sanitaires. 

Aether news traite également du coronavirus sans préconiser la désobéissance mais promeut les préceptes anthroposophiques à partir de l'exemple d'une clinique:   

« La médecine conventionnelle continue majoritairement à se laisser guider par la pathogenèse : c’est ce qui nous rend malades, donc le virus, qui doit être anéanti. Dans la perspective salutogénique, ce dont il s’agit, c’est de développer l’immunité en face de la maladie. Nous devrions passer du concept pathogénique au concept salutogénique. Dans cette perspective familière à la médecine anthroposophique, il est bon que les personnes plus jeunes soient contaminées les premières, pour construire une immunité collective et à terme, protéger les personnes plus âgées. Les arguments avancés dans de nombreux débats sur la vaccination sont la clé, ici aussi. »

Alors nous nous interrogeons.

Si formellement, ni l’association Colibris, ni la mouvance steinerienne en elle-même, ne peuvent être taxés de réticence militante aux directives des autorités sanitaires, il nous semble fondé de s’interroger sur l’existence possible d’une certaine porosité aux thèses anti-directives sanitaires.

Ainsi leur accueil sur une plateforme Colibris relève-t-il d’une très, très grande ouverture d’esprit ou d’une plasticité torsadée ?

Nous restons pour aujourd’hui avec cette interrogation sans à-priori et invitons nos lecteurs à s’interroger avec nous.

Nous y reviendrons.

vendredi 30 septembre 2022

L’idéologie des colibris est-elle soluble dans la laïcité ?

 



Il y a de cela maintenant plusieurs années, nous avions donné pour titre à un de nos documents relatifs à la mouvance de Steiner l'intitulé suivant : « l'anthroposophie un Janus à deux visages ». Nous avions également relevé dans ce document la proximité du réseau affilié à cette mouvance avec celui des colibris, créé par Pierre Rabhi.

Nous exprimions notre malaise en nous gardant de toute pensée binaire et de toute tentation de manichéisme face un courant de pensée qui pouvait mener à des réalisations tout à fait séduisantes, mais qui dissimulait des aspects beaucoup plus déplaisants du moins à nos yeux. Ici, nous notons une porosité troublante, pour des raisons à peu près identiques, entre certains mouvements laïques que nous citerons et les colibris, pour des raisons à peu près semblables : la coexistence entre des aspects susceptibles de séduire et d'autres qui à nos yeux contredisent l'idéal laïque auquel nous nous référons.

Les citoyens français, et notamment les enseignants, connaissent bien la mutuelle d'assurances dédiée à ces derniers, la MAIF. Cette très importante mutuelle, qui rend de grands services à ses sociétaires, et dont nous ne contestons pas l'utilité, bien au contraire, organise des conférences.

La première des intervenantes sur laquelle nous avons mené quelques recherches, c'est Juliette Duquesne, qui a créé la collection carnets d'alerte avec Pierre Rabhi.

Elle a édité de nombreux petits ouvrages accessibles et bon marché, coécrits avec le fondateur de Terre et humanisme. Elle a été invitée à s'exprimer devant le public à la mi-septembre en Haute Saône, et doit réitérer cette prestation au profit de la mutuelle fin septembre à Reims.

Nous ne mettons nullement en  doute la sincérité des disciples de Rabhi. Nous pensons même que parmi nos propres adhérents, nous aurions bien du mal à en trouver qui seraient hostiles à l'idée d'éradiquer la faim dans le monde, ou qui souhaiteraient une régression dans le domaine de l'écologie ! De plus, la conception de l'écologie énoncée par Pierre Rabhi ne nous semble pas faire l'unanimité parmi les militants écologistes.

En revanche, nous pouvons être réservés sur l'incitation récurrente à « faire sa part ». Cela revient à privilégier les initiatives individuelles au détriment d'un effort collectif piloté par des institutions publiques et notamment par l'État. Ainsi a-t-on déjà observé, nous l'avons relaté dans ces colonnes, le fondateur d'une école démocratique à Paris qui estimait, une fois cette école mise en place, avoir fait sa « part de colibri ». Et, en créant en Ariège un « village démocratique », dans lequel chacun versait ce qu'il voulait, soit le RSA, soit des revenus immobiliers, soit rien du tout, où les enfants étaient « mutualisés », il estimait poursuivre la réalisation de cette part du colibri.

