CERCLE
LAIQUE POUR LA PREVENTION DU SECTARISME
RAPPORT
D’ACTIVITES
Notre
dernière assemblée générale s'est tenue au début du mois
d'octobre 2020. Nous avons pris du retard du fait de la pandémie.
Nous nous réunissions toujours au printemps à Arches dans les
Vosges. Notre rencontre de 2020 était déjà programmée, avant même
l'annonce du confinement, nous avons préféré l'annuler. Disons-le
: nombres d'adhérents sont âgés, il était absolument hors de
question de prendre le moindre risque ! Notre assemblée générale
n'a pas vocation à se constituer en cluster. Et c'est pour cela que
nous tenons également cette réunion sous forme de visioconférence.
C'est
pour cela également que, d'une part pour maintenir le lien et le
niveau d'activités, nous avons organisé plusieurs conférences en
distanciel. Au cours de notre dernière assemblée générale, nous
avons eu le plaisir d'accueillir Hélène Leclerc, responsable de la
commission droits de l'enfant au sein de la Ligue des droits de
l'Homme ; bien nous en a pris puisqu'elle nous a rejoints, et bien
entendu nous l'avons accueillie avec grand plaisir. Puis nous avons
reçu Laurent Henri Vignaux, coauteur du livre
Antivax ,
La
résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours,
qui nous a entretenu notamment du refus de la vaccination dans les
milieux intégristes et au sein des écoles Steiner Waldorf.
Ensuite,
Madame Costa Lascoux a débattu avec nous sur le thème : «
un regard laïque sur l'instruction en famille ? ».
Cette
conférence a également réuni une petite trentaine de participants.
À
améliorer : nous pouvons matériellement recevoir plus, il faudra
réfléchir sur la publicité pour ces rencontres. Points positifs :
un mode de réflexion original, qui permet de prendre notre
problématique par le haut. Et peut-être un encouragement : la
participation d'un certain nombre de militants du CNAFAL. Et
également de responsables de l'UNADFI. Cela voudrait-il dire que nos
idées rencontrent un écho ? Une réflexion sur notre action à
approfondir ?
Nous
devons recevoir pour notre assemblée générale la secrétaire
générale de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte
contre les dérives sectaires ou son
représentant.
Votre
conseil d'administration a également prévu, si possible, l'organisation d'un colloque, toujours en distanciel, qui aurait pour but d'examiner et de faire des recherches sur les
droits et devoirs de la presse lorsqu'elle traite des dérives
sectaires. Débat qui pourrait d'ailleurs s'étendre à toutes les
opinions extrêmes. Nous avons écrit au cours de l'été dernier à
la rédaction du journal Le Monde suite à la publication d'une série
d'articles extrêmement favorables à la mouvance anthroposophique.
Nous avons rendu publics ces courriers sur notre blog. De la même
façon, le journal L'Express a fourni un article dont la teneur était
opposée, et nous nous en sommes félicités. Après avoir discuté
en conseil d'administration, il a été convenu que nous essayerions
d'approfondir cette question. Existe-t-il des normes ? Des devoirs
vis-à-vis des lecteurs ? À concilier avec la liberté de la
presse ? En effet, il nous semble qu'il faut aller plus loin que la
constatation de l'objectivité lorsque nous partageons l'esprit d'un
article et le regret de la partialité lorsque le texte produit par
les journalistes nous satisfait pas !
Notre
activité ne baisse pas : nous sommes maintenant représentés à
Metz, si nos adhérents ou nos sympathisants connaissent des
personnes qui seraient susceptibles soit de nous représenter dans
des départements nous ne sommes pas présents, soit de participer à
notre réflexion, nous restons ouverts, même si, afin de pas subir
d'intrusion, nous ne lançons pas d'appel public ni à l'adhésion ni
au militantisme. Nous ne recrutons nos sympathisants et nos membres
que par contact personnel.
Nous
pouvons parfois faire preuve de pessimisme par rapport à l'avenir de
l'association. Une cruelle confirmation à conforté nos craintes.
