lundi 18 janvier 2021

Les écoles démocratiques, notre enquête, nos résultats provisoires

Les écoles démocratiques constituent l’un des réseaux d’établissements privés hors contrat qui cherchent à fournir une alternative à l’éducation nationale. Leurs principes sont clairs : l’enfant n’apprend jamais  mieux que quand il le souhaite et suivant la manière qu’il veut. Il n’y a pas d’inégalités entre adultes et enfants, parfois il est question, non pas d’élèves, mais de citoyens.  Les enseignants ne sont pas nommés comme tels, ce sont des « facilitateurs », et ces principes ne sont pas sans conséquences sur le fonctionnement quotidien de ces écoles.

Nous avons eu accès à trois séries de rapports d’inspection. Suivant la règle que nous nous sommes déjà fixée, nous ne reproduirons littéralement aucune phrase de ces documents administratifs, et nous ne précisons pas de quels établissements il s’agit.  Nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer cette intention, mais cela va toujours mieux en le disant : nous ne souhaitons pas compliquer la tâche des personnels d’inspection.

Quelles conséquences ? Tout d’abord,  ces écoles sont régies par des décisions collégiales où enfants et adultes disposent de la même voix. Dans un de ces documents, est décrite la tenue d’une instance disciplinaire lors de laquelle les enfants sont majoritaires, l’élève sanctionné ne comprenant pas ce qui pourrait lui être reproché. Il n’y a pas de cours, pas de programme précis, les facilitateurs restent à la disposition des enfants quand ils le souhaitent. Ainsi sont parfois décrites des scènes étonnantes : des élèves jouant aux policiers avec des armes factices, d’autres montant sur les tables, ou jouant avec un téléphone portable, dans un environnement au niveau sonore élevé, ou encore dans un autre cas des enfants groupés dans une salle multimédia et maniant tablettes et portables. Les inspecteurs ont eu du mal à trouver des traces écrites des travaux d’élèves. Un inspecteur dans son rapport rappelle un élément du socle commun de connaissances : « l’élève sait se constituer des outils personnels grâce a ses écrits de travail, y compris le numérique : notamment prise de notes, brouillon, fiches, lexique, nomenclature, carte mentale, plan, croquis, dont il peut se servir pour s’entraîner, réviser, mémoriser… ». Et un autre inspecteur cite l’article 131–12 du code de l’éducation, qu’il semble utile de rappeler : «  L’acquisition des connaissances et compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de compétences et de culture et doit avoir pour objet d’amener l’enfant, à l’issue de la période de l’instruction obligatoire, à la maîtrise de l’ensemble des exigences du socle commun. La progression retenue doit être compatible avec l’âge de l’enfant et son état de santé, tout en tenant compte des choix éducatifs effectués et de l’organisation pédagogique propre à chaque établissement ».

Pour l’une des trois écoles inspectées, le bilan est varié, et nous entendons rester impartiaux. !  Un premier rapport, décrit des élèves désoeuvrés qui s’occupent comme ils peuvent. En revanche, un deuxième rapport, plus récent, s’avère plus nuancé. Il décrit une vie démocratique  intense au sein de l’école, le souci d’une relation de respect des enfants en vue de son plein épanouissement.  Il est relevé également un cadre chaleureux. L’objectif de l’école serait d’accueillir des jeunes en rupture avec l’école traditionnelle en vue de les aider à se reconstruire et retrouver l’estime. Mais le fonctionnaire d’inspection relève également l’absence de toute planification des acquis, et recommande de ne pas s’en tenir  à la disponibilité des facilitateurs.  Telle quelle, l’organisation de l’école ne permettrait pas une constance des efforts d’apprentissage..  Et l’inspecteur d’estimer compatible le fonctionnement de cette école avec les valeurs de la République. Nous n’avons pas voulu bien entendu ne disposer que d’un seul document, nous disposons de trois séries de rapports  et nous nous sommes efforcés en les synthétisant de rester aussi objectifs que possible.