Créer des écoles alternatives en concurrence avec l'école publique, est-ce compatible avec notre idéal alors que la MAIF a été créée par des instituteurs laïques ?

La même Juliette Duquesne était invitée à s'exprimer il y a quelque temps devant les élèves d'un établissement secondaire public à Nancy. Ce n'est que notre point de vue, mais nous pensons pouvoir l’exprimer dans nos propres colonnes, la laïcité nous semble consubstantielle à la confrontation de points de vue différents. Ici, inviter soit pour une conférence organisée par des grandes institutions laïques, soit a fortiori devant des élèves dans le cadre du service public une intervenante proche des colibris ne nous semble pas relever de cette volonté de confronter les points de vue de manière à permettre aux auditeurs de se forger leur idée personnelle en toute connaissance de cause.

Mais nous avions promis en introduction à ce billet de ne pas être manichéens. Tenons parole : le site de carnets d'alerte cite Paul Ariès. Ce dernier a déjà coécrit avec Pierre Rabhi, et il est l'auteur d'un ouvrage sur la « simplicité volontaire ». (Un concept proche de la sobriété heureuse ? ). Et, paradoxalement, en même temps, il fut l'auteur il y a une vingtaine d'années de deux ouvrages édités par Golias, l'un intitulé la scientologie, laboratoire du futur, et l'autre l'anthroposophie, enquête sur un pouvoir occulte.

Faisons preuve d'humilité en refusant le manichéisme précisément et en reconnaissant la complexité à laquelle nous sommes confrontés. Il n'y a pas les bons, qui ne se trompent jamais, d'un côté, et les mauvais, toujours dans l'erreur, de l'autre.

Autre conférencier accueilli par la mutuelle: Pablo Servigne. Ce dernier est un auteur, qui a contribué à l'émergence de la notion de collapsologie. Il semble avoir des liens avec le groupe masculiniste Mankind project, ainsi qu'avec extinction rébellion que nous avons évoqué récemment. Pour la mutuelle, il intervient sur l'entraide ; sans doute un thème digne d'éloges, mais derrière la générosité de la démarche de la MAIF, peut-on être certains de la conformité des thèses qu'il exprimera lors de ses conférences avec une démarche laïque ?

Notre cercle laïque pour la prévention du sectarisme a reçu également un signalement concernant une école privée hors contrat laïque comme elle se définit elle-même, dans le département de la Drôme a Anneyron. Sur le site de l'école, les initiateurs se réclament de deux inspirateurs : Pierre Rabhi et Krishnamurti.

Elle se dit également ouverte aux IEF, c'est-à-dire aux enfants instruits en famille. Elle a d'ailleurs organisé des conférences avec André Stern, l'un des promoteurs en France de l'instruction en famille, sur les thèmes suivants : « écologie de l'enfance, un projet de vie » et les « enfants gardiens de nos potentiels ». Elle a également organisé une projection du film « le cercle des petits philosophes » réalisé par Frédéric Lenoir (qui semble-t-il ouvrait les séances de discussions philosophiques pour enfants par des minutes de méditation de pleine conscience ). Sur son site, l'école fait la promotion des ouvrages de Céline Alvarez. Des ateliers, au cours de diverses forums qu'elle a organisées, ont traité des pédagogies de Maria Montessori et Freinet. Précisons que nous citons tous les auteurs qui ont été étudiés au cours de ces forums sans poser nous-mêmes des jugements de valeur !

En principe, n'ayant pas signé de contrat avec l'État, l'école ne peut être financée par fonds publics. Cependant indirectement, elle est en train de recruter un service civique… par l'intermédiaire de la fédération départementale de la Drôme de la ligue de l'enseignement.

La raison d'être de notre association, le cercle laïque pour la prévention du sectarisme, c'est la défense du libre arbitre, la liberté de conscience, de la dignité. Le droit de tout être humain à la santé, avec  un environnement le moins pollué possible est fondamental. Mais il existe encore des débats sur les voies à emprunter pour y parvenir. En tant que militants de la laïcité, nous pensons que la formation du citoyen exige un pluralisme des informations. Les colibris, favorables à l'instruction en famille et à l'instruction à domicile, ont choisi une option, qui n'est certes pas la nôtre, celle de l'école accueillante pour tous les petits Français. Les écoles hors contrat, qui ne sont quand même pas accessibles à toutes les bourses, favorisent un entre-soi que nous ressentons comme aux antipodes de notre idéal, même si nous croyons comprendre les raisons de cette option, et par ailleurs nous respectons ce choix. Le printemps de l'éducation, qui n'existe plus formellement, regroupait notamment les colibris, la fédération des écoles Steiner Waldorf, la revue Kaizen, et, entre autres… l'Office central pour la coopération à l'école, qui regroupe les coopératives des écoles publiques. Nous souhaiterions tant pouvoir en discuter avec nos partenaires laïques !

Mais, rappelons-le, nous ne voulons surtout pas nous poser en moralistes, ni incarner le bien en lutte contre le mal ou la vérité contre l'obscurantisme… nous voulons entamer un débat.





lundi 26 octobre 2020

utilisation d’enfants pour un appel anti-masques. La Mascarade

Lundi 26 octobre 2020

Hier il y a eu 52010 cas positifs au coronavirus signalés en France



Colibris : utilisations d’enfants pour un appel anti-masques.



Aujourd’hui nous vous proposons un arrêt sur image. Ou plutôt un arrêt sur clip vidéo.

Nous invitons nos lecteurs à se rendre sur ce site

https://colibris-wiki.org/mascarade/?PagePrincipale


et à visionner cette séquence vidéo à visée militante dans laquelle des enfants chantent et dansent :



LA MASCARADE


Evolution des distanciations
Abolition de ces masques bidons
On en a marre
de ces lois bizarres
Révolution contre les canulars
Révolution contre les canulars

Et Ho Ha HA Ha HA
Et Ho Ha Ha HA HA

Nous étouffer et nous renfermer
Les masques sont là pour nous diviser
Personne ne doit nous l’imposer
Oser l’enlever c’est la liberté
Oser l’enlever c’est la liberté

Et Ho Ha Ha HA HA
Et Ho Ha Ha HA HA

La télé n’est pas vérité
Réfléchissez, réfléchissez
Voir des sourires et nous embrasser,
Nous embrasser, c’est bon pour la santé
Nous embrasser, c’est bon pour la santé

Et Ho Ha Ha HA HA
Et Ho Ha Ha HA HA

Nous chantons cette nouvelle chanson
Pour tous reprendre à l’unisson
Enlevons nos masques on aura gagné
Enlevons nos masques et la loi va changer
Enlevons nos masques et la loi va changer



A la fin du clip, en appui de l’appel, les enfants se débarrassent de masques chirurgicaux et les jettent dans une poubelle.

Il s’agit d’un site se réclamant très explicitement du mouvement Colibri. Cette page (lien) précise la nature des liens de ce collectif de parents avec le mouvement Colibri.

Ainsi donc, ces jeunes enfants ont eu à apprendre et mettre en chorégraphie ce texte d’appel dans l’orbe du mouvement anti-masque, fut-il apparemment plus ou moins cantonné ici au refus du port par les enfants.

Ils ont été filmés et la vidéo diffusée sur un site tout public.

L’analyse approfondie des ressorts et des effets de cette méthode d’appel demanderait davantage de temps que celui dont nous disposons aujourd’hui.

Nous y reviendrons.


Prenez soin de vous et des autres.



mardi 15 décembre 2020

Écoles démocratiques, instruction en famille : les causes du mouvement colibri.


Écoles démocratiques, instruction en famille : les causes du mouvement colibri.

Nous avions attiré l’attention de nos lecteurs il y a peu de temps sur une vidéo : un collectif de parents dans la région lyonnaise utilisait des enfants dans un clip à visée militante (ci-dessous billets du 26 octobre et du 03 novembre). L’objectif de ce clip était d'appeler à refuser les mesures sanitaires : distanciation physique et port du masque. Nous avions insisté également sur la proximité  de ce collectif de parents avec les colibris qui toutefois n'endossaient pas la responsabilité du contenu. Certains groupes de colibris relayaient cette vidéo et donnaient également le lien vers un dossier hébergé par une plate-forme gérée par l’association colibris : colibris-wiki.org

En revanche, depuis l’annonce par le Président de la République de sa volonté d’interdire l’instruction en famille (hors raison de santé) pour contrer le séparatisme islamique, le mouvement colibris en tant que tel s’est engagé explicitement dans des actions de défense de ce mode de transmission des savoirs. 

Une pétition figure, en date du 2 décembre, sur la page facebook de l'association; elle est relayée par le journalKaizen, dirigé par Cyril Dion. Cette pétition regroupe divers courants : la fondation pour l’école, dont nous avons déjà traité dans un très récent billet, les colibris, la fondatrice du Printemps de l'éducation ainsi que Monsieur Farhangi.

Ce dernier a créé l'école dynamique à Paris; il est lui-même un fervent défenseur des  Écoles démocratiques qui permettent, pour faire court mais à notre avis sans déformer, aux enfants d'apprendre ce qu'ils veulent quand ils en ont envie. Nous aurons certainement l’occasion de revenir sur ce courant de manière plus approfondie. Depuis, il a créé dans l’Ariège un « village démocratique » conçu suivant les mêmes principes que les écoles du même nom et affilié à EUDEC, qui regroupe les écoles démocratiques en France : chacun fait ce qu’il veut suivant ses appétences.

« Depuis 2017, je me suis installé en Ariège avec ma famille et un autre co-fondateur de l’école dynamique. Avec l’éco-village de Pourgues, nous avons voulu aller au-delà de l’école et créer une communauté de vie et de travail, inspirée des écoles démocratiques. L’éco-village fonctionne selon le concept où chacun se met au contact de son élan de vie, de sa source, de ce qu’il a vraiment envie de faire, de son appétence première. L’équilibre économique, l’éducation des enfants, tout est finalement la résultante de ce respect profond de l’individu. Nous avons confiance et foi dans la personne humaine comme fondamentalement capable de s’occuper de ses propres affaires. 

Nous avons laissé le choix à nos enfants pour l’école. Certains avaient déjà été scolarisés et ne souhaitaient pas revivre l’expérience, d’autres y sont retournés.En fait, nous n’avons pas d’idéologie anti-école, mais nous cherchons à respecter la personne humaine, adulte comme enfant, qui fait ses propres choix de vie. L’année dernière, tous les enfants ont choisi d’essayer l’école. Une enfant a trouvé l’école ultra violente et a voulu arrêter tout de suite. Un autre voulait juste se faire des copains, mais n’a pas trop aimé l’ambiance et est juste resté deux semaines. Les trois autres ont plutôt apprécié. Il y en a un qui est resté presque cinq mois et les autres jusqu’au confinement. Après le confinement, aucun n’a voulu y retourner. »

Ce village démocratique de Pourgues est lui-même affilié aux colibris: même vidéo, 4'35''

Nulle illégalité dans ce combat d'idées parfaitement non-violent contre l’école publique.

Les colibris sont une composante du printemps de l’éducation, qui prône l'éducation alternative avec la participation, hélas, d’une  association de coopératives de l’enseignement public. Nous ne doutons pas de la sincérité de ceux qui mènent cette campagne. Mais nous ne saurions l'approuver: si l’école publique est imparfaite comme toutes les institutions humaines, si nous ne pouvons légitimement penser (mais ce n’est pas l’objectif statutaire de notre association) qu’elle reste à améliorer, elle est pour nous  un creuset qui permet à des enfants de classes sociales diverses, d'opinions philosophiques, religieuses, d’origines différentes, de se côtoyer  et d’apprendre la tolérance mutuelle. Elle est à améliorer et à défendre, pas à détruire.

Précisons également que nous ne disposons pas des outils nécessaires pour évaluer la place de l’intégrisme musulman dans l’instruction en famille.

Si nous respectons les défenseurs de l’instruction en famille, qui sont les mêmes ici que ceux des écoles hors contrat ou alternatives, nous exprimons haut et fort notre désaccord et notre défense de l’école publique et laïque.

A nos yeux,  les colibris ne présentent pas un fonctionnement sectaire, nous imaginons plutôt des groupes de réflexion. Mais nous déplorons qu'ils fassent activement la promotion d'îlots en marge de la société, refusant l'éducation nationale, les consignes sanitaires. En revanche, ils peuvent vanter des communautés qui vivent soi-disant en marge ... mais dont des membres vivent du RSA (même vidéo 12'30'') voire de rentes immobilières.

Enfin pour en finir sur une écoute de sémantique aigre-douce, soyons attentifs dans le chapitrage de la vidéo ci-dessus, à l’item minuté 13 :20 qui mentionne : « Mutualisation des enfants » … 

Où le vocabulaire du management ne va-t-il pas se répandre !


Sourions.


Á bientôt.


lundi 12 avril 2021

Retour sur une mascarade.

Nos lecteurs de ce 12 avril seront peut-être intrigués par ce titre. Souvenons-nous, c’était à l’automne 2020.

Le lundi 26 octobre 2020, ci-dessous, deux pages plus bas, nous nous étonnions de constater que dans les entours des supports médiatiques du mouvement Colibris, des enfants puissent être utilisés comme acteurs d’un clip appelant à jeter les masques anti-covid.

Voici pour nos lecteurs pressés ce lien en guise de raccourci sur notre propre blog :

Puis le mardi 3 novembre 2020, nous revenions étayer notre propos et tenter d’éclairer le contexte.

Ce jour-là nous nous proposions de revenir sur le sujet.

Ce « retour sur une mascarade » est donc notre promesse tenue.

Ce clip « la mascarade » est une production d’un collectif de parents de la région lyonnaise, insérée sur la plate-forme collaborative  « colibri-wiki ».

Vous le trouverez toujours en ligne ici :

Nous avons insisté sur le fait que rien ne nous permet d’affirmer que le mouvement Colibris en tant que tel soit clairement impliqué dans cette action, même si cette publication figure sur un de ses supports…

Nous ne regrettons pas notre prudence : toutes les pages de ce dossier comportent désormais le bandeau suivant :

 


DONT ACTE.

Sommes- nous par nos billets qui ont été très lus, peu ou prou à l'origine de cette mise au point?

Nous n'en savons certes rien.

Toutefois, ledit dossier est bel et bien toujours hébergé sur la plate-forme collaborative du mouvement Colibris.

Nous avions quand même considéré que la mouvance des Colibris manifestait une certaine porosité, une certaine complaisance peut-être, à l’égard du courant de résistance aux mesures sanitaires.

Deux groupes locaux de Colibris avaient relayé le clip en l'approuvant chaudement.

Nous ne pouvons que confirmer les raisons de notre vigilance: il nous a été donné d’examiner la page Facebook du groupe Colibris de Montpellier et ses alentours. 

En date du 17 mars dernier, un post Facebook montre une foule de personnes, certaines masquées, d’autres non, agglutinées.

Le titre : « nous on veut continuer à danser en corps... »

Nous ne savons pas qui a été à l'initiative de ce rassemblement. Seule certitude : le groupe local l'a relayé.

À la même date, une chorégraphie, sous le titre « la Corona », débute par les paroles suivantes : 

« C’est pas ce Covid qui maintenant va nous faire flipper ».

