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jeudi 19 décembre 2013

La Mutualité Française et la Miviludes signent une convention cadre pour informer sur les risques de dérives sectaires dans le domaine de la santé








Etienne Caniard, président de la Mutualité Française, et Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), ont signé aujourd’hui une convention cadre, pour une durée de trois ans, qui vise à mener des actions communes de prévention sur les dérives sectaires potentielles dans le domaine de la santé. Celles-ci seront mises en œuvre dans le courant du 1er trimestre 2014 et se déclineront au niveau national et régional.
En effet, profitant de l’essor des thérapies complémentaires(1), tant au plan de l’offre, avec quelques 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique proposées en France(2), que de la demande de la part des patients qui étaient déjà 40% à y avoir recours en France en 2007(3), les risques de dérives sectaires augmentent également fortement. Ainsi, selon la Miviludes, les dérives sectaires dans le domaine de la santé représentent près de 25% des signalements(2).
Pour Serge Blisko, président de la Miviludes "l’information et la prévention sont l’un des moyens les plus efficaces pour sensibiliser le grand public et ainsi éviter les conséquences dommageables et parfois irrémédiables entraînées par ces pratiques. Le partenariat avec la Mutualité Française nous offre la possibilité d’une communication de grande ampleur et au plus près de l’usager-patient en informant au mieux nos concitoyens du risque lié à des méthodes de guérison trop belles pour être vraies"l.
Pour Etienne Caniard, président de la Mutualité Française "il est essentiel d’informer à titre préventif les patients, qui voudraient se tourner vers une thérapie complémentaire, sur les risques de dérives sectaires que cela peut comporter, de façon à leur donner la possibilité d’avoir une démarche critique lors du choix d’un thérapeute. C’est tout l’enjeu de ce partenariat".  
Pour prévenir de ces dérives et de ces risques, et afin d’éclairer ce choix, des documents d’information à destination du grand public et plus particulièrement des adhérents mutualistes, seront largement diffusés et mis à la disposition des mutuelles. Des articles ou des interviews sur ce thème seront accessibles sur www.mutualite.fr, le site de la Mutualité Française et sur www.prioritesantemutualiste.fr, le site santé pratique des 500 mutuelles de la Mutualité Française. Ils seront également relayés par différents titres de la presse mutualiste.
Le site www.prioritesantemutualiste.fr proposera un chat aux internautes mutualistes et diffusera des articles abordant les risques et les dangers des thérapies complémentaires et les précautions à prendre pour choisir son thérapeute.
Les mutuelles et les Unions régionales de la Mutualité Française organiseront des réunions ou des événements à destination de leurs adhérents sur les risques de dérives sectaires dans le domaine de la santé. La Miviludes pourra intervenir lors de ces réunions à la demande des mutuelles et des Unions régionales.
Déjà, le 30 septembre 2013, une réunion d’information sur les thérapies complémentaires à destination des mutuelles a été organisée par la Mutualité Française et la Miviludes. Les mutuelles s'interrogent, en effet, sur la prise en charge de ces thérapies qui ne font souvent l’objet d’aucune évaluation fiable, notamment face aux risques de dérives sectaires. Lors de cette réunion, des experts de la Haute Autorité de santé (HAS) et de la Direction générale de la Santé (DGS) sont également intervenus.
(1)          L’Académie de Médecine préconise le terme de "thérapies complémentaires" pour qualifier les médecines conventionnelles car "il évite l’appellation tout à fait injustifiée de "médecines" et implique que ces pratiques ne sont que de possibles compléments aux moyens de traitement qu’offre la médecine proprement dite, à laquelle elles ne sauraient se comparer ni se substituer"l.
(2)          Guide "Santé et dérives sectaires" publié en 2012 par la Miviludes.
(3)          Sondage IFOP 2007 "Les Français et les médecines naturelles"
A propos de Miviludes
Présidée par Serge Blisko et placée sous l’autorité directe du Premier ministre, la Miviludes comprend trois structures : une mission permanente interdisciplinaire constituée d’une quinzaine d’agents répartis en pôle de compétence qui correspondent aux champs d’intervention de la mission : santé, enfance et éducation, sécurité-justice, vie professionnelle, et à ses compétences techniques : pôle diplomatique, pôle parlementaire et presse ; un conseil d’orientation stratégique ; un comité exécutif de pilotage opérationnel composé de représentants de départements ministériels.

La mission de la Miviludes est double. Elle doit d’abord assurer la veille en matière d’évolution du risque sectaire et prévenir les dérives par une information du public et une coordination de tous les services de l’Etat.
Elle doit aussi lutter contre les dérives sectaires en faisant en sorte que l’action publique soit systématiquement mise en œuvre quand sont établis des troubles à l’ordre public, des atteintes aux libertés fondamentales des individus, ou que les lois et règlements de la République sont enfreints.

La Miviludes dispose également de correspondants régionaux désignés par certaines administrations : préfectures, parquets généraux, rectorats, Direcctes, agences régionales de santé, ou organisations professionnelles (conseils départementaux de l’ordre des médecins, etc.).
La Miviludes répond à plus de 3 000 requêtes par an émanant de particuliers ou de services publics qui souhaitent obtenir des informations sur un mouvement sectaire ou sur une pratique à risque.
Elle peut être saisie par Internet ( www.derives-sectes.gouv.fr), par mel (miviludes@pm.gouv.fr), par courrier (13 Rue Vaneau – 75007 Paris) ou par téléphone (01.42.75.76.08).
A propos de la Mutualité Française
Présidée par Etienne Caniard, la Mutualité Française fédère la quasi-totalité des mutuelles santé en France, soit près de 500. Six Français sur dix sont protégés par une mutuelle de la Mutualité Française, soit près de 38 millions de personnes et quelque 18 millions d’adhérents.

Les mutuelles interviennent comme premier financeur des dépenses de santé après la Sécurité sociale. Ce sont des organismes à but non lucratif, des sociétés de personnes : elles ne versent pas de dividende. Régies par le code la Mutualité, elles ne pratiquent pas la sélection des risques.
Les mutuelles disposent également d’un réel savoir-faire médical et exercent une action de régulation des dépenses de santé et d’innovation sociale à travers près de 2.500 services de soins et d’accompagnement mutualistes : établissements hospitaliers, centres de santé médicaux, centres dentaires et d’optique, établissements pour la petite enfance, services aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap, etc. Pour accompagner leurs adhérents tout au long de leur vie pour tous leurs problèmes de santé, elles mettent à leur disposition Priorité Santé Mutualiste, le service d’information, d’aide à l’orientation et de soutien sur des questions de santé.
La Mutualité Française contribue aussi à la prévention et à la promotion de la santé à travers son réseau d’unions régionales et ses services de soins et d’accompagnement.

samedi 14 décembre 2013

Deyvillers: suite des procédures!

La cour administrative d’appel de Nancy a confirmé aujourd’hui le rejet des 13 arguments du recours déposé par les témoins de Jéhovah, qui veulent installer une salle du royaume sur la commune. Leur permis de construire a été rejeté en janvier 2005, parce que le terrain se trouve dans une zone non constructible. Les témoins de Jéhovah cherchent depuis à faire annuler le plan local d’urbanisme qui gère ces zones. La cour d’appel a jugé qu’il n’y avait pas de motif sérieux pour remettre en cause la décision du Tribunal administratif de Nancy.

