Formulaire de contact

Nom

E-mail *

Message *

Rechercher dans ce blog

mardi 19 mai 2026

Enseignement privé catholique sous contrat. Le cas de Sainte-Cécile, en Vendée.



Des organisations syndicales et des collectifs défendent courageusement les droits des enseignants et ceux des mineurs scolarisés dans les établissements d'enseignement sous contrat. Nous avions accueilli à notre assemblée générale 2025 la porte-parole du collectif « stop aux souffrances dans l'enseignement catholique » et celui du SNEP UNSA. Leurs interventions ont été éclairantes et appréciées. Vous pouvez en retrouver l'essentiel dans le présent blog ici ( pour le SNEP UNSA) et ici ( pour le collectif).

Il n’est pas dans notre objet social d’intervenir dans leur registre. Nous estimons toutefois devoir relayer ici une affaire emblématique.


Elle concerne l'établissement scolaire l'Espérance à Sainte-Cécile, en Vendée. Cet établissement est lié à la fraternité Saint-Pierre qui diffère de la fraternité Saint Pie X dans la mesure où elle n'a pas quitté le giron de l'Église catholique. Toutefois, elle en diffère peu par son inspiration. (Peu nous importent par ailleurs le respect du rite tridentin ou le port de la soutane).
C'est un reportage télévisé qui a médiatisé l'affaire. Le 29 janvier 2026, plus de 30 minutes ont été consacrées, par l’émission Cash investigation, aux dérives dans les écoles. Les passages ci-dessous en italique sont des citations extraites du reportage.


Les élèves les plus âgés tiennent lieu de surveillants :

 
Ceux qui géraient vraiment la discipline, c'étaient certains élèves de terminale (...) Et donc c'est eux qui sont maîtres des sanctions, qui décident aussi de ce qu'est une faute et ce qui ne l’est pas. Et ça c'est voulu par la direction. (...) Ils ont carte blanche pour faire régner ce que eux appellent la loi. C'est une loi qui est très arbitraire. La direction confie alors à des adolescents la surveillance de la cour et même des dortoirs.

Les maltraitances :

 
La chose qui m'a le plus marqué, c'est qu'il y a cette espèce de rituel de jeter certains élèves dans une mare qui est au cœur de la cour principale de l'établissement, dont les eaux sont évidemment saumâtres, dégoûtantes. C'était surtout les élèves dont on pensait qu'ils n'étaient pas alignés sur la doctrine de l'établissement. Alors moi ça m'est arrivé deux fois. C'était des terminales qui m'ont coursé. Ils m'ont attrapé, ils m'ont déshabillé, ils m'ont jeté dans l'eau.


Racisme, antisémitisme, homophobie :

 
Le climat raciste était omniprésent. Les murs étaient couverts de propos haineux contre les Africains, contre les Arabes, contre les Juifs. Il y avait énormément de croix gammées. (...)
C’étaient souvent des insultes homophobes. Sale pédé, on va te faire la peau, etc. (...)
J'étais bien bronzé et ça passait pas trop. C'est pour ça qu'ils m'ont appelé directement Bamboula.

Journaliste: Et c'est arrivé que des élèves vous appellent Bamboula devant des professeurs ? Ah oui, complètement.

Irrespect de la loi. L’établissement étant lié à l'État par contrat, il doit recevoir tous les élèves sans discrimination et sans leur imposer l'assistance aux offices religieux ou au catéchisme.

 
Pour les lycéens, elle n'est pas obligatoire.
Journaliste : C'est pas obligatoire la messe ? Il y a très peu de messes, il y en a au collège, mais il n'y en a pas dans les lycées. Journaliste : Au collège, certaines messes sont donc imposées.


Le Département accorde des subventions facultatives proches du maximum prévu par la loi à l'établissement.

 
Président du Conseil départemental : On est là pour être en soutien financier au niveau des infrastructures et au niveau du fonctionnement. Et par contre on n’a pas droit de regard à l'intérieur de l'établissement (...) Madame la rectrice ne m'a jamais averti de quoi que ce soit de ce qui se passait à l'intérieur de l'établissement.

Pourtant, à la suite de la diffusion de ce reportage, l'État a ordonné que soit diligentée une enquête. Les résultats ne sont pas encore connus.


Ci-dessous le communiqué du rectorat qui annonce cette enquête :

 

Les communiqués de la FSU et de l’Observatoire vendéen de la laïcité :

 

 

 


Alors, faut-il modifier la loi ? Ou l’appliquer avec rigueur sans tolérer qu’elle soit ainsi enfreinte ? À chacun de se faire une opinion.


L’émission complète est disponible jusqu’en janvier 2029 sur ce lien


À bientôt



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire