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mardi 25 juillet 2023
jeudi 13 juillet 2023
Une exposition sur les dérives sectaires que nous venons de confectionner : vous pouvez-vous en emparer !
Le cercle laïque pour la prévention du sectarisme vient de concevoir
une exposition pour informer et sensibiliser le public sur les dérives sectaires (lien).
Elle va être imprimée et placée sur des supports pour que la circulation en soit assurée par nos relais locaux sur un certain nombre de régions.
Mais tous les lecteurs qui auraient des responsabilités associatives peuvent s'emparer de ce travail et l'imprimer à leur convenance. Nous n'y mettons qu'une seule condition : qu'ils nous en avisent, par exemple via le formulaire de contact de notre blog ou par Messenger.
Le bas de la première page de l'exposition comporte un petit blanc qui permet à une association utilisatrice d'insérer son cachet ou un autocollant.
Nous mettons en même temps en ligne un livret d'accompagnement, en deux formats. La première version permettra aux utilisateurs de l'adapter, la seconde, en PDF, sera également imprimable et consultable sur place sur un téléphone portable.
vendredi 30 juin 2023
Congrès de naturopathie dans le Jura : merci à Charlie hebdo de son autorisation à le partager avec vous
Au congrès des naturopathes et des complotistes
Le taxi serpente sur les routes du Jura, direction Mont-sous-Vaudrey, 1 300 âmes par temps calme, plus du triple lors du 4e Congrès de médecine intégrative et son festival du bien-être, et déjà, les questions pleuvent. Pourquoi diable cet événement est-il organisé au fin fond des plaines franc-comtoises ? Qui sont ces 3 500 festivaliers qui paient 80 euros la journée pour assister à des conférences sur le bien-être – le programme promettant par exemple « Votre foie a besoin d’amour : comment mieux le comprendre, le soutenir » ? Et que peuvent bien seriner les médecins antivax, un peu plus d’un an après la fin de la pandémie de Covid-19, dans une société où il n’est plus question de masques ou de vaccins ?
Car tout le gratin de la sphère complotiste qui a fleuri pendant le Covid est de la partie, ce week-end, au grand congrès de « médecine intégrative », organisé par le domaine Arc en Ciel de Mont-sous-Vaudrey. Henri Joyeux, Luc Bodin, Louis Fouché : autant de médecins opposés à la vaccination et aux mesures sanitaires, avec, en guest star, l’ex-généticienne réprouvée de l’Inserm Alexandra Henrion-Caude. Tous doivent prendre la parole au domaine Arc en Ciel, qui abrite, dans un joli château, un centre de formation en naturopathie, et vient d’inaugurer son école primaire à pédagogie alternative, Les P’tits Naturos.
« C’est le bol qui choisit son être »
Au début, on aurait pu croire à un festival ordinaire si, sur une petite scène près de l’entrée, une femme ne révélait sa méthode magique pour cuire les pois chiches afin « d’éviter les pets putrides ». Un peu plus loin, des stands de street food proposent des assiettes de crudités racornies à prix exorbitants : tout est un peu crasseux… Au pire, reste la possibilité de finir au kebab du village, en face du domaine – c’est aussi ça, le Jura. Côté public, en revanche, chacun est plutôt propre sur lui, même s’il y a beaucoup de lin, de robes à grosses fleurs, de sandales en cuir. Nombre d’hommes sont torse nu, bob sur la tête et pendentif en cristal au cou, avec cette sérénité aussi ostentatoire qu’agaçante.
Assises dans l’herbe d’un vaste champ, 200 personnes écoutent le sermon du physicien conspirationniste Philippe Guillemant en prenant des notes – il faut tout de même rentabiliser le prix de l’entrée. « Les neuroscientifiques font de la pensée magique. De la magie triste, répète-t-il. Penser que la mémoire est dans le cerveau, c’est de la magie triste. Penser que la conscience est dans le cerveau, c’est de la magie triste. Les scientifiques sont utiles pour guérir certaines maladies, mais ils n’ont rien compris à l’essentiel. »
Les conférences s’enchaînent et les mots se répètent, « vibration », « intuition », « ressenti », puis l’ordre des médecins en prend pour son grade, et c’est reparti, « vibration », « intuition », « ressenti ». Comme la tête me tourne un peu, je me dirige vers les exposants : bien malgré moi, l’ésotérisme ambiant commence à avoir raison de l’argent liquide que je réservais pour le taxi du retour. Après m’être presque laissé tenter par une séance d’hypnose rétrospective (200 euros pour trois heures, pendant lesquelles on visite ses vies antérieures, animales, végétales, astrales et même extraterrestres), je finis par opter pour un savon au lait de jument. Heureusement, les câlins du stand « Bienveillance » sont gratuits. Un peu plus loin, une vendeuse saisit, devant les yeux clos d’une cliente, un grand bol chinois qu’elle frappe avec un gong. Elle le dépose, puis recommence avec un autre, plus petit cette fois, et ainsi de suite. « Mince, je ne trouve pas de bol qui entre en vibration avec votre être », s’excuse la vendeuse. « Ah ça, c’est le bol qui choisit son être, et pas l’inverse », chuchotent deux femmes qui observent la scène. La pauvre cliente ouvre de grands yeux paniqués : « Vous pensez que vous allez trouver ? »
Finalement, devant un étalage de pierres multicolores et de cristaux, une femme écoute avec une moue sceptique les explications d’un petit homme doté d’une moustache impressionnante. Une survivante de la raison ? Elle s’appelle Sandrine, tient un centre de yoga dans le Jura, elle a 57 ans et veut bien reconnaître que si tout cela « tient un peu du folklore », elle reste tout de même curieuse de découvrir « d’autres expériences de vie. Il n’y a pas une spiritualité universelle, mais chacun peut essayer de trouver ce qui lui fait du bien. Alors, d’accord, on enfonce des portes ouvertes, mais parfois, il est important de rappeler les choses. Dans le fond, tout le monde cherche la même chose : l’harmonie, et une façon d’être en dehors du consumérisme ». Je lui fais remarquer que l’entrée du festival est tout de même onéreuse et qu’il y a vraisemblablement un réel business autour des pierres et autres grigris. Sandrine hausse les épaules. « Oui, d’accord, et pourquoi pas ? Moi, ça me fait du bien. Certains dépensent leur argent dans des vêtements, dans de l’alcool, dans des loisirs… Moi, j’aime les pierres énergétiques et les conférences sur la naturopathie. C’est comme ça. »
Croquer le souffle de la vie
Un doute me saisit. Et si tout cela était finalement inoffensif ? Et si ces personnes, avec leur zénitude exaspérante, ne recherchaient finalement rien d’autre qu’un idéal, qu’une meilleure façon de vivre ? Je méditais mollement lorsqu’Alexandra Henrion-Caude, la généticienne renommée, a pris la parole. « Je vous préviens, ça va être un peu scientifique, prévient-elle. Vous me connaissez, d’ailleurs, je ne m’appuie que sur des thèses scientifiques. » S’ensuit l’habituel laïus sur la sacralité des gènes humains, celle de la reproduction biologique, sur la vaccination qui serait la première porte ouverte sur le clonage et l’eugénisme, sur fond d’acquis catholiques qu’elle omet évidemment de mentionner. Une panique religieuse, déguisée en doute scientifique. Un petit groupe de femmes applaudit avec enthousiasme. « Elle est vraiment rigoureuse », souffle l’une d’elles.
Sur la petite scène, les choses se corsent encore. Vincent Pavan, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille et à la tête du site Réinfo Liberté, créé pendant le Covid, tient un discours sur le thème « L’éducation selon Sade : ou comment la perversion s’impose à la modernité ». Il faut se concentrer pour saisir le fond du propos, après un déroulé historique confus. En gros, la République, depuis la Révolution, s’attache à séparer les enfants de leur famille pour en faire de parfaits petits soldats. L’enseignement public, avec ses cours d’éducation sexuelle, mène à la confusion des genres, à la perte de l’esprit critique, et même parfois à l’inceste. Dans l’auditoire, quelques femmes voilées applaudissent à tout rompre. De la défiance scientifique – et donc du péril sanitaire qui s’ensuit – nous voilà donc au séparatisme.
Un homme au vague air de Jésus s’assoit à mes côtés. Professeur de sciences de la vie et de la Terre (SVT), il n’est « pas catholique », mais suit l’exemple du Christ et m’explique qu’il n’a « pas besoin que les autres voient ce [qu’il] voit pour y croire », enfin bref, c’est compliqué. Il finit par avouer, de la douleur plein les yeux, souffrir de schizophrénie : la naturopathie est une façon de calmer son esprit endolori, d’essayer de se réconcilier avec lui-même, avec ses sens et son présent. Qu’a-t-il pensé de la conférence précédente ? « Pas mal, hein ? C’est ça, la perversion. Avec l’école, on perd l’indépendance familiale et celle de penser par soi-même », soupire-t-il. Voilà peut-être la phrase qui résume la philosophie ambiante : être libre, du système et de la raison trompeuse, comme si le doute légitimait les thèses les plus hasardeuses, farfelues… et même dangereuses.
C’est d’ailleurs le mantra de Louis Fouché, le parrain de l’événement, qui prend la parole pour la dernière conférence de la journée. D’un ton caressant, il invite son auditoire à « s’étirer », à « croquer le souffle de la vie comme dans un carré de chocolat ». « Les institutions, ce sont à la fois l’hôpital, les scientifiques, l’État, les médias, dit-il. Ils ont très bien compris comment créer des traumatismes et des figures d’attachement pour vous soumettre. Vous avez tous pris en sympathie Édouard Philippe, avec sa barbe blanche, alors qu’il vous a tous foutus en taule chez vous. C’est toxique et pervers, et vous validez en permanence le monstre. »
Sur les stands, les livres d’Henri Joyeux, d’Alexandra Henrion-Caude et de Louis Fouché s’écoulent comme des petits pains. Dans les premiers rangs, Philippe hoche la tête. Lui est venu pour voir ces médecins « héros du Covid ». Il ne se sent pas concerné par l’épidémie, d’ailleurs, il n’a pas attrapé le virus, il s’en fout, juste assez pour être tout de même de toutes les manifestations contre les mesures sanitaires à Besançon, il s’est battu contre le masque, contre la vaccination, a organisé sur Facebook des groupes pour continuer à maintenir une vie sociale en faisant fi du confinement. Bon, d’accord, mais pourquoi venir écouter des personnes parler de tout cela, trois ans après la pandémie ? Philippe réfléchit un instant. « En fait… je crois que tout cela me conforte dans ce que je sais déjà. »
Coline Renault
Vous pouvez consulter cet article avec les dessinateurs en vous rendant sur le site de CHARLIE HEBDO
charliehebdo.fr
LES DERIVES THERAPEUTIQUES , rapport de l'Ordre national des Médecins
En 1996 l'Ordre national des médecins avait rendu public un rapport doctrinal : « pratiques médicales et sectes ». L'auteur de ce texte avait insisté sur les problèmes éthiques posés par les dérives sectaires, qu'on nommait à l'époque plus communément « sectes ». Il distinguait les « médecins recruteurs » et les « médecins recrutés ». La liberté de conscience reconnue tant par le droit interne que par les textes internationaux qui protègent les droits de l'homme était protégée au sein du monde médical. Mais le médecin devait s'abstenir de toute incidence de ses convictions dans l'exercice de son art.
Il y a quelques jours, un nouveau rapport sur les dérives thérapeutiques a été mis en ligne sur le site de l'Ordre.
Il s'agit de dérives thérapeutiques. Ce rapport est donc plus technique que le précédent. L'appréciation de la scientificité des méthodes traitées tout au long de ce texte est étrangère à notre objet statutaire. Toutefois, nous ne pouvons que nous réjouir de la prise en compte, récurrente, de deux problématiques qui sont parties intégrantes de notre mission :
– l'emprise mentale (la Mission interministérielle est souvent citée et un chapitre entier est dédié à l'emprise sectaire)
– la perte de chance : fréquemment, les rapporteurs conviennent de l'innocuité de certaines pratiques, mais craignent, notamment en cas de maladie grave, que la prise en charge du patient soit retardée.
Ce rapport est un peu long, mais très facile à lire. Après l'exposé des réflexions les rapporteurs, des fiches sont proposées, et nous y retrouvons la mention de techniques sur lesquelles nous avons déjà été interrogés par des familles : Access bar, la nouvelle médecine germanique, la médecine anthroposophique.
Nous conseillons à nos lecteurs la lecture de ce document pour qu'ils disposent du maximum d'éléments pour se forger leur opinion personnelle. Une lecture que nous recommandons également aux militants des associations semblables à la nôtre, car elle peut éclairer des familles de patients qui s'éloignent de leurs proches sous l'emprise d'une pratique sectaire ou qui retardent la mise en œuvre d'un traitement approprié.
dimanche 11 juin 2023
Expérience de chimie dangereuse à l'école Waldorf de WINTZENHEIM (Haut-Rhin) Le CLPS saisit le Préfet au sujet de la reconnaissance d'utilité publique en droit local.
Monsieur le Préfet,
« Adeptes, de l’emprise à la déprise. »
« Adeptes, de l’emprise à la déprise. »
Documentaire d’Arte.
La chaine Arte a déjà montré la constance de son intérêt pour les questions liées à l’emprise
sectaire.
Rappelons la passionnante série « Les évangéliques à la conquête du monde », toujours
visible en ligne, que nous avons signalée le 04 avril 2023.
Rappelons également la mise en ligne (elle aussi toujours active) du très beau documentaire
« Colonia Dignidad, enfer de la terre promise » mentionnée ci-dessous le 29 janvier
Aujourd’hui nous attirons l’attention de nos lecteurs sur le documentaire :
« Adeptes, de l’emprise à la déprise » de Karine Dusfour.
Il donne la parole aux « dépris » qui témoignent publiquement avec un grand courage du
long et douloureux processus qui les a amenés du doute à la sortie de secte.
Et combien ce chemin a été vertigineux.
Peut-être leur parole n’aurait-elle pas eu besoin des ponctuations d’une mise en scène que
nous avons ressentie parfois un peu pesante.
C’est ici : https://www.arte.tv/fr/videos/110231-000-A/adeptes-de-l-emprise-a-la-deprise/
Durée 55 min
Disponible sur le site www.arte.tv
Du 07/06/2023 au 05/12/2023
Visible à la télévision le mercredi 21 juin à 22:35
A bientôt.
lundi 5 juin 2023
l'Ordre des Médecins et le congrès de naturopathie de MONT SOUS VAUDREY (Jura)
Il y
a quelque temps, l'édition jurassienne du Progrès de Lyon avait
enquêté sur le congrès de naturopathie qui était prévu et qui a
eu lieu les 3 et 4 juin à Mont-sous-Vaudrey dans le nord du Jura.
Nous donné notre opinion sur cette rencontre dans un de nos billets
récents. Rappelons quand même que notre association n'a pas de
compétence médicale et que le fondement de son action, c'est la
loi, c'est le droit, c'est la dignité.
Le même organe de
presse a publié récemment le point de vue du conseil départemental
de l'Ordre des médecins sur cet événement. L'article du Progrès
de Lyon a été repris par l'Est républicain. Voici ci-dessous
l'extrait qui concerne l'inquiétude de l'ordre départemental face à
l'événement (nous ne disposons pas à l'heure actuelle du texte
original de cette déclaration).
À la veille de
l’événement, c’est l’Ordre des médecins du Jura qui tient à
faire part de son « inquiétude ». Si les médecins du Jura, d’une
voix unanime, précisent « qu’il n’appartient pas au conseil de
juger de l’autorisation donnée à cette réunion qui est de la
responsabilité administrative préfectorale, le conseil s’inquiète
de la confusion que peut faire naître le titre de “Congrès de
médecine intégrative.”» « L’appellation “congrès de
médecine” renvoie aux manifestations scientifiques médicales,
objet du partage de connaissances et des avancées médicales sur des
preuves basées sur des expertises dûment encadrées, réalisées
par des groupes de recherches, confrontés à l’international et
aboutissant à des données probantes. Cette appellation veut donc
faire croire que ce rassemblement hétéroclite rentre dans le cadre
de congrès scientifiques et serait validé par le corps médical, ce
qui n’est évidemment en rien le cas ici », affirme le conseil.
