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lundi 5 mai 2025

Colibris : à Luchon, Haute-Garonne, un réseau très organisé qui a des projets.

 




Un lecteur du présent blog, en sympathie avec notre association, nous a informés récemment de l'existence d'un réseau autour du groupe local des Colibris à Luchon, en Haute-Garonne, au pied des Pyrénées, non loin de la frontière espagnole.

Le groupe parait très actif. Il organise du troc de plants et graines, de vêtements, d'accessoires et de jouets. Il réfléchit à l'avenir de la vallée.

Ce groupe a notamment pour projet de créer un tiers-lieu, et a constitué une association dédiée spécifiquement à cette fin : l’association « Le Cairn » date de création : 14/02/2023.

Objet de l'association : rassembler les personnes autour de la création d'un Tiers-lieu dont les objectifs sont : Créer et favoriser le lien social, le partage et la convivialité entre toutes et tous ; Participer à l'animation socio-culturelle du territoire ; Instaurer de nouvelles solidarités personnelles et professionnelles ; Développer un réseau des acteurs de l'économie locale ; Soutenir les initiatives et s'inscrire dans une démarche d'économie sociale et solidaire ; Promouvoir l'éco-citoyenneté et ?œuvrer à l'émergence d'une société écologique et solidaire ; Agir pour l'intérêt collectif et contribuer à la vie du territoire, en particulier par la création, la gouvernance, la gestion, le développement et l'animation d'un Tiers-lieu

Économie, tiers-lieu, agir, animation socio-culturelle, Développement, éco-citoyenneté, écologique, Emergence, gouvernance, Intérêt collectif, LA CRéation, lien social, Promouvoir, réseau

L'association est domiciliée en mairie de Bagnères-de-Luchon. 

En attendant, elle organise des activités relayées sur sa page Facebook : 

https://www.facebook.com/tierslieulecairnluchon/

D'après le groupe local des Colibris, la maison des jeunes et de la culture de Luchon est également impliquée dans ce projet de tiers-lieu.

https://colibris-groupeslocaux.org/?PresentationDuTiersLieuEnCreationSurLeM

Cette MJC fonctionne grâce à la signature par la mairie d’une « convention pluriannuelle d’objectifs et de moyens avec la MJC et la FRMJC Occitanie ». Ce document contractuel nous est révélé par la délibération du conseil municipal de Luchon en date d'avril 2024.

Cette association « Le Cairn » organise aussi des commandes et distributions de produits bio, et, en liaison avec « Le cocon vivenciel » dont nous reparlerons, des ateliers de portage bébé.

L’association Le cocon vivenciel est très investie dans la promotion de types de liens parentaux, tant entre enfants et parents que dans les fratries.

https://www.facebook.com/LeCocon.31110

Elle organise des ateliers parents-enfants, un lieu d'accueil parents-enfants dont les activités se déroulent à la maison des jeunes et la culture.  Elle a par ailleurs proposé dans la Drôme un stage de process Work, une méthode qui se veut destinée à gérer les conflits, « libérer les énergies bloquées », etc.

Elle propose aussi des activités de Biodanza.

Un lieu d’accueil parents-enfants, géré par la communauté de communes, est de toute évidence partenaire des associations « Le Cairn » et « Le cocon vivenciel ». En effet, les logos de la communauté de communes et de la mutualité sociale agricole apparaissent souvent sur les annonces des manifestations proposées par Le cocon, parfois en liaison avec Le Cairn. Il suffit de se reporter aux pages Facebook du lieu d'accueil parents-enfants ou du cocon pour le vérifier.

Sur sa page Facebook, le groupe local Colibri promeut aussi le Coust éco, un futur éco lieu. Nous extrayons quelques passages de la présentation de ses membres faite sur son site Internet :


Depuis plus de 2 ans, je vis à Montauban-de-Luchon et suis heureuse de découvrir le Comminges et ses habitants au travers des projets dans lesquels je m’investis : L’Habitat Participatif Le Coust ’éco, le tiers-lieu Le Cairn, et la création d’un pôle d’accompagnement à la parentalité.


Je suis engagée dans le milieu associatif de Luchon : professeure de yoga à la MJC de Luchon, trésorière d’une association de parents d’élèves, membre du cercle cœur du groupe local Colibris 31 Luchon et ses vallées et coordinatrice du collectif du tiers-lieu Le Cairn (en création). J’ai choisi d’intégrer le joyeux collectif du Coust ‘éco pour mettre en pratique au quotidien les valeurs d’entraide, de gouvernance partagée, d’ouverture, de partage, d’écocitoyenneté et d’écologie qui m’animent. 


Aujourd’hui, je vis en région parisienne et je vais y finir ma carrière dans quelques années, à la même période où le Coust ‘éco accueillera ses premiers habitants. Un grand saut en perspective ! Je suis également professeur de Biodanza, une pratique dansée qui permet de s’épanouir physiquement, mais aussi affectivement grâce à des propositions de danses qui créent du lien bienveillant et joyeux dans un groupe. Danser Ensemble, cela nous met sur le chemin de Vivre Mieux Ensemble ! Une citation qui me parle : « Que se passerait-il si, au lieu de construire seulement notre vie, nous avions la folie ou la sagesse de la danser ? » Roger Garaudy – « Danser sa vie » (1973)


Les valeurs qui me sont chères : solidarité, coopération, respect. Aujourd’hui, j’ai très envie de véhiculer ces valeurs à travers des projets concrets et écologiques qui ont du sens. Participer à la création d’un habitat participatif, c’est me sentir utile au quotidien, c’est être dans l’action !         « Si chacun de nous fait le peu qu’il peut avec conviction et responsabilité, je vous assure que l’on fera énormément. » Pierre Rabhi


À retrouver ici :

https://ecolieu.cousteco.fr/qui-sommes-nous/


À notre sens, il s'agit d'un réseau très organisé, en lien étroit et affirmé avec les collectivités locales.