Nous avons déjà noté la proximité des Colibris avec la mouvance steinerienne, qui comprend le réseau des écoles Waldorf dont certaines (peut-être toutes mais nous ne l’avons pas établi) sont « acteurs colibri ». Il en est de même du réseau distinct des écoles démocratiques dont nombre d’entre elles figurent sur la carte des acteurs colibris. Ci-dessous une citation d’un entretien avec le fondateur de l’école dynamique de Paris, qui fondera par la suite le village démocratique de Pourgues dans l’Ariège ayant fait l’objet d’un de nos récents billets :

L’École Dynamique de Paris a ouvert ses portes en septembre 2015. Inspirée de la pédagogie Sudbury, cette école abolit les notions de réussite ou d’échec, donne à ses "membres" une autonomie sur leur devenir, et replace la motivation au cœur de l’apprenti (…)

Comment fais-tu ta part en tant que Colibris ? « Ma part, je suis en train de l’apporter clairement en tant que créateur de cadres permettant l’épanouissement individuel, et en tant que créateur de l’École Dynamique. J’espère que ça pourra inspirer d’autres petits colibris ! C’est déjà en train de se passer : il y a une quinzaine d’écoles similaires à la nôtre qui sont en train de se créer en France.(…) D’où l’idée d'un écovillage, autonome et intergénérationnel, que je suis en train de créer avec un groupe en Ariège… »

Comme souvent nous laissons nos lecteurs se forger leurs propres conclusions provisoires.

 

jeudi 14 janvier 2021

La place et les idées politiques des néocharismatiques-pentecôtistes aux Etats Unis

une analyse universitaire proposée par le SoDRUS

groupe Société droit et religions de l'Université de Sherbrooke au Canada

mardi 5 janvier 2021

L'instruction en famille (suite)



L'INSTRUCTION EN FAMILLE:

Pour faciliter la compréhension de nos lecteurs, nous précisons un peu les contours juridiques de l’instruction en famille. Que les juristes qui n'en ignorent rien veuillent bien nous excuser.
 
À l’occasion d’une procédure devant le Conseil constitutionnel, les Sages peuvent ériger une loi ou une notion en principe fondamental reconnu par les lois de la république, qui acquiert dès lors une valeur constitutionnelle et ne peut recevoir de modification par voie législative. C’est le cas de principes tels la dignité humaine, la liberté de l’enseignement, la liberté d’association, la liberté  des professeurs d’université. D’après l’auteure du blog, les craintes gouvernementales seraient que le Conseil constitutionnel érige la liberté d’instruire en famille en principe à valeur constitutionnelle.

 
De la même façon, Madame Letteron, qui enseigne le droit à l'Université, cite deux arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme.
 
Cette juridiction est placée sous l'égide du Conseil de l’Europe. Après-guerre, aucun traité contraignant n’avait été signé en application de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Aussi les États européens ont-ils élaboré leur propre traité.
 
Quelques articles reprennent, parfois en suivant de très près des dispositions de la Déclaration universelle, en apportant des limitations. pour certains articles.
La plupart des articles était consacrée à la procédure devant la Cour européenne des droits de l’homme...
 
Dans les faits, les traditions juridiques des États membres étaient fort diverses. Aussi le traité européen n'a retenu que des grands principes dans lesquels tous les Etats, au-delà de cette diversité des traditions, pouvaient se reconnaître. Et la Cour européenne a toujours reconnu, en respectant l’histoire de chaque État membre, une marge d’appréciation .
 
C’est ainsi qu’elle n’a pas condamné la Grande-Bretagne pour son acceptation de l’instruction en famille,  Elle n’a pas non plus condamné la République fédérale allemande qui, saisi par un couple d’évangéliques qui souhaitait retirer ses enfants de l’école, s'était vu refuser ce droit. En Allemagne, les enfants sont tenus de fréquenter une école publique ou privée agréée par l’État.
 
Les liens vers ces arrêts se trouvent inclus dans l’article du blog de Madame Letteron, nous donnons ici le résumé de l’article de l’arrêt concernant la république fédérale allemande. Autoriser ou interdire l'instruction hors de l'école, ce choix ne relève donc pas de la jurisprudence de la Cour. Les deux alternatives peuvent être mises en oeuvre dans le respect des droits de l'Homme tels que la jurisprudence de la Cour européenne les conçoit.