Et
de préciser, par la voix de son président, Jean-François Louvrier,
« qu’il faut distinguer la thérapie de la médecine. Seul le
médecin a la capacité de faire un diagnostic. Il ne faudrait pas
que ces personnes, qui croient en des thérapies, tournent le dos à
la médecine pour autant. Je suis ouvert à tout, peut-être qu’il
y a des choses qui fonctionnent et qu’on ne connaît pas. Mais il
faut que cela soit prouvé. Car toute thérapie a un effet placebo.»
Il explique ainsi que, avant de mettre un médicament sur un
marché, des essais en double aveugle sont effectués par des
sociétés indépendantes, afin de démontrer l’efficacité d’un
produit. « Des échantillonnages sont effectués sur des personnes
nombreuses et non averties de si elles prennent un médicament ou un
placebo. Ni le médecin, ni le patient ne le savent. Prouver
l’efficacité sur des personnes déjà convaincues, cela n’a
aucun intérêt. En médecine, nous apprenons à être très
scrupuleux concernant les résultats des études d’efficacité de
médicaments. Tout ce qu’on fait est basé sur des preuves
scientifiques, avec assez d’éléments en notre possession », a
détaillé le président de l’ordre.
Récemment,
Francetv info a dédié une de ses enquêtes à deux rassemblements
absolument similaires à celui qui s'est tenu récemment dans le
Jura. Ces
rencontres avaient lieu à Saintes et à Montpellier, les vedettes en
étant également parfois Louis Fouché et Alexandra Henrion Caude.
Nous invitons nos lecteurs à se reporter à l'article et surtout à
visionner le reportage. Nous avions déjà relevé le fait que
certains propos des principaux participants à ces rencontres
exprimaient des opinions que nous ne nous ressentions pas comme
démocratiques. Ce que confirme le reportage : contrairement à ce
qu'on pourrait penser a priori, les principaux soutiens de ces
rencontres émanent de l'extrême droite. Par conviction ? Par
opportunisme et souci de séduire au sein de mouvances marginales ?
Nous laissons les lecteurs se faire leur opinion personnelle.
VIDEO. Comment médecines alternatives et extrême droite se fédèrent autour d'un discours "antisystème" https://t.co/x3yCX6rKPY via @franceinfo
— clps (@clps12) June 5, 2023
lundi 22 mai 2023
Laïcité outre-Atlantique : le point de vue de Madame Agnès Maltais, ancienne référente laïcité du parti québécois et ancienne députée
Nous avions il y a quelques semaines évoquer l'opinion de Madame Agnès Maltais, qui avait été confronté au décès d'une jeune femme qui venait d'accoucher et qui, issu d'un milieu de témoins de Jéhovah, avait refusé d'être transfusée, refusant ainsi d'être sauvée. Nous ne savions pas à l'époque que nous pourrions la rencontrer en visioconférence, nous avons ainsi pu discuter avec elle.
Son idée force : des actes qui, hors d'un cadre, d'un contexte religieux, seraient illégaux, sont admis dès lors que la motivation est précisément religieuse. Elle évoque aussi le cas d'une secte hassidique qui voit des jeunes enfants mariées contre leur gré à des hommes âgés.
Nous mettons ici en ligne l'enregistrement de l'intervention de Madame Maltais, suivi de la première partie du débat qui a suivi avec les militants du CLPS. La durée totale de l'enregistrement que nous vous proposons est presque exactement d'une heure, nous vous souhaitons une bonne écoute.
dimanche 14 mai 2023
NATUROPATHIE, les nouveaux risques de dérives sectaires
France inter
Podcast Interception
Thérapies alternatives, le nouveau risque sectaire
Dimanche 7 mai 2023
(46 MIN)
Le 7 mai 2023, France Inter proposait à ses auditeurs une émission de 45 minutes environ dédiée aux nouveaux risques de dérives sectaires liées aux pratiques de naturopathes autoproclamés.
Au début de l'émission, une jeune femme, mère de famille, décrit dans le détail comment, en fréquentant les réseaux sociaux, elle a été amenée, alors qu'elle a été initialement vaccinée, à en craindre les effets secondaires au point d'injecter ingérer du dioxyde de chlore et de s'isoler de plus en plus longtemps. Heureusement, son mari avait compris la situation… Ce témoignage complétera à notre sens utilement ceux dont nous avons rendu compte dans ces colonnes, et qui émanaient de deux jeunes femmes qui écoutaient de manière compulsive les vidéos de Thierry Casasnovas.
Monsieur le Préfet Gravel fait ensuite le point sur la situation de la Mission interministérielle qu'il préside.
Un autre sujet complète utilement nos études précédentes. À l'heure actuelle, et nous reviendrons là-dessus, des salons bio sont proposés dans l'est de la France. Les reporters ont interrogé Fabien Moine, un naturopathe que nous avons évoqué à l'occasion de notre tout récent billet sur les rencontres de naturopathie à Mont-sous-Vaudrey.
Au cours de cet entretien, le journaliste lui rappelle signale qu'il a fait l'objet de signalement auprès de la Mission interministérielle. Bonne écoute !
Thérapies alternatives, le nouveau risque sectaire via @franceinter https://t.co/XYOThvE5th
— clps (@clps12) May 14, 2023
mercredi 3 mai 2023
ECOLE DE NATUROPATHIE ET RENCONTRES DE MONT SOUS VAUDREY
Dans le département du Jura, à Mont-sous-Vaudrey, se tient une école de naturopathie. À côté, sur le même site dit "Domaine arc-en-ciel", devrait se créer une école hors contrat, "les p'tits naturos". Régulièrement, ce domaine organise des rencontres qui regroupent un très large public. Plusieurs dizaines d'intervenants dont certains ont une certaine notoriété, viennent donner des conférences. Cet événement a de quoi nous inquiéter. Notre association ne prétend pas en tant que telle être compétente en matière médicale. Toutefois, il s'avère que les intervenants, dans leur majorité, présentent sur le plan des idées de quoi nous alerter. Il y a tellement de conférenciers qu'il est impossible d'enquêter sur tous. Toutefois, nous en avons retenu quelques-uns dont les profils se rapprochent.
Commençons par Louis Fouché, qui fut anesthésiste à Marseille, et qui est l'une des principales têtes d'affiche de cette manifestation. Il fut actif naguère dans le mouvement des colibris. Puis, pendant la pandémie de coronavirus, il contesta les mesures sanitaires et les vaccins, et créa Réinfocovid et le "Conseil scientifique indépendant". Lors d'un meeting à Nîmes, il parla du masque en prenant un accent germanique. Nous avons visionné une de ses vidéos dont nous avons reproduit, en les transcrivant au mieux, quelques citations :
En 39-45, certains sociologues ont remontré certains textes du ghetto de Varsovie. Une épidémie de typhus sert de prétexte pour isoler le ghetto (…) c'est exactement ce qu'on est en train de faire avec le virus: on est en train de créer des gens malades, pas malades, dangereux, pour nous séparer les uns des autres.
Aujourd'hui la propagande c'est la désignation de l'ennemi, aujourd'hui t'es l'ennemi si t'es Péronne, si t'es Raoult, si t'es Dieudonné.
C'est le procès du nazisme. Israël veut montrer que le nazisme, c'est le mal . Eichmann, on se rend compte, au fur et à mesure des interrogatoires, que c'est juste un pauvre type, lui il s'en foutait, pas très méchant même, il voulait juste que les trains arrivent à l'heure.
Le
16 octobre 2021, William Audureau, chroniqueur au monde, écrit dans
le quotidien du soir :
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/10/16/les-inquietants-symptomes-de-reinfocovid_6098604_4500055.html
Mais depuis qu’en juillet Louis Fouché a quitté son poste hospitalier sous la pression de l’AP-HM, son discours glisse de manière de plus en plus marquée vers la rupture. « C’est le moment d’aller jusqu’au bout de votre pensée. Il y a moyen de manger, il y a moyen de survivre, il y a moyen de se loger », explique-t-il dans une vidéo destinée aux non-vaccinés, tout en promettant une société meilleure à « ceux qui survivront ». Simple métaphore, ou vrai appel à un projet alternatif ? Si l’on en croit les signalements auprès des associations de lutte contre les dérives sectaires et les témoignages de proches recueillis par M Le magazine du Monde, plusieurs membres, comme Marie et Maximilien, se sont déjà engagés dans la voie d’un changement de vie, quittant pour certains leur emploi, pour d’autres leur domicile, parfois les deux, pour fonder des lieux bâtis dans l’opposition au discours scientifique et les promesses new age.
Louis Fouché, la personnalité très en vue de cette manifestation alternative dans le département du Jura, n'est pas précisément réputé pour ses recherches médicales, mais plutôt pour des prises de position sociétales.
Autre personnalité invitée à cette rencontre : Alexandra Henrion Caude. Cette dernière a participé au film « hold-up » qui réunissait nombre d'opposants aux restrictions sanitaires édictées pendant la pandémie du coronavirus. Voici ce qu'en disait, sur son compte Twitter, Axel Kahn, sachant son décès imminent.
Ce qui est passionnant, c’est que le Covid-19 a été l’occasion d’une véritable convergence entre ce discours intégriste et celui du milieu très différent de l’écologie New Age. Dans les manifestations les plus virulentes, on a pu croiser des praticiens en médecine naturelle à côté d’un cortège Civitas et ses drapeaux du Sacré-Cœur de Jésus. On trouve d’ailleurs chez certains gourous du mouvement antivax un fond chrétien, comme Thierry Casasnovas qui est un chrétien évangélique. Pierre Barnérias, le réalisateur du documentaire complotiste Hold-up, avait déjà réalisé d’autres documentaires pour KTO. Dans Hold-up, il donne d’ailleurs la parole à la généticienne Alexandra Henrion-Caude, véritable icône du mouvement antivax. Avant la pandémie, elle était déjà connue comme une scientifique chrétienne, demandant par exemple à l’Église catholique de reconnaître l’existence de l’âme dès la conception.
Autre participant à cette manifestation : le dolois Fabien Moine. Il se réfère dans les réseaux sociaux aux deux personnages que nous avons cités ci-dessus. Il est accompagnateur de jeûne. Le 26 février 2022,2 jours après le déclenchement de la guerre en Ukraine, il postait sur sa page Facebook publique une vidéo de 10 petites minutes plutôt favorable à la Russie, du site investig4action, une intervention de Michel Collon.
Nos lecteurs peuvent facilement la retrouver dans la mesure où nous ordonnons la date précise.
Nous pouvons citer quelques participants relativement connus. Par exemple le professeur Joyeux, qui a été sanctionné par la juridiction ordinale en raison de ses positions sur la vaccination, qui fut président de familles de France et participa à la manif pour tous. Ou encore Jean Dominique Michel, un opposant à la politique sanitaire pendant la crise du coronavirus ; et Julien Péron, l'auteur du film « c'est quoi le bonheur pour vous ? », que nous avons déjà évoqué, et où se trouvent interrogés le Professeur Joyeux, Thierry Casasnovas, etc. Julien Péron est également organisateur du « festival pour l'école de la vie ».
Mais cette école de naturopathie n'est pas seule à fonctionner sur ce domaine dans le nord du département du Jura. Une école hors contrat est en train de se créer.
École alternative, médecines alternatives, est-ce qu'au-delà de cette école de naturopathie, ne serait pas créée également une société alternative, dont les valeurs ne seraient pas celles de la république ? Une sorte de contre société en marge ? Nos lecteurs pourront peut-être avoir une idée différente, mais nous ne sommes pas forcément rassurés en constatant que le site « égalité et réconciliation » fait la promotion de Fabien Moine comme d'ailleurs de Louis Fouché ou encore d’Alexandra Henrion Caude.