Comme nous le faisons habituellement, nous soumettons les faits avérés sur la base des données qui nous ont été fournies, ainsi que de celles que nous avons consultées en complément. À nos lecteurs de se faire une opinion.

Et un grand merci à notre lecteur qui nous a apporté la documentation initiale !

À bientôt.





mardi 7 janvier 2025

Réseau Solaris. Questionnements.


Un de nos adhérents du sud-ouest de la France, nous signale l'activité de Solaris.

Solaris se présente comme un réseau d'entraide, une structure informelle, qui se veut horizontale et qui permet de mettre en contact des compétences diverses afin de créer une toile composée de personnes qui se connaissent au plan local et qui pourraient continuer à s'entraider en cas de catastrophe.

A priori, où se trouve le problème ?

Toutefois, notre attention a été attirée par des documents venus de Suisse romande, où Solaris s'est également implanté.

À l'origine, ce groupe est né dans l'Aude avant de s'étendre à l'étranger.

Le premier document est un reportage de la RTS, la radio-télévision suisse. À partir de la minute 20, des développements sont consacrés à ce réseau.


https://www.rts.ch/play/tv/la-matinale/video/la-matinale-video-presentee-par-valerie-hauert?urn=urn:rts:video:14115667


La journaliste qui a mené l'enquête mentionne un dossier d’information du Centre intercantonal d'information sur les croyances, un organisme helvétique dont le siège se trouve à Genève.

Contacté, le Centre nous a adressé, le rapport évoqué lors de cette émission. Nous l’en remercions vivement.


Nous nous efforçons constamment de fournir à nos lecteurs les sources qui nous permettent de les informer. Le dossier d’information en question est disponible sur demande au Centre intercantonal d'information sur les croyances.

Il peut être demandé sur un formulaire en ligne intégré à la page d'accueil du site du Centre :


https://cic-info.ch/


Attention toutefois : les études produites n'ont pas vocation à être mises en ligne.

Nous nous contentons alors d’en faire uniquement une citation que nous ne commentons pas.


Comme d’habitude nous invitons nos lecteurs à se faire leur opinion personnelle. Nous pensons que les deux liens vers nos sources le leur permettront.

Citation :

« Quant aux structures, le site Lundi Matin soutient que l’horizontalité apparente de Solaris s’inspire de la technique de management « holacratique ». Selon leur enquête, cette méthode utilisée aussi dans les mouvements « Colibri » (inspirés par Pierre Rabhi) et par les mouvements collapsologistes, permet à des formes d’autorités de s’y déployer48. De plus, le Grand Appel de juin 2022 associe ouvertement Solaris à des réseaux comme « Réinfo-Covid, Envie d’un Nôtre Monde, Réseaux de Solidarité Active, l’Archipel du Vivant, L’Autonomie Clé du Futur, ManifestActions Hors de l’Enclos, Enfance et Libertés, Mamans Louve, Papas Loups, L’essor des résistants, Alliance du peuple ». Cet appel réunit ainsi des personnalités très proches de mouvements d’extrême droite, dont plusieurs personnes proches des réseaux d’Alain Soral (Jacob Cohen, Marion Sigaut), et/ou de réseaux complotistes (Pierre Barnerias, Christine Deviers-Joncours, Louis Fouché, Chloé Framery, Hayssam Hoballah), ou encore le négationniste Etienne Chouard »


À bientôt.

vendredi 27 septembre 2024

Écolieux, fabrique de l'avenir ? Notre lecture.

 
« À la rencontre de vies alternatives... Un récit initiatique, remède contre l’éco-anxiété et porteur d’espérance pour la génération Z » ...


Le centre écologique « Terre Vivante », en Isère, vient de publier le livre d'un jeune homme, Théo Hareng :      « Écolieux, la fabrique de l'avenir ».

Après avoir obtenu une licence de biologie, Théo Hareng entreprend un Tour de France de lieux dits alternatifs. Il se déplace en auto-stop, plus écologique à ses yeux, car permettant d'économiser énergie et carburant. Il se nourrit en pratiquant le wwofing (World Wide Opportunities on Organic Farms). 

Ce mode de vie permet de se voir assurer le gîte et le couvert moyennant à peu près cinq heures de travail hebdomadaire, notamment auprès d'agriculteurs. Cette pratique est parfois désignée comme bénéfique aux deux parties. L'une trouvant une main-d'œuvre non salariée, l'autre pouvant ainsi se former aux travaux de la ferme. Le deuxième tome de cet ouvrage est encore à paraître. Le premier décrit un certain nombre de fermes, de communautés, de chantiers participatifs, dans lesquels l'auteur a séjourné.

Théo Hareng se réclame explicitement de la mouvance de Pierre Rabbi et des Colibris. À ce titre, sa lecture est utile. Il est plus constructif à nos yeux de chercher à comprendre la démarche de ceux qui ne pensent pas comme nous que de nous abandonner à toute invective. L’auteur se réfère également aux « Oasis en Tous Lieux » inspirés également par les idées de l'agroécologiste. Il distingue d'ailleurs les « oasis de vie », habités en permanence par deux foyers au minimum, et les « oasis ressources », qui hébergent des activités, mais n'ont pas forcément vocation à accueillir des résidents permanents.