Source: actu88.fr

mercredi 20 novembre 2013

Fondation pour l'Ecole (suite)

Associations - reconnaissance d'utilité publique - Fondation pour l'école

Question écrite n° 28768 - 14ème législature posée par M. Voisin Michel (Ain - Union pour un Mouvement Populaire)
publiée au JO le 11/06/2013
M. Michel Voisin appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la situation de la « Fondation pour l'école » qui a obtenu par un récent décret le bénéfice de la reconnaissance d'utilité publique. À ce titre, les particuliers et entreprises qui consentent à effectuer un don à cette fondation peuvent désormais obtenir des réductions d'impôts. Or dans le cas présent, la question est posée quant au bien-fondé de ce dispositif de soutien indirect des pouvoirs publics à partir du moment où il semblerait que l'objet principal de cette fondation consiste à accorder des financements à des écoles et établissements d'enseignement hors contrat avec l'État. Dès lors, en l'absence de publication par la « Fondation pour l'école » de la liste exhaustive des établissements qu'elle soutient financièrement, il est à craindre que puissent figurer parmi les bénéficiaires des écoles dont la pédagogie ne respecte pas les exigences du code de l'éducation ou de la convention internationale des droits de l'enfant. Il lui demande par conséquent quelles mesures il envisage de prendre afin de s'assurer que cette fondation réponde bien aux obligations prévues par les lois et règlements en vigueur, notamment en ce qui concerne la publication de la liste des établissements aidés par le biais de réduction d'impôts.
Réponse du ministère : Intérieur
parue au JO le 19/11/2013

Reconnue d'utilité publique par décret du 18 mars 2008, après avis favorable du Conseil d'Etat, la Fondation pour l'Ecole a pour objet de « susciter un renouveau éducatif en France en concourant à la création d'établissements scolaires libres non lucratifs ne bénéficiant pas du soutien financier direct de l'Etat et respectant la charte de la fondation ». Lors de l'instruction du dossier, le ministre de l'éducation nationale, saisi pour avis par le ministre de l'intérieur, a estimé que cette charte garantissait le respect des articles D. 131-11 (qui renvoie à la définition du contenu des connaissances requis des enfants scolarisés y compris dans des établissements d'enseignement privé hors contrat) et suivants du code de l'éducation, et assurait le respect du droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L.131-1-1 du même code. La Fondation pour l'Ecole respecte les grands principes du droit des fondations : elle a été créée par des personnes privées, elle exerce une activité d'intérêt général à but non lucratif, indépendant de ses fondateurs et de la puissance publique et elle accomplit sa mission avec des fonds d'origine exclusivement privée. La fondation mène ses activités dans le respect de l'objectif qu'elle s'est assigné et conformément aux statuts qui la régissent. Aucune obligation légale ou statutaire ne lui fait obligation de publier la liste des établissements auxquels elle accord une aide. Une telle décision relève donc du conseil d'administration de la fondation. La fondation respecte l'obligation de transmettre son rapport annuel et ses documents comptables au ministre de l'intérieur qui est représenté à son conseil d'administration en tant que commissaire du gouvernement. Elle publie ses comptes sur le site internet de la direction de l'information légale et administrative (DILA).

samedi 16 novembre 2013

Un témoignage vidéo de Grégoire PERRA, en trois parties



Pour susciter l’envie de les regarder : une version courte a été mise en ligne sur notre blog. Voici ci-dessous le texte écrit de cette version !
Endoctrinement et dissimulation dans les écoles Steiner-Waldorf : une synthèse.
Introduction
Concernant les écoles Steiner-Waldorf et de l’Anthroposophie, mon propos abordera aujourd’hui deux aspects : l’endoctrinement des élèves et la dissimulation. Si je parle de ces écoles, c’est tout d’abord en tant que témoin. Témoin, parce que je suis un ancien élève Steiner-Waldorf. Témoin, parce que je suis un ancien professeur Steiner-Waldorf. Témoin enfin, parce que je suis un ancien anthroposophe. A ce dernier titre, j’ai participé aux cercles les plus secrets, les plus fermés et les plus hauts de cette mouvance internationale. Mais j’ai pu me libérer de l’emprise que j’avais subi, par un travail de réflexion, par la Philosophie, par le fait que j’ai pu bénéficier de points de comparaison qui m’ont permis de ne jamais être totalement immergé dans ce milieu. Et c’est ce qui m’a permis d’aller à la rencontre de l’UNADFI, en juillet 2010, puis de répondre à leur demande de publication d’un témoignage. Témoignage, donc, qui résume trente années de ma vie.

mercredi 30 octobre 2013

les assistants maternels et les groupes à dérive sectaire

Il y a quelque temps, le Président du Conseil général de l'Hérault était confronté à des assistantes maternelles qui se réclamaient des Témoins de Jéhovah. Il saisissait le Ministère des Affaires sociales pour obtenir des conseils juridiques sur l'attitude qu'il devait adopter. Le Ministère répondait par une lettre très circonstanciée qu'il envoyait dans tous les départements.
Ce document est ancien et concernait un problème local lié à un groupe particulier. Mais il nous semble intéressant de le proposer à nos lecteurs. Il reste très actuel (le CLPS a été saisi récemment d'un cas qui concernait un autre groupe) et est applicable à tous les mouvements atteints de dérive sectaire.

vendredi 25 octobre 2013

Gilles SINQUIN à Montbéliard (bis) extrait du programme d'ARCADES,



L’EVEIL À LA PORTÉE DE TOUS 

VENDREDI 22 NOVEMBRE à 20h15 
CONFÉRENCE de Gilles SINQUIN, enseignant spirituel, Salle Thourot (halte-garderie de la Chiffogne), rue Frédéric Thourot à Montbéliard 
Entrée : Participation financière consciente en fonction de vos possibilités. 

Un nouveau monde s’installe. L’évolution planétaire vers l’intemporalité ne passe plus par l’Intelligence de la Conscience Cosmique, mais par l’être humain. Ainsi nous prenons le relais de la création cosmique, et devenons nous-mêmes des créateurs. 
Cette évolution planétaire nous fait vivre une mutation dont la finalité est la construction du Corps de lumière. La mutation se manifeste par un changement de notre ADN, l’accélération de nos chakras, l’apparition de nouvelles perceptions et la libération de nos mémoires émotionnelles. Une fois notre mutation achevée, nous pouvons entrer en interconnexion lumière avec les autres par loi d’attraction, pour les aider à accélérer leur mutation, et enfin les amener à l’Éveil. (...)

ATELIERS AVEC GILLES SINQUIN 

SAMEDI 23 NOVEMBRE (...)
INITIATION CORPS DE LUMIÈRE : (...)


DIMANCHE 24 NOVEMBRE (...)
ATELIERS D’INTERCONNEXION LUMIERE  (...)
Participation financière consciente. 

LUNDI 25 NOVEMBRE : CONSULTATIONS INDIVIDUELLES  (...)

dimanche 22 septembre 2013

La Scientologie devant la Cour européenne : halte aux recours dilatoires

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Les intérêts de la Scientologie à travers le monde sont confiés à une armée d'avocats très bien rémunérés. Ils ont certes pour mission de la défendre lorsqu'elle fait l'objet de poursuites, mais ils utilisent aussi la voie contentieuse à d'autres fins, pour retarder d'éventuelles condamnations et développer des campagnes de communication destinées à montrer que les scientologues sont victimes d'atteintes à leur liberté religieuse. Le combat judiciaire est donc un des multiples outils employés pour affirmer la légitimité d'un mouvement généralement considéré comme sectaire.

L'arrêt rendu le 19 septembre 2013 par la Cour européenne, asbl Eglise de scientologie c. Belgique vise précisément à contester la conformité aux principes fondamentaux du droit pénal d'une procédure engagée par les juges belges pour escroquerie et abus de confiance en 1997. Différentes perquisitions ont eu lieu en septembre 1999 contre le mouvement constitué en droit belge sous forme d'une association sans but lucratif (asbl). Dans les jours qui ont suivi, le juge d'instruction a publié un communiqué de presse, très factuel, précisant qu'aucune inculpation n'avait encore été prononcée. Les médias, de leur côté, ont diffusé des informations de "sources proches du dossier", affirmant que bon nombre d'entreprises commerciales liées à la Scientologie réalisaient de substantiels bénéfices au détriment des adeptes, et que l'église détenait  sur eux des fichiers illégaux. 

Devant ces accusations, la Scientologie a opéré une contre-attaque judiciaire massive, en déposant toute une série de plaintes dirigées contre le ministère public belge. Il est d'abord accusé d'avoir violé l'article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'homme, garantissant le droit à un juste procès. Le procureur se voit en effet reproché  d'avoir fait connaître son opinion sur les faits imputés au mouvement sectaire, avant que le réquisitoire ait été présenté. Il est aussi accusé d'avoir porté atteinte à la présomption d'innocence garantie par l'article 6 § 2 de la Convention, puisque des éléments du dossier ont été transmis aux médias.




L'irrecevabilité de fond 

La Cour européenne ne rejette pas les moyens au fond, mais déclare, à l'unanimité, la requête irrecevable. On pourrait s'en étonner, dès lors que le droit français ne connaît que les irrecevabilités de forme, mais le droit de la Convention européenne connaît aussi une irrecevabilité pour "défaut manifeste de fondement" (art. 35 § 3 a). Elle ne vise pas seulement les requêtes que l'on pourrait qualifier de fantaisistes mais celles qui, "à la suite d'un examen préliminaire de son contenu, ne révèle aucune apparence de violation des droits garantis par la Convention, de sorte que l'on peut la déclarer irrecevable d'emblée". 

Le droit à un juste procès et la procédure globale 

Une grande part des déclarations d'irrecevabilité de ce type concernent des requêtes invoquant, comme c'est le cas dans l'affaire asbl Eglise de Scientologie c. Belgique, une violation de l'article 6 § 1. En effet, le droit à un procès équitable ne vise que la régularité de la procédure contentieuse, la manière dont le juge interne a respecté l'égalité entre les parties tout au long de l'affaire, jusqu'à la décision finale. Il s'agit donc d'une appréciation globale, principe acquis avec la décision Star Epilekta Gevmata et a. c. Grèce du 6 juillet 2010.

Dans l'affaire asbl Eglise de Scientologie c. Belgique, la Cour rappelle donc, logiquement, que l'équité de la procédure ne peut s'apprécier que dans son ensemble, une fois que les juges internes ont statué définitivement sur l'affaire (par exemple :CEDH 2 mars 2000, Beljanski c. France). En l'espèce, la Cour européenne est saisie alors que les décisions de justice relatives aux recours de la Scientologie ne sont toujours pas intervenues. La globalité de la procédure ne peut donc être appréciée au regard de l'article 6 § 1 de la Convention.

La présomption d'innocence : cherchez la preuve 

En ce qui concerne la présomption d'innocence, garantie par l'article 6 § 2 de la Convention européenne des droits de l'homme, la Cour reconnaît qu'une telle atteinte peut être le fait des autorités publiques et judiciaires d'un Etat. Que leurs propos soient ou non repris dans la presse est sans effet sur leur responsabilité en matière de présomption d'innocence. En revanche, ces propos doivent effectivement "donner à penser qu'une autorité de ce type considère l'intéressé comme coupable, alors qu'il n'a pas été définitivement jugé tel". De fait, les autorités de l'Etat doivent rechercher un équilibre entre la nécessaire information du public sur les enquêtes en cours et la réserve que commande le respect de la présomption d'innocence (CEDH, 10 février 1995, Allenet de Ribemont c. France).

En l'espèce, la Scientologie n'invoque qu'un communiqué de presse anodin qui se borne à affirmer qu'il y a effectivement eu des perquisitions dans ses locaux. Pour le reste, elle se fonde sur les articles de presse qui mentionnent des "sources proches de l'enquête", sans qu'il soit possible de déterminer si ces sources existent. Les auteurs d'éventuelles atteintes à la présomption d'innocence seraient donc les journalistes auteurs des articles, mais certainement pas les membres du parquet auxquels sont attribués des propos dont il est impossible de prouver qu'ils les ont tenus. Très logiquement, la Cour décide donc que "cette partie de la requête est manifestement mal fondée".