Et le 25 février, le groupe Colibris de la région de Montpellier un passage du collectif masques blancs, sur fond sonore de déclarations hostiles tant aux vaccins qu’à toutes précautions sanitaires.

Nous pouvons confirmer que le mouvement Colibris n’est pas engagé en tant que tel dans cette action. Toutefois, ces groupes locaux peuvent dévoiler leur sensibilité à cette action militante et leur souci de s'en faire les propagandistes.

Nous nous efforçons, comme toujours, de garder la juste mesure des choses et de viser à fournir des informations aussi exactes et nuancées que possible.

Et parce qu’elle nous semble encore une fois d’actualité, nous reprenons notre conclusion du 03 novembre : si formellement, ni l’association Colibris, ni la mouvance steinerienne en elle-même, ne peuvent être taxés de réticence militante aux directives des autorités sanitaires, il nous semble fondé de s’interroger sur l’existence possible d’une certaine porosité aux thèses anti-directives sanitaires.

Ainsi leur accueil sur une plateforme Colibris relève-t-il d’une très, très grande ouverture d’esprit ou d’une plasticité torsadée?

Nous restons encore une fois avec cette interrogation sans à-priori et invitons nos lecteurs à s’interroger avec nous.

Nous y reviendrons. Très probablement.








 

mardi 18 août 2020

UN MESSAGE DE NOTRE AMI JEAN PIERRE CAMBIER , NOTRE REPONSE;

Nous avons reçu de JEAN PIERRE CAMBIER, le rédacteur du blog la biodynamie au risque de l'anthroposophie, le message que nous reproduisons avec notre réponse qui nous permettra de revenir sur nos fondamentaux! merci de nous avoir interpellés!


 
Le "conventionnement" de cette école anthroposophique devrait alerter tous les laïcs républicains sur la puissance de l'infiltration de ce mouvement ésotérique dans nos sphères dites "responsables". Pourquoi pas un grand mouvement unitaire laïc pour dénoncer une telle infiltration ?

Notre réponse

Merci cher ami de votre message qui nous donne l’occasion de revenir sur ce qui fait la charpente de notre action militante.

Dans la vigilance à l’endroit des les dérives sectaires, nous avons toujours privilégié le rassemblement avec toutes  les associations, organisations syndicales  et notamment celles  dont la raison d’être est à la défense de la laïcité.

Lorsqu’il s’est agi de défendre la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, nous avons travaillé avec plusieurs mouvements de défense de la laïcité. 

Notre objectif : la défense de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, et partant de cela la lutte contre tous les abus et les emprises organisées.

Ainsi nous ne luttons  pas contre une quelconque doctrine particulière, si aberrante qu’elle puisse paraître. S’il nous arrive de la discuter c’est dans la mesure où ses méthodes nous paraissent remettre en cause l’ordre républicain, ou la liberté de conscience.

Sur le problème que vous  soulevé, nous vous renvoyons à ce que nous avons écrit sur l’éducation selon Steiner ou sur la triarticulation  sociale.

Nous ne saurions nous focaliser, ni demander à des mouvements laïques  de se focaliser, sur une mouvance. C’est un principe que nous défendons, la liberté de conscience, et adopter la posture d’une lutte contre un courant d’idées précis nous ferait faillir à notre conception de la laïcité.

On peut légitimement s’interroger sur les raisons de la reconnaissance d'utilité publique de la fondation pour l’école, sur les  financements  indirects reçus par espérance banlieue.

Il existe également tout un réseau d’écoles  qui relève de la mouvance évangélique. Et l’expansion rapide des écoles démocratiques nous interpelle également.  Nous avons également écrit sur les écoles relevant des acteurs colibri.

Nous essayons toujours, derrière nos interrogations sur les doctrines, et surtout  sur les méthodes, de respecter les hommes et les femmes qui en font la promotion.

Voilà en quoi nous, qui sommes des défenseurs de l’école publique, appelons les militants et les associations laïques  à nous soutenir. Avons-nous bien répondu à votre question ?

Merci encore et très amicalement