Voici le cadre juridique et des éléments de réflexion, en revanche, s'il appartiendra à l’exécutif et aux juridictions françaises d’apprécier la légalité d’une limitation de l’instruction en famille, nous pouvons, en reconnaissant aux partisans de la déscolarisation la liberté d'expression, pouvoir nous exprimer nous aussi en affirmant notre préférence pour une école publique  qui éduque au respect de l’autre, et qui, surtout, permet à des enfants issus de milieux sociaux philosophiques et politiques dissemblables, de se connaître et de s’apprécier au-delà des différences. 

Nous ressentons l'action du groupe de pressions en  faveur de l'instruction à domicile comme un pierre dans le jardin des laïques: pour preuves cette vidéo de T.CASASNOVAS: les personnes interrogées (descolarisation.orgune heure exactement après le début de la conversation, émettent le souhait que l'expansion de cette pratique mène à la fermeture d'écoles! 
 
 
 

ANNEXES

Voici donc le texte du résumé de l'arrêt de la Cour européenne tel qu'il figure sur son site:

Les parents requérants, qui font partie d’une communauté chrétienne, refusent que leurs enfants fréquentent quelque établissement que ce soit (privé ou public) à cause des cours d’éducation sexuelle, de l’étude de contes de fées en classe et de la violence physique et psychologique croissante entre élèves. Ils éduquent leurs enfants chez eux en se basant sur le programme d’une institution spécialisée qui aide les parents chrétiens dans cette tâche mais qui n’est pas reconnue par l’État comme une école privée. Ils déposèrent au nom de leurs enfants une demande de dispense pour motifs religieux de la scolarité obligatoire à l’école primaire. L’inspection académique rejeta la demande et ce refus fut confirmé par les tribunaux allemands, qui motivèrent leurs décisions comme suit. Du fait de leur jeune âge, les enfants des requérants étaient incapables de mesurer les conséquences liées au choix de leurs parents de leur faire suivre une éducation à domicile, et ils ne pouvaient guère se déterminer de façon autonome en la matière. Même si la Loi fondamentale autorisait les parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions philosophiques ou religieuses, ce droit n’était pas exclusif : il était placé sur un pied d’égalité avec l’obligation constitutionnelle pour l’État de prodiguer une instruction. Cette obligation visait non seulement à ce que les enfants acquièrent un savoir, mais aussi à ce qu’ils deviennent des citoyens responsables jouant leur rôle dans une société démocratique et pluraliste. Seuls des contacts réguliers avec la société permettaient d’acquérir les compétences sociales nécessaires pour communiquer avec des personnes ayant des points de vue différents et pour affirmer une opinion autre que celle de la majorité. Cet objectif pouvait être atteint de manière plus efficace par la scolarité, dans le cadre de laquelle des enfants côtoient quotidiennement d’autres enfants, que par l’éducation à domicile. L’intérêt général de la collectivité étant d’intégrer les minorités et de prévenir l’émergence de sociétés parallèles, l’ingérence litigieuse dans l’exercice par les requérants de leurs droits fondamentaux devait être jugée proportionnée et raisonnable, car les intéressés avaient toujours la possibilité d’éduquer leurs enfants avant et après l’école ainsi que pendant le week-end. Les requérants étaient également libres d’inscrire leurs enfants dans une école religieuse. De plus, du fait de l’obligation de neutralité religieuse à laquelle étaient soumis les établissements scolaires, les enfants des requérants ne risquaient pas d’être endoctrinés contre leur gré ni d’être influencés par des superstitions. Quant à la question de la violence, les requérants ne prétendaient pas que les autorités scolaires restaient en défaut de prendre les mesures nécessaires pour prévenir les mauvais traitements entre élèves.

La Cour rappelle que des parents ne peuvent invoquer leurs convictions pour refuser à un enfant le droit à l’instruction. La nature même de ce droit exige une réglementation de la part de l’État, qui dispose d’une certaine marge d’appréciation pour fixer et interpréter les règles régissant son système éducatif. Il apparaît qu’il n’existe pas de consensus entre les États contractants quant aux mérites respectifs de l’éducation à domicile et de la scolarité obligatoire dans le primaire. Les juridictions allemandes ont considéré que la première n’est pas aussi efficace que la seconde pour atteindre les objectifs d’intégration dans la société et d’acquisition de compétences sociales. Cette conclusion relève de la marge d’appréciation dont jouissent les États en la matière et est compatible avec la jurisprudence de la Cour qui souligne l’importance du pluralisme pour la démocratie. En outre, le droit pour les parents de donner à leurs enfants une instruction conforme à leurs convictions religieuses n’a pas fait l’objet d’une restriction disproportionnée : manifestement mal fondée.



Maintenant un extrait du rapport OBIN rédigé par des inspecteurs généraux de l'Education nationale en 2004:


La plupart des cas de déscolarisation n’ont pas de motif religieux. C’est le handicap, la maladie, le « décrochage », la délinquance ou la marginalité qui les motivent. Cependant nous avons rencontré, dans certains départements visités, quelques petits groupes religieux refusant de scolariser les enfants. Ainsi, aux confins sud-est du Massif Central, un groupe protestant, les ravinistes, ne scolarise les enfants dans le primaire qu’à plusieurs conditions : refus de l’enseignement de l’évolution des espèces, du cinéma, de l’éducation sexuelle, de l’informatique et des cours le samedi. Ces enfants sont déscolarisés en fin de CM2 et confiés à un organisme d’enseignement à distance créé par les adeptes. Plus au nord, des deux côtés de la Saône, un groupe catholique, pratiquant son culte clandestinement et connu sous l’appellation « les Blancs », héritier de l’Eglise réfractaire de la Révolution, ne scolarise pas non plus ses enfants. Enfin, dans la banlieue d’une grande ville de la vallée du Rhône, des familles musulmanes regroupées autour d’un imam refusent également l’école. Par ailleurs, dans un très petit nombre de cas, des élèves filles ont choisi de démissionner de leur établissement à la suite d’un conflit portant sur le voile ou la tenue islamique qu’elles portaient. La plupart n’étaient plus soumises à l’obligation scolaire.




mercredi 16 décembre 2020

mardi 15 décembre 2020

Écoles démocratiques, instruction en famille : les causes du mouvement colibri.


Écoles démocratiques, instruction en famille : les causes du mouvement colibri.

Nous avions attiré l’attention de nos lecteurs il y a peu de temps sur une vidéo : un collectif de parents dans la région lyonnaise utilisait des enfants dans un clip à visée militante (ci-dessous billets du 26 octobre et du 03 novembre). L’objectif de ce clip était d'appeler à refuser les mesures sanitaires : distanciation physique et port du masque. Nous avions insisté également sur la proximité  de ce collectif de parents avec les colibris qui toutefois n'endossaient pas la responsabilité du contenu. Certains groupes de colibris relayaient cette vidéo et donnaient également le lien vers un dossier hébergé par une plate-forme gérée par l’association colibris : colibris-wiki.org

En revanche, depuis l’annonce par le Président de la République de sa volonté d’interdire l’instruction en famille (hors raison de santé) pour contrer le séparatisme islamique, le mouvement colibris en tant que tel s’est engagé explicitement dans des actions de défense de ce mode de transmission des savoirs. 

Une pétition figure, en date du 2 décembre, sur la page facebook de l'association; elle est relayée par le journalKaizen, dirigé par Cyril Dion. Cette pétition regroupe divers courants : la fondation pour l’école, dont nous avons déjà traité dans un très récent billet, les colibris, la fondatrice du Printemps de l'éducation ainsi que Monsieur Farhangi.

Ce dernier a créé l'école dynamique à Paris; il est lui-même un fervent défenseur des  Écoles démocratiques qui permettent, pour faire court mais à notre avis sans déformer, aux enfants d'apprendre ce qu'ils veulent quand ils en ont envie. Nous aurons certainement l’occasion de revenir sur ce courant de manière plus approfondie. Depuis, il a créé dans l’Ariège un « village démocratique » conçu suivant les mêmes principes que les écoles du même nom et affilié à EUDEC, qui regroupe les écoles démocratiques en France : chacun fait ce qu’il veut suivant ses appétences.

« Depuis 2017, je me suis installé en Ariège avec ma famille et un autre co-fondateur de l’école dynamique. Avec l’éco-village de Pourgues, nous avons voulu aller au-delà de l’école et créer une communauté de vie et de travail, inspirée des écoles démocratiques. L’éco-village fonctionne selon le concept où chacun se met au contact de son élan de vie, de sa source, de ce qu’il a vraiment envie de faire, de son appétence première. L’équilibre économique, l’éducation des enfants, tout est finalement la résultante de ce respect profond de l’individu. Nous avons confiance et foi dans la personne humaine comme fondamentalement capable de s’occuper de ses propres affaires. 

Nous avons laissé le choix à nos enfants pour l’école. Certains avaient déjà été scolarisés et ne souhaitaient pas revivre l’expérience, d’autres y sont retournés.En fait, nous n’avons pas d’idéologie anti-école, mais nous cherchons à respecter la personne humaine, adulte comme enfant, qui fait ses propres choix de vie. L’année dernière, tous les enfants ont choisi d’essayer l’école. Une enfant a trouvé l’école ultra violente et a voulu arrêter tout de suite. Un autre voulait juste se faire des copains, mais n’a pas trop aimé l’ambiance et est juste resté deux semaines. Les trois autres ont plutôt apprécié. Il y en a un qui est resté presque cinq mois et les autres jusqu’au confinement. Après le confinement, aucun n’a voulu y retourner. »

Ce village démocratique de Pourgues est lui-même affilié aux colibris: même vidéo, 4'35''

Nulle illégalité dans ce combat d'idées parfaitement non-violent contre l’école publique.

Les colibris sont une composante du printemps de l’éducation, qui prône l'éducation alternative avec la participation, hélas, d’une  association de coopératives de l’enseignement public. Nous ne doutons pas de la sincérité de ceux qui mènent cette campagne. Mais nous ne saurions l'approuver: si l’école publique est imparfaite comme toutes les institutions humaines, si nous ne pouvons légitimement penser (mais ce n’est pas l’objectif statutaire de notre association) qu’elle reste à améliorer, elle est pour nous  un creuset qui permet à des enfants de classes sociales diverses, d'opinions philosophiques, religieuses, d’origines différentes, de se côtoyer  et d’apprendre la tolérance mutuelle. Elle est à améliorer et à défendre, pas à détruire.

Précisons également que nous ne disposons pas des outils nécessaires pour évaluer la place de l’intégrisme musulman dans l’instruction en famille.

Si nous respectons les défenseurs de l’instruction en famille, qui sont les mêmes ici que ceux des écoles hors contrat ou alternatives, nous exprimons haut et fort notre désaccord et notre défense de l’école publique et laïque.

A nos yeux,  les colibris ne présentent pas un fonctionnement sectaire, nous imaginons plutôt des groupes de réflexion. Mais nous déplorons qu'ils fassent activement la promotion d'îlots en marge de la société, refusant l'éducation nationale, les consignes sanitaires. En revanche, ils peuvent vanter des communautés qui vivent soi-disant en marge ... mais dont des membres vivent du RSA (même vidéo 12'30'') voire de rentes immobilières.

Enfin pour en finir sur une écoute de sémantique aigre-douce, soyons attentifs dans le chapitrage de la vidéo ci-dessus, à l’item minuté 13 :20 qui mentionne : « Mutualisation des enfants » … 

Où le vocabulaire du management ne va-t-il pas se répandre !


Sourions.


Á bientôt.


vendredi 11 décembre 2020

Réaction d'un parti politique d'outre Quiévrain à l'émission de la RTBF dont nous avons rendu compte le 15 septembre 2020; DéFI demande la plus grande prudence vis-à-vis des écoles Steiner

Nous partageons ici la réaction d'un parti politique belge faisant suite à une émission de la RTBF dont nous avons rendu compte le 15 septembre dernier. 

Bien entendu, ce partage n'implique pas de jugement de valeur sur un parti politique dont l'ensemble de l'action est extérieur à notre objet statutaire.

samedi 28 novembre 2020

LE CONSEIL REGIONAL PAYS DE LA LOIRE SUBVENTIONNE DEUX ECOLES ESPERANCE BANLIEUE : REACTIONS DU COMITE NATIONAL D'ACTION LAÏQUE ET DE LA F.C.P.E.