Évelyne, qui avait classé notre documentation et la conservait dans
ses greniers, a eu un grave accident de santé et sa famille nous a
demandé en conséquence d'évacuer ces précieux documents. Ce que
nous avons fait, ils sont maintenant en lieu sûr. Notre objectif est
de numériser cette importante documentation dont une partie est
encore confidentielle et que nous ne pouvons pas encore mettre en
ligne afin de protéger les personnes concernées. Le président, le
secrétaire et le trésorier se sont mis d'accord, dans l'urgence,
pour embaucher un service civique afin de reclasser et numériser
tous ces dossiers. Ils pourront bien entendu être mis à la
disposition de nos militants mais pas du public dans un proche
avenir. Nous exprimons toute notre solidarité à Évelyne que nous
nous promettons de ne pas la
lâcher.
Et
remerciements à notre trésorier qui a entamé les démarches pour
que nous puissions récupérer cette documentation.
Autre
décision prise dans l'urgence : l'achat d'un scanner à chargeur,
qui permettra de numériser rapidement la documentation. À la fin du
mois de janvier, nous avons rencontré un volontaire pour le service
civique avec lequel nous nous sommes mis d'accord sur les tâches à
accomplir pour sauvegarder des documents extrêmement intéressants.
Comme
beaucoup d'associations, nous sommes vieillissants. Il y a parmi nous
une génération un peu plus jeune, qu'il faut impérativement
renforcer. Et là on peut le mettre en mode public, lorsque
l'association a été créée cela va faire dans quelques semaines 20
ans le président, qui n'avait pas soutenu encore sa thèse, avait…
54 ans. On ne sait jamais ce que l'avenir réserve, la succession
doit maintenant être envisagée très sérieusement. Ce n'est pas
une coquetterie, c'est le souci de l'avenir d'une association qui a
quand même gardé une certaine originalité.
Nous
n'avons pas demandé de subventions à l'État. D'une part, nous
sommes une petite structure sans personnel salarié, et les demandes
de subventions sont chronophages. Dans les faits, le fait de réduire
au maximum les tâches administratives nous permet de nous consacrer
au maximum à notre objet statutaire. Et également de pouvoir
concilier le souci de la plus grande courtoisie envers nos
interlocuteurs administratifs nous pensons bien entendu à la
MIVILUDES, mais aussi aux services préfectoraux et aux directeurs
départementaux des diverses administrations avec lesquels nous
pouvons être amenés à travailler, et la volonté d'être
indépendants, de ne rien devoir à personne.
En
revanche, nous avons été sollicités à deux reprises. L'un de nos
partenaires les plus réguliers est sans conteste la fédération des
œuvres laïques de l'Ardèche. Nous travaillons avec eux
pratiquement depuis la création de l'association. Dans leur journal,
Envol, ont été publié d'innombrables articles sur notre
problématique. L'un des responsables de cette fédération siège à
notre conseil d'administration. Aussi est-ce naturellement qu'ils ont
répondu présents à l'appel à projets lancés par la mission
interministérielle. Ils ont publié un très beau numéro spécial
de leur journal, financé exclusivement par la Mission, et auquel
nous avons contribué en fournissant des témoignages qui figuraient
sur notre blog et dont ils ont extrait les passages principaux. Ce
très beau journal, remarquablement illustré, a pu être envoyé à
tous les établissements du second degré du territoire national.
L’affiche
jointe au numéro spécial d’ENVOL
Nous
avons également été sollicités par une école de formation pour
adultes, KISEL, situé à Belfort, qui nous a demandé d'assurer une
formation sur les dérives sectaires. Un gros travail ! La même
école souhaitait réaliser des vidéos courtes et didactiques sur
les dérives sectaires, que Bertrand, un de nos administrateurs de
longue date aide à confectionner. Le travail relatif à ces vidéos
a également fait l'objet d'une subvention dans le cadre de l'appel à
projets. Ces quatre vidéos seront une sensibilisation à notre
problématique.