Dans certaines d'entre elles, la gouvernance est partagée et l'autorité ne s'exerce pas de manière verticale. Référence est faite à « l’Université du Nous » de Chambéry.

Théo part donc faire un Tour de France muni d'une faible somme d'argent. On sent la volonté de diminuer autant que possible l'empreinte carbone, et le désir de sobriété. La sincérité de ce jeune homme ne fait aucun doute.

Il mentionne la communauté de l'Arche. Il semble d'ailleurs annoncer que son séjour fera l'objet d'un développement dans la deuxième partie de son récit. Il évoque également Longo Maï, mais il n’est pas sûr qu'un développement ultérieur lui soit consacré. 

Théo vit donc de très peu, logé et nourri, et sans frais de transport.

L'un des écolieux qu'il visite, et où il réside pendant l'absence des propriétaires, est destiné à faire vivre un « projet porteur de sens ». Il en note « l'orientation spirituelle » et des pratiques qui « réconcilient l'humain avec le vivant ». Il rencontre une chamane, et assiste à un stage dans lequel il est question de « voyage chamanique ». Un autre stage est orienté vers le yoga, un autre comporte une session de méditation.

Il n'y a absolument rien d'illégal ni de répréhensible dans cette démarche. Mais nous pouvons nous poser des questions.

La mouvance créée autour de la personne de Pierre Rabhi voit dans ce mode de vie communautaire un moyen de réduire la consommation, notamment en supprimant tout ce qui est inutile. Toutefois, dans la société, le travail est rémunéré par un salaire. Le versement en est soumis à des retenues patronales et salariales qui permettent de financer les retraites par répartition, les services publics, la gratuité des soins, ou du moins de la plupart d'entre eux, grâce à la Sécurité sociale, etc. Est-ce que le mode de vie de Théo Hareng est vraiment, comme l'indique le titre de l'ouvrage, une « fabrique de l'avenir » ? Serait-il possible de financer la solidarité nationale si les échanges s'opéraient sans monnaie ? Si un économiste nous démontre que c'est possible, nous sommes preneurs !

Nuançons cependant : si des participants à une communauté alternative travaillent à l'extérieur ou perçoivent des revenus, ces sommes ne sont pas concernées par notre observation. Les situations peuvent être diverses, et même dans le « village démocratique » en Ariège, l'initiateur distinguait des personnes qui percevaient des revenus fonciers et qui en faisaient don à la communauté, d'autres qui percevaient le RSA, ou encore certains qui par principe, ne le sollicitaient pas.

Sous forme d'Écovillages, d'Oasis, des communautés – d'ailleurs composées de personnes tout à fait sociables et ouvertes au monde – vivent de manière marginale de fait. Elles refusent habituellement l’Éducation nationale, au profit du hors contrat, voire de l'instruction en famille. Nous avons d'ailleurs déjà évoqué dans ce blog le « village démocratique » créé en Ariège par l'initiateur de l'École dynamique de Paris. Il voyait dans ces mises en œuvre la réalisation de sa « part de colibri ». 

Souvenons-nous également de la « Ferme des Deux Soleils », sur les contreforts du Ballon de Servance, en Haute-Saône, où la collégialité se traduisait également par la croyance en un archange.

Nous avons déjà reçu, verbalement, mais aussi parfois par écrit, des signalements relatifs à des communautés alternatives. La description idyllique qui en est occasionnellement faite dans la presse peut cacher, sans généralisation toutefois, une certaine violence. Nous pouvons lire ce livre avec de la sympathie pour l'auteur, visiblement bien intentionné, mais le titre peut laisser cependant perplexe. Loin de nous l'idée de nier l'urgence écologique, mais nous ne pouvons que rester vigilants lorsqu'on nous propose l’utopie. L’utopie a souvent mené à une forme de totalitarisme ; l'histoire nous l'a souvent montré.

Nous ne nourrissons aucun doute quant à la générosité et la sincérité de l’auteur et de tous ceux qui s’engagent, à sa façon, dans une démarche de recherche personnelle active guidée par ces mouvances. Nous les alertons cependant sur les dangers, aujourd’hui bien documentés, de certains « voyages chamaniques » en vogue. Et nous les invitons également à mesurer la séduction, puis exercer leur esprit critique en se renseignant sur les véritables projets de société des organisations qu’ils honorent de leur confiance.

Puisse, entre autres, notre blog être utile.

À bientôt.

 





jeudi 6 juin 2024

L’école dynamique de Paris, affiliée au réseau des écoles démocratiques contrainte de cesser son activité

Nous avons évoqué récemment les procès à l'encontre de membres du village démocratique de bourgueil en Ariège. Ils avaient refusé d'appliquer la loi confortant les principes républicains en ce qu'elle soumettait l'instruction en famille à une autorisation préalable, et avait continué d'éduquer leurs enfants à domicile en affirmant ne pas vouloir solliciter l'autorisation prévue par cette loi. 

Le fondateur de ce village avait créé à Paris l'école dynamique, affiliée au réseau des écoles démocratiques. En créant l'école il avait dit vouloir faire sa part de colibri, une part qu'il voulait renouveler en prenant l'initiative de sa communauté ariégeoise.

Nous donnons les liens d'une part vers un journal qui a traité de manière approfondie ce sujet, d'autre part vers l'arrêt de la Cour administrative d'appel qui valide cette dissolution. À l'intention des lecteurs qui ne disposeraient pas du temps nécessaire pour lire cette décision judiciaire dans son intégralité, nous en reproduisons ci-dessous les extraits les plus significatifs.

Cour administrative d'appel de Paris - 4ème chambre
12 janvier 2024 / n° 22PA04810

18. L'acquisition du socle commun étant nécessairement progressive, le recteur de l'académie de Paris pouvait imposer à l'école dynamique de mettre en place des outils permettant une progression dans l'acquisition du socle commun dès lors qu'il a laissé le rythme de cette progression à la libre appréciation de l'établissement et n'a pas imposé qu'elle soit réalisée de manière collective. Il pouvait de même lui imposer la mise en place d'outils permettant de vérifier cette acquisition et de remédier aux carences des élèves, dès lors qu'il lui a laissé le choix des modalités de ces évaluations et de cette remédiation. Il ressort par ailleurs des observations des inspecteurs que l'absence de toute structuration des enseignements, de formalisation des outils d'apprentissage ou de mise en place de situations pédagogiques de découverte ou de sensibilisation ne donne pas à l'ensemble des élèves soumis à l'obligation scolaire les moyens d'acquérir le socle commun de connaissances, lequel implique d'accéder à un ensemble de connaissances variées et abstraites. S'agissant de la mise en place de cours d'éducation physique et sportive, elle figure dans le socle commun. Enfin, le recteur n'a nullement imposé à l'établissement d'inscrire ses élèves aux examens de fin d'année mais s'est borné à lui demander de mettre en place un cadre et des locaux permettant aux élèves qui le souhaiteraient de s'y présenter. Ainsi, la mise en demeure comporte des mesures nécessaires au respect de l'instruction obligatoire des élèves. Si elle a pour effet d'encadrer la liberté pédagogique de l'école dynamique, en lui imposant, en particulier, de structurer des enseignements, elle n'a pas pour effet de vider cette liberté de sa substance dès lors qu'elle laisse à l'établissement le choix des modalités de cette structuration, lui permettant, notamment, de prendre en compte le profil particulier des élèves accueillis.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
20. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision en litige a pour objet d'assurer, dans l'intérêt des enfants accueillis par l'école dynamique, le respect de l'instruction obligatoire. L'encadrement de la liberté pédagogique de l'école dynamique auquel elle procède ne fait par ailleurs et en tout état de cause pas obstacle à ce qu'elle adapte sa pédagogie au public qu'elle accueille. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que cette décision méconnaîtrait les stipulations précitées doit être écarté.

lundi 26 février 2024

Instruction en famille à l'écovillage de Pourgues dont le fondateur se réclame des colibris, les sanctions judiciaires de la déscolarisation



Le 12 décembre 2023, Ramin Fanhangi et et sa compagne comparaissaient devant la justice à Foix en Ariège. En effet, nous reviendrons sur ce point après l'exposé de l'audience, membres du « village démocratique » : de Pourgues en Ariège, ils avaient malgré la loi confortant des principes républicains, un texte qui avait durci les conditions d'accès à l'instruction en famille, persisté dans leur refus de scolariser leur enfant.

Quelques lignes directrices de cette audience, dans le Verbatim a été publié sur le site « enfance libre » que les prévenus entretiennent au nom de leur association. Dans les faits, ils contestaient d'emblée les termes de la loi. Pour faire simple, il ne voulait pas s'intégrer au « système », ce qui les a amenés non seulement à maintenir l'instruction en famille, mais à ne pas solliciter l'autorisation de l'administration. Ils se sont ainsi déclarés eux-mêmes en « désobéissance civile », et se sont référés au cours de l'audience aux faucheurs d'OGM ou même au manifeste des « 343 salopes » rédigé à un moment où l'interruption volontaire de grossesse n'était pas encore autorisée par la législation.

Les juges ont bien compris la situation en expliquant que leur rôle n'était pas de se substituer au législateur, mais d'appliquer la loi en l'état. Ils n'ont pu que constater qu'en persistant dans le refus de scolariser l'enfant, et surtout en se refusant à se plier aux règles qui auraient dû les pousser à solliciter de l'administration l'autorisation, les prévenus s'étaient délibérément placés dans l'illégalité. Toutefois, c'est bien à une peine symbolique qu’ils ont été condamnés.

Notons que les prévenus, qui s'étaient présentés sans avocat, avaient relevé que l'instruction en famille avait été interdite en Allemagne par Hitler, ce que nous n ‘avons pu vérifier.

Nous avons déjà évoqué la personnalité des prévenus dans nos colonnes. Nous allons d'ailleurs vous redonner les liens afin d'éclairer les lecteurs. Ce n'est que dans un dernier temps après avoir évoqué l'effet de la manière la plus factuelle possible nous nous permettrons d'exposer nos questionnements de manière plus subjective. Il avait été à l'origine d'une école démocratique, l'école dynamique de Paris, une de ces écoles qui ne comportent pas d'élèves ni d'enseignants, mais des citoyens et des facilitateurs… en créant cette école, il avait estimé avoir fait « sa part de colibri ».

Nous rappelons et nous l'avons déjà signalé dans ces colonnes, les écoles démocratiques sont souvent proches du mouvement colibri, d'ailleurs avant que les dissensions ne naissent, la ferme des enfants, dirigée par Sophie Rabhi, était devenue une école démocratique. Et rappelons aussi, nous l'avons déjà vu, que la nef a fait son possible pour aider les écoles qui relevaient de cette mouvance au moment de son expansion.

Et c'est la même personne qui estimait refaire une « part de colibri » en créant leur « village démocratique » en Ariège, village dans lequel tous les sociétaires « mutualisaient »les enfants, et permettaient à chacun de travailler suivant ses "appétences"    (lien)

L'objectif du RSA est ainsi résumé ci-dessus sur le site du ministère compétent.

Et rappelons aussi que la loi confortant des principes républicains fut appliquée lorsque l'autorité préfectorale avait enjoint la ville de Poitiers de supprimer toute prestation à alternatiba, du fait que ce mouvement, proche des colibris, prônait la désobéissance civile. Le tribunal administratif avait annulé cette injonction préfectorale.

Un deuxième couple a depuis été poursuivi pour les mêmes faits. Ces deux personnes ont justifié leur cause en invoquant la déclaration universelle des droits de l'homme, en se considérant comme parfaitement républicaine et opposées à tout séparatisme. Mais la justice a également réaffirmé que son rôle n'était pas d'offrir une tribune pour contester une loi votée par le Parlement, mais de l'appliquer.



image.png
Le RSA sur le site ministériel



Surtout dans ce contexte, est-ce que le RSA, qui est, comme le confirme le ministère, un moyen d'aider à l'insertion professionnelle, est légitime lorsqu'il alimente indirectement une communauté telle que l'éco village de Pourgues ? Une communauté dont le dirigeant prône la désobéissance civile… nous ne connaissons pas de précédent ni a fortiori de jurisprudence à ce sujet, comme nous le faisons habituellement, nous laissons nos lecteurs se forger leur opinion personnelle !

vendredi 30 septembre 2022

L’idéologie des colibris est-elle soluble dans la laïcité ?

 



Il y a de cela maintenant plusieurs années, nous avions donné pour titre à un de nos documents relatifs à la mouvance de Steiner l'intitulé suivant : « l'anthroposophie un Janus à deux visages ». Nous avions également relevé dans ce document la proximité du réseau affilié à cette mouvance avec celui des colibris, créé par Pierre Rabhi.

Nous exprimions notre malaise en nous gardant de toute pensée binaire et de toute tentation de manichéisme face un courant de pensée qui pouvait mener à des réalisations tout à fait séduisantes, mais qui dissimulait des aspects beaucoup plus déplaisants du moins à nos yeux. Ici, nous notons une porosité troublante, pour des raisons à peu près identiques, entre certains mouvements laïques que nous citerons et les colibris, pour des raisons à peu près semblables : la coexistence entre des aspects susceptibles de séduire et d'autres qui à nos yeux contredisent l'idéal laïque auquel nous nous référons.

Les citoyens français, et notamment les enseignants, connaissent bien la mutuelle d'assurances dédiée à ces derniers, la MAIF. Cette très importante mutuelle, qui rend de grands services à ses sociétaires, et dont nous ne contestons pas l'utilité, bien au contraire, organise des conférences.

La première des intervenantes sur laquelle nous avons mené quelques recherches, c'est Juliette Duquesne, qui a créé la collection carnets d'alerte avec Pierre Rabhi.

Elle a édité de nombreux petits ouvrages accessibles et bon marché, coécrits avec le fondateur de Terre et humanisme. Elle a été invitée à s'exprimer devant le public à la mi-septembre en Haute Saône, et doit réitérer cette prestation au profit de la mutuelle fin septembre à Reims.

Nous ne mettons nullement en  doute la sincérité des disciples de Rabhi. Nous pensons même que parmi nos propres adhérents, nous aurions bien du mal à en trouver qui seraient hostiles à l'idée d'éradiquer la faim dans le monde, ou qui souhaiteraient une régression dans le domaine de l'écologie ! De plus, la conception de l'écologie énoncée par Pierre Rabhi ne nous semble pas faire l'unanimité parmi les militants écologistes.

En revanche, nous pouvons être réservés sur l'incitation récurrente à « faire sa part ». Cela revient à privilégier les initiatives individuelles au détriment d'un effort collectif piloté par des institutions publiques et notamment par l'État. Ainsi a-t-on déjà observé, nous l'avons relaté dans ces colonnes, le fondateur d'une école démocratique à Paris qui estimait, une fois cette école mise en place, avoir fait sa « part de colibri ». Et, en créant en Ariège un « village démocratique », dans lequel chacun versait ce qu'il voulait, soit le RSA, soit des revenus immobiliers, soit rien du tout, où les enfants étaient « mutualisés », il estimait poursuivre la réalisation de cette part du colibri.

Créer des écoles alternatives en concurrence avec l'école publique, est-ce compatible avec notre idéal alors que la MAIF a été créée par des instituteurs laïques ?

La même Juliette Duquesne était invitée à s'exprimer il y a quelque temps devant les élèves d'un établissement secondaire public à Nancy. Ce n'est que notre point de vue, mais nous pensons pouvoir l’exprimer dans nos propres colonnes, la laïcité nous semble consubstantielle à la confrontation de points de vue différents. Ici, inviter soit pour une conférence organisée par des grandes institutions laïques, soit a fortiori devant des élèves dans le cadre du service public une intervenante proche des colibris ne nous semble pas relever de cette volonté de confronter les points de vue de manière à permettre aux auditeurs de se forger leur idée personnelle en toute connaissance de cause.

Mais nous avions promis en introduction à ce billet de ne pas être manichéens. Tenons parole : le site de carnets d'alerte cite Paul Ariès. Ce dernier a déjà coécrit avec Pierre Rabhi, et il est l'auteur d'un ouvrage sur la « simplicité volontaire ». (Un concept proche de la sobriété heureuse ? ). Et, paradoxalement, en même temps, il fut l'auteur il y a une vingtaine d'années de deux ouvrages édités par Golias, l'un intitulé la scientologie, laboratoire du futur, et l'autre l'anthroposophie, enquête sur un pouvoir occulte.

Faisons preuve d'humilité en refusant le manichéisme précisément et en reconnaissant la complexité à laquelle nous sommes confrontés. Il n'y a pas les bons, qui ne se trompent jamais, d'un côté, et les mauvais, toujours dans l'erreur, de l'autre.

Autre conférencier accueilli par la mutuelle: Pablo Servigne. Ce dernier est un auteur, qui a contribué à l'émergence de la notion de collapsologie. Il semble avoir des liens avec le groupe masculiniste Mankind project, ainsi qu'avec extinction rébellion que nous avons évoqué récemment. Pour la mutuelle, il intervient sur l'entraide ; sans doute un thème digne d'éloges, mais derrière la générosité de la démarche de la MAIF, peut-on être certains de la conformité des thèses qu'il exprimera lors de ses conférences avec une démarche laïque ?

Notre cercle laïque pour la prévention du sectarisme a reçu également un signalement concernant une école privée hors contrat laïque comme elle se définit elle-même, dans le département de la Drôme a Anneyron. Sur le site de l'école, les initiateurs se réclament de deux inspirateurs : Pierre Rabhi et Krishnamurti.

Elle se dit également ouverte aux IEF, c'est-à-dire aux enfants instruits en famille. Elle a d'ailleurs organisé des conférences avec André Stern, l'un des promoteurs en France de l'instruction en famille, sur les thèmes suivants : « écologie de l'enfance, un projet de vie » et les « enfants gardiens de nos potentiels ». Elle a également organisé une projection du film « le cercle des petits philosophes » réalisé par Frédéric Lenoir (qui semble-t-il ouvrait les séances de discussions philosophiques pour enfants par des minutes de méditation de pleine conscience ). Sur son site, l'école fait la promotion des ouvrages de Céline Alvarez. Des ateliers, au cours de diverses forums qu'elle a organisées, ont traité des pédagogies de Maria Montessori et Freinet. Précisons que nous citons tous les auteurs qui ont été étudiés au cours de ces forums sans poser nous-mêmes des jugements de valeur !

En principe, n'ayant pas signé de contrat avec l'État, l'école ne peut être financée par fonds publics. Cependant indirectement, elle est en train de recruter un service civique… par l'intermédiaire de la fédération départementale de la Drôme de la ligue de l'enseignement.

La raison d'être de notre association, le cercle laïque pour la prévention du sectarisme, c'est la défense du libre arbitre, la liberté de conscience, de la dignité. Le droit de tout être humain à la santé, avec  un environnement le moins pollué possible est fondamental. Mais il existe encore des débats sur les voies à emprunter pour y parvenir. En tant que militants de la laïcité, nous pensons que la formation du citoyen exige un pluralisme des informations. Les colibris, favorables à l'instruction en famille et à l'instruction à domicile, ont choisi une option, qui n'est certes pas la nôtre, celle de l'école accueillante pour tous les petits Français. Les écoles hors contrat, qui ne sont quand même pas accessibles à toutes les bourses, favorisent un entre-soi que nous ressentons comme aux antipodes de notre idéal, même si nous croyons comprendre les raisons de cette option, et par ailleurs nous respectons ce choix. Le printemps de l'éducation, qui n'existe plus formellement, regroupait notamment les colibris, la fédération des écoles Steiner Waldorf, la revue Kaizen, et, entre autres… l'Office central pour la coopération à l'école, qui regroupe les coopératives des écoles publiques. Nous souhaiterions tant pouvoir en discuter avec nos partenaires laïques !

Mais, rappelons-le, nous ne voulons surtout pas nous poser en moralistes, ni incarner le bien en lutte contre le mal ou la vérité contre l'obscurantisme… nous voulons entamer un débat.





lundi 25 avril 2022

Le dossier du Comité national d'action laïque: retour sur les ECOLES DEMOCRATIQUES

 


Dans un billet récent nous avons présenté la campagne du comité national d'action laïque et la conférence de presse que ses responsables ont donnée le 9 mars dernier. Nous avions repris les préconisations du CNAL, composé, rappelons-le, du syndicat des enseignants UNSA, de l'UNSA éducation, de la ligue de l'enseignement, de la fédération des conseils de parents d'élèves, et des délégués départementaux de l'éducation nationale.

 

Nous reprenons ici (pas forcément dans l'ordre du rapport en notre possession) l'étude des documents préparatoires à la conférence de presse donnée en mars dernier par le comité national d'action laïque. Nous reprenons ici précisément l'étude sur les écoles démocratiques. Nous redonnons ici le lien vers la synthèse que vous nous avions rédigée à partir de trois rapports ou plutôt de trois séries de rapports d'inspection par les fonctionnaires de l'éducation nationale.

Nous avions noté notamment du moins dans un cas (qui n'était pas documenté par un rapport d'inspection en notre possession) que le fondateur d'une école démocratique parisienne estimait avoir fait sa « part de colibri » en créant cet établissement, part qu'il continuait à assumer en fondant un « village démocratique » en Ariège.

Nous avions également et nous redonnons le lien, repris un arrêt très documenté de tribunal administratif qui confirmait la décision d'enjoindre les parents de l'école démocratique Le Carré libre à scolariser ses enfants ailleurs.

Et nous avons donné le lien également vers un arrêt de tribunal administratif qui confirmait la demande faite à des parents d'élèves d'une autre école appartenant à cette mouvance de retirer leurs enfants de cet établissement. C'était une école promue, rappelons-le, par le réseau des colibris.

Les responsables du comité national d'action laïque ont agi comme nous en ne citant pas nommément les établissements concernés. Ils ont cité des extraits qui corroborent nos conclusions. Il est relevé que dans un cas, des enseignements sont confiés à un service civique ; que des enfants sont laissés sans surveillance sur des ordinateurs ou sur des téléphones portables dans un cas ; qu'il existe des manquements dans la propreté, ainsi que dans la régularité des contrôles administratifs, notamment de l'absentéisme.

Sur le plan pédagogique, sont notées, entre autres, l'absence de trace écrite, une mauvaise tenue des cahiers, une maîtrise suffisante de la langue dans les traces écrites, un mauvais suivi de la progression des élèves, et notamment parfois des retards criants dans l'apprentissage de la lecture, et surtout une liberté totale laissée aux enfants d'apprendre ou de ne rien travailler. Ce manque de direction et d'encadrement, nous l'avions déjà repéré dans les trois séries de rapports en notre possession.

De la même façon, la formation de la personne et du citoyen se résume au fonctionnement de l'école démocratique.

Nous ne connaissons pas les établissements observés par le comité national d'action laïque grâce aux rapports qui lui ont été fournis, et qu'il a eu la gentillesse de nous transmettre, il semblerait que les écoles dont nous possédons les documents relatifs aux visites des inspecteurs ne sont pas situés dans les régions dont nos amis possèdent des comptes-rendus de visite.

Ces documents préparatoires à la conférence de presse du comité national d'action laïque confortent donc les conclusions auxquelles nous étions parvenus à l'issue de nos démarches de collecte de rapports d'inspection des écoles démocratiques. Nous rajoutons ce qui nous concerne en conclusion un point, c'est le lien entre le réseau des colibris et celui des écoles démocratiques : d'ailleurs, avant les remous qui ont agité la ferme des enfants, créée par Sophie Rabhi, (la fille de son père) cette école hors contrat, qui d'abord se réclamait de la pédagogie Montessori, se revendiquait des écoles démocratiques.

Le prochain billet relatif à cette conférence de presse du comité national d'action laïque sera dédié aux conclusions que ses responsables ont consacrées à un autre réseau d'écoles souvent déclarées acteurs colibris et que nos lecteurs maintenant connaissent bien, à savoir les écoles Steiner Waldorf.




N'oublions pas les victimes de la guerre en Europe orientale...





 


lundi 12 avril 2021

Retour sur une mascarade.

Nos lecteurs de ce 12 avril seront peut-être intrigués par ce titre. Souvenons-nous, c’était à l’automne 2020.

Le lundi 26 octobre 2020, ci-dessous, deux pages plus bas, nous nous étonnions de constater que dans les entours des supports médiatiques du mouvement Colibris, des enfants puissent être utilisés comme acteurs d’un clip appelant à jeter les masques anti-covid.

Voici pour nos lecteurs pressés ce lien en guise de raccourci sur notre propre blog :

Puis le mardi 3 novembre 2020, nous revenions étayer notre propos et tenter d’éclairer le contexte.

Ce jour-là nous nous proposions de revenir sur le sujet.

Ce « retour sur une mascarade » est donc notre promesse tenue.

Ce clip « la mascarade » est une production d’un collectif de parents de la région lyonnaise, insérée sur la plate-forme collaborative  « colibri-wiki ».

Vous le trouverez toujours en ligne ici :

Nous avons insisté sur le fait que rien ne nous permet d’affirmer que le mouvement Colibris en tant que tel soit clairement impliqué dans cette action, même si cette publication figure sur un de ses supports…

Nous ne regrettons pas notre prudence : toutes les pages de ce dossier comportent désormais le bandeau suivant :

 


DONT ACTE.

Sommes- nous par nos billets qui ont été très lus, peu ou prou à l'origine de cette mise au point?

Nous n'en savons certes rien.

Toutefois, ledit dossier est bel et bien toujours hébergé sur la plate-forme collaborative du mouvement Colibris.

Nous avions quand même considéré que la mouvance des Colibris manifestait une certaine porosité, une certaine complaisance peut-être, à l’égard du courant de résistance aux mesures sanitaires.

Deux groupes locaux de Colibris avaient relayé le clip en l'approuvant chaudement.

Nous ne pouvons que confirmer les raisons de notre vigilance: il nous a été donné d’examiner la page Facebook du groupe Colibris de Montpellier et ses alentours. 

En date du 17 mars dernier, un post Facebook montre une foule de personnes, certaines masquées, d’autres non, agglutinées.

Le titre : « nous on veut continuer à danser en corps... »

Nous ne savons pas qui a été à l'initiative de ce rassemblement. Seule certitude : le groupe local l'a relayé.

À la même date, une chorégraphie, sous le titre « la Corona », débute par les paroles suivantes : 

« C’est pas ce Covid qui maintenant va nous faire flipper ».

Et le 25 février, le groupe Colibris de la région de Montpellier un passage du collectif masques blancs, sur fond sonore de déclarations hostiles tant aux vaccins qu’à toutes précautions sanitaires.

Nous pouvons confirmer que le mouvement Colibris n’est pas engagé en tant que tel dans cette action. Toutefois, ces groupes locaux peuvent dévoiler leur sensibilité à cette action militante et leur souci de s'en faire les propagandistes.

Nous nous efforçons, comme toujours, de garder la juste mesure des choses et de viser à fournir des informations aussi exactes et nuancées que possible.

Et parce qu’elle nous semble encore une fois d’actualité, nous reprenons notre conclusion du 03 novembre : si formellement, ni l’association Colibris, ni la mouvance steinerienne en elle-même, ne peuvent être taxés de réticence militante aux directives des autorités sanitaires, il nous semble fondé de s’interroger sur l’existence possible d’une certaine porosité aux thèses anti-directives sanitaires.

Ainsi leur accueil sur une plateforme Colibris relève-t-il d’une très, très grande ouverture d’esprit ou d’une plasticité torsadée?

Nous restons encore une fois avec cette interrogation sans à-priori et invitons nos lecteurs à s’interroger avec nous.

Nous y reviendrons. Très probablement.








 

lundi 18 janvier 2021

Les écoles démocratiques, notre enquête, nos résultats provisoires

Les écoles démocratiques constituent l’un des réseaux d’établissements privés hors contrat qui cherchent à fournir une alternative à l’éducation nationale. Leurs principes sont clairs : l’enfant n’apprend jamais  mieux que quand il le souhaite et suivant la manière qu’il veut. Il n’y a pas d’inégalités entre adultes et enfants, parfois il est question, non pas d’élèves, mais de citoyens.  Les enseignants ne sont pas nommés comme tels, ce sont des « facilitateurs », et ces principes ne sont pas sans conséquences sur le fonctionnement quotidien de ces écoles.

Nous avons eu accès à trois séries de rapports d’inspection. Suivant la règle que nous nous sommes déjà fixée, nous ne reproduirons littéralement aucune phrase de ces documents administratifs, et nous ne précisons pas de quels établissements il s’agit.  Nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer cette intention, mais cela va toujours mieux en le disant : nous ne souhaitons pas compliquer la tâche des personnels d’inspection.

Quelles conséquences ? Tout d’abord,  ces écoles sont régies par des décisions collégiales où enfants et adultes disposent de la même voix. Dans un de ces documents, est décrite la tenue d’une instance disciplinaire lors de laquelle les enfants sont majoritaires, l’élève sanctionné ne comprenant pas ce qui pourrait lui être reproché. Il n’y a pas de cours, pas de programme précis, les facilitateurs restent à la disposition des enfants quand ils le souhaitent. Ainsi sont parfois décrites des scènes étonnantes : des élèves jouant aux policiers avec des armes factices, d’autres montant sur les tables, ou jouant avec un téléphone portable, dans un environnement au niveau sonore élevé, ou encore dans un autre cas des enfants groupés dans une salle multimédia et maniant tablettes et portables. Les inspecteurs ont eu du mal à trouver des traces écrites des travaux d’élèves. Un inspecteur dans son rapport rappelle un élément du socle commun de connaissances : « l’élève sait se constituer des outils personnels grâce a ses écrits de travail, y compris le numérique : notamment prise de notes, brouillon, fiches, lexique, nomenclature, carte mentale, plan, croquis, dont il peut se servir pour s’entraîner, réviser, mémoriser… ». Et un autre inspecteur cite l’article 131–12 du code de l’éducation, qu’il semble utile de rappeler : «  L’acquisition des connaissances et compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de compétences et de culture et doit avoir pour objet d’amener l’enfant, à l’issue de la période de l’instruction obligatoire, à la maîtrise de l’ensemble des exigences du socle commun. La progression retenue doit être compatible avec l’âge de l’enfant et son état de santé, tout en tenant compte des choix éducatifs effectués et de l’organisation pédagogique propre à chaque établissement ».

Pour l’une des trois écoles inspectées, le bilan est varié, et nous entendons rester impartiaux. !  Un premier rapport, décrit des élèves désoeuvrés qui s’occupent comme ils peuvent. En revanche, un deuxième rapport, plus récent, s’avère plus nuancé. Il décrit une vie démocratique  intense au sein de l’école, le souci d’une relation de respect des enfants en vue de son plein épanouissement.  Il est relevé également un cadre chaleureux. L’objectif de l’école serait d’accueillir des jeunes en rupture avec l’école traditionnelle en vue de les aider à se reconstruire et retrouver l’estime. Mais le fonctionnaire d’inspection relève également l’absence de toute planification des acquis, et recommande de ne pas s’en tenir  à la disponibilité des facilitateurs.  Telle quelle, l’organisation de l’école ne permettrait pas une constance des efforts d’apprentissage..  Et l’inspecteur d’estimer compatible le fonctionnement de cette école avec les valeurs de la République. Nous n’avons pas voulu bien entendu ne disposer que d’un seul document, nous disposons de trois séries de rapports  et nous nous sommes efforcés en les synthétisant de rester aussi objectifs que possible.

Nous avons déjà noté la proximité des Colibris avec la mouvance steinerienne, qui comprend le réseau des écoles Waldorf dont certaines (peut-être toutes mais nous ne l’avons pas établi) sont « acteurs colibri ». Il en est de même du réseau distinct des écoles démocratiques dont nombre d’entre elles figurent sur la carte des acteurs colibris. Ci-dessous une citation d’un entretien avec le fondateur de l’école dynamique de Paris, qui fondera par la suite le village démocratique de Pourgues dans l’Ariège ayant fait l’objet d’un de nos récents billets :

L’École Dynamique de Paris a ouvert ses portes en septembre 2015. Inspirée de la pédagogie Sudbury, cette école abolit les notions de réussite ou d’échec, donne à ses "membres" une autonomie sur leur devenir, et replace la motivation au cœur de l’apprenti (…)

Comment fais-tu ta part en tant que Colibris ? « Ma part, je suis en train de l’apporter clairement en tant que créateur de cadres permettant l’épanouissement individuel, et en tant que créateur de l’École Dynamique. J’espère que ça pourra inspirer d’autres petits colibris ! C’est déjà en train de se passer : il y a une quinzaine d’écoles similaires à la nôtre qui sont en train de se créer en France.(…) D’où l’idée d'un écovillage, autonome et intergénérationnel, que je suis en train de créer avec un groupe en Ariège… »

Comme souvent nous laissons nos lecteurs se forger leurs propres conclusions provisoires.