 

Le Conseil Régional des Pays de la Loire a récemment accordé une subvention de 50 000€ à deux écoles hors-contrat Espérance-Banlieues situées à Angers et au Mans. La présidente de Région a justifié ce financement par la lutte contre le décrochage des jeunes des quartiers sensibles dès le plus jeune âge, et les remettre sur le chemin de la réussite. Si ce sont les véritables raisons de cette subvention, alors on ne voit pas pourquoi la région n’aiderait de manière équivalente les écoles et établissements publics.

En effet, cette subvention mirobolante concerne deux écoles hors-contrat accueillant au total seulement 45 élèves, âgés de 6 à 11 ans. Cela permet de s’interroger sur la réalité de l’argument de lutte contre le décrochage, sauf à penser que les enfants issus de milieux urbains sensibles y soient prédestinés ?

Le caractère légal de cette subvention reste donc à démontrer. La Région n’est pas compétente pour l’enseignement du premier degré et, de toute façon, le financement sur fonds publics des écoles hors contrat n’est pas permis par la loi.

Le réseau Espérance-Banlieues, issu des courants catholiques traditionnalistes, se caractérise d’une part par des projets pédagogiques basés sur des conceptions conservatrices et rétrogrades de l’éducation : salut au drapeau, port de l’uniforme, rudiments scolaires habillés en apprentissage des fondamentaux… et d’autre part, avec une chasse active aux financements publics, souvent extravagants. En outre, le niveau très moyen des élèves qui sortent de ces écoles peut légitimement interroger sur l’utilité de ces subventions.

Malgré cela, des écoles de ce réseau ont fermé leurs portes comme à Montfermeil, ou déménagé dans des locaux appartenant à une association catholique comme à Reims, par manque d’argent et surtout d’élèves. Dans ces deux cas, l’argent public a été dilapidé pour rien. La même précarité existe pour les écoles du Mans et d’Angers, puisque la subvention régionale représente 38% des ressources.

Pour le CNAL, une autre raison de ces subventionnements est dictée par le calendrier électoral, et la volonté de donner un signal aux organisations religieuses qui gravitent autour de ces écoles. On peut regretter que des élus ne prennent pas à bras le corps l’urgence de réunir la jeunesse dans l’environnement scolaire et périscolaire laïque, et participent au contraire à sa séparation. Pire, cela instille dans l’opinion l’idée que les religions ne sont pas toutes traitées à égalité, et nourrit un sentiment de « deux poids, deux mesures ».

Les organisations constitutives du CNAL réaffirment que les pouvoirs publics doivent réserver leurs financement à l’enseignement public, qui seul peut réunir les enfants et adolescents, quels que soient le rang social, les croyances et l’origine de leurs parents, pour leur faire partager la joie d’apprendre dans la différence, abrités et inspirés par le principe de laïcité.






 Angers. La FCPE régionale s’insurge contre la subvention à l’école Espérance Banlieue

lundi 23 novembre 2020

RETOUR SUR L'ENSEIGNEMENT HORS CONTRAT: une enquête de BASTA MAG sur la fondation pour l'école, un article de RUE 89 BORDEAUX sur un établissement




Nos lecteurs ont dû s’en apercevoir, nous nous efforçons de travailler avec une éthique : nous avons maintes fois signalé que nous nous efforcions de respecter ceux dont nous contestions les méthodes. De la même façon, notre action tourne autour de la recherche et de la réflexion . Contrairement à la presse qui est là pour ce faire, nous n’investiguons pas.

Nos recherches reposent sur des documents publics, voire sur des documents administratifs . Nous obtenons ces derniers dans le cadre de procédures  fixées par la loi.
 
En revanche, il nous a été signalé que des investigations récentes prolongeaient et surtout permettaient  de répondre à des points que nos recherches n’avaient pas permis d’élucider. Le sujet : l’enseignement hors contrat et la fondation pour l’école.

Rappelons à nos lecteurs que cette  fondation avait  bénéficié , non de fonds publics, mais d’un rescrit fiscal qui permettait aux donateurs de récupérer 66 % ou 75 % de leurs dons sur le montant de leurs impôts sur le revenu ou sur la fortune.  Ces dons permettaient  à la fondation de subventionner des établissements scolaires hors contrat qui ne pouvaient bénéficier de dotations publiques  de l’État. Nous avions sollicité le ministère de l’intérieur afin de savoir quels établissements étaient ainsi subventionnés en bonne partie grâce a des déductions fiscales accordée à des donateurs, il nous avait été répondu à deux reprises par des ministres aux sensibilités politiques différentes que la fondation n’était pas tenue  de divulguer cette liste. Nous en tenant aux textes applicables, nous ne sommes pas allés  plus loin.
 
 




 
 
Mais deux articles de presse dont nous donnons le lien répondent en bonne partie à notre questionnement. Le lien nous a été fourni par une main amie qui se reconnaîtra, nous n'étions pas informés de la parution prochaine de ce dossier.

De la même façon, il est relativement rare que nous nous servions de témoignages, à moins que nous en disposions en nombre conséquent , et concordants.  

Rue 89 Bordeaux relate une enquête sur un établissement hors contrat. Nous en donnons le lien, tout en précisant que l’article est payant.

Notre objectif n’est pas la lutte contre une idéologie quelconque, mais seulement la défense du droit de tout enfant à une éducation propre à lui permettre d’exercer son esprit critique et à être un citoyen responsable. Conformément à notre  modus operandi, nous laissons nos lecteurs se forger leur opinion sur la conformité de l’enseignement ici décrit aux objectifs que nous nous assignons.
 
De la même façon, nous l’avons déjà précisé à propos d’autres mouvances, nous ne souhaitons pas nous focaliser sur l’une ou l'autre d’entre elles. Le monde de l'enseignement hors contrat est très divers et nous sommes loin d'en avoir fait le tour; nous souhaitons être là dès lors que la liberté de penser, la laïcité sont menacées.

Comme à l'accoutumée nous ne nous étendons pas, chers lecteurs, et nous vous laissons élaborer vos propres conclusions.

mardi 3 novembre 2020

Au sujet de notre billet du 26 octobre 2020 - la Mascarade : voici notre après-coup.





Nous avions annoncé à nos lecteurs que nous reviendrions sur le récent billet consultable ci-dessous en date du 26 octobre.

Voici alors le second temps. C’est le temps de la réflexion, du partage de nos interrogations, et des mises au point.

Ce billet sur un groupe de parents de la région lyonnaise qui avait réalisé un clip joué par des enfants majoritairement et qui se terminait  par une vue de tous ces personnages jetant à terre  leurs masques destinés à une poubelle a été très lu, et très reproduit sur les réseaux sociaux.

Nous nous étions efforcés, comme habituellement, de susciter la réflexion du lecteur plutôt que d’agresser en mots. Nous citions et nous restions sur du factuel. Nul jugement, nul qualificatif de notre part mais un partage d’interrogations sur cette vidéo qui nous avait interpellés.

Fidèles à notre souci d’exactitude, nous avons quelques heures à peine après la mise en ligne, rajouté le lien qui précisait quelle était la nature exacte du rapport de ce collectif de parents avec le mouvement colibris.

Ce groupe de parents, sur lequel nous n’avons trouvé aucune  information, a publié sur une plate-forme que le mouvement colibris met à disposition de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs.

Cette plateforme, « La Ferme à Wiki », précise bien ici : https://colibris-wiki.org/?CestQuoi

« Colibris n'est en rien responsable des contenus postés dans les wikis créés sur ce site. L'association se permettra de supprimer des contenus voire des wikis qui lui paraîtront inappropriés. »

Puisqu’elle y a perduré, cette vidéo n’a donc pas paru inappropriée à l’association Colibris. Ce qui a priori ne signifie pas que l’ensemble de cette association cautionne les refus de contraintes sanitaires.

A voir, à suivre…

Ce groupe de parents rhodaniens renvoie également à Silvano Trotta, que nous avions évoqué lors de l'émission youtube avec Crèvecœur, Tal Schaller et Casasnovas, et à son association bon sens.

A noter que le groupe colibri d'Orléans, via sa page Facebook, promeut avec vigueur ce collectif de parents lyonnais dans des termes sans équivoque : bravo et merci

Le groupe colibri de Toulouse reprend également le même clip avec un commentaire dénué de toute ambiguïté : face à cette folie délirante, s’unir, agir, vivre.

Sur d’autres pages Facebook géré par des groupes colibris, il n’était pas fait mention de ce collectif de parents ni du clip.

Notre conclusion: nous n’irons pas affirmer que l'association colibris est engagée en tant que telle dans ce refus des mesures sanitaires, mais nous ne pouvons que constater qu'il  lui a quand même rendu service en l'hébergeant sur sa plate forme et que parmi les groupes colibri, l'appel rencontre un certain écho qu’il est toutefois difficile de mesurer avec exactitude.

Devons-nous faire d’autres évocations ?

Une personnalité importante du mouvement anthroposophique, qui dirige une structure conforme aux enseignements de Steiner, a publié sur sa page Facebook une affiche au contenu très  comparable, celle d’un collectif de parents  opposé aux précautions sanitaires. Il y ajoute la photographie d’une affiche instituant le couvre feu… du temps de l’occupation allemande .

Un étudiant qui se réclame de la doctrine de Steiner prône quant à lui la désobéissance civile et le refus du port du masque, de l’interdiction des regroupements, assimilés d’après ses dires, à un délire. À cet appel à la « désobéissance civile », il  joint une recommandation de ne pas payer les amendes.

Une troisième personne, qui défend la mouvance steinerienne, membre ou sympathisant des institutions anthroposophes, reproduit également cette affiche placardée... en 1944.

Nous ne mentionnons pas ici pas les identités des personnes physiques: car si nous réfutons vigoureusement un contenu et un mode d'action, en toutes circonstances nous respectons les personnes et nous nous interdisons toute attaque ad hominem.

Nous remarquons par ailleurs que sur la crise sanitaire en cours le site du Goetheanum fournit un avis inspiré de la médecine Steinerienne , Nous notons que la page en question ne comporte pas d’appel à la désobéissance. 

 "Mais pourquoi les virus liés au monde animal deviennent-ils dangereux pour l’homme ? Nous faisons actuellement subir aux animaux d’indicibles souffrances : les abattages massifs, les expériences menées sur les animaux de laboratoire, entre autres, engendrent des douleurs auxquelles est livré sans défense le monde animal. Cette souffrance peut-elle avoir des conséquences qui modifient les virus indigènes de l’organisme animal ? Nous avons l’habitude de ne prendre en considération que le plan corporel et de le voir en général séparé du plan de l’âme".

Nous ne pouvons pas affirmer que l’ensemble du mouvement anthroposophique   appellerait es-qualité à une action de désobéissance face aux contraintes sanitaires. 

Aether news traite également du coronavirus sans préconiser la désobéissance mais promeut les préceptes anthroposophiques à partir de l'exemple d'une clinique:   

« La médecine conventionnelle continue majoritairement à se laisser guider par la pathogenèse : c’est ce qui nous rend malades, donc le virus, qui doit être anéanti. Dans la perspective salutogénique, ce dont il s’agit, c’est de développer l’immunité en face de la maladie. Nous devrions passer du concept pathogénique au concept salutogénique. Dans cette perspective familière à la médecine anthroposophique, il est bon que les personnes plus jeunes soient contaminées les premières, pour construire une immunité collective et à terme, protéger les personnes plus âgées. Les arguments avancés dans de nombreux débats sur la vaccination sont la clé, ici aussi. »

Alors nous nous interrogeons.

Si formellement, ni l’association Colibris, ni la mouvance steinerienne en elle-même, ne peuvent être taxés de réticence militante aux directives des autorités sanitaires, il nous semble fondé de s’interroger sur l’existence possible d’une certaine porosité aux thèses anti-directives sanitaires.

Ainsi leur accueil sur une plateforme Colibris relève-t-il d’une très, très grande ouverture d’esprit ou d’une plasticité torsadée ?

Nous restons pour aujourd’hui avec cette interrogation sans à-priori et invitons nos lecteurs à s’interroger avec nous.

Nous y reviendrons.