Notre
blog est régulièrement entretenu. Nous le savons, il n'est pas
exhaustif. Est-ce seulement possible ? En revanche, nous pensons
qu'il fournit les bases de réflexion solides à nos lecteurs. Notre
but est avant tout de susciter la réflexion, nous pensons en effet
que l'argumentation et la réflexion personnelle sont des antidotes
au sectarisme. Nous évitons les invectives, et même des jugements
de valeur vis-à-vis de qui que ce soit même si nous sommes opposés
à certaines de leurs idées et/ou de leur mode d'action. Nous nous
efforçons de respecter chacun quel que soit son mode de vie. C'est
pourquoi il est très fréquent que les textes proposés sur nos
différents billets de blog soient composés, par nous-mêmes, et ce
n'est qu'à l'occasion que nous reproduisons, en respectant aussi
scrupuleusement que possible les droits, des textes issus d'autres
supports. En bref, le maximum d'informations, de documentation, de
réflexion, et le minimum de jugement moral et de dévalorisation.
Pour certains d'entre nous qui ont déjà leur actif plusieurs
décennies d'étude du sectarisme, il semble que toute attitude
agressive, et même condescendante serait
surtout
propre à figer les personnes dans leur pratique. Et le respect à
leur égard est consubstantiel à notre conception de la laïcité et
des droits de l'homme.
Pour
les établissements d'enseignement hors contrat, un domaine qui nous
concerne et sur lequel nous pensons avoir été en pointe, nous avons
envisagé de relancer la recherche. Nous avons publié une synthèse
des rapports en notre possession sur les écoles Steiner Waldorf, et
un autre article similaire concernant le réseau des écoles
démocratiques. Il est parfois difficile d'obtenir ces rapports. En
publiant ces recherches synthétiques, nous n'avons pas repris les
termes mêmes des rapports ni cité explicitement les établissements
concernés. Nous avons le souvenir d'un article du site le café
pédagogique. Des rédacteurs étaient en possession d'un rapport de
l'académie de Versailles sur les écoles hors contrat. Ils avaient
précisé qu'ils ne publiaient pas pour ne pas mettre en difficulté
les personnels d'inspection.
Nous
avons envisagé lors d'un conseil d'administration récent de
relancer des demandes auprès des diverses administrations sur les
écoles hors contrat, projet que nous n'avons pas encore eu le temps
de réaliser, et qu'il nous faudra mettre en œuvre des que possible,
peut-être une tâche à concrétiser dès notre prochain conseil
d'administration.
Nous
faisons de même. Pour la même raison nous nous sommes refusés à
communiquer ces documents en notre possession à des journalistes.
Nous en avons discuté en conseil d'administration, il s'avère
d'ailleurs que l'un de ceux qui nous avaient fait une demande
publiait également avec complaisance les communiqués des partisans
des écoles Steiner Waldorf ! Mais notre but n'étant pas de
conserver des documents pour le plaisir de les avoir dans un dossier
ou sur un disque dur, notre intention est de continuer à publier des
synthèses propres à mettre le public en garde sans pour autant
mettre en difficulté l'éducation nationale. Nous espérons que
l'administration aura conscience de nos scrupules et que,
contrairement
à l’attitude de
de certains recteurs qui ne répondaient pas à une lettre
recommandée ou refusaient sèchement malgré des avis positifs de la
commission d'accès aux documents administratifs, nous ne verrons
plus de refus écrit ou implicite !
En
conclusion, nous remercions nos interlocuteurs associatifs et
institutionnels dont la collaboration nous a été précieuse.
Les
conseils départementaux des associations familiales laïques, qui
nous aident surtout depuis que nous avons signé une convention avec
le CNAFAL. (L'un d'eux a même adhéré notre association en tant que
personne morale)
La
fédération des œuvres laïques de l'Ardèche que nous avons déjà
citée. L'association Noiséenne de défense et de protection contre
les sectes.
Les
ADFI avec lesquelles nous avons eu l'occasion d'échanger. Il n'est
pas inutile de rappeler que lorsque nous pouvions tenir notre
assemblée générale en présentiel dans les Vosges, il est
fréquemment arrivé que des représentants de l'UNADFI se déplacent
pour la circonstance.
La
fédération de la Haute-Saône de la ligue de l'enseignement qui
abrite notre siège social. Et sans laquelle nous n'aurions ni
envisagé ni pu obtenir les moyens matériels de recruter un jeune
volontaire en service civique.
Et
l'ensemble des fonctionnaires des administrations qui ont accueilli
favorablement nos demandes, en tout premier lieu ceux de la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires.