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vendredi 26 août 2022

Les procédures internes d'exclusion des Témoins de Jéhovah au centre d'une procédure administrative en Norvège, notre analyse

 

Il y a quelques mois, les associations spécialisées dans la prévention du sectarisme faisaient état d'une décision défavorable aux Témoins de Jéhovah en Norvège. Nous aurions pu, à chaud, reprendre les informations brutes sans les commenter, mais nos lecteurs ont dû se rendre compte que nous préférions proposer des analyses plus que des informations brutes. Aussi nous allons d'abord reproduire l'information ci-dessous telle qu'elle a été rapportée sur un site officiel norvégien.



 

L'information ci-dessus figurait en langue française. En revanche, la longue décision figurait également dans le texte… mais seulement en norvégien ! Nous n'avions d'autre solution que de faire appel à un traducteur automatique, car nous reconnaissons ne compter parmi nos adhérents aucun qui soit à même de traduire un texte de la langue norvégienne vers le Français… nous n'en avons retenu que les courts passages dont nous étions certains de la signification, en raison de la clarté de la traduction.

 (...)un membre qui a choisi de se retirer est traité de la même manière que celui qui est exclu: La conséquence de quitter la congrégation est que la personne ne peut plus avoir de contact avec la famille et les amis dans la Congrégation. (...) Cette pratique peut amener les membres à se sentir obligés de rester dans la communauté religieuse. Dans ce contexte, l'exclusion des membres mineurs baptisés est (…) une violation des droits des enfants en vertu de la Loi sur la communauté religieuse . (…) L'histoire de nos lois montre que, en règle générale, les subventions sont refusées lorsque les infractions semblent être systématiques. Nous pensons que les infractions qui violent le droit à la liberté religieuse et le droit des enfants à la protection contre la violence sont considérées comme sérieuses. Les pratiques susmentionnées sont documentées dans des livres et des articles d'étude publiés par la communauté religieuse. La Société religieuse a également enregistré des règles détaillées sur la manière dont une fonction judiciaire et la manière dont le comité décide des problèmes d'exclusion. (...) Sur cette base, nous constatons que les infractions semblent être volontaires. Après évaluation, nous constatons que la subvention devrait être refusée.

L'administration norvégienne compétente cite l'observation générale numéro 22, et notamment son article 13 (1993) du comité des droits de l'homme Nations unies. C'est un organe de surveillance du pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cette observation donne un éclairage sur 18 de ce pacte onusien, que nous citons ci-dessous :

 

 Article 18

1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé, par le culte et l'accomplissement des rites, les pratiques et l'enseignement.

2. Nul ne subira de contrainte pouvant porter atteinte à sa liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix.

3. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l'ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d'autrui.

 4. Les Etats parties au présent Pacte s'engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux de faire assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions

 

Et voici le texte du cinquième paragraphe de cette observation générale numéro 22, telle qu'elle a été rédigée par les experts des Nations unies.

 5. Le Comité fait observer que la liberté "d’avoir ou d’adopter" une religion ou une conviction implique nécessairement la liberté de choisir une religion ou une conviction, y compris, notamment, le droit de substituer à sa religion ou sa conviction actuelle une autre religion ou conviction ou d’adopter une position athée, ainsi que le droit de conserver sa religion ou sa conviction. Le paragraphe 2 de l’article 18 interdit la contrainte pouvant porter atteinte au droit d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction, y compris le recours ou la menace de recours à la force physique ou à des sanctions pénales pour obliger des croyants ou des non-croyants à adhérer à des convictions et à des congrégations religieuses, à abjurer leur conviction ou leur religion ou à se convertir. Les politiques ou les pratiques ayant le même but ou le même effet, telles que, par exemple, celles restreignant l’accès à l’éducation, aux soins médicaux et à l’emploi ou les droits garantis par l’article 25 et par d’autres dispositions du Pacte, sont également incompatibles avec le paragraphe 2 de l’article 18. Les tenants de toutes les convictions de nature non religieuse bénéficient d’une protection identique

À propos des contentieux nés en Belgique nous avions relevé l'existence de deux conceptions de la laïcité et des droits de l'homme. Suivant la première, l'État devait se limiter à la stricte neutralité en matière religieuse et ne pas intervenir dans la gestion des associations cultuelles, en respectant leur totale liberté.

Une autre manière de voir impliquait une exigence maximale en matière de respect des droits fondamentaux. Les Etats doivent veiller à ce que nulle disposition issue d’un traité international relatif aux droits de l’Homme ne subisse de violation même dans les rapports entre personnes privées. La Cour européenne des droits de l’Homme avaient ainsi les « obligations positives" des Etats dans un de ses grands arrêts (X et Y contre Pays-Bas) dont le contexte était tout à fait étranger à la problématique sectaire mais qui donnait une base légale à une intervention de la puissance publique si les droits de la personne humaine n’étaient pas respectés au sein d’un groupe controversé.

La conséquence en est que les associations religieuses doivent respecter et veiller à ce que soit respectées la dignité et l'intégrité de leurs membres. Au point où nous en étions restés lors de la procédure en Belgique, c'est cette seconde conception qui avait été retenue par la justice d'outre Quiévrain. Cependant, cette procédure n'est pas terminée.

La décision norvégienne a pour référence le pacte international relatif aux droits civils et politiques et non comme en Belgique la Convention européenne des droits de l'homme. Toutefois, la différence n'est pas importante dans la mesure où les deux textes sont proches dans leur esprit. Au Cercle laïque pour la prévention du sectarisme, nous ne sommes pas mus par une quelconque haine ni encore moins par la volonté de discriminer. Mais seulement par notre exigence en matière de droits de l'homme. C'est pourquoi nous préférons, de ces deux conceptions, la plus forte, en nous réjouissant que les autorités de plusieurs pays européens s'y rallient.

GK

 

 

Business du bien-être : attention aux dérives JOURNAL DU 20 HEURES DE LA 2

L'actualité est si anxiogène que jamais en 12 ans, selon l'Insee, les Français ne se sont sentis aussi mal. Un moral en berne qui booste considérablement l'industrie du bien-être, avec ses coachs et ses ouvrages à la pelle. Mais attention à vos choix, car soigner sa santé mentale ne s'improvise pas.




Nous n'oublions pas les victimes, tués, blessés et réfugiés
Nous n'oublions pas les victimes, tués, blessés et réfugiés



MOUVANCE ANTHROPOSOPHIE, actualités: Weleda, Extinction rébellion (?)

 

Madame Françoise Bihin est prêtre de la communauté des chrétiens. Il ne s'agit pas d'une église connue, c'est le groupe cultuel qui professe la religion de l'anthroposophie.

Elle a commis un éloge appuyé il y a quelque temps dans le journal en ligne Aether News, du mouvement Extinction Rébellion.

Souvenons-nous : lorsque nous avions évoqué la ville de Stroud en Grande-Bretagne, qui fut le berceau d'Extinction Rébellion, nous avions repéré que l'école, maintenant fermée, de cette ville, était une école Steiner.

Nous pouvons déduire qu'il y a bien une convergence d'intérêts entre Extinction Rébellion et la mouvance de Steiner. Faute d'éléments probants, factuels, nous n'en dirons pas plus : nous ne tirons pas non plus la conclusion selon laquelle Extinction rebellion aurait été créée par des anthroposophes, ou ferait partie de cette mouvance.

Cette convergence d'intérêts, nous la verrions sur le fond dans une certaine radicalité, qui placerait la cause souvent commune au-dessus du respect des lois et règlements. Avec le blocage des artères urbaines Extinction rébellion relègue le respect de la réglementation derrière l'adhésion à sa cause. Nous avons déjà vu également que le fils d'un responsable d'une grande institution anthroposophe recommandait, en plein confinement, de ne pas respecter les injonctions relatives à l'interdiction de se regrouper sur la voie publique et conseillait de ne pas payer d'éventuelles amendes consécutives à l'irrespect de cette règle.

Mais cette réflexion n'implique pas que notre association tienne la préoccupation du réchauffement climatique comme négligeable !

Autres actualités concernant la mouvance de Steiner.

Le déremboursement des médicaments homéopathiques a atteint de plein fouet les groupes qui en tirent l'essentiel de leurs revenus. Notamment Boiron, et, pour le sujet nous concerne, Weleda dont les produits sont « biodynamiques ».

L'entreprise devrait fermer son site français, à une Huningue, dans le Haut-Rhin, à deux pas de la frontière suisse, dans quelques mois. Nous avions déjà mentionné l'existence d'une organisation syndicale, la CFTC, au sein du site. En fait, le syndicat majoritaire était la CFDT. Rappelons que la doctrine politique de Steiner, la triarticulation sociale, prévoit la disparition des organisations tant patronales que syndicales de travailleurs.



https://grandest.cfdt.fr/portail/actualites-syndicales-cfdt-de-la-region-grand-est-alsace-champagne-ardenne-lorraine/salle-de-presse-regionale/pse-chez-weleda-une-decision-catastrophique-pour-l-emploi-et-les-salaries-7-juillet-2022-srv1_1243626


Enfin, nous avons découvert par ailleurs un article d'un journal dijonnais, le bien public, qui fait le point sur cette mouvance : voici le lien.


dimanche 10 juillet 2022

un dossier plus complet sur les réticences à la vaccination avec le diaporama d'une conférence de Mme SALVADORI, coautrice du livre ANTIVAX que nous avons déjà évoqué

 

Madame Françoise Salvadori, virologue et enseignante à l'université de

Bourgogne, à donné au profit de notre association ce samedi 9 juillet

une conférence en visio sur le thème :


Arguments anti vaccins d'hier et aujourd'hui :

entre croyances et anti science.





Avec son accord, nous donnons ici
avec lequel elle a illustré les connaissances que nous a transmises.

Pour permettre à nos lecteurs d'avoir accès à un dossier plus complet,

nous donnons ici les liens vers quelques-uns de nos précédents billets

sur le même sujet.

En premier lieu, le billet de blog qui nous avait permis de vous proposer

une recension de son livre, coécrit avec Laurent Henri Vignaud,

ANTIVAX.

Puis ici vers un court extrait de ce livre, mis en ligne avec l'autorisation

des auteurs.




Et ici la conférence donnée il y a tout juste un an par le coauteur du

livre, Monsieur Vignaud.

Pour plus de facilité, nous donnons directement les liens vers un sujet

de FR3 régions sur l'épidémie de rougeole dans une école Steiner,

et sur les difficultés des acteurs de la vaccination en Afghanistan, un

reportage paru sous le titre : « la guerre de la polio ».


Madame Salvadori nous a également fait savoir qu’elle était disposée à

répondre à d'éventuelles questions qui viendraient à des lecteurs qui

auront visionné sa conférence. Nous vous invitons, si vous souhaitez

lui poser une question, à la formuler et nous l'envoyer via

le formulaire de contact du blog, ou encore en commentaire sur les

réseaux sociaux où nous publions, nous nous ferons un plaisir de lui

transmettre vos interrogations.

lundi 4 juillet 2022

Suite à notre billet sur l'introduction du reiki dans un hôpital belge, un lecteur belge nous apporte des compléments

 mai 2022

REIKI : INTRODUCTION DANS UN HôPITAL PUBLIC DE TOURNAI (B)

Le journal télévisé de la TV publique belge a présenté, le 6 mai au soir, à une heure de grande audience, un petit reportage mettant en avant une

nouveauté : l'introduction systématisée du REIKI dans le service oncologique de l'hôpital de la Wallonie picarde de TOURNAI (CHWAPI).

Le reportage se présente de telle façon :

Une unité spéciale a été créée dans le service oncologique, dans ce but.

On présente la nouveauté de façon habile : on insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de médecine conventionnelle, que cela n'est pas destiné à guérir ; on ne parle pas de médecine complémentaire, ni alternative, que ce « soin » n'est pas indispensable mais « qu'il peut faire du bien ».

Aucun médecin ne donne un avis.

11 (!) thérapeutes en Reiki sont présents en permanence (probablement en roulement), chaque jour de la semaine.

Ces thérapeutes en Reiki passent dans les chambres des patients oncologiques, folder publicitaire à la main, pour l'offrir à chaque patient et l'inviter à profiter de ce soin, ne fût-ce que « pour essayer ».

Après essai, beaucoup de patients oncologiques sont satisfaits, témoignages visuels à l'appui.

Une seule patiente s'étonne de trouver cela en hôpital public, mais sans critiquer la chose ; aucun autre avis critique n'est formulé.

Pas de doute : dans la durée, les « thérapeutes » alternatifs ont fini par trouver des biais d'entrée pour investir l'hôpital.

Et le pire, c'est que la télévision en fasse, d'une certaine manière, la promotion.

En mémoire : en 2011, l'hôpital (privé) St Luc à BRUXELLES, avait déjà introduit ce « soin » (?), un jour/semaine, au service des soins palliatifs, par un thérapeute en Reiki qui, par ailleurs, affichait ses titres (!) : « coach Bien-être, rigolologue expert auprès de l'Ecole Internationale du Rire et du bien-être » ; également « Bilan Energétique Physioscan, Fleurs de Bach, Elixirs de Cristaux, Massage Energie Bien-être ». (en annexe)

ll n'est pas certain que l'affiche trouvée ait été soumise à l'accord de l'hôpital.

Une autre publicité d'une « maître en Reiki, enseignante » signale, notamment, que (cette) « méthode (est) utilisée par certains médecins et dans quelques hôpitaux ». Quelle magnifique caution ! (en annexe).

"Cette puissance énergie d'amour (lumière) éveille "le guérisseur interieur" qui sommeille en chacun de nous en rétablissant l'harmonie naturelle dans nos corps physique et énergétique, aux niveau physique, émotionnel, mental et spirituel. Méthode utilisée par certains médecins et dans quelques hôpitaux. Cette méthode de guérison naturelle très ancienne a été redécouverte au Japon il y une centaine d'années par un Docteur en théologie, MIKAO USUI. C'est une méthode de guérison holistique extrêmement agréable et simple à apprendre".

lundi 20 juin 2022

Recherche sur l'enseignement catholique hors contrat, à partir de nos propres recherches et de l'enquête du comité national d'action laïque

 



Recherche sur l'enseignement catholique hors contrat, à partir de nos propres recherches et de l'enquête du comité national d'action laïque

Le CLPS avait commencé à s'intéresser à l'enseignement hors contrat à la suite d'un signalement fait par un sympathisant. Nous avions alors saisi l'inspecteur d'académie qui nous avait répondu brièvement que l'école répondait aux objectifs que la loi et la réglementation fixaient. C'est ainsi que nous avons découvert le réseau des établissements de la Fraternité Saint Pie X. De manière tout a fait fortuite, un reportage sur une chaîne régionale avait mis en évidence des dysfonctionnements de cette même école et révélé quelques phrases d'un rapport d'inspection. Nous avions alors, en nous référant à la loi de 1978 sur la communication des documents administratifs, demandé à la même administration communication de ce rapport d'inspection. Devant un refus qui ne nous semblait pas étayé juridiquement, nous avions saisi la commission d'accès aux documents administratifs qui avait conclu à la communicabilité de ce rapport. C'était la première fois que nous la saisissions, et ses avis ont toujours été constants. L'inspecteur d'académie s'était alors plié à la décision de l'autorité administrative indépendante et nous avait communiqué le rapport demandé.

Une précision : lorsque nous citerons la synthèse du comité national action laïque (comme d'ailleurs les résultats de notre enquête) nous ne ferons que refléter les constatations opérées par les personnels d'inspection. Ces comptes-rendus ne seront nullement un reflet d'une appréciation, que ce soit du CNAL ou de notre association.

Sa lecture avait révélé un enseignement proche de l'extrême droite. Cependant, les enseignants qui le dispensaient s'astreignaient à ne faire aucune allusion de nature raciste ou antisémite de manière à ne pas tomber sous le coup de la loi. L'enseignement était écrit comme « pétainiste ». En substance, le rédacteur du rapport d'inspection concluait que si le fonctionnement de l'école n'était pas celui d'une secte, il relevait d'une certaine façon du sectarisme. Mais il notait un enseignement sérieux (il n'est pas dans nos habitudes de noircir systématiquement les tableaux), surtout littéraire, qui reposait sur la lecture de grands auteurs (choisis pour des raisons idéologiques) dans le texte, sans appareil critique.

Dans une autre école, les fonctionnaires chargés de l'inspecter déploraient un déséquilibre entre l'apprentissage des droits et celui des devoirs, hypertrophié pour ce qui concerne ce dernier. Cette insistance sur les devoirs aurait été révélatrice d'une volonté, non pas de stimuler l'esprit critique des élèves, mais de les soumettre. Les méthodes pédagogiques étaient vues comme passéistes. Toutefois, dans cette même école, ni vexations ni brimades n’étaient relevées.

Nous avions également une série de rapports, quelque peu anciens, d'une autre école sur laquelle nous ne nous étendrons pas, car elle est maintenant fermée. Des brimades étaient alors relevées, telles que le bonnet d'âne.

Une dernière école, dont nous avions une suite conséquente de rapports d'inspection, ne relevait pas de manquement grave et l'inspecteur chargé de la visiter concluait en relevant la conformité de l'enseignement dispensé avec les textes réglementaires en vigueur : l'école apportait selon lui aux élèves les connaissances requises par les textes, et même si des observations ont été faites, elle n'appelaient pas à la constatation de manquements graves.

Il y a de cela peu de temps, du fait que les rapports de en notre possession étaient déjà quelque peu anciens, nous avons envoyé à plusieurs instances administratives des demandes similaires. Nous avons obtenu peu de réponses et encore, elles étaient loin de nous satisfaire : il nous était chaque fois répondu (coïncidence ou concertation nous n'avons aucun moyen de l'affirmer ou de le nier le savoir) que la procédure n'était pas terminée.

Aussi devrons-nous sans doute relancer cette enquête. Si on compare les résultats que nous avons obtenus avec ceux que le comité national d'action laïque a pu avoir suite à sa récente enquête, y a-t-il eu une évolution, notamment suite aux inspections, ou bien l'enseignement dispensé au sein des établissements intégristes catholiques reste-t-il égal à lui-même ?

Le comité national d'action laïque relève tout d'abord des défaillances en matière de contrôle du respect de l'obligation vaccinale. Madame Lucie Guimier en avait fait un objet d'enquête. (rapport MIVILUDES 2016, p.115s.)

Les extraits cités par le CNAL font apparaître une pédagogie par l'obéissance plus que par l'appropriation des connaissances. Peu d'échanges entre élèves, peu de recours à la réflexion personnelle, des jugements dévalorisants à l'encontre d'enfants en difficulté, un enseignement très traditionnel. Nous ne relevons pas d'évolution majeure en ce domaine si l'on compare à la majorité des documents que nous avions obtenus. Les manuels sont obsolètes, et favorisent plus un apprentissage automatique que la compréhension, notamment du monde contemporain. Des carences sont également soulignées en matière d'éducation physique et sportive. Notamment, la natation est très peu enseignée. Graves lacunes également en matière d'éducation à la sexualité, dans la transmission des savoirs en matière de maladies sexuellement transmissibles ou de contraception.

Le comité national d'action laïque relève également que l'initiation aux valeurs civiques et sociales se fait par le biais de l'instruction religieuse. Il ne fournit qu'un seul exemple, mais qui conforte ce que nous avions perçus à la lecture des rapports que nous avons reçus et qui concernaient la décennie précédente. À travers quelques exemples, il est également noté que la formation au numérique, à l'analyse critique de la presse, permettant aux jeunes de se forger son leur opinion personnelle, relèvent des tâches parentales.

Enfin, un certain nombre de manquements seraient à déplorer, dont l'énoncé confirme ce que nous avions nous-mêmes ressentis lors de notre précédente recherche. Ainsi, selon le CNAL, les sciences sont négligées, et notamment les sciences dures, au profit des lettres. L'enseignement de l'histoire est imprégné de religion. Il a été observé également des silences et des omissions sur le rôle du gouvernement de Vichy dans le génocide des juifs. Ou encore l'assimilation des Lumières à un complot. L'enseignement de la géographie peut aussi permettre de se survaloriser l'idée de race, ce qui pourrait induire le racialisme.

Il convient quand même d'opérer une distinction : la fraternité Saint Pie X est issue de la scission initiée par Mgr Lefebvre, et qui avait mené, alors qu'à l'époque l'église se modernisait et se libéralisait avec le concile Vatican II, à la création d'une dissidence proche de l'extrême droite. Il suffit pour cela de se reporter à un film, « Au nom des fils », qui relate le procès de l'abbé Cottard. Responsable des « scouts marins », ce dernier avait été jugé suite à la noyade de plusieurs enfants, un jour de tempête, et du décès d'un plaisancier venu à leur secours. Les parents avaient refusé de porter plainte, et lui-même été l'aumônier de l'école de Mantes-la-Jolie, gérée par la fraternité Saint Pie X. Les déviances constatées autour de ladite fraternité n'engagent donc en rien l'église catholique dont, malgré des tentatives de rapprochement avortées, elle est restée totalement indépendante. Rappelons les propos tenus par Mgr Williamson, évêque au sein de cette dissidence, propos qui relevaient du négationnisme. (arrêt de la CEDH 31/01/2019)

D'autres groupes se sont formés, mais ne sont pas pour autant séparés de l'église catholique, ils conservent une certaine autonomie, mais n'ont pas désiré en quitter le giron. Parmi eux, la fraternité Saint-Pierre, qui conserve la messe en latin, le port de la soutane, ans pour autant entrer en dissidence. Nous avons obtenu trois rapports d'inspection. Ils nous semblaient s'attarder surtout sur les conditions matérielles de l'accueil des élèves, ans entrer dans le vif du sujet des méthodes pédagogiques. Le seul rapport qui reflétait la pédagogie était extrêmement laconique. Voici maintenant ce que le comité national d'action laïque laisse percevoir des écoles catholiques hors contrat hors de la fraternité Saint Pie X. On peut penser que certaines d'entre elles dépendent de la fraternité Saint-Pierre : mais comme nos amis ont observé les mêmes règles de prudence que celle auxquelles nous nous sommes astreints, les établissements ne sont pas mentionnés. Voici donc leurs observations :

Les rapports qu'il a obtenus, grosso modo, remontaient aux années 2010, alors que ceux dont nous disposons ont été rédigés pendant les années 2000, et plutôt à la fin, pendant la décennie précédente.

Il n'y est pas question de maltraitance. Mais en croisant des extraits cités à propos de plusieurs établissements, on arrive à quelques constatations : les enseignements visent plus à des apprentissages qu'à la formation de la réflexion et de l'esprit critique. Dans un cas, il est précisé que les enfants savent lire mais sans vraiment comprendre ce qu'ils lisent ; il y a une insuffisance nette dans la transmission des valeurs de la République et des idéaux de démocratie et de droits de l'homme. Il n'y a pas de contact avec l'actualité, la presse n'est pas objet d'enseignement. Les enseignements scientifiques et artistiques ne sont pas satisfaisants.

Conclusion générale

Dix ans après la lecture des rapports d'inspection en notre possession, la synthèse du comité national action laïque concernant les écoles de la fraternité Saint Pie X ne nous semble pas révéler d'évolution majeure. Mais pour cela il faudrait que nous puissions comparer les rapports eux-mêmes… Si nous n'avons pu obtenir plus de rapports récents en ce qui nous concerne, c'est avant tout du fait de la méfiance de l'administration, méfiance que nous estimons imméritée. Un journaliste écrivant sur le sujet a déploré publiquement que nous n'ayons pas accédé à sa demande de Aussi nous étonnons-nous beaucoup du mutisme de l’administration. Notre philosophie intègre la défense du service public, alors pourquoi ledit service public est-il si réticent, alors que la « jurisprudence » de la commission d'accès aux documents administratifs a toujours estimé que la communication des rapports d'inspection est une obligation légale ?







mardi 7 juin 2022

Fwd: anthroposophie et complotisme (???) éléments de réflexion





Plusieurs médias ont attiré notre attention sur deux reportages de la radio-télévision suisse SRT (Schweizer Radio und Fernsehen) nous avons utilisé les versions françaises de ces deux articles. Pour ce faire, nous avons utilisé un traducteur automatique en ligne.

Exposé de Daniele Ganser

L'école Steiner de Bâle doit essuyer de nombreuses critiques

Benjamin Schenk, professeur d'histoire de l'Europe de l'Est à l'université de Bâle, affirme qu'il ne serait pas intervenu à l'école Rudolf Steiner s'il avait eu connaissance de l'invitation de Daniele Ganser.

jeudi 02.06.2022, 18:58

L'annonce a fait des vagues : mercredi, à l'école Rudolf Steiner de Bâle, l'historien controversé Daniele Ganser est intervenu devant 150 enfants. Dans un exposé, il a donné son point de vue sur la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Lors d'autres interventions par le passé, Ganser avait déjà défendu les thèses de la propagande d'État russe. L'événement a eu lieu pendant les heures de cours. Les parents réagissent avec indignation.

Je ne veux pas être mis en relation avec Daniele Ganser. Benjamin Schenk Professeur d'histoire de l'Europe de l'Est à l'université de Bâle.

C'est maintenant au tour de Benjamin Schenk, professeur d'histoire de l'Europe de l'Est à l'université de Bâle, un autre conférencier invité à l'école Steiner, de prendre ses distances avec Daniele Ganser : "Je ne souhaite pas que ma conférence de la mi-mars à l'école Steiner soit mise en relation avec l'intervention de Daniele Ganser".

Daniele Ganser se présente à l'école en tant qu'expert de la guerre en Ukraine

01.06.2022

Ces propos du professeur d'histoire s'adressent également à la direction de l'école Steiner. En effet, celle-ci a d'abord argumenté que l'intervention de Ganser s'inscrivait dans une série de manifestations diverses sur la guerre en Ukraine. Or, Schenk n'en savait rien : "Je rejette fermement et avec insistance cette affirmation", déclare Schenk.

L'intervention controversée de Ganser à l'école

L'école Steiner de Bâle s'emmêle les pinceaux

Dans une prise de position, la direction de l'école a défendu l'intervention de Ganser : elle faisait partie d'une plus grande série de conférences. Mais la direction de l'école revient maintenant sur cette formulation. "Après la conférence du professeur Schenk en mars, des élèves ont demandé à ce que d'autres intervenants soient invités à parler de la guerre en Ukraine. Et c'est alors que des élèves ont proposé de demander à Daniele Ganser de venir", explique Daniel Thiel, membre de la direction de l'école Rudolf Steiner de Bâle. Selon lui, Benjamin Schenk ne savait pas, lors de son intervention, que Daniele Ganser prendrait également la parole plus tard.

Les élèves doivent pouvoir se faire leur propre opinion. Daniel Thiel , membre de la direction de l'école Rudolf Steiner de Bâle

Malgré tout, Thiel défend la décision d'avoir invité le conférencier Ganser à l'école : "Il nous tient à cœur de présenter aux élèves différents points de vue, y compris des points de vue controversés. Ils doivent pouvoir se forger leur propre opinion". Daniele Ganser a d'ailleurs lui-même fréquenté l'école Steiner. Il n'a pas demandé d'honoraires pour son intervention.

Schenk : "Les thèses de Ganser sont marquées par des narrations de conspiration".

Cette explication ne convainc en aucun cas le professeur d'histoire Schenk : "Il s'agit ici d'une manifestation qui a eu lieu dans le cadre de l'enseignement. Les élèves étaient obligés de participer à cette conférence. Je trouve cela tout de même très problématique".

Justement parce que certains jeunes ne seraient peut-être pas en mesure de classer l'attitude de Ganser : "Ganser s'est exprimé à plusieurs reprises sur la guerre en Ukraine. Les thèses qu'il défend sont clairement marquées par des narrations de conspiration", dit Schenk. Il lui manque toute expertise professionnelle pour parler publiquement de ce sujet. Daniele Ganser n'a jamais fait de recherche sur l'Europe de l'Est, il ne parle ni le russe ni l'ukrainien et ne connaît la région que par les médias et la littérature secondaire, explique Schenk.

Exclu des universités suisses

Pour ces raisons, les universités suisses se distancient clairement de Ganser, comme l'université de Bâle et l'université de Saint-Gall. Schenk ajoute : "Il serait aujourd'hui inimaginable que Ganser retrouve un jour un poste d'enseignant dans une université suisse".

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)


Daniele Ganser intervient à l'école en tant qu'expert de la guerre en Ukraine
L'historien controversé s'est produit mercredi matin à Bâle à l'école Rudolf Steiner. L'événement a eu lieu pendant les heures de cours. Les parents réagissent avec indignation.

mercredi, 01.06.2022, 18:32

La guerre en Ukraine préoccupe les élèves de l'école Rudolf Steiner de Bâle. Le désir d'éclaircissement est grand. C'est pourquoi la direction de l'école a organisé mercredi matin une conférence sur le thème de la guerre en Ukraine. Le choix de l'orateur est toutefois explosif : il s'agit de l'historien bâlois controversé Daniele Ganser. Autrefois salué comme un professeur modèle dans diverses universités suisses, beaucoup le traitent désormais de conspirationniste.

Chercheur critique ou théoricien de la conspiration ?

Cet homme de 49 ans se présente depuis des années comme un scientifique, un historien qui fait la lumière sur les structures du pouvoir, qui éclaire la politique mondiale complexe sous tous les angles possibles et imaginables. Daniele Ganser polarise. Dans diverses universités et hautes écoles suisses, il n'a plus le droit de donner des cours, car il ne travaille pas selon les normes scientifiques.

Je trouve vraiment déconcertant que l'école Rudolf Steiner organise un tel événement pendant les heures de cours.
Le père d'une élève


La manifestation de mercredi matin s'est déroulée devant 150 élèves du niveau supérieur, c'est-à-dire de la neuvième à la douzième année scolaire. Le père d'une élève a réagi de manière carrément choquante : "Je trouve vraiment très étrange que l'école Rudolf Steiner organise un tel événement pendant les heures de cours".

Critique : Ganser propage les thèses du Kremlin


Les thèses de Daniele Ganser sur la guerre entre la Russie et l'Ukraine sont à l'origine de cette agitation. S'il condamne la guerre d'agression menée par la Russie, il défend également la position selon laquelle les Etats-Unis sont le véritable agresseur. Ganser est fermement convaincu que les manifestations sur le Maïdan en 2013 et 2014 ont été orchestrées par les Etats-Unis. Ganser parle d'un coup d'État - organisé par la CIA.

C'est une thèse qui est diffusée depuis longtemps par le Kremlin.
Ulrich Schmid, Professeur de culture et de société russes


C'est une thèse totalement indéfendable, selon Ulrich Schmid, professeur de culture et de société russes à l'université de Saint-Gall. Il s'agit en l'occurrence de propagande d'État russe. "C'est une thèse qui est diffusée depuis longtemps par le Kremlin. Il est vrai que de nombreuses ONG américaines ont donné de l'argent pour reconstruire la société civile après l'effondrement de l'Union soviétique. Mais parler de ce qui s'est passé sur le Maïdan comme d'un coup d'Etat orchestré par l'Amérique, c'est faux".

Les élèves doivent se faire leur propre opinion
L'école elle-même est restée discrète en amont de l'événement. Ni le site Internet de l'école Rudolf Steiner de Bâle ni celui de Daniele Ganser ne mentionnaient cette intervention. La direction de l'école n'a voulu prendre position que par écrit auprès de la radio SRF. La conférence de Daniele Ganser fait partie de toute une série de conférences sur la guerre en Ukraine. Et d'ajouter : "Nous sommes conscients que les thèses de Ganser font l'objet d'un débat controversé. Nous voulons inciter les élèves à écouter les thèses controversées et à se faire une idée par eux-mêmes. Daniele Ganser n'a pas répondu aux questions de la radio SRF.

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L'école Steiner Waldorf de Bâle en Suisse (ville frontalière avec la France et l'Allemagne), dans la banlieue de laquelle se trouve le Goetheanum, le centre mondial de cette mouvance, se voit ainsi reprocher d'avoir invité un propagandiste du gouvernement russe pour évoquer devant les élèves le conflit qui l'oppose à l'Ukraine.

Cet incident est à nos yeux insuffisant en lui-même, du moins à notre avis, pour nous permettre de généraliser et d'imputer cet état d'esprit à toute la mouvance Steinerienne.

Aussi nous vous proposons, en vous laissant tirer les conclusions par vous-même, comme nous le faisons le plus souvent, une vidéo qui présente le point de vue de Gérald Häfner. Nous avons déjà évoqué sur ce blog, à l'occasion d'un billet mis en ligne le 27 octobre 2019, cet ancien député européen, élu au titre des Grünen allemands, qui, maintenant qu'il est déchargé de ce mandat politique, se consacre à la défense de l'anthroposophie. Nous vous donnons le lien, il semble bien que ce soit bien au nom de la société anthroposophique qu'il exprime son point de vue, ce qui nous semble a priori plus plausible qu'un autre cas de figure que nous ne pouvons cependant totalement exclure : que le Goethanum lui ait ouvert ses colonnes pour lui permettre d'exprimer une opinion purement personnelle.



Mais que ces événements et nos réflexions ne nous fassent pas oublier le plus important et le plus grave : les dégâts en vies humaines, en trajectoires brisées, en destructions depuis le 24 février…