La décision repose sur l'articulation entre un champ d'application très large des conditions d'irrecevabilité devant le Cour européenne, et l'analyse de la procédure dans sa globalité. A ce titre, elle n'emporte aucune réelle rupture jurisprudentielle. Elle conduit cependant à une décision très sévère qui prend l'allure d'un avertissement à la Scientologie et à l'armée d'avocats qui travaillent à protéger ses intérêts. Certes, il n'existe pas au sens formel, de sanction pour recours abusif devant la Cour, mais les recours dilatoires ou purement médiatiques risquent de se retourner contre ceux qui les introduisent. C'est sans doute le message subliminal de la Cour. 

jeudi 19 septembre 2013

Le Québec entre laïcité et communautarisme








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Nos amis québécois son t souvent présentés comme étant le produit 
d'une double culture,à la fois française et américaine du Nord. 
Ce lieu commun trouve aujourd'hui un écho particulier dans le 
ébat sur la laïcité qui agite le Québec. Le Premier ministre 
Pauline Marois, leader du Parti Québécois (PQ), a en effet
rendu publique le 10 septembre 2013 une "Charte des valeurs québécoises".

Le débat sur l'accommodement raisonnable

Ce texte est le résultat d'un long débat sur la notion d'"accommodement raisonnable", notion employée par la Cour Suprême québécoise, qui désigne une autorisation jurisprudentielle d'assouplir une norme obligatoire, dans le but de ne pas créer de discrimination sexuelle, ethnique ou religieuse. C'est sur le plan religieux que les "accommodements raisonnables" ont été le plus invoqués, chaque communauté s'efforçant d'obtenir un droit spécifique, distinct du droit commun québécois.

En 2006, dans un arrêt Multani c. Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, la Cour Suprême autorise ainsi un jeune sikh à se rendre au collège avec un "kirpan", c'est à dire un poignard porté par les plus religieux des sikh. La Cour déroge ainsi à l'interdiction de porter une arme dans les établissements secondaires, dans le but de lutter contre l'affreuse discrimination dont l'enfant est l'objet en ne pouvant venir armé à l'école. Il est vrai que le juge, dans sa grande prudence, a exigé que le couteau soit rangé dans un fourreau de bois et placé à l'intérieur d'un sac cousu de manière à ne pas être ouvert.

Cette jurisprudence illustre parfaitement la diversité des revendications en matière d'accommodement raisonnable. La communauté juive hassidique d'Outremont, à Montréal a obtenu de la Cour supérieure du Québec la mise en place, au dessus de la ville, d'un "érouv", sorte de clôture symbolique qui délimite une zone de pratique religieuse. Elle a également invoqué l'accommodement raisonnable lorsqu'elle a demandé, et obtenu, la pose, à ses frais, de vitres teintées à une salle de sport de la même ville, au motif que leurs enfants pouvaient voir des femmes dans une tenue jugée indécente.

De leur côté, les musulmans ont considéré comme un accommodement raisonnable le fait de venir prier dans une cabane à sucre, lieu traditionnellement consacré à la fabrication du sirop d'érable et aux fêtes qui l'accompagnent. Le propriétaire de la cabane a préféré céder devant la foule des fidèles et a donc demandé aux amateurs de sirop d'érable de vider les lieux, suscitant un large débat au Québec.

Enfin, les catholiques, qui ne sont pas en reste, refusent toute intervention législative dans le programme d'instruction religieuse des écoles privées sous contrat. Depuis 2008, tous les élèves du Québec, qu'ils étudient dans le secteur public ou privé, peuvent suivre un cours facultatif d'"éthique et culture religieuse", que les établissements catholiques refusent d'assurer, préférant évidemment le catéchisme. Là encore, ils invoquent comme accommodement raisonnable le fait de refuser l'intervention de l'Etat dans les programmes des établissements de caractère confessionnel.

On s'en doute, toutes ces revendications sont largement médiatisées et la querelle des "accommodements raisonnables" s'est développée au Québec, personne n'étant d'accord sur ce qui est raisonnable, ou pas. C'est l'ampleur de ce débat qui a finalement suscité la présente Charte.

 L'adoption du principe de laïcité à la française

Sur le fond, la Charte ressemble beaucoup au droit français. On y trouve consacré le principe de neutralité de l'Etat, qui se traduit notamment par l'interdiction du port de signes religieux pour tous les agents publics. Figure également l'obligation de circuler "le visage à découvert lorsqu'on donne ou on reçoit un service de l'Etat". Observons que cette interdiction de se couvrir le visage ne concerne pas, comme en France, l'ensemble de l'espace public, mais seulement les services publics, y compris ceux chargés de la petite enfance. Toutes ces mesures sont présentées comme reposant sur la séparation des églises et de l'Etat, déjà engagée au Québec depuis une cinquantaine d'années.

On le constate, l'essentiel du texte est directement inspiré du droit français et du principe de laïcité, tel qu'il existe dans notre pays. La laïcité est considérée comme le moyen de rétablir l'unité au sein d'une société québécoise fortement divisée après le débat sur les accommodements raisonnables. Comme en droit français, la laïcité est perçue comme l'instrument juridique de la cohésion nationale. La liberté religieuse doit ainsi s'exercer dans la sphère privée et ne pas être un facteur de division de la société.

On comprend que le projet émane d'un gouvernement souverainiste, soucieux de protéger l'unité québécoise face à une idéologie anglo-saxonne, largement relayée au Canada dans les provinces anglophones, qui repose sur un traitement communautariste des différentes religions. Considéré sous cet angle, le repli communautaire constitue la négation même de la volonté de vivre ensemble, qui caractérise le sentiment d'appartenance à une même nation. 

La laïcité, produit d'exportation

Conformément à une pratique de démocratie participative au Québec, la Charte est diffusée sur internet, et les québécois ont la possibilité de donner leur avis sur le texte, par une "participation citoyenne". C'est seulement à l'issue de cette procédure consultative que la Charte deviendra un projet de loi.

La laïcité à la française, si souvent critiquée, n'est sans doute pas un si mauvais système. Il s'exporte en effet dans des pays qui constatent l'échec des politiques communautaristes et qui  le considèrent comme un moyen de rétablir l'unité et le consensus social. Alors que certains, en France, revendiquent précisément une approche communautariste des religions, la Charte québécoise témoigne de l'échec du telle approche et de la nécessité de persévérer dans le choix d'une société laïque.

dimanche 8 septembre 2013

chez nos amis de Noisy le Grand

L’ANDPS organise avec la Maison des Solidarités de Noisy le Grand un Ciné-Débat le Jeudi 03/10/2013.

Cet événement s’inscrit dans le cadre du Forum Santé de Noisy le Grand qui se tient du lundi 30/09 au samedi 05/10/2013 inclus voir le document joint).

Il nous est apparu avec la Maison des Solidarités que le forum santé 2013 constituait une occasion privilégiée de sensibiliser le grand public sur les pratiques à risque de dérives sectaires dans le domaine de la santé, et de leurs conséquences morales et physiques.

Thème : « les manipulations mentales » avec des intervenants de la MIVILUDES et de l’UNADFI, Film de fiction « Martha Marcy May Marlene »
Ciné-débat Jeudi 3 octobre 2013 à 20h30 (prévoir d’arriver au moins 20mn avant)
Cinéma Le Bijou, Noisy le Grand
Gratuit (60 places financées par l’ANDPS ; au-delà, 20 places seront proposées au public au tarif de 5.8€), réservation à la Maison des Solidarités, tél 01 45 92 75 12


MIVILUDES : Mission Interministérielle de VIgilance et de LUtte contre les DErives Sectaires

UNADFI : Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes

Daniel Saint-Pierre
Tél 06 08 94 47 46